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BULLETIN DU SIPAZ VOL. XIV Nº 3 – Novembre 2009

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Sérieuse détérioration de la situation des droits
humains au Chiapas et au Mexique

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« L’électricité : un service public ! »

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« Démilitarisation totale de nos communautés,
nos modes de vie et nos cœurs »

->  ACTIVITÉS DU SIPAZ - De mi-juillet à fin octobre 2009
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:: ACTUALITÉ

Sérieuse détérioration de la situation des droits humains au Chiapas et au Mexique

Bloqueo de carretera en oposición a la construcción de la autopista entre San Cristóbal de Las Casas y Palenque (© SIPAZ)

Blocage de route en opposition à la construction de l’autoroute
entre San Cristóbal et Palenque :« Le peuple organisé de Mitzitón, adhérent à
L’Autre Campagne. Sanction pour les paramilitaires !
Les assassins de l’Armée de Dieu, dehors ! »
(© SIPAZ)

En juillet, la Commission des Droits Humains du District Fédéral (CDHDF) reprocha au Mexique, treizième puissance économique mondiale, de ne se trouver qu’au 108ème rang de l’Indice Mondial de Paix, c’est-à-dire plus bas que des pays africains comme le Rwanda ou le Congo. Cet Indice mesure la perception de la violence dans 144 pays. Il considère que la paix n’est pas seulement l’absence de violence directe (guerre) mais aussi de violence structurelle et culturelle. Il inclut donc aussi des facteurs comme l’éducation, le confort matériel ou la défense et la promotion des droits humains.

Dans le cadre de la Seconde Rencontre des Défenseurs et Défenseuses des Droits Humains réalisée à Mexico (août 2009), une série de caractéristiques ont été identifiées quant à la situation nationale en matière de droits humains, notamment :

    • « Le double discours de la part de l’État avec une facette internationale apparemment engagée en ce qui concerne les droits humains, quand sur la scène nationale non seulement il ne démontre pas particulièrement d’intérêt pour protéger et soutenir le travail de défense des droits humains, mais en plus ce droit est régulièrement entravé, et les standards internationaux sont loin d’être appliqués dans ce domaine. »
    • « La militarisation de notre pays, sous prétexte de la lutte contre le crime organisé, et aggravée par la juridiction militaire pour juger les militaires mexicains accusés de violation des droits humains, ce qui revient à laisser les victimes sans défense. »
    • « Des déficiences dans la procuration et l’administration de la justice, qui se traduisent en impunité. »
    • « La criminalisation des défenseurs et défenseuses des droits humains par l’emploi de figures pénales pour imposer des sanctions à ceux qui revendiquent leurs droits ; l’agression systématique des manifestants par la police ; les actes de harcèlement. »
    • « Des atteintes directes à la vie et l’intégrité des familles des prisonniers et prisonnières politiques et de conscience, et des défenseurs et défenseuses des droits humains, comme par exemple la détention arbitraire et/ou illégale, la torture, la disparition forcée et l’assassinat, et ce avec un degré de gravité particulièrement élevé dans les communautés indigènes. »
    • « Des campagnes de discréditation à l’encontre de la personne ou du travail des défenseurs des droits humains et des activistes sociaux. »

En ce qui concerne le Chiapas, on peut non seulement observer ces mêmes tendances mais aussi constater ces derniers mois une sérieuse détérioration de la situation des droits humains, certains indicateurs étant sur le point de virer au rouge.

Impunité

Peregrinación de las Abejas en San Cristóbal en rechazo a la excarcelación de presos por el caso Acteal (© SIPAZ)En octobre, l’Observatoire de la Conflictivité Sociale de Serapaz (Services et Conseils pour la Paix) a révélé qu’entre janvier et août 2009, 24% des mobilisations sociales dans le pays avaient pour but de mettre fin à l’impunité.

Au Chiapas, le cas le plus retentissant –et dans tous les cas paradigmatique- est celui de la décision de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN), en août puis novembre, de libérer 35 des condamnés pour le massacre d’Acteal, municipalité de Chenalhó (Hauts Plateaux), qui fit perdre la vie à 45 indigènes en 1997. La Cour Suprême a par ailleurs accordé à 22 autres personnes incarcérées pour les mêmes faits la révision du processus juridique ayant abouti à leur condamnation.

