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SYNTHÈSE
La situation au Chiapas -et au niveau
national- n'a pas beaucoup changé ces derniers mois,
que nous parlions de la réforme constitutionnelle
portant sur les droits indigènes ou de la situation
des droits humains en règle générale;
et certainement rien ne s'est amélioré en
ce qui concerne la problématique agraire et les
conflits sociaux qui se sont développées
en conséquence.
En ce qui concerne la réforme indigène, on
attend toujours la décision de la Cour Suprême
de Justice de la Nation au sujet des plus de 300 controverses
constitutionnelles présentées contre la réforme
indigène approuvée il y a un an. Les audiences
termineront le 15 juin. Les organisations indigènes
et sociales attendent le dénouement de ce processus
avec grand intérêt.
En février, 168 députés ont de nouveau
présenté la loi COCOPA auprès du Congrès
fédéral, mais il est peu probable qu'elle sera
approuvée sans un changement au sein du Pouvoir législatif
(en 2003). L'Organisation Internationale du Travail (OIT) ne s'est toujours pas prononcée quant à la
violation du Traité 169 sur les peuples indigènes
et tribaux de la part du gouvernement mexicain. En mars,
l'OIT a reçu les réclamations et, si elle décide
de condamner la réforme indigène, cela représentera
une sanction morale contre l'état mexicain et remettra
encore plus en question la légitimité de la
loi indigène.
En dépit du changement des gouvernements depuis plus
d'un an, autant au niveau national que de l'état du
Chiapas, la situation des droits humains ne s'est pas améliorée
de façon significative.
Le Rapporteur spécial de l'ONU pour la défense
des droits des peuples indigènes, R. Stavenhagen a
déclaré que le Mexique viole de façon
systématique les droits des populations autochtones.
Le Rapporteur spécial de l'ONU pour l'indépendance
des juges et des avocats, P. Cumaraswamy a soutenu dans son
rapport sur le Mexique que la corruption affecte entre 50%
et 70% des juges fédéraux, et que l'impunité persiste.
Dans son rapport annuel de 2001, le Centre
pour les droits humains Miguel Agustín Pro dénonce que la torture
et la violence policière sont des pratiques récurrentes
sous le gouvernement de Fox. Le premier Diagnostic national
en matière de torture, rendu public en avril par la
Commission nationale des droits humains, arrive à la
même conclusion.
A 6 mois de l'assassinat de l'avocate
Digna Ochoa, il n'y a pas d'avancées significatives quand à l'enquête
et les hypothèses vont - selon le bureau du Procureur
général de justice du District Fédéral
- «de la possibilité d'un suicide à celle
d'un crime d'état.»
Un fait encourageant dans ce panorama
obscur est la signature d'un accord entre le gouvernement
mexicain et le Bureau du
haut commissaire pour les droits humains qui inclurait l'ouverture
d'un bureau permanent de l'organisme de l'ONU au Mexique
et la réalisation d'un diagnostic national portant
sur la situation des droits humains.
Au Chiapas, les organisations de droits
humains ont dénoncé la
responsabilité des autorités de l'état
dans les violations de droits humains. Le gouverneur Pablo
Salazar a critiqué le travail de ces organisations.
Plusieurs organisations sociales ont dénoncé le
climat de tension qui règne actuellement dans la biosphère
de Montes Azules à cause des rumeurs constantes d'une
expulsion imminente des communautés indigènes établies
dans cette zone protégée. Même le gouverneur
Salazar a dénoncé que le Procureur fédéral
pour la protection de l'environnement fomente l'expulsion
des communautés, et il a annoncé que son gouvernement
ne permettra pas cette action. De toute façon, il
est clair que le fait d'avoir des lois strictes pour la conservation
de l'environnement dans une région où il y
a sans cesse de nouvelles demandes de terres est problématique.
Les demandes de terres vont sans nul doute
continuer tant qu'il n'y aura pas de solutions structurelles
de fond qui
prennent en considération tous les aspects de la problématique
agraire: le taux élevé de croissance démographique,
le manque de ressources naturelles, l'expansion de l'élevage
de bétail, les difficultés d'exploitation plus
efficace de la terre, et le manque de formation et d'emplois
dans d'autres secteurs pour la population indigène.
Pour le président Fox, la solution à tous
ces problèmes pourrait être le Plan Puebla-Panama
qu'il présente comme la principale possibilité de
développement pour le sud du Mexique et de l'Amérique
Centrale. Cependant, les organisations populaires et les
ONG critiquent ce plan car ils considèrent qu'il répond
aux intérêts stratégiques nord américains
et au modèle économique néolibéral
dominant. En dépit des impacts sociaux et environnementaux
importants qu'il aura, les gens n'ont pas été consultés
pour son élaboration.
Au Chiapas, après huit ans de conflit et six ans
d'un processus de paix au point mort, une logique de confrontation
et d'intolérance sociale, politique et religieuse
prédomine. Le gouvernement de l'état reconnaît
l'existence de problèmes communautaires dans au moins
40 communautés indigènes des municipalités
de Ocosingo, Altamiramo et Las Margaritas.
