:: SYNTHÈSE
Le conflit du Chiapas est entré dans
une nouvelle étape depuis le verdict de la Cour
Suprême
de Justice de la Nation (SCJN) sur la réforme constitutionnelle
en matière indigène. Des organisations indigènes
et de la société civile se sont manifestées
contre ce verdict tandis que l’EZLN a maintenu sa politique
de silence.
Ce silence ne signifie pas que la lutte
pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones
ait été abandonnée.
Au contraire, il implique centrer leur stratégie dans
la construction de l’autonomie par la voie des faits.
L’autonomie est le thème de notre dossier.
Lorsque l’on parle d’autonomie, il est clair
qu’il n’existe pas un modèle unique mais
plutôt différentes façons de la comprendre
et de l’exercer. Dans chaque cas, la construction de
l’autonomie présente des difficultés
et des défis pour les communautés indigènes
et pour l’ensemble de la société; parmi
ceux-ci le besoin de dépasser les conflits dérivant
des différences entre expériences d’autonomie.
Quatre mois après l’assassinat de dirigeants
civils dans des municipalités autonomes zapatistes,
les enquêtes piétinent et les accusés
ont pris la fuite. Les interprétations de ces incidents
violents diffèrent significativement. Que tous ces
faits obéissent ou pas à une stratégie
politique planifiée à l’avance, il est
indiscutable que le contexte dans lequel ils s’inscrivent
comme produit d’un conflit qui n’avance ni ne
se résout, est de haute tension. Il s’agit d’un
contexte qui conduit également les acteurs à interpréter
toute action depuis une logique de guerre.
En septembre, 27 membres du groupe armé Développement,
paix et justice ont été arrêtés
par le Bureau du Procureur de justice de l’état
du Chiapas. Ce fait, auquel il faut ajouter les divisions
que cette organisation a souffert au cours des deux dernières
années, ont affaibli l’organisation et représente
aussi une source de tension dans la zone Nord.
Différentes organisations de droits humains ont critiqué la
décision du Bureau du Procureur Général
de la République de dissoudre l’Unité Spéciale
pour l’Attention des Délits Commis par de Probables
Groupes Armés sans que le problème des paramilitaires
au Chiapas ait été résolu.
La résistance contre le modèle néolibéral
a été le centre des mobilisations du 12 octobre.
Au Chiapas, les organisations populaires se sont unies pour
bloquer les routes, fermer les frontières et protester
contre la réforme indigène, la politique économique
du gouvernement, le Plan Puebla-Panama (PPP) et la Zone
de Libre échange des Amériques (ZLÉA).
Le 12 octobre, la Consultation Nationale contre la ZLÉA
a également débuté. Elle fait partie
du mouvement régional et continental contre le modèle
de globalisation dominant, un processus dans lequel les peuples
authoctones ont acquis un rôle protagoniste croissant.
Le pouvoir exécutif fait face à une opposition
parlementaire hostile à sa politique extérieure
complaisante avec les Etats-Unis. Plus récemment,
un autre facteur de tension a été le débat
autour du budget fédéral 2003. L’opposition
a critiqué durement les compressions budgétaires
prévues en matière de dépenses sociales.
La révision de la période de la guerre sale
des années 70 et 80, sur laquelle enquête un
Bureau Spécial nommé par le pouvoir exécutif,
peut signifier la fin de l’impunité de deux
institutions traditionnellement intouchables lors du régime
antérieur et aujourd’hui questionnées
: les Forces Armées et le PRI.
Dans un effort pour améliorer son image, la Justice
Militaire a condamné les généraux retraités
Acosta Chaparro et Quiros Hermosillo pour des délits
en relation avec le trafic de drogues. Ces mêmes généraux
devront prochainement être jugés pour l’assassinat
de 143 personnes durant " la guerre sale ". Cependant,
les organisations de droits humains ont critiqué durement
la Justice Militaire pour avoir assumé la responsabilité de
juger ces cas qui avaient été présentés
auprès du Bureau Spécial.
En octobre, un an après l’assassinat de Digna
Ochoa, le cas n’a toujours pas été éclairci.

Actions Recommandées:
- Ecrire au président Fox pour lui exprimer l’espoir
de la communauté internationale que l’Etat
mexicain révisera la réforme constitutionnelle
en matière indigène pour faire en sorte qu’elle
soit congruente avec les engagements assumés à San
Andrés et auprès de l’OIT, l’Organisation
international du travail en ratifiant la Convention 169.
- Exhorter l’OIT afin qu’elle exige à l’Etat
mexicain de faire en sorte que la législation interne
en matière de peuples indigènes soit congruente
avec la Convention 169.
- Demander au gouvernement de l’état du Chiapas
que l’enquête sur les faits de violence du
mois d’août soit réalisée de
manière impartiale et efficace et que les coupables
soient amenés en justice.
- Diffuser des informations – comme celles contenues
dans ce bulletin- sur la situation au Chiapas et au Mexique.