Pour justifier sa décision, la SCJN s’est appuyée sur le fait que les sentences énoncées étaient basées sur des preuves obtenues illégalement et des témoignages fabriqués de toutes pièces par le bureau du Procureur Général de la République (PGR). Elle a insisté sur le fait que le droit de ces prisonniers à un procès en bonne et due forme et à une défense appropriée n’avait pas été respecté et que, par conséquent, sa décision représentait une nette avancée contre l’impunité et en faveur de la consolidation de l’État de Droit.

Photo: Pérégrination de Las Abejas à San Cristóbal pour exprimer
leur opposition à la libération de prisonniers
dans le cas Acteal (© SIPAZ)

En revanche, suite à cette décision, l’Organisation Civile Las Abejas (à laquelle appartenaient les victimes du massacre d’Acteal) a dénoncé : « Le peu de justice qui avait été imparti est retombé dans l’impunité il y a quelques jours suite à la décision de la SCJN. » Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas (CDHFBC), responsable de la défense de Las Abejas, alertait pour sa part : « au lieu d’impartir une justice véritable qui renforcerait l’État de Droit, il fut choisit de libérer des paramilitaires qui furent et sont toujours identifiés avec certitude par les survivants et les témoins directs comme les auteurs matériels de ce crime de lèse humanité. »

Manta de protesta frente a la decisión de la SCJN en el caso Acteal (© SIPAZ)Il faut bien préciser cependant que la Cour Suprême n’a pas innocenté les prisonniers libérés. Par conséquent, plusieurs voix se sont fait entendre pour dénoncer la dissonance entre une réponse juridique irréprochable d’une part et, d’autre part, l’exigence de justice dans cette affaire. Il a aussi été reproché à cette décision de ne pas tenir compte du contexte dans lequel s’est déroulé le massacre d’Acteal, ni de la guerre qui sévit encore aujourd’hui dans l’état du Chiapas.

Photo: Banderole de la manifestation à l’encontre de la décision de la SCJN dans le cas Acteal : « Quelle est la voie choisie par la Cour Suprême de Justice de la Nation ? Le mensonge et l’obscurité ou la vérité et la justice ? » (© SIPAZ)

Ce que les organismes de droits humains n’ont cessé de dénoncer depuis plus de dix ans a récemment été corroboré par des documents officiels déclassés en août par les Archives Nationales de Sécurité des Etats-Unis (National Security Archive). Ils indiquent le soutien direct de l’Armée Mexicaine aux paramilitaires dans le cadre de la guerre de contre insurrection à l’encontre des bases de soutien zapatistes dans les années 90. De plus, fin octobre, le bureau du Procureur Général de Justice de l’État (PGJE) révéla qu’il détenait des éléments qui impliqueraient plusieurs hauts fonctionnaires tant au niveau fédéral qu’étatique pour faute par omission et/ou négligence dans le massacre d’Acteal.

Une autre dimension non moins préoccupante de la décision de la SCJN est son impact dans la municipalité de Chenalhó et d’autres régions du Chiapas où elle a été reçue comme un message d’impunité, ouvrant la porte à la reprise d’actions de type paramilitaire. Faisant preuve d’un certain réalisme politique, le gouvernement du Chiapas a cherché à empêcher le retour des ex-prisonniers à Chenalhó pour éviter toute confrontation, et ce en leur proposant des terres, un logement et un travail. Las Abejas ont dénoncé le caractère pour le moins limité de cette mesure de contention. Depuis août, cette organisation a aussi fait savoir que le gouvernement du Chiapas cherchait à les diviser et à les impliquer publiquement dans des groupes armés.

Défense des droits humains et criminalisation de la protestation

Plantón de la OCEZ-RC en la plaza Catedral, San Cristóbal de Las Casas (© SIPAZ)

Sit-in de la OCEZ-RC sur la Place de la Cathédrale, San Cristóbal de Las Casas :
« liberté pour les prisonniers politiques OCEZ Carranza » (© SIPAZ)

 À l’occasion de la présentation, mi-octobre, de son Rapport sur la Situation des Défenseurs des Droits Humains au Mexique, le Bureau du Haut Commissaire aux Droits Humains des Nations-Unies (OACNUDH) au Mexique a reproché aux autorités mexicaines de ne pas mettre en place de politique intégrale pour réduire puis éliminer les risques encourus par les activistes des droits humains. Selon ce rapport, des 128 plaintes pour agression à des défenseurs des droits humains déposées ces trois dernières années, 98,5% sont restées dans l’impunité. La OACNUDH dénonce une stigmatisation croissante des défenseurs des droits humains, en particulier de la part des autorités qui vont jusqu’à les qualifier de « défenseurs de criminels, voire jusqu’à dire qu’ils cherchent à déstabiliser le pays, ou en tout cas ils assurent qu’ils profitent de ces cas et magnifient la problématique pour en tirer parti. »

Au Chiapas, on a pu observer une criminalisation croissante de l’opposition au gouvernement local, à l’encontre d’organisation indépendantes, de défenseurs des droits humains mais aussi de l’Église catholique locale, ce qui ne rappelle que trop le Chiapas des années 90.

