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:: BULLETIN DU SIPAZ: Vol VII No 4 - Décembre 2002

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-> Analyse CHIAPAS: Le silence de
la résistance.
-> Dossier AUTONOMIE: Source de
conflits ou chemin vers
la paix?
-> Activités de SIPAZ
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:: SYNTHÈSE

Le conflit du Chiapas est entré dans une nouvelle étape depuis le verdict de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) sur la réforme constitutionnelle en matière indigène. Des organisations indigènes et de la société civile se sont manifestées contre ce verdict tandis que l’EZLN a maintenu sa politique de silence.

Ce silence ne signifie pas que la lutte pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones ait été abandonnée. Au contraire, il implique centrer leur stratégie dans la construction de l’autonomie par la voie des faits. L’autonomie est le thème de notre dossier.

Lorsque l’on parle d’autonomie, il est clair qu’il n’existe pas un modèle unique mais plutôt différentes façons de la comprendre et de l’exercer. Dans chaque cas, la construction de l’autonomie présente des difficultés et des défis pour les communautés indigènes et pour l’ensemble de la société; parmi ceux-ci le besoin de dépasser les conflits dérivant des différences entre expériences d’autonomie.

Quatre mois après l’assassinat de dirigeants civils dans des municipalités autonomes zapatistes, les enquêtes piétinent et les accusés ont pris la fuite. Les interprétations de ces incidents violents diffèrent significativement. Que tous ces faits obéissent ou pas à une stratégie politique planifiée à l’avance, il est indiscutable que le contexte dans lequel ils s’inscrivent comme produit d’un conflit qui n’avance ni ne se résout, est de haute tension. Il s’agit d’un contexte qui conduit également les acteurs à interpréter toute action depuis une logique de guerre.

En septembre, 27 membres du groupe armé Développement, paix et justice ont été arrêtés par le Bureau du Procureur de justice de l’état du Chiapas. Ce fait, auquel il faut ajouter les divisions que cette organisation a souffert au cours des deux dernières années, ont affaibli l’organisation et représente aussi une source de tension dans la zone Nord.

Différentes organisations de droits humains ont critiqué la décision du Bureau du Procureur Général de la République de dissoudre l’Unité Spéciale pour l’Attention des Délits Commis par de Probables Groupes Armés sans que le problème des paramilitaires au Chiapas ait été résolu.

La résistance contre le modèle néolibéral a été le centre des mobilisations du 12 octobre. Au Chiapas, les organisations populaires se sont unies pour bloquer les routes, fermer les frontières et protester contre la réforme indigène, la politique économique du gouvernement, le Plan Puebla-Panama (PPP) et la Zone de Libre échange des Amériques (ZLÉA). Le 12 octobre, la Consultation Nationale contre la ZLÉA a également débuté. Elle fait partie du mouvement régional et continental contre le modèle de globalisation dominant, un processus dans lequel les peuples authoctones ont acquis un rôle protagoniste croissant.

Le pouvoir exécutif fait face à une opposition parlementaire hostile à sa politique extérieure complaisante avec les Etats-Unis. Plus récemment, un autre facteur de tension a été le débat autour du budget fédéral 2003. L’opposition a critiqué durement les compressions budgétaires prévues en matière de dépenses sociales.

La révision de la période de la guerre sale des années 70 et 80, sur laquelle enquête un Bureau Spécial nommé par le pouvoir exécutif, peut signifier la fin de l’impunité de deux institutions traditionnellement intouchables lors du régime antérieur et aujourd’hui questionnées : les Forces Armées et le PRI.

Dans un effort pour améliorer son image, la Justice Militaire a condamné les généraux retraités Acosta Chaparro et Quiros Hermosillo pour des délits en relation avec le trafic de drogues. Ces mêmes généraux devront prochainement être jugés pour l’assassinat de 143 personnes durant " la guerre sale ". Cependant, les organisations de droits humains ont critiqué durement la Justice Militaire pour avoir assumé la responsabilité de juger ces cas qui avaient été présentés auprès du Bureau Spécial.

En octobre, un an après l’assassinat de Digna Ochoa, le cas n’a toujours pas été éclairci.

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Actions Recommandées:

  1. Ecrire au président Fox pour lui exprimer l’espoir de la communauté internationale que l’Etat mexicain révisera la réforme constitutionnelle en matière indigène pour faire en sorte qu’elle soit congruente avec les engagements assumés à San Andrés et auprès de l’OIT, l’Organisation international du travail en ratifiant la Convention 169.
  2. Exhorter l’OIT afin qu’elle exige à l’Etat mexicain de faire en sorte que la législation interne en matière de peuples indigènes soit congruente avec la Convention 169.
  3. Demander au gouvernement de l’état du Chiapas que l’enquête sur les faits de violence du mois d’août soit réalisée de manière impartiale et efficace et que les coupables soient amenés en justice.
  4. Diffuser des informations – comme celles contenues dans ce bulletin- sur la situation au Chiapas et au Mexique.