Veuillez ecrire a :
Lic. Vicente Fox
Presidente de la República
Residencia Oficial de los Pinos
11850 México D.F., México
Fax: (+52. 55) 55 22 41 17
http://www.presidencia.gob.mx/?P=17
Dr. Juan Somavia
Director General
Organización Internacional del Trabajo
4, route des Morillons
CH-1211, Geneva 22, Suiza
Fax: (+41.22) 917 90 10
cabinet@ilo.org
Lic. Pablo Salazar Mendiguchía
Gobernador del Estado de Chiapas
Palacio de Gobierno, 1º piso
29009, Tuxtla Gutiérrez
Chiapas, México
Fax: (+52.961) 612 0917

:: ACTUALITÉ
Chiapas: le silence de la résistance.
Le conflit du Chiapas est entré dans
une nouvelle étape depuis le verdict de la Cour
Suprême
de Justice de la Nation (SCJN) en septembre. Celle-ci a de
fait ratifié la réforme constitutionnelle en
matière indigène. A côté des réactions
critiques de multiples acteurs en réponse au verdict
de la SCJN (voir bulletin
du SIPAZ d’août 2002),
le silence de l’EZLN a dominé cette période.
Pour certain, ce silence s’interprète comme
une omission. Pour d’autres, il se comprend dans le
cadre de la décision politique qui l’accompagne
: la volonté de construire leur propre projet d’autonomie
par la voie des faits et sans prendre en compte l’institutionalité de
l’Etat qui n’a pas pris en compte leurs demandes.
Selon les analystes, les peuples autochtones ont cherché à tester
ce qu’ils pouvaient attendre des trois pouvoirs démocratiques
et ils sont désormais tournés vers un processus à long
terme qui vise le renforcement et le développement
des distinctes formes d’autonomie, en partant de leur
reconstruction comme peuples (voir Dossier). Le principal
défi que présente ce projet est l’unité du
mouvement indigène.
Si bien ce silence peut se concevoir comme
faisant partie d’une stratégie de résistance, certains
analystes considèrent que l’EZLN va probablement
attendre une opportunité pour relancer une nouvelle
initiative politique dirigée à l’ensemble
de la société mexicaine.
Pendant ce temps, la résistance zapatiste se donne
au milieu d’inévitables tensions avec les autorités
officielles locales ainsi qu’avec les organisations
auparavant alliées et avec lesquelles se donne désormais
une dispute pour le contrôle politique et territorial.
La résistance est usante et produit dans certains
cas des désertions et, y compris, l’expulsion
de ceux qui ne respectent pas ses exigences.
Les victimes d’août: objectif
militaire ?
Près de quatre mois après les assassinats de
plusieurs dirigeants civils dans des municipalités
autonomes zapatistes (voir
Bulletin du SIPAZ d’août
2002), les enquêtes piétinent et les accusés
ont pris la fuite.
Il existe différentes interprétations quant
aux incidents violents de juillet et août. Selon le
bureau du Procureur de Justice de l’état du
Chiapas (PGJE), il n’y a pas de connexion claire entre
ces morts qui obéiraient plutôt à des
mobiles différents dérivant de conflits communautaires.
Pour certains analystes proches du gouvernement de l’état,
il s’agirait d’actions du PRI local cherchant à destabiliser
le gouvernement de Pablo Salazar pour récupérer
plus d’espace politique peu avant les élections
législatives de 2003.
Au départ, les organisations sociales et d’opposition
ont eu tendance à expliquer ces faits de violence
dans le cadre d’une stratégie fédérale
ayant pour but d’expulser les communautés indigènes
installées dans la biosphère de Montes Azules,
une zone riche et convoitée. Postérieurement,
beaucoup ont été d’accord pour interpréter
les agressions à l’encontre des zapatistes ainsi
que l’augmentation de la présence militaire à ce
moment-là comme une façon de tester les possibilités
de réponse militaire de la part de l’EZLN, un
peu avant le verdict de la SCJN (que l’on attendait).
Que tous ces faits obéissent ou non à une
stratégie politique planifiée à l’avance,
il est indiscutable que le contexte dans lequel ils s’inscrivent,
comme produit d’un conflit qui piétine, en est
un qui conduit également les acteurs à interpréter
toute action depuis une logique de guerre.
Un mois avant la commémoration du 5ème anniversaire
du massacre d’Acteal (22/12/97), 19 tzotzils ont été condamnés à 36
ans de prison et 12 autres accusés attendent un verdict
qui pourrait être le même. Le Centre de droits
humains Fray Bartolomé de las Casas (CDHFBC) affirme
qu’il est nécessaire d’aller au fond des
choses dans l’enquête qui devrait permettre d’arriver
jusqu’aux responsables intellectuels du massacre, y
compris les hauts fonctionnaires du gouvernement de l’état
de l’époque ainsi que les militaires et policiers
qui seraient des complices.