Les causes de ces conflits - qui existent
y compris entre les organisations qui auparavant étaient alliées-
sont multiples: les relations avec les deux gouvernements
et l'acceptation ou non de ses programmes et ses subventions;
les différentes formes de construction de l'autonomie;
les disputes pour la terre ou pour le contrôle politique
d'un territoire déterminé; les différences
idéologiques et religieuses, etc. Il est fréquent
de voir que l'antagonisme croissant mène les gens à résoudre
les différences par le biais de la violence ce qui
entraîne des coûts élevés: déplacé(e)s,
blessé(e)s, enlèvements et parfois la mort.
Face à l'absence de négociations avec les
zapatistes, le gouvernement fédéral semble
faire le pari de programmes économiques et de lois
secondaires (suite a la réforme constitutionnelle).
L'EZLN maintient un silence obstiné et se résiste à toute
solution partielle, préférant construire l'autonomie
depuis la base, dans les communautés et par la voie
des faits. Cela signifie, entre autres, qu'ils n'acceptent
pas les «aumônes du gouvernement» et qu'ils
critiquent fortement tous ceux qui acceptent ces programmes.
En dépit de cette atmosphère politique et
sociale défavorable, le gouvernement de l'état
persiste dans ses efforts de distension et de réconciliation.
Dans quelques zones hautement conflictuelles, il a réussi à instaurer
des négociations pour la signature d'accords de réconciliation.
Des organisations sociales antagonistes, différentes églises
et les autorités locales y ont participé. Cependant
ces accords ont été critiqués par ceux
qui soutiennent qu'il s'agit d'arrangements conjoncturels
qui ne tiennent pas compte les problèmes structurels
et ne recherchent pas des solutions à long terme.
Pour cela, il faudrait des réformes profondes, comme
celles établies dans les Accords de San Andrés
qui ne sont toujours pas mis en application.

Actions
recommandées
- Ecrire au président
Fox pour lui exprimer votre préoccupation:
- parce que la réforme constitutionnelle sur les
droits indigènes s'est transformée en un obstacle
pour reprendre les négociations du processus
de paix et pour avancer dans la recherche d'une solution
au conflit
du Chiapas;
- pour le manque de progression dans l'enquête de
l'assassinat de Digna Ochoa; exhorter le gouvernement à prendre
des mesures efficaces pour que l'armée, les instances
fédérales et les gouvernements des états
impliqués collaborent avec le Bureau du Procureur
de justice de la ville de Mexico, afin de présenter
les responsables en justice et mettre fin aux menaces contre
les défenseurs des droits humains.
- Ecrire à la Cour suprême de justice de la
nation pour lui exprimer respectueusement votre espoir qu'elle
résoudra les controverses constitutionnelles au sujet
de la loi indigène en prenant en considération
les demandes présentées par les peuples autochtones,
les engagements assumés par le gouvernement fédéral
lors des Accords de San Andrés en février 1996,
et les obligations contractées par l'Etat mexicain
lors de la ratification du Traité 169 de la OIT.
- Diffuser l'information - comme celle contenue dans
ce bulletin- sur la situation au Chiapas et au Mexique.
Veuillez ecrire a:
Lic. Vicente Fox, Presidente de la
República
Residencia
Oficial de los Pinos
11850 México, D.F., México
Fax: (+52) 55 55 15 17 94
Site
internet pour émettre vos opinions
Suprema Corte de Justicia de la Nación
Calle Pino Suárez #2
Col. Centro, Delegación Cuauhtemoc
México D.F., México
Fax: (+52) 55 55 22 44 45

:: ANALYSE
CHIAPAS: POUR POUVOIR
DIALOGUER, IL FAUT SAVOIR ECOUTER
A six ans de la signature des Accords
de San Andrés, on attend toujours leur mise en place
et, avec celle-ci, la possibilité d'une reprise du
processus de paix entre l'Armée Zapatiste de Libération
Nationale (EZLN) et le gouvernement fédéral.
Cela fait plus d'un an que l'EZLN ne s'est pas exprimée
publiquement, protestant ainsi contre l'approbation de la
réforme constitutionnelle portant sur les droits indigènes.
Cette réforme a également été rejetée
par les Congrès des états qui représentent
une forte majorité de populations autochtones, ainsi
que par les principales organisations indigènes.
«Etre indigène n'est
pas un péché !»
Lors de la prise de fonction de Fox comme
président, l'EZLN a posé trois conditions pour
reprendre les négociations: le retrait de sept positions
militaires, la libération des prisonniers zapatistes
et la mise en place des Accords de San Andres -ce qui pour
eux signifie l'approbation du projet de loi de la COCOPA.
La première condition est considérée
accomplie: bien que la militarisation persiste au Chiapas,
les sept positions militaires ont été retirées
dans les premiers mois de 2001.
En ce qui concerne les prisonniers zapatistes,
en mars et avril, la COCOPA a entrepris des démarches auprès
du pouvoir Exécutif et des gouvernements de Querétaro
et Tabasco pour obtenir la libération de huit zapatistes
qui étaient toujours en prison . Cette libération
serait imminente. Cependant, Miguel Angel de los Santos,
avocat des prisonniers de l'EZLN, a dénoncé l'existence
de 17 nouveaux prisonniers zapatistes incarcérés à partir
du changement des gouvernements.