Veuillez ecrire a :

Lic. Vicente Fox
Presidente de la República
Residencia Oficial de los Pinos
11850 México D.F., México
Fax: (+52. 55) 55 22 41 17
http://www.presidencia.gob.mx/?P=17

Dr. Juan Somavia
Director General
Organización Internacional del Trabajo
4, route des Morillons
CH-1211, Geneva 22, Suiza
Fax: (+41.22) 917 90 10
cabinet@ilo.org

Lic. Pablo Salazar Mendiguchía
Gobernador del Estado de Chiapas
Palacio de Gobierno, 1º piso
29009, Tuxtla Gutiérrez
Chiapas, México
Fax: (+52.961) 612 0917

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:: ACTUALITÉ

Chiapas: le silence de la résistance.

Le conflit du Chiapas est entré dans une nouvelle étape depuis le verdict de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) en septembre. Celle-ci a de fait ratifié la réforme constitutionnelle en matière indigène. A côté des réactions critiques de multiples acteurs en réponse au verdict de la SCJN (voir bulletin du SIPAZ d’août 2002), le silence de l’EZLN a dominé cette période.

Pour certain, ce silence s’interprète comme une omission. Pour d’autres, il se comprend dans le cadre de la décision politique qui l’accompagne : la volonté de construire leur propre projet d’autonomie par la voie des faits et sans prendre en compte l’institutionalité de l’Etat qui n’a pas pris en compte leurs demandes. Selon les analystes, les peuples autochtones ont cherché à tester ce qu’ils pouvaient attendre des trois pouvoirs démocratiques et ils sont désormais tournés vers un processus à long terme qui vise le renforcement et le développement des distinctes formes d’autonomie, en partant de leur reconstruction comme peuples (voir Dossier). Le principal défi que présente ce projet est l’unité du mouvement indigène.

Si bien ce silence peut se concevoir comme faisant partie d’une stratégie de résistance, certains analystes considèrent que l’EZLN va probablement attendre une opportunité pour relancer une nouvelle initiative politique dirigée à l’ensemble de la société mexicaine.
Pendant ce temps, la résistance zapatiste se donne au milieu d’inévitables tensions avec les autorités officielles locales ainsi qu’avec les organisations auparavant alliées et avec lesquelles se donne désormais une dispute pour le contrôle politique et territorial. La résistance est usante et produit dans certains cas des désertions et, y compris, l’expulsion de ceux qui ne respectent pas ses exigences.

Les victimes d’août: objectif militaire ?

Près de quatre mois après les assassinats de plusieurs dirigeants civils dans des municipalités autonomes zapatistes (voir Bulletin du SIPAZ d’août 2002), les enquêtes piétinent et les accusés ont pris la fuite.

Il existe différentes interprétations quant aux incidents violents de juillet et août. Selon le bureau du Procureur de Justice de l’état du Chiapas (PGJE), il n’y a pas de connexion claire entre ces morts qui obéiraient plutôt à des mobiles différents dérivant de conflits communautaires. Pour certains analystes proches du gouvernement de l’état, il s’agirait d’actions du PRI local cherchant à destabiliser le gouvernement de Pablo Salazar pour récupérer plus d’espace politique peu avant les élections législatives de 2003.

Au départ, les organisations sociales et d’opposition ont eu tendance à expliquer ces faits de violence dans le cadre d’une stratégie fédérale ayant pour but d’expulser les communautés indigènes installées dans la biosphère de Montes Azules, une zone riche et convoitée. Postérieurement, beaucoup ont été d’accord pour interpréter les agressions à l’encontre des zapatistes ainsi que l’augmentation de la présence militaire à ce moment-là comme une façon de tester les possibilités de réponse militaire de la part de l’EZLN, un peu avant le verdict de la SCJN (que l’on attendait).

Que tous ces faits obéissent ou non à une stratégie politique planifiée à l’avance, il est indiscutable que le contexte dans lequel ils s’inscrivent, comme produit d’un conflit qui piétine, en est un qui conduit également les acteurs à interpréter toute action depuis une logique de guerre.

Un mois avant la commémoration du 5ème anniversaire du massacre d’Acteal (22/12/97), 19 tzotzils ont été condamnés à 36 ans de prison et 12 autres accusés attendent un verdict qui pourrait être le même. Le Centre de droits humains Fray Bartolomé de las Casas (CDHFBC) affirme qu’il est nécessaire d’aller au fond des choses dans l’enquête qui devrait permettre d’arriver jusqu’aux responsables intellectuels du massacre, y compris les hauts fonctionnaires du gouvernement de l’état de l’époque ainsi que les militaires et policiers qui seraient des complices.