Dans la municipalité de San Juan Chamula de nouveaux
affrontements violents ont eu lieu entre protestants et catholiques
traditionalistes. Le 14 novembre, dans la communauté de
Tzeteltón, une embuscade s’est terminée
par un solde de sept blessés par balles. La PGJE,
qui enquête sur ces faits affirme qu’il s’agit
plus de disputes pour le contrôle politique entre caciques
que d’un problème d’intolérance
religieuse.
En dépit de ce climat de tension
et de conflit dans l’état, lors de son récent
voyage en Europe, le président Fox a réitéré "que
la paix est là au Chiapas, et avec les zapatistes", ce qui a provoqué les critiques généralisées
de l’opposition.
Paix et Justice : détentions et
divisions
Les faits d’août ont rouvert le débat
portant sur l’existence de groupes paramilitaires au
Chiapas. Entre les zapatistes et les autres groupes d’opposition,
le terme ‘paramilitaire’ peut être employé de
manière ample pour faire référence aux
groupes armés contraires à l’EZLN. Le
gouverneur du Chiapas, Pablo Salazar, affirme que les groupes
armés au Chiapas ne sont pas paramilitaires au sens
strict du terme dans la mesure où ils ne reçoivent
pas le soutien d’institutions de l’état
comme c’était le cas par le passé. Les
défenseurs de droits humains, en revanche, soutiennent
qu’il existe une connivence entre ces groupes et certains
dirigeants locaux appartenant au PRI (qui contrôlent
les mairies), l’armée et les forces de sécurité.
Cela serait le cas du groupe connu comme OPDIC, lié au
député Pedro Chulin ou de ‘Los
Aguilares’, une bande de délinquants et mercenaires.
Les plus critiques affirment également que le bureau
du Procureur de la République au niveau fédéral
ne veut pas aller jusqu’au bout de l’investigation
qui mènerait au démantèlement de ces
groupes. De fait, les opérations qui ont permis la
détention de certains de leurs intégrants ont été réalisées
par le pouvoir de l’état et non le fédéral.
Confirmant ces critiques, à la mi novembre, l’Unité spécialisée
pour l’attention aux délits commis par de probables
groupes civils armés qui dépend de la PGR (le
bureau du Procureur) a été dissoute, en dépit
du fait que comme l’affirme le CDHFBC : " le
grave problème des paramilitaires n’a pas été résolu
et que la vérité n’est toujours pas connu ".
D’un autre côté, à la mi septembre,
27 membres du groupe armé ‘Développement,
Paix et Justice’ (DPJ), y compris leur dirigeant Sabelino
Torres, ont été arrêtés à Tila,
par ordre du bureau du Procureur de l’Etat. Torres
est accusé d’être le principal responsable
de plusieurs crimes : vol, privation illégale de liberté,
port d’armes d’utilisation exclusive de l’armée,
lésions et assassinats. Parmi les détenus se
trouvent également Carlos Torres, ex-président
municipal de Tila, accusé de dévier des fonds
municipaux en faveur de l’organisation armée.
Ces détentions, auxquelles il faut ajouter celle
du dirigeant Diego Vazquez en février dernier, pourraient
signifier la fin de DPJ, pour le moins dans sa composition
antérieure. L’organisation a également
connu un processus de décomposition du fait de ses
propres divisions internes. Un premier groupe qui s’est
séparé a crée en 2000 l’Union
des communautés indigènes agricoles et forestières
(UCIAF) qui est surtout présent dans la municipalité de
Sabanilla. Récemment un autre groupe connu comme l’Union
régionale des communautés paysannes et indigènes
(URCCI), qu’intègre le secteur légal
de l’organisation qui gèrent des programmes économiques
du gouvernement s’est séparé de DPJ.
Globalisation de la résistance
Comme il avait été accordé, des mobilisations
ont été organisées dans plusieurs états
mexicains le 12 octobre. Au Chiapas, les coordinatrices de
la société civile zapatistes, des organisations
sociales, indigènes et paysannes ont bloqué les
routes, fermé les frontières, réalisé des
marches et exprimé de différentes manières
leur rejet à la réforme indigène, à la
politique économique du gouvernement, au Plan
Puebla-Panama (PPP) et à la Zone libre échange des Amériques
(ZLÉA). Plusieurs pays d’Amérique centrale
ont également pris part à cette protestation.
La ‘Première Rencontre Chiapanèque face
au Néolibéralisme pour fortifier la résistance
et rechercher des alternatives’ s’est tenue du
9 au 12 octobre. Elle a été convoquée
par différentes ONG et organisations sociales du Chiapas
avec l’objectif d’élaborer un plan d’action
commun autour de 11 axes thématiques : souveraineté alimentaire,
commerce équitable, terre, produits agrotoxiques et
transgéniques, barrages, privatisation de l’énergie
et de l’eau, biodiversité et biopiratage, usines
d’assemblage, migration, PPP, ZLÉA, droits indiens
et autonomie, militarisation, etc.