Le 18 septembre, le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas (CDHFBC) dénonça une attaque à main armée de l’Organisation pour la Défense des Droits Indigènes et Paysans (OPDDIC) à l’encontre de l’un de ses membres, à Jotolá, municipalité de Chilón. Cette agression, mettant en danger directement la sécurité de l’un de ses membres, s’inscrit dans un contexte d’espionnage, agression et discréditation du travail de défense des droits humains de la part de divers acteurs et médias. Deux mois après les faits, les agresseurs signalés furent arrêtés. Mais ils furent remis en liberté quelques jours après en menaçant, selon les habitants de Jotolá, de se venger.

Graffiti de la OCEZ-RC en paredes de San Cristóbal de Las Casas (© SIPAZ)Le 19 novembre, le Front National de Lutte pour le Socialisme (FNLS), un autre acteur particulièrement touché dernièrement, a publié un bulletin intitulé « Criminalisation et persécution du mouvement social par le gouvernement de l’état du Chiapas » dans lequel il dresse à nouveau la liste des actes d’harcèlement dont il a été victime.

Photo: Graffiti de la OCEZ-RC sur les murs de
San Cristóbal de Las Casas :
« non à la division de nos terres communales »
(© SIPAZ)

Quelques jours plus tôt, le journal La Jornada avait publié des extraits du rapport « Situation prévalant dans la municipalité de Venustiano Carranza » élaboré par le bureau du Procureur Général de Justice de l’État (PGJE) et qui prétend documenter l’existence d’un « réseau subversif » qui serait en train de planifier des actions de déstabilisation pour l’année 2010 et dont le centre serait le prêtre de la paroisse de Venustiano Carranza, Jesús Landín. Ce rapport semble « justifier », d’une part, les harcèlements dénoncés par le CDHFBC, le diocèse, et d’autres acteurs sociaux, et d’autre part, les opérations de police et de l’armée à Venustiano Carranza et à ses alentours.

Le FNLS a fermement démenti les accusations à son encontre figurant dans ce rapport et dénoncé l’actuelle « stratégie de contre insurrection » dirigée « fondamentalement vers les espaces et acteurs organisés, qui sont restés indépendants du gouvernement et des partis politiques, et qui surtout ont dénoncé l’injustice et les violations systématiques aux droits humains commises au Chiapas au cours du sexennat de l’actuel gouvernement de Juan Sabines Guerrero. »

Une autre organisation mentionnée dans le document et sujette à répression ces derniers mois a été la OCEZ-RC (Organisation Paysanne Emiliano Zapata-Région Carranza). Paradoxalement cette organisation, dont les principales demandes sont agraires, a été récemment touchée par la répression alors qu’elle avait signé un « pacte de gouvernabilité » avec le gouvernement selon lequel en échange de ressources économiques elle s’engageait à ne pas organiser d’actions de protestation et à ne pas formuler de nouvelles demandes agraires.

Marcha de la OCEZ-RC en San Cristóbal de las Casas, octubre de 2009 (© SIPAZ)

Manifestation de la OCEZ-RC à San Cristóbal de Las Casas, octobre 2009 :
« Halte au harcèlement et à la persécution de nos compañeros de la OCEZ-RC »
(© SIPAZ)

À partir du 26 octobre, environ 150 de ses membres occupèrent nuit et jour la place centrale de San Cristóbal de Las Casas pour dénoncer les actes d’intimidation de la police et l’armée dans leur région et réclamer la libération de leurs dirigeants arrêtés en septembre et octobre. Amnesty International pressa le gouvernement mexicain d’enquêter sur les plaintes à l’encontre de policiers du Chiapas pour torture présumée des leaders de la OCEZ, et de garantir un procès en bonne et due forme à José Manuel Hernández Martínez, maintenu plus d’un mois dans un régime d’incommunication suite à son transfert vers une prison de haute sécurité à 2000 Km du Chiapas. Le 30 octobre, certains des membres de la OCEZ abandonnèrent la place de la Cathédrale pour occuper les locaux de l’ONU à San Cristóbal.