Au sujet du point le plus polémique, la réforme
indigène, trois facteurs pourraient encore changer
l'échiquier politique. Premièrement, on attend
l'arrêt de la Cour Suprême de Justice de la Nation
sur les plus de 300 controverses constitutionnelles présentées
contre la loi indigène. Las audiences des différents
cas ont commencé et elles se dérouleront entre
le 6 mai et le 15 juin. Les expectatives sont grandes puisque
la plus haute instance judiciaire est responsable de légitimer
la reforme approuvée ou bien d'écouter les
indigènes et de la rejeter. Sa décision sera
décisive quant à la redéfinition des
stratégies de la part des acteurs politiques. Pour
nombre d'entre eux elle pourrait signifier l'échec
des voies légales et pacifiques.
En deuxième lieu, à la mi-février,
168 députés ont à nouveau présenté la
loi COCOPA auprès du Congrès Fédéral, «pour
réparer l'erreur d'avoir approuvé (...) une
réforme qui n'a pas répondu aux demandes des
peuples autochtones». Cependant, il est pratiquement
impossible que l'initiative aboutisse tant que la composition
actuelle du Pouvoir Législatif se maintiendra (jusqu'en
2003).
Enfin, la réponse de l'Organisation Internationale
du Travail sur les réclamations présentées
par des syndicats et des organisations sociales contre l'Etat
mexicain est elle aussi attendue. Les auteurs de ces réclamations
considèrent que la réforme indigène
viole l'article 169 portant sur les peuples indigènes
et tribaux de la OIT. Celle-ci a reçu les dites réclamations
en mars, et bien qu'une résolution défavorable
n'ait pas un caractère coercitif, elle pourrait achever
de remettre en question la légitimité de la
réforme, et peser comme sanction morale.
Deux logiques qui s'opposent
Pendant ce temps, le conflit continue
opposant deux logiques qui semblent toujours plus antagoniques:
le pragmatisme du
gouvernement fédéral, qui paraît miser
sur les programmes économiques et les lois secondaires,
et la rigueur de l'EZLN, qui maintient sa résistance
radicale à toute solution partielle.
Au début mars, Xochitl Galvez, titulaire du Bureau
de la Présidence pour l'Attention des Peuples Indigènes,
a affirmé que Fox insistera pour qu'une loi indigène
plus proche de la loi COCOPA soit approuvée. Cependant,
peu de temps après, le Plan officiel pour le développement
des peuples indigènes fut présenté et
il paraît laisser de coté certains aspects importants
de cette loi.
En février, le Commissaire
pour la Paix du gouvernement fédéral, Luis H Alvarez, a annoncé que
les programmes gouvernementaux «seront la clef pour
résoudre le conflit». Cependant, leur application
paraît être problématique au Chiapas.
En avril, Porfirio Encino, Secrétaire des Peuples
Indigènes du gouvernement du Chiapas a demandé à l'EZLN
de permettre aux organisations sociales qui se trouvent dans
sa zone d'influence de bénéficier des programmes
gouvernementaux: «Nous garantissons qu'il n'y a pas
de politique contre-révolutionnaire derrière
ces projets, simplement nous ne pouvons pas ne pas aider
ceux qui nous le demandent et le nécessitent.»
Les zapatistes rejettent ces initiatives,
et ont fait le pari de la construction de l'autonomie par
la voie des faits
depuis les bases de leurs communautés, et ils critiquent
durement ceux qui optent pour accepter «les aumônes
du gouvernement».
La biosphère de Monte Azules a été une
zone particulièrement agitée au cours de ces
derniers mois. Les rumeurs quant à l'imminente expulsion
des communautés indigènes présentes
dans cette zone protégée sont allées
bon train. La controverse existe entre le gouvernement fédéral –représenté par
le titulaire du Bureau du Procureur Fédéral
de Protection de l'environnement, José Campillo- et
le gouvernement du Chiapas. En mai, le gouverneur a accusé Campillo
de promouvoir l'expulsion violente des communautés
et a averti que son gouvernement n'exécutera ni ne
permettra cette action.
Le Plan Puebla-Panama continue d'être une autre source
de confrontation et de perte de confiance entre le gouvernement
et les organisations populaires. Ce plan est présenté par
le président Fox comme la principale proposition de
développement pour le sud du Mexique et l'Amérique
centrale. Bien que le plan aura un grand impact social au
niveau de l'emploi et de l'équilibre écologique
pour les paysans et les peuples indigènes qui habitent
dans la région, ceux-ci n'ont pas été consultés
pour son élaboration. En conséquence, les organisations
populaires d'Amérique Centrales ont exprimé plusieurs
fois leur opposition face à ce projet.
L'intolérance de chaque jour
Cet affaiblissement croissant de la logique
du dialogue fortifie toujours plus celle de la confrontation,
et le gouvernement
du Chiapas –au-delà de ses tentatives pour la
contrecarrer- ne peut y échapper. Le Chiapas vit dans
un climat d'intolérance sociale, politique et aussi
religieuse.