Le 12 octobre, la Consultation Nationale
contre la ZLÉA
a également débuté. Elle devrait se
terminer en mars 2003. Elle fait partie de la campagne continentale
visant à empêcher la réalisation de ce
traité promu par les Etats-Unis. Au Chiapas, la consultation
a été acceptée avec enthousiasme par
les principales organisations et réseaux civils.
Pendant ce temps, des actions de protestations
et de résistance
contre la construction annoncée de près d’une
dizaine de barrages hydroélectriques prévus
dans cadre du PPP se sont multipliées dans différentes
zones de l’état. Ces barrages auraient des impacts
hautement négatifs du point de vue écologique
et social. Parallèlement, les mobilisations de la
population chiapanèque contre les hauts tarifs de
la Commission Fédérale d’Electricité continue.
Cette résistance inscrit le Chiapas dans le mouvement
régional et continental de lutte contre un modèle
de "développement" qui a démontré ne
pas bénéficier aux populations. Dans cette
lutte, les peuples indiens ont joué un rôle
protagoniste croissant dans la mesure où ils considèrent
le modèle de globalisation dominant comme une menace
non seulement à leur identité et à leurs
formes d’organisation sociale, mais aussi à leur
existence même comme peuples.
En ce qui concerne le PPP, il semble se
trouver dans une impasse après la décision gouvernementale de
baisser son profil en le faisant passer sous la responsabilité des
Affaires Etrangères. Les critiques affirment cependant
qu’avec ou sans le nom de PPP, les travaux prévus
dans le cadre de celui-ci ont déjà commencé et
qu’ils auront les impacts négatifs annoncés.
Dans tous les cas, le manque d’information et de transparence
qui caractérisent les négociations tant du
PPP que de la ZLÉA génère un plus grand
manque de confiance et de rejet de la part de la population
mexicaine. Ceci permet de prévoir quels seront les
thèmes de conflit au Chiapas et dans la région à court
terme.
Transition ou situation ingouvernable?
Au début septembre, lors du début d’une
nouvelle étape législative, le président
Fox a présenté son second rapport du gouvernement
face à un Congrès hostile et une opinion publique
toujours plus critique et insatisfaite des maigres résultats
de la transition.
Une des principales raisons de l’irritation de l’opposition
a été la relation avec les Etats-Unis. Le PRI
et le PRD accusent le pouvoir exécutif d’être
le gouvernement mexicain le plus complaisant qui est jamais
existé avec le puissant voisin du nord. Le centre
des critiques est le ministre Castañeda, accusé d’avoir
conduit les relations du Mexique avec Cuba (jusqu’alors,
très proches) au bord de la rupture diplomatique.
Certains analystes en sont venus à parler
de "situation
ingouvernable" pour faire référence à la
multiplicité des fronts auxquels l’administration
de Fox n’a pas su répondre ou résoudre
efficacement.
Au même moment où la résistance
du Syndicat Mexicain d’Electriciens prenait de l’ampleur
face à sa proposition de réforme constitutionnelle
pour légaliser l’investissement privé dans
le secteur électrique, Fox a du affronter un autre
puissant syndicat: celui des pétroliers. Ce dernier
a menacé de paralyser le pays si ses demandes salariales
n’étaient pas prises en compte. Le fond du conflit
résidait cependant dans l’enquête judiciaire
menée pour le détournement de 640 millions
de pesos de l’entreprise publique PEMEX vers le syndicat
pétrolier, des fonds qui ont été destinés à la
campagne électorale du candidat du PRI Francisco Labastida
en 2000.
Mais le dit ‘Pemexgate’ s’est transformé en
boomerang qui a mis le Président face à son
propre scandale électoral, du fait d’une enquête
lancée par l’Institut Fédéral
Electoral – qui n’est pas encore terminée-
quant à l’origine soi-disant illégale
des millions utilisés dans la campagne électorale
par le groupe ‘Amis de Fox’.
Une autre source de tension a été le
débat
généré autour du budget fédéral
2003: l’opposition et la Conférence Nationale
des Gouverneurs ont critiqué durement le pouvoir exécutif
pour les compressions budgétaires prévues pour
les dépenses sociales et les ressources destinées
aux états.
De son côté, la société civile
s’est organisée contre la politique économique
: à la mi novembre, 40 organisations de travailleurs
ont constitué le Front Syndical Mexicain pour faire
face aux réformes du travail et aux privatisations.
Une ample gamme d’organisations sociales ont annoncé la
formation d’un front unitaire de lutte contre la politique
néolibérale.
Tourmente à l’horizon
Deux faits imminents
peuvent compliquer encore davantage ce difficile scénario.
D’une part, début
2003, les charges sur les produits alimentaires entre
les membres de l’Accord de Libre échange de
l’Amérique
du Nord (ALENA) vont tomber. Les corporations de producteurs
et paysans ont d’ores et déjà annoncé que
cette mesure signifiera un coup de grâce pour un
secteur d’activités en crise et incapable
d’entrer en concurrence avec la production subventionnée
du Nord. Bien que le gouvernement ait annoncé "un
blindage agro-alimentaire" pour contrecarrer les
effets négatifs, les pronostiques sont des plus
pessimistes.