Dans la municipalité de San Juan Chamula de nouveaux affrontements violents ont eu lieu entre protestants et catholiques traditionalistes. Le 14 novembre, dans la communauté de Tzeteltón, une embuscade s’est terminée par un solde de sept blessés par balles. La PGJE, qui enquête sur ces faits affirme qu’il s’agit plus de disputes pour le contrôle politique entre caciques que d’un problème d’intolérance religieuse.

En dépit de ce climat de tension et de conflit dans l’état, lors de son récent voyage en Europe, le président Fox a réitéré "que la paix est là au Chiapas, et avec les zapatistes", ce qui a provoqué les critiques généralisées de l’opposition.

Paix et Justice : détentions et divisions

Les faits d’août ont rouvert le débat portant sur l’existence de groupes paramilitaires au Chiapas. Entre les zapatistes et les autres groupes d’opposition, le terme ‘paramilitaire’ peut être employé de manière ample pour faire référence aux groupes armés contraires à l’EZLN. Le gouverneur du Chiapas, Pablo Salazar, affirme que les groupes armés au Chiapas ne sont pas paramilitaires au sens strict du terme dans la mesure où ils ne reçoivent pas le soutien d’institutions de l’état comme c’était le cas par le passé. Les défenseurs de droits humains, en revanche, soutiennent qu’il existe une connivence entre ces groupes et certains dirigeants locaux appartenant au PRI (qui contrôlent les mairies), l’armée et les forces de sécurité. Cela serait le cas du groupe connu comme OPDIC, lié au député Pedro Chulin ou de ‘Los Aguilares’, une bande de délinquants et mercenaires.

Les plus critiques affirment également que le bureau du Procureur de la République au niveau fédéral ne veut pas aller jusqu’au bout de l’investigation qui mènerait au démantèlement de ces groupes. De fait, les opérations qui ont permis la détention de certains de leurs intégrants ont été réalisées par le pouvoir de l’état et non le fédéral. Confirmant ces critiques, à la mi novembre, l’Unité spécialisée pour l’attention aux délits commis par de probables groupes civils armés qui dépend de la PGR (le bureau du Procureur) a été dissoute, en dépit du fait que comme l’affirme le CDHFBC : " le grave problème des paramilitaires n’a pas été résolu et que la vérité n’est toujours pas connu ".

D’un autre côté, à la mi septembre, 27 membres du groupe armé ‘Développement, Paix et Justice’ (DPJ), y compris leur dirigeant Sabelino Torres, ont été arrêtés à Tila, par ordre du bureau du Procureur de l’Etat. Torres est accusé d’être le principal responsable de plusieurs crimes : vol, privation illégale de liberté, port d’armes d’utilisation exclusive de l’armée, lésions et assassinats. Parmi les détenus se trouvent également Carlos Torres, ex-président municipal de Tila, accusé de dévier des fonds municipaux en faveur de l’organisation armée.

Ces détentions, auxquelles il faut ajouter celle du dirigeant Diego Vazquez en février dernier, pourraient signifier la fin de DPJ, pour le moins dans sa composition antérieure. L’organisation a également connu un processus de décomposition du fait de ses propres divisions internes. Un premier groupe qui s’est séparé a crée en 2000 l’Union des communautés indigènes agricoles et forestières (UCIAF) qui est surtout présent dans la municipalité de Sabanilla. Récemment un autre groupe connu comme l’Union régionale des communautés paysannes et indigènes (URCCI), qu’intègre le secteur légal de l’organisation qui gèrent des programmes économiques du gouvernement s’est séparé de DPJ.

Globalisation de la résistance

Comme il avait été accordé, des mobilisations ont été organisées dans plusieurs états mexicains le 12 octobre. Au Chiapas, les coordinatrices de la société civile zapatistes, des organisations sociales, indigènes et paysannes ont bloqué les routes, fermé les frontières, réalisé des marches et exprimé de différentes manières leur rejet à la réforme indigène, à la politique économique du gouvernement, au Plan Puebla-Panama (PPP) et à la Zone libre échange des Amériques (ZLÉA). Plusieurs pays d’Amérique centrale ont également pris part à cette protestation.

La ‘Première Rencontre Chiapanèque face au Néolibéralisme pour fortifier la résistance et rechercher des alternatives’ s’est tenue du 9 au 12 octobre. Elle a été convoquée par différentes ONG et organisations sociales du Chiapas avec l’objectif d’élaborer un plan d’action commun autour de 11 axes thématiques : souveraineté alimentaire, commerce équitable, terre, produits agrotoxiques et transgéniques, barrages, privatisation de l’énergie et de l’eau, biodiversité et biopiratage, usines d’assemblage, migration, PPP, ZLÉA, droits indiens et autonomie, militarisation, etc.