A la fin avril, Porfirio Encino a reconnu
l'existence de problèmes communautaires dans au moins 40 localités
des municipalités d'Ocosingo, Altamirano et Las Margaritas.
Des membres du PRI s'affrontent contre ceux du PRD ou des
zapatistes, mais aussi des bases d'appui zapatistes contre
des organisations antérieurement alliées à l'EZLN
et qui sont aujourd'hui du coté du gouvernement du
Chiapas. Les causes de ces conflits sont multiples (voir
le bulletin de SIPAZ de février dernier): les relations
avec les deux gouvernements, leurs programmes et leurs subventions;
les disputes pour la terre ou pour le contrôle politique;
les différences idéologiques et religieuses… Ces
conflits ont un coût chaque jour plus élevé:
déplacé(e)s, blessé(e)s, enlèvements
et parfois même des morts.
Dans la zone Nord, la tension a augmenté en février
après la détention de Diego Vazquez, dirigeant
de l'organisation présumée paramilitaire Développement,
Paix et Justice. Le Réseau des défenseurs des
droits humains a dénoncé à plusieurs
reprises les agressions et les menaces contre ses membres;
et la Commission étatique des droits humains a émis
des recommandations pour obtenir des mesures de sécurité en
faveur des dirigeants menacés.
Les conflits pour la terre et l'hégémonie
politique sont particulièrement présents dans
la zone Selva; les municipalités d'Ocosingo et Altamirano
ont été marquées par les confrontations
permanentes entre zapatistes et militants du PRI, zapatistes
et ORCAO, ou entre les autorités municipales officielles
et les autorités des municipalités autonomes
zapatistes. Dans quelques municipalités de Los Altos
(Zinacantan, Oxchuc) la confrontation s'est vécue à l'intérieur
du Conseil Municipal, puisque la majorité ne permet
pas l'intégration de la minorité au sein du
dit Conseil.
Un thème qui continue de rassembler diverses organisations
au-delà de leurs différences idéologiques,
est la résistance civile organisée contre la
Commission fédérale d'électricité,
particulièrement dans les zones Sierra, Costa, Nord
y Altos. Les organisations civiles protestent contre le coût élevé du
service et demandent un tarif préférentiel,
dans la mesure où le Chiapas est le principal producteur
d'énergie électrique du pays et l'état
avec le plus haut indice de pauvreté.
Dans cette ambiance de tension politique
et sociale, le gouvernement de Pablo Salazar persiste dans
ses efforts pour
la réconciliation. Au cours des derniers mois, il
a instauré des tables de négociations dans
plusieurs zones conflictuelles (municipalités de Tila
et de Sabanilla). Certaines ont permis la signature d'accords
de paix. Des hauts fonctionnaires du gouvernement du Chiapas,
des organisations sociales (depuis Las Abejas jusqu'à Développement,
Paix et Justice), différentes églises et même
des sympathisants zapatistes ont participé de façon
active à la signature de ces accords.
Cependant, ces accords sont critiqués par ceux qui
soutiennent qu'il s'agit d'arrangements conjoncturels, et
que les conflits réapparaîtront tant qu'il n'y
aura pas de solutions structurelles à long terme.
Pour ce faire, il serait nécessaire d'avoir des réformes
profondes comme celles prévues dans les Accords de
San Andres, qui ne sont toujours pas mis en œuvre.
Après une visite au Chiapas, Rodolfo Stavenhagen,
Rapporteur spécial de l'ONU pour les Droits des peuples
indigènes a coïncidé avec cette analyse.
Il a affirmé que, malgré différents
efforts pour arriver à une réconciliation au
niveau local, si les problèmes apparus suite au rejet
de l'EZLN et d'une bonne partie du mouvement indigène à la
réforme constitutionnelle approuvée ne se résolvent
pas, «il n'y aura pas de paix sociale définitive».
D'un autre coté, la polarisation qui se vit au Chiapas
a crée des tensions dans les relations entre le gouverneur
et les organisations sociales, en particulier celles des
droits humains: la Commission de l'état pour les droits
humains (dont le président a fait porter la responsabilité des
attentats dont il fut l'objet au gouverneur) ainsi que le
Centre Fray Bartolomé de las Casas, le Réseau
de défenses communautaires et l'organisation nord-américaine
Global Exchange ont dénoncé la responsabilité des
autorités de l'état dans les violations des
droits humains au Chiapas.
Les plus pauvres d'entre les pauvres
La réunion "Urgence indigène" convoquée
par la Conférence Episcopale Latino-américaine
a eu lieu à la fin avril dans l'état voisin
de Oaxaca. La Conférence Episcopale Mexicaine a présenté un
rapport dont les chiffres démontrent que les défis
vont bien au-delà de ce qu'on pourrait s'imaginer:
96% des indigènes du Mexique habitent dans des municipalités
de haute ou de très haute marginalisation, et vivent
une croissante détérioration de leurs conditions
de vie.