D’un autre côté, la révision de
la période de la guerre sale des années 70
et 80, sur laquelle enquête un Bureau Spécial
nommé par le pouvoir exécutif, peut signifier
la fin de l’impunité de deux institutions traditionnellement
intouchables lors du régime antérieur et aujourd’hui
questionnées : les Forces Armées et le PRI.
La stratégie de l’armée semble chercher à améliorer
son image. Pour ce faire, elle a choisi de condamner les
généraux Acosta Chaparro et Quiros Hermosillo
(détenus il y a deux ans pour leurs relations avec
le trafic de drogues) au même moment où un bataillon
entier a été démantelé dans le
nord du pays pour cette même raison.
Ces mêmes généraux devront prochainement être
jugés pour l’assassinat de 143 personnes au
Guerrero durant la "guerre sale ". Bien que ces
accusations proviennent de dénonciations documentés
par la Commission nationale des droits humains et du bureau
spécial, le Bureau du Procureur Général
de Justice Militaire s’est responsabilisé de
l’enquête, assumant sa compétence en la
matière. Ceci a généré les critiques
des organisations de droits humains nationales et internationales, étant
donné que la Justice Militaire n’offre aucune
garantie et qu’elle a été une source
d’impunité pour les crimes commis par des militaires.
En octobre, un an après l’assassinat de Digna
Ochoa, le cas n’a toujours pas été éclairci.

:: DOSSIER
Autonomie : source de conflits ou chemin
vers la paix?
"L’autonomie
n’est pas un mot nouveau mais il nous a fallu beaucoup
de temps pour que nous nous rendions compte que c’est
là que se trouve notre dignité"
(Représentant
de la municipalité autonome de San Andrés,
octobre 2002)
Antécédents
historiques
Pendant les années 80, la demande d’autonomie
est devenue une revendication centrale du mouvement indigène
en Amérique latine, se présentant comme la
voie pour exercer le droit à la libre détermination
des peuples autochtones. Depuis la création de l’Etat
mexicain, de nombreuses expériences d’autonomie
ont été développées dans le pays
comme une forme de résistance face à la structure
d’un Etat qui méconnaît la diversité culturelle
et sociale existante.
La lutte du peuple yaqui à Sonora, le mouvement de
Coalition ouvrière, paysanne et étudiante de
l’Isthme (COCEI) à Tehuantepec, la Police communautaire
ou le Conseil des peuples Nahua de Alto Balsas (toutes deux
au Guerrero), l’autonomie tojolab’al au Chiapas
sont autant d’expériences d’autonomie
qui existaient avant décembre 1994, lorsque l’EZLN
a rompu le cordon militaire qui l’entourait pour mettre
en place 34 municipalités autonomes qui dès
lors coexistent de manière superposée et parallèle
aux municipalités constitutionnelles.
Depuis avril 2001, l’EZLN est restée
silencieuse, protestant ainsi contre l’approbation
de la réforme constitutionnelle portant sur les droits
indigènes qu’ils considèrent comme une "trahison".
En rejetant les recours présentés par les peuples
autochtones contre cette réforme, le verdict de la
Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) en septembre
2002 ne permet pas d’attendre une rapide reprise du
processus de paix.
L’absence de dialogue ne signifie cependant pas que
les zapatistes et les autres organisations indigènes
soient restés paralysés. En réalité depuis
1994, ils ont fait le pari de la construction de l’autonomie
par la voie des faits, un processus peu visible mais qui
s’affirme toujours plus avec le temps.
Les principales organisations indigènes
du pays semblent partager cette position. Depuis le verdict
de la SCJN, la
Rencontre Nationale des Peuples Indiens (Guerrero) et
le IIIième Forum national en défense de la
médecine
traditionnelle (Etat de Mexico) ont appelé tous les
peuples indiens du pays à renforcer les différentes
formes d’expression de l’autonomie. Lors du Vième
Atelier de Réflexion et de planification stratégique
du Congrès national indigène (CNI), il a été décidé de
continuer la "politique du silence" (accordé avec
l’EZLN) et de revenir à leurs communautés "non
pas comme déroutés mais pour renforcer la défense
de nos territoires et notre identité". Construire
l’autonomie implique également avancer dans
le sens d’une normativité propre face aux réformes
des lois secondaires qui devraient venir en cascade après
la réforme constitutionnelle.
Pour l’Institut national indigène, il existe
une demande indigène nouvelle et différente
qui implique la reconstruction des peuples indigènes
depuis l’intérieur, a partir de leur affirmation
propre comme sujets collectifs caractérisés
par leur filiation ethnique et leurs cultures propres.
Qu’entendons-nous par autonomie?
"Je ne connais pas le mot autonomie.
Peut-être qu’être
autonome, c’est être libre, je ne sais pas.