Le 23 novembre, les trois dirigeants de la OCEZ furent libérés sous caution payée par le gouvernement du Chiapas qui proposa de suspendre les mandats d’arrêts restants pour pouvoir reprendre les négociations. La OCEZ condamna la répression, maintint ses demandes de terre et d’indemnisation des familles des deux personnes mortes lors de l’arrestation, mais accepta la proposition.

Quant au diocèse, fin novembre, une déclaration publique de prêtres et de religieuses de la zone Sud du diocèse (incluant la région de Venustiano Carranza) réclamait : « Au lieu de calomnies, de harcèlement et de persécution nous espérions du gouverneur qu’il se joigne aux efforts du peuple pour défendre la sainte terre du Chiapas, poumon de la nation, et qu’il donne l’exemple quant au respect des droits clairement inscrits dans la constitution et les différents traités ratifiés par le Mexique devant la communauté internationale. »

Disputes territoriales

En un mismo lugar, carteles del gobierno y del EZLN (© SIPAZ)

Sur le même bout de talus, panneaux du gouvernement et de l’EZLN (© SIPAZ)

Le rapport 2009 d’Amnesty International commente le cas du Mexique comme suit : « Différents projets d’investissement et de développement économique ont généré des réactions de protestation de certaines communautés locales étant donnés l’absence d’un processus approprié de consultation et le risque d’un impact négatif de ces projets sur les droits sociaux, environnementaux et autres. Ces communautés indigènes furent victimes d’un nombre impressionnant de représailles. »

Mural ilustrando la oposición zapatista a los megaproyectos en Agua Clara (© SIPAZ)Au Chiapas, alors qu’ils pourraient être considérés comme des cas isolés, une grande majorité des conflits sociaux récents s’enracinent dans la problématique territoriale : la résistance aux exploitations minières dans huit municipalités (dont Chicomuselo) ; l’opposition à la construction de l’autoroute entre San Cristóbal et Palenque (Mitzitón par exemple) ; la lutte pour la gestion autonome des cascades d’Agua Azul (cas de Bachajón) ; ou la résistance aux tarifs surélevés de l’électricité (cf. le dossier de ce bulletin) ...

Photo: Fresque illustrant l’opposition des zapatistes aux
mégaprojets écotouristiques, Agua Clara (© SIPAZ)

Un cas exemplaire de la criminalisation de la protestation mentionnée auparavant est celui de Mariano Abarca, opposant à l’exploitation minière à Chicomuselo, qui fut arrêté en août suite au piquet de protestation maintenu depuis juillet devant les installations de Blackfire (multinationale de capital canadien) et empêchant ses activités. Il fut libéré une semaine plus tard mais le harcèlement à l’encontre du mouvement anti-mines s’est poursuivi. Fin août par exemple, et justement à Chicomuselo, des policiers se sont fait passer pour des journalistes pour entrer dans l’espace de la Rencontre du Réseau Mexicain des personnes Affectées par l’Industrie Minière (REMA).

Bloqueo de carretera en oposición a la construcción de la autopista entre San Cristóbal de Las Casas y Palenque (© SIPAZ)Fin juillet, des adhérents à L’Autre Campagne de Mitzitón ont bloqué une route principale pour faire connaître leurs revendications, parmi lesquelles le rejet de l’autoroute San Cristóbal de Las Casas-Palenque (qui traverserait leur commune), la libre détermination des peuples et l’exigence de justice pour Aurelio Díaz Hernández, tué le 21 juillet lors d’une confrontation.

Dans le cas de la lutte pour la gestion autonome des cascades d’Agua Azul dans la municipalité de Bachajón, huit personnes furent arrêtées en avril, et deux d’entre elles sont toujours détenues dans la prison de El Amate. La population de Bachajón n’a cessé de réclamer leur libération et de dénoncer « l’occupation illégale par les polices d’état et fédérale » de leur territoire.

Photo: Blocage de route en opposition à la construction
de l’autoroute entre San Cristóbal et Palenque (© SIPAZ)

Par ailleurs, les terres récupérées (suite au soulèvement zapatiste de 1994) représentent toujours un objet de conflictivité permanente. En août plus de 15 personnes ont été blessées lors d’un affrontement entre des bases de soutien zapatistes et des membres de l’Organisation Régionale de Caféiculteurs d’Ocosingo (ORCAO), qui se disputent la propriété du Bosque Bonito et une partie de El Prado, près de Cuxuljá, municipalité d’Ocosingo. En septembre, le conflit pour un terrain de 200 hectares à Santo Tomas, municipalité d’Ocosingo, a aussi abouti à une violente confrontation entre des membres de l’Association Rurale d’Intérêt Collectif-Union des Unions (ARIC-UU) et des bases de soutien zapatistes, provoquant la mort d’une personne, au moins 15 blessés et l’arrestation de quatre autres.