En mai, Rodolfo Stavenhagen a affirmé que le Mexique
viole de manière systématique les droits des
peuples indigènes, et a signalé que les conditions
de vie des indigènes montrent de graves carences dans
le respect de leurs droits économiques, sociaux et
culturels. En référence au projet de Déclaration
sur les droits indigènes qui se discute à l'ONU,
il a soutenu que plusieurs pays s'y résistent: ils
considèrent "très dangereux" de reconnaître
le droit à l'autodétermination des peuples
indigènes, parce que cela les emmènerait à décider
seuls quelle sera l'utilisation de leur territoire, et l'exploitation
de leurs ressources.
Le fait est que toute l'Amérique latine se trouve
actuellement dans une situation critique. Les programmes
d'ajustement imposés par les organismes multilatéraux
signifient une récession croissante et l'exclusion
de secteurs de plus en plus important de la population. Il
prédomine une ambiance de mécontentement et
d'insatisfaction sociale qui couvre des situations de violence
latente.
L'Assemblée de Monterrey réalisée en
mars, a relancé la polémique sur le néolibéralisme
prédominant et les modèles alternatifs de développement.
La Commission Episcopale de Pastorale Sociale a exprimé que
le libre échange est une "machine aveugle" qui
institutionnalise l'inégalité et l'exclusion.
Des questionnements similaires ont été exposés
par les organismes protestants comme le Conseil latino-américain
des églises et par le Conseil mondial des églises.
Les problèmes du président
La recherche d'équilibre entre les trois pouvoirs
continue d'être marqué par les désaccords
entre l'équipe de Fox et le Pouvoir législatif.
L'ordre du jour de l'Exécutif ne bénéficie
pas du soutien du Congrès, et les partis d'opposition
ont critiqué durement le président pour sa
politique extérieure qu'ils considèrent subordonnée à celle
des Etats-Unis. Jusqu'à présent, Fox n'a pas
réussi a créer des alliances qui lui permettent
de faire avancer ses principales initiatives (réforme
fiscale, inversion privée dans les secteurs pétrolier
et électrique, etc.). La CSJN a aussi émis
des résolutions peu favorables aux intérêts
du président, comme par exemple celle contre l'inversion
privée dans l'industrie électrique.
En matière de droits humains, l'administration Fox
n'a pas réussi a atténuer les critiques internes,
malgré l'intense effort diplomatique déployé pour
améliorer son image internationale.
En avril, le Rapporteur spécial de l'ONU pour l'Indépendance
des juges et des avocats, Param Cumaraswamy a soutenu dans
son rapport sur le Mexique que la corruption affecte entre
50% et 70% des juges fédéraux. Selon le rapporteur, «l'impunité et
la corruption n'ont pas diminué au Mexique»,
et une bonne partie des fonctionnaires judiciaires au niveau
local continuent d'être subordonnés aux pouvoirs
exécutifs des états. Les principales instances
du Pouvoir judiciaire mexicain ont critiqué ce rapport.
Dans son rapport annuel de 2001, le Centre
de droits humains Miguel Agustin Pro a dénoncé que la torture
et la violence policière sont récurantes sous
le gouvernement de Fox, et que 48% des cas de répression
ont lieu dans des zones marginales de Oaxaca, Chiapas et
Guerrero. Parallèlement, le 5 avril, la CNDH a présenté le
premier Diagnostic national sur la torture, qui soutient
que la torture continue d'être une pratique courante
lors du processus de détention.
A six mois de l'assassinat de l'avocate
Digna Ochoa, l'enquête
n'a pas avancée de façon significative, et
les hypothèses vont - selon le Bureau du procureur
général de justice de la ville de Mexico - «de
la possibilité d'un suicide à un crime d'Etat.» Entres
temps, une autre avocate de droits humains, Barbara Zamora
a reçu des menaces en mars, et en avril les policiers
assignés à la protection de son associé Leonel
Rivero, ont été agressés par des inconnus.
En mars, la Fédération internationale pour
les droits humains et l'Organisation mondiale contre
la torture ont affirmé que la situation des défenseurs
de droits humains au Mexique est «extrêmement
difficile» et la répression se manifeste de «façon
beaucoup plus subtile que dans d'autres pays».
Dans ce panorama obscur, à la fin d'avril, le Mexique
a signé un accord avec le Bureau du haut-commissariat pour les droits humains pour commencer la deuxième
phase du Programme de coopération technique. Cette étape
inclura l'ouverture d'un bureau permanent de l'ONU au Mexique
et la réalisation d'un diagnostic sur la situation
des droits humains au pays, qui sera la base pour l'adoption
d'un programme national en la matière.

:: DOSSIER Chiapas
: Mythes et réalités quant à la problématique
agraire
«Ils nous enlèvent nos
terres et sur celles-ci avec eux comme patrons, nous édifions
des aéroports mais jamais nous ne voyagerons en avion.
Nous construisons des autoroutes mais jamais nous n'aurons
de voiture. (…) Nous édifions des centres commerciaux
mais jamais nous n'aurons d'argent pour y faire nos courses.