Le 12 octobre, la Consultation Nationale contre la ZLÉA a également débuté. Elle devrait se terminer en mars 2003. Elle fait partie de la campagne continentale visant à empêcher la réalisation de ce traité promu par les Etats-Unis. Au Chiapas, la consultation a été acceptée avec enthousiasme par les principales organisations et réseaux civils.

Pendant ce temps, des actions de protestations et de résistance contre la construction annoncée de près d’une dizaine de barrages hydroélectriques prévus dans cadre du PPP se sont multipliées dans différentes zones de l’état. Ces barrages auraient des impacts hautement négatifs du point de vue écologique et social. Parallèlement, les mobilisations de la population chiapanèque contre les hauts tarifs de la Commission Fédérale d’Electricité continue.

Cette résistance inscrit le Chiapas dans le mouvement régional et continental de lutte contre un modèle de "développement" qui a démontré ne pas bénéficier aux populations. Dans cette lutte, les peuples indiens ont joué un rôle protagoniste croissant dans la mesure où ils considèrent le modèle de globalisation dominant comme une menace non seulement à leur identité et à leurs formes d’organisation sociale, mais aussi à leur existence même comme peuples.

En ce qui concerne le PPP, il semble se trouver dans une impasse après la décision gouvernementale de baisser son profil en le faisant passer sous la responsabilité des Affaires Etrangères. Les critiques affirment cependant qu’avec ou sans le nom de PPP, les travaux prévus dans le cadre de celui-ci ont déjà commencé et qu’ils auront les impacts négatifs annoncés.

Dans tous les cas, le manque d’information et de transparence qui caractérisent les négociations tant du PPP que de la ZLÉA génère un plus grand manque de confiance et de rejet de la part de la population mexicaine. Ceci permet de prévoir quels seront les thèmes de conflit au Chiapas et dans la région à court terme.

Transition ou situation ingouvernable?

Au début septembre, lors du début d’une nouvelle étape législative, le président Fox a présenté son second rapport du gouvernement face à un Congrès hostile et une opinion publique toujours plus critique et insatisfaite des maigres résultats de la transition.

Une des principales raisons de l’irritation de l’opposition a été la relation avec les Etats-Unis. Le PRI et le PRD accusent le pouvoir exécutif d’être le gouvernement mexicain le plus complaisant qui est jamais existé avec le puissant voisin du nord. Le centre des critiques est le ministre Castañeda, accusé d’avoir conduit les relations du Mexique avec Cuba (jusqu’alors, très proches) au bord de la rupture diplomatique.

Certains analystes en sont venus à parler de "situation ingouvernable" pour faire référence à la multiplicité des fronts auxquels l’administration de Fox n’a pas su répondre ou résoudre efficacement.

Au même moment où la résistance du Syndicat Mexicain d’Electriciens prenait de l’ampleur face à sa proposition de réforme constitutionnelle pour légaliser l’investissement privé dans le secteur électrique, Fox a du affronter un autre puissant syndicat: celui des pétroliers. Ce dernier a menacé de paralyser le pays si ses demandes salariales n’étaient pas prises en compte. Le fond du conflit résidait cependant dans l’enquête judiciaire menée pour le détournement de 640 millions de pesos de l’entreprise publique PEMEX vers le syndicat pétrolier, des fonds qui ont été destinés à la campagne électorale du candidat du PRI Francisco Labastida en 2000.

Mais le dit ‘Pemexgate’ s’est transformé en boomerang qui a mis le Président face à son propre scandale électoral, du fait d’une enquête lancée par l’Institut Fédéral Electoral – qui n’est pas encore terminée- quant à l’origine soi-disant illégale des millions utilisés dans la campagne électorale par le groupe ‘Amis de Fox’.

Une autre source de tension a été le débat généré autour du budget fédéral 2003: l’opposition et la Conférence Nationale des Gouverneurs ont critiqué durement le pouvoir exécutif pour les compressions budgétaires prévues pour les dépenses sociales et les ressources destinées aux états.

De son côté, la société civile s’est organisée contre la politique économique : à la mi novembre, 40 organisations de travailleurs ont constitué le Front Syndical Mexicain pour faire face aux réformes du travail et aux privatisations. Une ample gamme d’organisations sociales ont annoncé la formation d’un front unitaire de lutte contre la politique néolibérale.

Tourmente à l’horizon

Deux faits imminents peuvent compliquer encore davantage ce difficile scénario. D’une part, début 2003, les charges sur les produits alimentaires entre les membres de l’Accord de Libre échange de l’Amérique du Nord (ALENA) vont tomber. Les corporations de producteurs et paysans ont d’ores et déjà annoncé que cette mesure signifiera un coup de grâce pour un secteur d’activités en crise et incapable d’entrer en concurrence avec la production subventionnée du Nord. Bien que le gouvernement ait annoncé "un blindage agro-alimentaire" pour contrecarrer les effets négatifs, les pronostiques sont des plus pessimistes.