© SIPAZ

« J’ai dit non à l’industrie minière » (© SIPAZ)

Réponses contradictoires du gouvernement du Chiapas

Bloqueo de carretera en oposición a la construcción de la autopista entre San Cristóbal de Las Casas y Palenque (© SIPAZ)Le gouvernement du Chiapas s’est rapproché de différents organismes internationaux pour signer avec eux diverses conventions. Fin juillet, le Chiapas fut le premier état au monde à intégrer dans sa Constitution l’obligation de réaliser les Objectifs de Développement du Millénium définis par l’Organisation des Nations Unies (ONU). En septembre l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et le gouverneur Juan Sabines ont fait part de la possibilité de lancer un plan de travail en commun pour renforcer et améliorer l’attention portée aux communautés indigènes de l’État.

Photo:Blocage de route en opposition à la
construction de l’autoroute entre
San Cristóbal et Palenque (© SIPAZ)

En revanche, au niveau interne, le gouvernement du Chiapas semble « nier ou minimiser les conflits » existants (Hermann Bellinghausen, journal La Jornada). Face aux protestations contre l’industrie minière, il affirme qu’il n’y a aucun projet en cours et que s’il devait y en avoir, ce serait au bénéfice de la population. Il nie aussi le passage de l’autoroute San Cristóbal-Palenque par les communes ayant exprimé leur opposition à cette dernière. Il a aussi répudié les agressions à l’encontre du Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas. Enfin, selon le communiqué émis par le gouvernement du Chiapas après son entretien avec l’évêque Felipe Arizmendi, « ils coïncidèrent entre autres sur le thème de l’industrie minière au Chiapas et le besoin d’une analyse approfondie qui aboutisse à un changement en faveur des populations habitants les zones d’extractions de ces richesses. (...) Juan Sabines commenta à l’Évêque Arizmendi qu’il était plus que disposé à recevoir le prêtre responsable de la paroisse de Carranza pour dissiper tout malentendu éventuel. »

Le gouvernement du Chiapas semble avoir une réponse toute prête pour chaque conflit mais sans jamais reconnaître le rôle qu’il a pu jouer dans leur genèse, ni intervenir sur le problème de fond. Par ailleurs, une certaine ambiguïté dans ses déclarations n’est pas particulièrement propice au développement d’un travail de défense et promotion des droits humains quand, en novembre par exemple, le secrétaire général du gouvernement du Chiapas, Noé Castañón invita la population à « ne pas se laisser tromper par ceux qui, comme des agneaux à la langue de vipère, proclament d’un côté la paix et convoquent clandestinement à la violence. […] Personne ne doit tomber dans la provocation face à ceux qui, selon d’étranges intérêts personnels, veulent utiliser le peuple comme chair à canon et promouvoir une effusion de sang en 2010, ou plus tôt. »

Militarisation et droits humains

Au Chiapas, il s’agit d’ailleurs plutôt de « re-militarisation ». Suite au soulèvement armé de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) de 1994, le Chiapas est l’état le plus militarisé du Mexique (en considérant le nombre de bases militaires). Ces dernières semaines de nombreuses violations de domicile et intrusions militaires ont à nouveau été dénoncées dans les régions du Centre (aux alentours de Venustiano Carranza), de la Forêt Lacandone, ainsi que dans les Hauts Plateaux le jour de l’anniversaire de la création de l’EZLN.

cateo en la comunidad 28 de junio, municipio Venustiano Carranza - © CDHFBC

Fouille de domicile dans la communauté 28 de junio,
municipalité de Venustiano Carranza - © CDHFBC

Pour en revenir au contexte national, les plaintes pour violations présumées des droits humains se sont multipliées avec la participation de l’Armée dans la lutte contre le trafic de drogues. Cette dernière, tout en disposant de 45 mille soldats déployés en permanence, ne parvient pas à réduire le degré de violence attribuée aux réseaux délictueux.

