DOSSIER: L’AUTONOMIE INDIGÈNE : ni séparatisme, ni réserve, une citoyenneté pleine
31/01/1997

Les domaines d’intervention

Axe 1: Présence et accompagnement international

Dans les pays où les gouvernements sont soucieux de maintenir une image positive en en matière de droits humains, la présence d’observateurs internationaux, dans les lieux et les moments de grande tension ou de conflit, est un moyen de dissuasion contre d’éventuelles actions violentes. Cela augmente la responsabilité politique de ces actions tout en permettant d’ouvrir un espace politique pour les défenseurs des droits humains, les organisations autochtones, sociales et paysannes ainsi que la société civile qui font l’objet de répression du fait de leur travail. Se sachant accompagnés, ces acteurs peuvent dénoncer sans trop de crainte les répressions ou violations de droits qu’ils subissent et s’organiser de manière plus proactive.

La présence du SIPAZ au Chiapas peut prendre au moins deux formes: visites de longue durée et/ou fréquentes dans diverses zones (pour accompagner des processus d’organisation et obtenir des informations sur le contexte dans ces zones), ou encore des sorties occasionnelles, des visites de courte durée et /ou la participation à des brigades d’observation dans des situations d’urgence.

Depuis 2005, le SIPAZ a élargi ses travaux aux états de Oaxaca et de Guerrero, où nous trouvons les mêmes causes structurelles qui ont provoqué le soulèvement de l’EZLN au Chiapas : la marginalisation économique, la discrimination sociale et politique et le racisme, forgé pendant des siècles de colonialisme interne et externe, la répression et les violations des droits humains. Nous n’avons pas de bureaux permanents dans ces deux états, mais nous y effectuons des visites prolongées trois à quatre fois par an, ce qui nous permet de couvrir ces zones principalement au travers de notre plate-forme d’information.

D’autre part, pour protéger l’espace politique de défense et de promotion des droits humains ainsi que notre propre équipe, le SIPAZ maintient un réseau de relations publiques et un travail de plaidoyer auprès des autorités du pays à tous les niveaux, les ambassades et les agences multilatérales. Par ce biais, nous cherchons à établir et à maintenir l’effet dissuasif nécessaire pour rendre notre travail visible et créer des conséquences politiques pour les autorités qui optent pour une réponse violente aux actuels conflits socio-politiques.

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Axe 2: Visibilisation en vue de l’action

Le travail d’ Informations du SIPAZ répond à deux logiques:

  • Rendre plus visibles les conflits socio-politiques et les violations des droits humains, afin que les acteurs et les instances d’influence locale, nationale et internationale puissent faire pression ou agir en vue d’une sortie de conflit non-violente et basée sur le dialogue. Au-delà de limiter la violence directe il s’agit de définir et expliquer les causes et conséquences du conflit, nous cherchons également à mettre en avant les acteurs et les facteurs d’espoir dans ce contexte.
  • Informer les acteurs locaux sur les conflits socio-politiques et les processus d’organisation existants, pour leur permettre de situer leurs propres stratégies dans un cadre plus ample, et participer à la détente de la situation et au rapprochement de divers acteurs.

Nous utilisons différents supports: un bulletin trimestriel (en 4 langues – anglais, espagnol, français et allemand, avec une version imprimée dans les deux premières langues), une page Web (également dans ces quatre langues où l’on peut trouver tout ce que SIPAZ a publié depuis sa création), un blog (en espagnol et en anglais contenant des informations qui permettent de situer des faits précis et pertinents dans un contexte donné), et enfin, des Appels d’Actions Urgentes (en 4 langues).

Nous fournissons également des informations et des analyses aux délégations et aux personnes qui visitent notre bureau au Chiapas. Nous effectuons aussi parfois des visites ponctuelles à l’étranger, principalement en Europe et aux États-Unis.

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Axe 3: Promotion de la Paix

Cet axe couvre trois domaines:

Education pour la Paix

Nous favorisons des espaces de réflexion sur la non-violence active, la transformation des conflits, la paix et la réconciliation dans les communautés. Nous effectuons également des ateliers sur la transformation des conflits avec les acteurs qui travaillent directement ou indirectement dans les zones les plus conflictuelles au Chiapas et au Mexique.

Travail avec des acteurs religieux

Nous soutenons les efforts de travail interreligieux en collaborant avec d’autres religieux locaux, nationaux ou internationaux. Nous nous sommes engagés à trouver comment la religion peut être vue, non pas comme un facteur (de plus) de conflit, mais comme une source de rapprochement et de dialogue entre les acteurs. Ainsi des activités qui favorisent la coopération œcuménique au niveau local et la sensibilisation au niveau national et international se sont développées. Au Chiapas, le SIPAZ participe au Groupe Œcuménique d’Analyse de la Réalité. (GEARC).

Coordination et collaboration

Nous cherchons à établir et maintenir des contacts et des relations réciproques avec des organisations, mouvements et réseaux du Mexique et d’autres pays, qui travaillent sur les processus de construction de la paix et/ou sont intéressés par la situation du conflit au Chiapas, Mexique. Nous participons également à des réseaux de sensibilisation, de réflexion, d’échange, de dialogue et de plaidoyer pour une culture de paix. Par exemple, nous participons activement à:

  • Réseau pour la Paix, un espace de réflexion et d’action formé par 10 organisations qui développent une analyse continue du contexte local et national, avec des actions spécifiques telles que des dénonciations de faits d’une importante gravité, des missions d’observation ou des réunions thématiques.
  • L’organisation de la remise du prix des défenseurs des droits humains au Chiapas « jTatic Samuel jCanan Lum », ainsi que des activités de suivi des groupes et personnes qui le reçoivent.
  • Espaces d’analyse de thèmes pertinents dans le contexte socio-politique.
  • GPPAC, acronyme de Global Partnership for the Prevention of Armed Confict (Alliance Mondiale pour la Prévention des Conflits Armés), une initiative mondiale de la société civile afin de construire un consensus international sur la nécessité de la paix et sur la prévention des conflits violents.