D’un autre côté, la révision de la période de la guerre sale des années 70 et 80, sur laquelle enquête un Bureau Spécial nommé par le pouvoir exécutif, peut signifier la fin de l’impunité de deux institutions traditionnellement intouchables lors du régime antérieur et aujourd’hui questionnées : les Forces Armées et le PRI.

La stratégie de l’armée semble chercher à améliorer son image. Pour ce faire, elle a choisi de condamner les généraux Acosta Chaparro et Quiros Hermosillo (détenus il y a deux ans pour leurs relations avec le trafic de drogues) au même moment où un bataillon entier a été démantelé dans le nord du pays pour cette même raison.

Ces mêmes généraux devront prochainement être jugés pour l’assassinat de 143 personnes au Guerrero durant la "guerre sale ". Bien que ces accusations proviennent de dénonciations documentés par la Commission nationale des droits humains et du bureau spécial, le Bureau du Procureur Général de Justice Militaire s’est responsabilisé de l’enquête, assumant sa compétence en la matière. Ceci a généré les critiques des organisations de droits humains nationales et internationales, étant donné que la Justice Militaire n’offre aucune garantie et qu’elle a été une source d’impunité pour les crimes commis par des militaires.

En octobre, un an après l’assassinat de Digna Ochoa, le cas n’a toujours pas été éclairci.

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:: DOSSIER

Autonomie : source de conflits ou chemin vers la paix?

"L’autonomie n’est pas un mot nouveau mais il nous a fallu beaucoup de temps pour que nous nous rendions compte que c’est là que se trouve notre dignité"
(Représentant de la municipalité autonome de San Andrés, octobre 2002)

Antécédents historiques

Pendant les années 80, la demande d’autonomie est devenue une revendication centrale du mouvement indigène en Amérique latine, se présentant comme la voie pour exercer le droit à la libre détermination des peuples autochtones. Depuis la création de l’Etat mexicain, de nombreuses expériences d’autonomie ont été développées dans le pays comme une forme de résistance face à la structure d’un Etat qui méconnaît la diversité culturelle et sociale existante.

La lutte du peuple yaqui à Sonora, le mouvement de Coalition ouvrière, paysanne et étudiante de l’Isthme (COCEI) à Tehuantepec, la Police communautaire ou le Conseil des peuples Nahua de Alto Balsas (toutes deux au Guerrero), l’autonomie tojolab’al au Chiapas sont autant d’expériences d’autonomie qui existaient avant décembre 1994, lorsque l’EZLN a rompu le cordon militaire qui l’entourait pour mettre en place 34 municipalités autonomes qui dès lors coexistent de manière superposée et parallèle aux municipalités constitutionnelles.

Depuis avril 2001, l’EZLN est restée silencieuse, protestant ainsi contre l’approbation de la réforme constitutionnelle portant sur les droits indigènes qu’ils considèrent comme une "trahison". En rejetant les recours présentés par les peuples autochtones contre cette réforme, le verdict de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) en septembre 2002 ne permet pas d’attendre une rapide reprise du processus de paix.

L’absence de dialogue ne signifie cependant pas que les zapatistes et les autres organisations indigènes soient restés paralysés. En réalité depuis 1994, ils ont fait le pari de la construction de l’autonomie par la voie des faits, un processus peu visible mais qui s’affirme toujours plus avec le temps.

Les principales organisations indigènes du pays semblent partager cette position. Depuis le verdict de la SCJN, la Rencontre Nationale des Peuples Indiens (Guerrero) et le IIIième Forum national en défense de la médecine traditionnelle (Etat de Mexico) ont appelé tous les peuples indiens du pays à renforcer les différentes formes d’expression de l’autonomie. Lors du Vième Atelier de Réflexion et de planification stratégique du Congrès national indigène (CNI), il a été décidé de continuer la "politique du silence" (accordé avec l’EZLN) et de revenir à leurs communautés "non pas comme déroutés mais pour renforcer la défense de nos territoires et notre identité". Construire l’autonomie implique également avancer dans le sens d’une normativité propre face aux réformes des lois secondaires qui devraient venir en cascade après la réforme constitutionnelle.

Pour l’Institut national indigène, il existe une demande indigène nouvelle et différente qui implique la reconstruction des peuples indigènes depuis l’intérieur, a partir de leur affirmation propre comme sujets collectifs caractérisés par leur filiation ethnique et leurs cultures propres.

Qu’entendons-nous par autonomie?