Je vais plutôt vous parler de comment nous travaillons
et vous me direz s’il s’agit d’autonomie
ou pas"
(Représentant de la zone Trinitaria,
octobre 2002)
Le concept d’autonomie a fait l’objet de maintes
discussions parfois théoriques sur ce qu’est
ou n’est pas l’autonomie. Peut être que
la confusion va de pair avec la diversité : si nous
pouvons parler d’une autonomie, il existe de multiples
façons de l’exercer.
Selon un représentant de la municipalité de
Tila (Chiapas), pour que l’on puisse parler d’autonomie, " il
faut qu’il y ait un peuple, c’est-à-dire
un groupe formé par des personnes qui s’installe
sur un même territoire. Ce peuple a des caractéristiques
propres quant à sa façon d’être
: la maison, l’habitat, la langue, la façon
de s’habiller, de s’organiser, la relation directe
avec la terre, l’éducation des enfants, la santé,
la religion, c’est-à-dire la forme de vie. L’autodétermination
est la capacité d’établir des conditions
politiques, sociales, économiques et culturelles pour
parvenir à être autonomes " (octobre 2002).
Les arguments contraires à la reconnaissance de l’autonomie
considère que celle-ci pourrait conduire à la
balkanisation du pays et convertir les communautés
en espaces statiques, en retard dans le temps, fermées,
ainsi que perpétuer des coutumes qui violent des garanties
individuelles fondamentales. Face à ces critiques,
la Commandante Esther de l’EZLN a expliqué devant
le Congrès de l’Union (28/03/01) que le Mexique
que veulent les zapatistes est un Mexique : " ... où nous
les autochtones, sommes autochtones et mexicains ; un Mexique
où le respect des différences est tout aussi
important que le respect de ce qui fait que nous sommes égaux
; un Mexique où les différences ne soient pas
sources de mort, emprisonnement, persécution, moquerie,
humiliation, racisme ; un Mexique où, aux moments
de définition de notre Histoire, nous faisions toutes
et tous prévaloir ce que nous avons en commun, c’est-à-dire
le fait d’être mexicains par delà nos
différences ".
L’autonomie indigène est également
rejetée
par ceux qui la considèrent contraire au principe
d’égalité face à la loi. Devant
cette posture, Adelfo Regino du CNI, affirmait : "Nous
les autochtones, nous ne voulons pas des juridictions, des
privilèges. Nous les autochtones, nous ne voulons
ni ne désirons nous séparer de ce pays ou être
au dessus des lois. La seule chose que nous demandons est
que soit reconnu ce qui est d’ores et déjà un
fait dans nos communautés. (...) Ce que nous voulons,
(...) c’est que soit reconnue une réalité et
qu’il y ait finalement ce que certains appellent un ‘pluralisme
juridique’." (Congrès de l’Unions,
28/03/01).
L’un des points les plus contestés quant à la
reconnaissance de l’autonomie est le respect de ce
que l’on appelle les us et coutumes. On critique le
maintien de ceux qui discrimine la femme ou qui pourraient
perpétuer les inégalités existantes.
Il faut souligner cependant que dans les Accords de San Andrés,
le respect des droits humains a été établi
comme une condition pour la reconnaissance des us et coutumes
indigènes.
L’EZLN a représenté un
véritable
changement en ce sens dès le moment où les
femmes zapatistes ont établi la Loi Révolutionnaire
des Femmes en 1993, exigeant le respect de leurs capacités
de décision et participation et commençant
une lutte pour la reconnaissance de leurs droits qui a influencé d’autres
organisations indigènes. De cette façon, la
revendication d’autonomie est devenue pour bien des
femmes indigènes la possibilité pour transformer
la situation d’oppression dans laquelle elles se trouvent
: "Nous disons que l’autonomie est une manière
de construire la démocratie, et dans une démocratie
toutes les voix sont importantes. On doit respecter leurs
droits. C’est pour cela que les hommes autochtones
ne doivent pas nous quitter nos espaces, ce qui nous correspond.
S’ils ne le font pas, ils feraient la même chose
que ce que font les métis avec nos peuples, en ne
respectant pas nos droits. (...) L’autonomie est par
définition une proposition de libération. C’est
pour cela que les hommes, les femmes et les sociétés
autonomes doivent changer, se démocratiser, reconnaître
internement la libération des femmes". (Margarita
Gutiérrez et Nellys Palomo, Le Mexique. Expérience
d’autonomie indigène, d’Aracely Burguete)
L’autonomie en marche: un modèle aux facettes
multiples
"
Nous avons appris de notre histoire et de notre propre lutte
que la liberté se conquiert avant tout et en dépit
de tout en l’exerçant "
(Leopold de Gyves,
même ouvrage)
Au Chiapas, on n’a pas attendu l’application
des Accords de San Andrés pour commencer le processus
de construction de l’autonomie. Les municipalités
autonomes zapatistes, les régions autonomes pluriethniques
ainsi que d’autres municipalités et communautés
indigènes décident d’ores et déjà comment
s’organiser économiquement, politiquement et
culturellement. Dans chaque cas, l’autonomie se présente
sous une forme différente.