Nous construisons des zones urbaines avec tous les services
mais nous les verrons uniquement de loin. (…) En résumé,
nous édifions un monde qui nous exclut, un monde qui
jamais ne nous acceptera mais qui, cependant, n'existerait
pas sans nous. »
(Discours de l'EZLN à l'Institut
Polytechnique, Mexico, 16/03/01)
A plus de huit ans du soulèvement
zapatiste, le problème agraire au Chiapas continue
d'être un thème central dans les conflits et
les divisions qui se sont accentués au cours du temps.
Dans cet état qui occupe la première place
en termes de marginalisation dans le pays, plus des deux
tiers de la population continuent de vivre des activités
agricoles. Ceci réaffirme le caractère primordial
des disputes agraires. Les défis sont sans aucun doute
beaucoup plus importants et font partie d'un système économique
qui laisse les paysans –majoritairement indigènes
- avec très peu d'alternatives.
L'impact du soulèvement de 1994
Bien qu'en 1992 le gouvernement fédéral a
déclaré la fin du partage des terres, le soulèvement
de 1994 a agi comme un catalyseur dans la lutte pour la terre
au Chiapas et a constitué une excellente opportunité pour
que le mouvement social réaffirme et intensifie ses
demandes. L'invasion des terres s'est accélérée,
non seulement de la part des groupes zapatistes mais aussi
d'autres organisations. «La formation, fin janvier
1994, du Conseil des Organisations Indigènes et Paysannes
de l'état du Chiapas (CEOIC) a ouvert une période
de mobilisation paysanne qui a généré au
moins 8000 demandes de terres de la part de 11 organisations.
Trois cent quarante terrains privés, qui représentent
plus de 50 000 hectares, ont été occupés
par la force au cours des premiers mois de 1994». (Harvey)
En 1996, 62 organisations paysannes et
85 groupes indépendants
ont signé des Accords Agraires par le biais desquels
le gouvernement s'engageait à donner une solution
aux demandes de terres. D'autre part, les organisations paysannes
s'engageaient à ne pas réaliser d'autres invasions
de terres, à rendre les terres occupées qui
n'étaient pas susceptibles d'acquisition et à ne
plus présenter de demandes agraires. Cependant, l'importance
du problème était évidente quand on
compare la quantité d'hectares envahis (plus de 50
000 ha) avec la quantité que les propriétaires étaient
prêts à vendre (11 910 ha). Le gouvernement
prétendait mettre un terme à ce problème
agraire à court terme; cependant les invasions de
terre ont continué, et probablement continueront tant
qu'on ne qu'il n'y aura pas de solutions structurelles de
fond. (Reyes)
Ces négociations eurent cependant un impact: jusqu'en
1995, beaucoup d'organisations paysannes ont appuyé l'EZLN
dans sa lutte, mais les relations se sont rompues à partir
du moment où ces organisations prirent la décision
de s'asseoir à la table de négociations pour
des accords partiaux avec le gouvernement.
D'autres facteurs
Il serait impossible d'expliquer toute
la complexité du
problème de la terre au Chiapas dans cet article.
Pour cette raison nous ferons une brève énumération
de quelques-unes de ses composantes.
En premier lieu, le conflit agraire est
extrêmement
politisé. Beaucoup de revendications pour la terre
sont accompagnées d'exigences de démocratie,
de justice et de respect des droits humains. Ceci se justifie
encore plus par le fait que les expulsions étaient
habituellement accompagner d'abus, d'emprisonnement arbitraire
et d'assassinats qui, jusqu'à ce jour, restent impunis.
Deuxièmement, au contraire de ce que beaucoup pensent,
le problème des latifundium n'est plus significatif
dans la zone de conflit. La propriété sociale
et les petites propriétés privées de
moins de 5 hectares représentaient en 1990 plus de
77% du total des terres, atteignant plus de 90% dans beaucoup
de municipalités de Los Altos (Viqueira).
D'autre part, la croissance démographique constante
fait que la portion des terres est chaque fois moindre. Les
paysans cultivent la terre pour assurer leur autosubsistance,
ce qui affecte sa productivité. De fait, dans la zone
où domine la minifundium (où les terres cultivées
sont de superficie réduite), plus de 75% de la population
gagne moins que le salaire minimum (Viqueira).
Troisièmement, le gouvernement pourrait répartir
toutes les terres existantes (et de fait, c'est ce qu'il
dit), mais tant que le rythme de croissance de la population
se maintiendra (2,12% par an), il y aura chaque fois un besoin
accru de plus de terres. A ce jour, 51% de la population
du Chiapas a moins de vingt ans. Dès lors, sans l'existence
d'alternatives pour le développement économique
ou pour l'emploi de la population active, les demandes de
terres continueront. Ce n'est pas pour rien que la migration
vers les villes où vers les Etats-Unis a connu une
forte croissance ces dernières années.
Quatrièmement, il existe peu de possibilités
d'emploi en dehors du secteur agricole. Et la population
indigène a peu de probabilité d'accéder à un
emploi du fait des problèmes de scolarité qui
caractérisent les zones dans lesquelles ils vivent.