"Je ne connais pas le mot autonomie. Peut-être qu’être autonome, c’est être libre, je ne sais pas. Je vais plutôt vous parler de comment nous travaillons et vous me direz s’il s’agit d’autonomie ou pas"
(Représentant de la zone Trinitaria, octobre 2002)

Le concept d’autonomie a fait l’objet de maintes discussions parfois théoriques sur ce qu’est ou n’est pas l’autonomie. Peut être que la confusion va de pair avec la diversité : si nous pouvons parler d’une autonomie, il existe de multiples façons de l’exercer.

Selon un représentant de la municipalité de Tila (Chiapas), pour que l’on puisse parler d’autonomie, " il faut qu’il y ait un peuple, c’est-à-dire un groupe formé par des personnes qui s’installe sur un même territoire. Ce peuple a des caractéristiques propres quant à sa façon d’être : la maison, l’habitat, la langue, la façon de s’habiller, de s’organiser, la relation directe avec la terre, l’éducation des enfants, la santé, la religion, c’est-à-dire la forme de vie. L’autodétermination est la capacité d’établir des conditions politiques, sociales, économiques et culturelles pour parvenir à être autonomes " (octobre 2002).

Les arguments contraires à la reconnaissance de l’autonomie considère que celle-ci pourrait conduire à la balkanisation du pays et convertir les communautés en espaces statiques, en retard dans le temps, fermées, ainsi que perpétuer des coutumes qui violent des garanties individuelles fondamentales. Face à ces critiques, la Commandante Esther de l’EZLN a expliqué devant le Congrès de l’Union (28/03/01) que le Mexique que veulent les zapatistes est un Mexique : " ... où nous les autochtones, sommes autochtones et mexicains ; un Mexique où le respect des différences est tout aussi important que le respect de ce qui fait que nous sommes égaux ; un Mexique où les différences ne soient pas sources de mort, emprisonnement, persécution, moquerie, humiliation, racisme ; un Mexique où, aux moments de définition de notre Histoire, nous faisions toutes et tous prévaloir ce que nous avons en commun, c’est-à-dire le fait d’être mexicains par delà nos différences ".

L’autonomie indigène est également rejetée par ceux qui la considèrent contraire au principe d’égalité face à la loi. Devant cette posture, Adelfo Regino du CNI, affirmait : "Nous les autochtones, nous ne voulons pas des juridictions, des privilèges. Nous les autochtones, nous ne voulons ni ne désirons nous séparer de ce pays ou être au dessus des lois. La seule chose que nous demandons est que soit reconnu ce qui est d’ores et déjà un fait dans nos communautés. (...) Ce que nous voulons, (...) c’est que soit reconnue une réalité et qu’il y ait finalement ce que certains appellent un ‘pluralisme juridique’." (Congrès de l’Unions, 28/03/01).

L’un des points les plus contestés quant à la reconnaissance de l’autonomie est le respect de ce que l’on appelle les us et coutumes. On critique le maintien de ceux qui discrimine la femme ou qui pourraient perpétuer les inégalités existantes. Il faut souligner cependant que dans les Accords de San Andrés, le respect des droits humains a été établi comme une condition pour la reconnaissance des us et coutumes indigènes.

L’EZLN a représenté un véritable changement en ce sens dès le moment où les femmes zapatistes ont établi la Loi Révolutionnaire des Femmes en 1993, exigeant le respect de leurs capacités de décision et participation et commençant une lutte pour la reconnaissance de leurs droits qui a influencé d’autres organisations indigènes. De cette façon, la revendication d’autonomie est devenue pour bien des femmes indigènes la possibilité pour transformer la situation d’oppression dans laquelle elles se trouvent : "Nous disons que l’autonomie est une manière de construire la démocratie, et dans une démocratie toutes les voix sont importantes. On doit respecter leurs droits. C’est pour cela que les hommes autochtones ne doivent pas nous quitter nos espaces, ce qui nous correspond. S’ils ne le font pas, ils feraient la même chose que ce que font les métis avec nos peuples, en ne respectant pas nos droits. (...) L’autonomie est par définition une proposition de libération. C’est pour cela que les hommes, les femmes et les sociétés autonomes doivent changer, se démocratiser, reconnaître internement la libération des femmes". (Margarita Gutiérrez et Nellys Palomo, Le Mexique. Expérience d’autonomie indigène, d’Aracely Burguete)

L’autonomie en marche: un modèle aux facettes multiples

" Nous avons appris de notre histoire et de notre propre lutte que la liberté se conquiert avant tout et en dépit de tout en l’exerçant "
(Leopold de Gyves, même ouvrage)

Au Chiapas, on n’a pas attendu l’application des Accords de San Andrés pour commencer le processus de construction de l’autonomie. Les municipalités autonomes zapatistes, les régions autonomes pluriethniques ainsi que d’autres municipalités et communautés indigènes décident d’ores et déjà comment s’organiser économiquement, politiquement et culturellement. Dans chaque cas, l’autonomie se présente sous une forme différente.