Les zapatistes exercent leur autonomie
sans établir
de relation avec le gouvernement –tant que les Accords
de San Andrés ne seront pas respectés- et sans
prendre part aux élections. Les municipalités élisent
leurs propres autorités et mettent en place leurs
propres projets en matière d’éducation,
de santé et d’économie avec le soutien
de la société civile mexicaine et internationale.
Dans ce cas, l’autonomie est une forme de résistance
face à un gouvernement qu’ils ne reconnaissent
pas. La participation externe permet de tisser des réseaux
de solidarité et la participation de ceux qui du fait
de la distance pourraient se sentir loin du conflit. D’un
autre côté, une dépendance excessive
d’appuis externes peut nuire à la survie et
au développement des projets.
Une autre expérience d’autonomie sont les Régions
autonomes pluriethniques (RAP) formées en 1994. Elles
se différencient des municipalités autonomes
zapatistes dans la mesure où elles acceptent les programmes
gouvernementaux et participent aux élections. Ces
différences ont provoqué une prise de distance
entre les deux projets. De la même manière,
l’acceptation ou pas d’aides de la part du gouvernement
est une source de divisions dans les communautés et
qui dans bien des cas se terminent par l’expulsion
ou l’abandon de la résistance.
Dans le mini forum organisé au niveau du Réseau
pour la Paix (voir Activités du SIPAZ) à San
Cristóbal de las Casas en octobre 2002, les représentants
de plusieurs municipalités chiapanèques ont
partagé avec les ONG leurs différents expériences
de l’autonomie.
Dans la municipalité libre de Nicolás Ruiz,
le pilier fondamental de l’autonomie est constitué par
un gouvernement régi par ses us et coutumes et un
règlement interne établi par consensus en assemblée
générale. A La Trinitaria, la construction
de l’autonomie passe en bonne partie par l’indépendance économique
; par exemple par le biais du développement de leur
propre projet de production et de commercialisation de café organique.
Pour d’autres, il est fondamental de commencer à construire
l’autonomie depuis l’intérieur de la même
famille.
Obstacles et défis
La construction de l’autonomie au sein des communautés,
municipalités ou régions présente de
nombreux défis. Parmi ceux-ci : " maintenir une
plus grande relation entre les différentes municipalités
; construire une autonomie intégrale où tous
les aspects sont pris en compte (politique, social, éducatif, économique
et productif) ; générer des processus qui vont
de la dimension personnelle à la collective et vice
versa ; reconnaître les droits de la femme et leurs
rôles dans la construction de l’autonomie ; parvenir à un
respect entre groupes, communautés et peuples (unité dans
la diversité) ainsi que maintenir la résistance
sans tomber dans les provocations contre-révolutionnaires ".
(Conclusion du Forum sur l’Autonomie, octobre 2002)
Ces défis se donnent dans un contexte économique,
social et politico-militaire à échelle nationale
et internationale qui, ajouté aux divisions communautaires,
peut représenter un obstacle et limiter la portée
des projets autonomes : " La guerre sale apparemment
implantée depuis les niveaux les plus hauts des structures
du gouvernement a divisé les communautés car
la référence communautaire est remplacée
graduellement par celle de l’organisation communautaire
et en devient la plus importante. Le défi de ces autonomies,
c’est que les organisations doivent voir comment se
mettre d’accord pour mettre en place des projets de
résistance face à l’ennemi commun. Les
différentes organisations, indépendamment de
leur appartenance politique, vivent à l’intérieur
d’un même territoire, où elles utilisent
les mêmes routes, source d’eau, installations
sportives, infrastructures, conflits agraires, commandements,
autorités et gouvernement, etc. Ceci augmente les
risques de conflits permanents. Cependant, dans des régions
où les positions sont plus unifiées et qu’il
existe un accord y compris avec certains membres du PRI,
les autonomies fonctionnent. D’un autre côté,
certaines organisations sociales qui n’appartiennent
pas à l’EZLN et qui partagent le même
territoire prétendent faire en sorte que les choses
se passent selon leur logique, ce qui conduit aux chocs entre
projets et logiques différentes. En ce sens, le pouvoir
de commandement entre autorités civiles, militaires
et traditionnelles entrent également en jeu ".
(Bulletin Chiapas el Día, CIEPAC, 6/5/98).
L’autonomie peut devenir une voie pour permettre de
mettre en place des conditions en vue de la paix par le biais
de la construction d’une plus grande justice sociale
dans les communautés indigènes si l’on
parvient à dépasser les conflits à l’intérieur
de celles-ci. " Il existe quelque chose en commun entre
toutes les expériences de construction de l’autonomie
: la peur de la division. Nous devons nous accepter comme
nous sommes, reconnaître la diversité de chacun
et que sur le chemin de la vie nous apprenons toujours plus ".
(Représentant de Chlachihuitán, Forum sur l’Autonomie,
octobre 2002).