Cinquièmement, les terres qui furent réparties
par le gouvernement sont peu fertiles, les systèmes
d'irrigation sont rares, et l'élevage a accéléré le
processus d'appauvrissement des zones cultivables. D'autre
part, il est problématique d'avoir des lois strictes
pour la préservation du milieu ambiant dans une région
où la demande de terres ne cesse de croître.
Le cas le plus connu est celui de la biosphère de
Montes Azules (dans la zone de la Selva), où continue
de peser la menace d'expropriation pour plus de 40 communautés
indigènes.
Légalité vs. légitimité
Les disputes pour la terre entre paysans
sont aussi vieilles que la politique gouvernementale du PRI
qui a souvent consisté à donner
la même terre à plus d'un groupe demandeur,
pour diviser et affaiblir leurs possibilités d'organisations.
De plus, après 1994, la répartition des terres
a fait partie d'une politique contre-révolutionnaire
afin d'isoler les zapatistes. Il existe divers cas dans lesquels
on a donné à des organisations paysannes affiliées
au gouvernement des terres qui avaient été envahis
par les zapatistes.
Une autre situation se présente actuellement avec
les divisions entre des organisations jadis alliées.
Une question se pose; les terres "récupérées" (c'est à dire
envahies par les zapatistes à partir de 1994) sont-elles
des propriétés communales? Dans plus d'un cas,
une autre organisation gère la propriété de
ces terres avec le gouvernement pour le bien de tous (y compris
des zapatistes). De nos jours, avec l'accroissement des divisions
et la polarisation, le conflit oscille entre la légalité (le
droit de propriété) et la légitimité.
Une phrase que l'on peut entendre fréquemment dans
la zone de la Selva de la part des zapatistes est: «C'est
nous qui avons donné notre sang».
Une des préoccupations de l'EZLN est que les organisations
avec lesquelles elle est actuellement en conflit pourraient
vendre la terre à une tierce personne, en accord avec
la réforme de la Constitution de 1992 qui permet la
vente de terre communale. Les affiches à Cuxulja (scène
récente d'une dure dispute de ce type) en sont une
illustration: «La terre est notre mère, elle
ne s'achète pas, ni ne se vend», «La terre
n'est pas une marchandise, la vendre serait une trahison».
De nombreuses fois, derrière les disputes pour la
terre, ce que l'on rencontre est bien plus une lutte pour
le contrôle politique ou l'hégémonie
sur un territoire donné et ses habitants. D'autre
part, une source de plus de tension est que, pour bénéficier
de certains programmes gouvernementaux, les paysans doivent
présenter les droits de propriété de
ces terres. Cette démarche est contraire au système
de propriété collective (ejido) qui prévaut
toujours dans la zone indigène.
Un problème sans solution?
Bien que la lutte agraire au Chiapas ne
soit pas que contre les latifundium – car ils y en a peu -, l'inégalité continue
d'être très importante. Indubitablement la demande
agraire ne cessera pas, pour les aspects déjà mentionnés:
l'accroissement démographique, le peu de ressources
naturelles, l'expansion de l'élevage, les difficultés
pour une exploitation plus efficace de la terre et le manque
de formation et d'emplois dans d'autres secteurs, ce qui
peut se traduite par une absence totale d'alternative du
système pour résoudre la problématique
paysanne.
A la fin avril, le Secrétaire pour les Peuples indiens
du gouvernement du Chiapas, Porfirio Encino, a reconnu qu'il
y avait des problèmes communautaires dans au moins
40 localités des municipalités de Ocosingo,
Altamirano et Las Margaritas. Il affirmait aussi qu'au-delà du
problème agraire, «ces problèmes trouvent
leurs racines dans dialogue (suspendu entre le gouvernement
fédéral et l'EZLN) et dans l'absence de mise
en application des Accords de San Andres».
De fait, il convient de rappeler une des
critiques faite à la
réforme indigène approuvée par le Congrès
Fédéral l'an dernier, ainsi qu'au Plan Puebla-Panama:
les indigènes ne veulent plus être objet de
politiques d'assistances, mais être considérés
comme sujets, prendre part aux discussions, non seulement
quant aux politiques agraires mais aussi avec tout ce qui
a trait au développement économique et social.
Le moment requiert en conséquence une remise en question
complète et non pas des solutions partielles ou à court
terme.
Problématique agraire: multiples retards historiques
Le poids des politiques antérieures
sans aucun doute pèsent encore beaucoup sur la problématique
actuelle. Ces politiques ont souvent été caractérisées
par des aspects répressifs ou des réformes
agraires instaurées bien plus comme un "arrangement" discrétionnaire
entre les propriétaires terriens locaux et le gouvernement
fédéral. Elles ont été développées
pour répondre aux besoins du système et étaient
destinées à protéger la grande propriété agraire,
en assurant au passage le vote des paysans pour le parti
officiel
(García de León)
Un des résultats de la Révolution Mexicaine,
au début du 20° siècle, fut le début
d'une Réforme Agraire qui cherchait à donner
les terres aux paysans. Au Chiapas, en revanche, les grands
propriétaires terriens organisèrent avec succès
la contre-révolution afin de protéger leurs
privilèges. Les lois agraires des années 20
furent elles aussi appliquées à leur avantage.