Les zapatistes exercent leur autonomie sans établir de relation avec le gouvernement –tant que les Accords de San Andrés ne seront pas respectés- et sans prendre part aux élections. Les municipalités élisent leurs propres autorités et mettent en place leurs propres projets en matière d’éducation, de santé et d’économie avec le soutien de la société civile mexicaine et internationale. Dans ce cas, l’autonomie est une forme de résistance face à un gouvernement qu’ils ne reconnaissent pas. La participation externe permet de tisser des réseaux de solidarité et la participation de ceux qui du fait de la distance pourraient se sentir loin du conflit. D’un autre côté, une dépendance excessive d’appuis externes peut nuire à la survie et au développement des projets.

Une autre expérience d’autonomie sont les Régions autonomes pluriethniques (RAP) formées en 1994. Elles se différencient des municipalités autonomes zapatistes dans la mesure où elles acceptent les programmes gouvernementaux et participent aux élections. Ces différences ont provoqué une prise de distance entre les deux projets. De la même manière, l’acceptation ou pas d’aides de la part du gouvernement est une source de divisions dans les communautés et qui dans bien des cas se terminent par l’expulsion ou l’abandon de la résistance.

Dans le mini forum organisé au niveau du Réseau pour la Paix (voir Activités du SIPAZ) à San Cristóbal de las Casas en octobre 2002, les représentants de plusieurs municipalités chiapanèques ont partagé avec les ONG leurs différents expériences de l’autonomie.

Dans la municipalité libre de Nicolás Ruiz, le pilier fondamental de l’autonomie est constitué par un gouvernement régi par ses us et coutumes et un règlement interne établi par consensus en assemblée générale. A La Trinitaria, la construction de l’autonomie passe en bonne partie par l’indépendance économique ; par exemple par le biais du développement de leur propre projet de production et de commercialisation de café organique. Pour d’autres, il est fondamental de commencer à construire l’autonomie depuis l’intérieur de la même famille.

Obstacles et défis

La construction de l’autonomie au sein des communautés, municipalités ou régions présente de nombreux défis. Parmi ceux-ci : " maintenir une plus grande relation entre les différentes municipalités ; construire une autonomie intégrale où tous les aspects sont pris en compte (politique, social, éducatif, économique et productif) ; générer des processus qui vont de la dimension personnelle à la collective et vice versa ; reconnaître les droits de la femme et leurs rôles dans la construction de l’autonomie ; parvenir à un respect entre groupes, communautés et peuples (unité dans la diversité) ainsi que maintenir la résistance sans tomber dans les provocations contre-révolutionnaires ". (Conclusion du Forum sur l’Autonomie, octobre 2002)

Ces défis se donnent dans un contexte économique, social et politico-militaire à échelle nationale et internationale qui, ajouté aux divisions communautaires, peut représenter un obstacle et limiter la portée des projets autonomes : " La guerre sale apparemment implantée depuis les niveaux les plus hauts des structures du gouvernement a divisé les communautés car la référence communautaire est remplacée graduellement par celle de l’organisation communautaire et en devient la plus importante. Le défi de ces autonomies, c’est que les organisations doivent voir comment se mettre d’accord pour mettre en place des projets de résistance face à l’ennemi commun. Les différentes organisations, indépendamment de leur appartenance politique, vivent à l’intérieur d’un même territoire, où elles utilisent les mêmes routes, source d’eau, installations sportives, infrastructures, conflits agraires, commandements, autorités et gouvernement, etc. Ceci augmente les risques de conflits permanents. Cependant, dans des régions où les positions sont plus unifiées et qu’il existe un accord y compris avec certains membres du PRI, les autonomies fonctionnent. D’un autre côté, certaines organisations sociales qui n’appartiennent pas à l’EZLN et qui partagent le même territoire prétendent faire en sorte que les choses se passent selon leur logique, ce qui conduit aux chocs entre projets et logiques différentes. En ce sens, le pouvoir de commandement entre autorités civiles, militaires et traditionnelles entrent également en jeu ". (Bulletin Chiapas el Día, CIEPAC, 6/5/98).

L’autonomie peut devenir une voie pour permettre de mettre en place des conditions en vue de la paix par le biais de la construction d’une plus grande justice sociale dans les communautés indigènes si l’on parvient à dépasser les conflits à l’intérieur de celles-ci. " Il existe quelque chose en commun entre toutes les expériences de construction de l’autonomie : la peur de la division. Nous devons nous accepter comme nous sommes, reconnaître la diversité de chacun et que sur le chemin de la vie nous apprenons toujours plus ". (Représentant de Chlachihuitán, Forum sur l’Autonomie, octobre 2002).