Il sera nécessaire d’aller au delà des
confrontations et de la distance entre les différentes
expériences d’autonomie existantes au Chiapas
pour que la diversité ne soit plus une source de conflits
mais qu’au contraire la capacité de construction
d’alternatives se partage et permette ainsi de renforcer
les résistances et les luttes non violentes, en édifiant
les conditions pour une paix également par la voie
des faits.
D’un autre côté, la transformation du
Mexique en un pays multiculturel et pluriethnique par le
biais de la reconnaissance de l’autonomie implique
l’inclusion de la population non indigène : " L’autonomie
s’inscrit également dans une nouvelle relation
entre les peuples, l’Etat et la société nationale.
Il s’agit d’une pierre angulaire dans la construction
d’un nouveau projet de pays démocratique que
les mexicains demandent. L’autonomie est une valeur
universelle et qui n’appartient pas qu’aux autochtones.
Il faut explorer de nouvelles expressions de l’autonomie
pour les multiples communautés et collectivités
qui forment notre Nation ". (CNI, " Plus jamais
un Mexique sans nous ")

:: ACTIVITÉS
DU SIPAZ
Septembre - Novembre
2002
Accompagnement
- Zone Nord: L’équipe du SIPAZ a réalisé plusieurs
visites dans les communautés de Tila, dans la zone
Nord du Chiapas. En dépit des accords de paix qui
ont été signés à El Limar et
Miguel Alemán, la situation reste particulièrement
tendue après la detention de plusieurs membres de
l’organisation Développement, Paix et Justice.
Nous avons également parlé avec les autorités
de Tila et les fonctionnaires du gouvernement de l’état à Yajalón,
qui s’occupent de cette municipalité. Nous continuons à visiter
l’avocat du Centre de Droits de l’Homme Miguel
Agustín Pro à Palenque, à la demande
de ce Centre.
- Caravanes: nous avons participé à deux caravanes
qui ont visité les municipalités autonomes
d’Olga Isabel (Chilón) et Ricardo Flores Magón
(Ocosingo), deux endroits où plusieurs zapatistes
ont été assassinés au mois d’août.
Contacts et information
- Nous avons coordonné la visite d’un ministre
de l’Ambassade d’Allemagne au Chiapas et nous
nous sommes réunis avec la nouvelle Ambassadrice de
Grande-Bretagne à San Cristóbal.
- L’équipe a reçu plusieurs délégations,
journalistes et autres visites internationales pour
leur expliquer la conjoncture du Chiapas et le travail
du SIPAZ.
- Nous avons assisté à la Rencontre
de la Mère
Terre réalisées à Ocosingo au début
de septembre avec la participation d’un ample spectre
d’organisations de la région.
- SIPAZ s’est réuni avec des conseillers, des
représentants d’ONG et des représentants
d’ambassades à la ville de Mexico.
- Nous avons participé comme observateurs à la
Première Rencontre Chiapanèque face au Néolibéralisme, réalisée à San Cristóbal
de las Casas, du 9 au 12 octobre.
Dialogue Interreligieux
- Nous avons tenu plusieurs réunions avec des dirigeants
religieux de San Cristóbal de las Casas, de la municipalité de
Chenalhó et avec le Groupe plural Œcuménique.
- Nous continuons à développer le Projet
d’Echange
et de Formation entre dirigeants religieux de Chenalhó et
les Commissions de Paix du Nicaragua. En novembre, après
avoir passé plusieurs mois à présenter
le projet dans les communautés, une nouvelle étape
de formation a débuté.
- Nous avons pris part à l’atelier Culture,
Spiritualité et Théologie de la Paix, réalisé à San
Cristóbal de las Casas, les 4 et 5 octobre.
- L’équipe continue à participer à la
préparation et l’animation de prières œcuméniques
pour la paix à San Cristóbal de las
Casas.
Education pour la Paix
- SIPAZ a animé une série d’ateliers
de Transformation de Conflits pour les élèves
des CEDECOS (Centres pour le Développement Communautaire) à San
Cristóbal de las Casas et Las Margaritas.
- Nous avons assisté à un atelier portant sur
la Résolution positive des conflits et la construction
de la paix convoqué par la Fondation Friedrich
Ebert (octobre).
- SIPAZ fait partie du Réseau pour la Paix, un espace
d’action et de réflexion qui cherche à appuyer
les processus de réconciliation et de paix au sein
des organisations et des communautés du Chiapas. Une
des activités les plus récentes a été la
réalisation d’un micro-forum portant sur le
thème de l’autonomie.
- Nous avons pris part aux réunions de suivi de la
Première Rencontre Nationale pour la Paix réalisé du
5 au 7 juillet à San Cristóbal, en vue de l’organisation
d’une seconde Rencontre au début de
2003.
International
- La Coordinatrice du Comité de promotion internationale
du SIPAZ s’est réunie avec plusieurs ONGs et
groupes de solidarité à Washington et New York
en octobre. La coordinatrice de l’équipe du
Chiapas a fait de même avec diverses organisations
en France (en novembre).

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