Ce fut seulement avec le mandat de six
ans de Lazaro Cardenas (1934-1940) que la répartition agraire fut menée à terme
au Chiapas. En 1940 il y avait moins de la moitié des
grandes propriétés qui existaient en 1900;
cependant les meilleures terres restaient aux mains des grands
propriétaires terrains. (Gómez y Kovic) En
même temps, la politique agraire était destinée à la
promotion de l'activité d'élevage dans la région.
Entre 1940 et 1965, la politique nationale
de substitution des importations donna la priorité au secteur industriel
sur le secteur agricole. Le résultat fut qu'entre
1965 et 1980, la production agricole baissa de 14 à 7%
du PIB. Le Mexique devint dès lors dépendant
et commença à importer près de la moitié du
maïs consommé dans le pays. (Collier)
A partir de 1970, avec Echeverria comme
président,
la colonisation des terres dans la zone Selva du Chiapas
commença. Mais rapidement les déséquilibres émergèrent
de nouveau, quand la population s'accrut plus rapidement
que la proportion de terres qui étaient données.(Collier)
Le Congrès Indigène de 1974 fut un moment
clef dans la lutte pour les droits collectifs: les paysans
se rendirent compte qu'ils avaient tous les mêmes problèmes
et décidèrent de s'organiser pour demander
des terres. (Gómez y Kovic) Le développement
du zapatisme bénéficiera plus tard de ce croissant
processus d'organisation.
Pour protéger les intérêt des latifundium,
le gouvernement du Chiapas donna, dans les années
80, quelques 5000 certificats protégeant plus d'un
million d'hectares destinés à l'élevage
contre des demandes de terres de la part des organisations
sociales.
De plus, au cours de toutes ces années, les dotations
de terres ont été réalisées en
maintenant des liens de corruption avec les propriétaires
affectés et avec les paysans bénéficiaires, à qui
on demandait une loyauté politique et de ne pas continuer
de favoriser les demandes et les occupations". (García
de León)
 BIBLIOGRAFIA
Collier, George A.: Reforms of Mexico’s
agrarian code: Impacts on the Peasantry. Background of
the rebellion in
Chiapas. (1994).
García de León, Antonio: Fronteras interiores.
Chiapas: una modernidad particular (2002).
Gómez Cruz P.J. y Kovic C.M: Con un pueblo vivo en
tierra negada (1989-1993). (1994).
Harvey, Neil: The Chiapas Rebellion. The struggle for land
and democracy. (1998).
Reyes Ramos, María Eugenia: El reparto de tierras
y la política agraria en Chiapas. 1914-1988 (1992),
y Espacios disputados. Transformaciones Rurales en Chiapas
(1998).
Viqueira, Juan Pedro: Los peligros del Chiapas imaginario.
(Letras Libres, enero 1999)

:: ACTIVITÉS
DE SIPAZ
Mars - Mai 2002
Contacts et information
- Visites des communautés des zones Selva et Nord
pour dialoguer avec divers acteurs sociaux et religieux.
- Présentation à diverses délégations
internationales sur la situation socio-politique actuelle
du Chiapas et le travail du SIPAZ: Eglises Unies
du Christ, Pax Christi Italie, délégation de Norvège
et Programme suisse pour la Paix (PROPAZ).
- Coordination d'une visite de l'ambassadeur d'Allemagne
aux communautés indigènes de Los Altos et d'une
réunion avec des organisations du Chiapas.
- Réunions à Mexico avec des assesseurs,
ONG et ambassades.
- Interview avec Juan Gonzalez Esponda, Commissaire
pour la Réconciliation du gouvernement
du Chiapas.
- Présence d'une collaboratrice du SIPAZ dans le
Campement civil pour la paix de Moises Gandhi (zone Selva).
Dialogue inter-religieux
- Réunions avec des responsables religieux de la
municipalité de Chenalho et avec le Groupe Œcuménique.
- Suivi du projet d' "Echange et de formation entre
responsables religieux de Chenalho et les Commissions de
la paix du Nicaragua".
- Visites à diverses communautés de la municipalité de
Chenalhó pour présenter ce projet.
- Participation à des prières œcuméniques
pour la paix à San Cristobal de las Casas et Los Chorros
(municipalité de Chenalho).
Education pour la Paix
- Participation au Réseau pour la paix, un espace
d'action et de réflexion qui cherche à appuyer
les processus de réconciliation et de paix au niveau
d'organisations et de communautés du Chiapas.
- Participation à l'organisation de la Deuxième
rencontre d'expériences de réconciliation communautaire
et de paix (24-26 mai à San Cristobal de la Casas).
- Série de trois ateliers en "Transformation
de conflits" avec des élèves des CEDECO
(Centre de développement communautaire) à San
Cristobal de la Casas.
International
- Atelier d'échange d'expériences de paix
en Amérique centrale au Guatemala (parti du projet "Reflecting
on Peacebuiding Practices").
- Participation à une Rencontre du Réseau latino-américain
de construction de la paix au Pérou.
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