Il sera nécessaire d’aller au delà des confrontations et de la distance entre les différentes expériences d’autonomie existantes au Chiapas pour que la diversité ne soit plus une source de conflits mais qu’au contraire la capacité de construction d’alternatives se partage et permette ainsi de renforcer les résistances et les luttes non violentes, en édifiant les conditions pour une paix également par la voie des faits.

D’un autre côté, la transformation du Mexique en un pays multiculturel et pluriethnique par le biais de la reconnaissance de l’autonomie implique l’inclusion de la population non indigène : " L’autonomie s’inscrit également dans une nouvelle relation entre les peuples, l’Etat et la société nationale. Il s’agit d’une pierre angulaire dans la construction d’un nouveau projet de pays démocratique que les mexicains demandent. L’autonomie est une valeur universelle et qui n’appartient pas qu’aux autochtones. Il faut explorer de nouvelles expressions de l’autonomie pour les multiples communautés et collectivités qui forment notre Nation ". (CNI, " Plus jamais un Mexique sans nous ")

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:: ACTIVITÉS DU SIPAZ

Septembre - Novembre 2002

Accompagnement

  • Zone Nord: L’équipe du SIPAZ a réalisé plusieurs visites dans les communautés de Tila, dans la zone Nord du Chiapas. En dépit des accords de paix qui ont été signés à El Limar et Miguel Alemán, la situation reste particulièrement tendue après la detention de plusieurs membres de l’organisation Développement, Paix et Justice. Nous avons également parlé avec les autorités de Tila et les fonctionnaires du gouvernement de l’état à Yajalón, qui s’occupent de cette municipalité. Nous continuons à visiter l’avocat du Centre de Droits de l’Homme Miguel Agustín Pro à Palenque, à la demande de ce Centre.
  • Caravanes: nous avons participé à deux caravanes qui ont visité les municipalités autonomes d’Olga Isabel (Chilón) et Ricardo Flores Magón (Ocosingo), deux endroits où plusieurs zapatistes ont été assassinés au mois d’août.

Contacts et information

  • Nous avons coordonné la visite d’un ministre de l’Ambassade d’Allemagne au Chiapas et nous nous sommes réunis avec la nouvelle Ambassadrice de Grande-Bretagne à San Cristóbal.
  • L’équipe a reçu plusieurs délégations, journalistes et autres visites internationales pour leur expliquer la conjoncture du Chiapas et le travail du SIPAZ.
  • Nous avons assisté à la Rencontre de la Mère Terre réalisées à Ocosingo au début de septembre avec la participation d’un ample spectre d’organisations de la région.
  • SIPAZ s’est réuni avec des conseillers, des représentants d’ONG et des représentants d’ambassades à la ville de Mexico.
  • Nous avons participé comme observateurs à la Première Rencontre Chiapanèque face au Néolibéralisme, réalisée à San Cristóbal de las Casas, du 9 au 12 octobre.

Dialogue Interreligieux

  • Nous avons tenu plusieurs réunions avec des dirigeants religieux de San Cristóbal de las Casas, de la municipalité de Chenalhó et avec le Groupe plural Œcuménique.
  • Nous continuons à développer le Projet d’Echange et de Formation entre dirigeants religieux de Chenalhó et les Commissions de Paix du Nicaragua. En novembre, après avoir passé plusieurs mois à présenter le projet dans les communautés, une nouvelle étape de formation a débuté.
  • Nous avons pris part à l’atelier Culture, Spiritualité et Théologie de la Paix, réalisé à San Cristóbal de las Casas, les 4 et 5 octobre.
  • L’équipe continue à participer à la préparation et l’animation de prières œcuméniques pour la paix à San Cristóbal de las Casas.

Education pour la Paix

  • SIPAZ a animé une série d’ateliers de Transformation de Conflits pour les élèves des CEDECOS (Centres pour le Développement Communautaire) à San Cristóbal de las Casas et Las Margaritas.
  • Nous avons assisté à un atelier portant sur la Résolution positive des conflits et la construction de la paix convoqué par la Fondation Friedrich Ebert (octobre).
  • SIPAZ fait partie du Réseau pour la Paix, un espace d’action et de réflexion qui cherche à appuyer les processus de réconciliation et de paix au sein des organisations et des communautés du Chiapas. Une des activités les plus récentes a été la réalisation d’un micro-forum portant sur le thème de l’autonomie.
  • Nous avons pris part aux réunions de suivi de la Première Rencontre Nationale pour la Paix réalisé du 5 au 7 juillet à San Cristóbal, en vue de l’organisation d’une seconde Rencontre au début de 2003.

International

  • La Coordinatrice du Comité de promotion internationale du SIPAZ s’est réunie avec plusieurs ONGs et groupes de solidarité à Washington et New York en octobre. La coordinatrice de l’équipe du Chiapas a fait de même avec diverses organisations en France (en novembre).

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