Cependant, tant le directeur des droits humains du Ministère de la Défense Nationale (Sedena), le Général López Portillo, que Felipe Calderón lui-même ont eu tendance à minimiser ou discréditer les critiques. En juillet, López Portillo explica que « la majorité des délits commis correspondent à des imprudences (sic), à des effets collatéraux aux opérations et ont lieu faute de connaissance des conséquences d’une violation des droits humains ». En août, lors de la clôture du Sommet Mexique-Etats-Unis-Canada, Felipe Calderón affirma que son gouvernement respecte « scrupuleusement » ses engagements en matière de droits humains et que « ceux qui indiqueraient le contraire seraient dans l’obligation de prouver un cas, ne serait-ce qu’un cas. » En réponse à cela, 5 organismes civils de droits humains lui firent parvenir une lettre dans laquelle ils décrivent, à titre d’exemple, 7 cas de violations des droits humains par des militaires à l’encontre de civils, ayant toutes eu lieu lors du sexennat du président actuel.

En août, le Ministère de la Défense Nationale (Sedena) a annoncé que l’Organisation des Nations Unies (ONU) vérifierait les résultats obtenus en matière de droits humains. L’ombudsman national, José Luis Soberanes, a considéré que cette annonce n’était rien d’autre qu’un « joli petit spectacle ». Cependant, la façon de présenter les choses du gouvernement fédéral qui souligne plus les efforts mis en place que les vides qu’ils restent à combler sembla suffisamment satisfaisante pour qu’en août, les Etats-Unis choisissent de débloquer 214 millions de dollars dans le cadre de l’Initiative Mérida[1] présentée comme un soutien au Mexique dans sa lutte contre le crime organisé.

Note:

[1] L’Initiative Mérida prévoit une coopération des États-Unis avec le Mexique dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogues, à hauteur de 1400 millions de dollars en trois ans. 15% des fonds sont cependant conditionnés par la situation des droits humains sur laquelle le Département d’État américain doit émettre un rapport. Up

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:: DOSSIER

« L’électricité : un service public ! »

Expresión de solidaridad al SME en marcha de mujeres en San Cristóbal (25 de noviembre) - © SIPAZLe samedi 10 octobre 2009, un peu avant minuit, des contingents de policiers ont encerclé le siège de l'entreprise parapublique Luz y Fuerza del Centro ('Lumière et Force du Centre', LyFC). Le gouvernement de Felipe Calderón venait de décréter sa liquidation, selon le président, du fait de son inefficacité et de son continuel déficit fiscal. Ce qui pourrait sembler n’être qu'une décision de caractère économique a pourtant suscité une grande vague de protestation : non seulement des environ 44000 travailleurs licenciés du jour au lendemain et qui s'opposent à la perte de leur emploi ; mais aussi, au cours des semaines suivantes et jusqu'à ce jour, de milliers de mexicains. Beaucoup craignent que cette liquidation ne constitue un premier pas vers la privatisation du service de production et de distribution de l'électricité au Mexique.

Photo: Expression de solidarité au SME lors de la marche
des femmes à San Cristóbal (25 novembre 2009) :
« soutien total au SME » - © SIPAZ

Il faut certainement reconnaître que l'infrastructure de distribution d'électricité ne dessert toujours pas de nombreuses communautés difficiles d’accès dans plusieurs états de la République mexicaine, en particulier dans les zones rurales. D'un autre côté, les habitants de communautés desservies mais qui ne possèdent guère que quelques ampoules, et dans le meilleur des cas, un frigo ou une télévision, ont commencé à dénoncer des factures clairement excessives. Beaucoup dénoncent aussi la mauvaise qualité des services de maintenance. Dans d'autres cas, comme au Chiapas, au Oaxaca ou au Guerrero, le paradoxe de facturer des tarifs aussi élevés dans des états producteurs de grandes quantités d'électricité pour le pays est pointé du doigt. Beaucoup ont donc commencé à s'organiser au Chiapas et ailleurs, principalement dans les zones rurales. Plus récemment, ces processus de résistance ont décidé de s'articuler entre eux à échelle nationale.

Qu'il s'agisse des luttes liées à la liquidation de Luz y Fuerza del Centro ou bien de la résistance face aux tarifs surélevés de l'électricité, il est intéressant de constater que toutes répondent à une même devise: “L'électricité : un service public !”.

Liquidation de Luz y Fuerza del Centro: causes et possibles conséquences

Marcha en DF - © Noé Pineda ArredondoFelipe Calderón et les mass medias ont essayé de justifier le décret concernant LyFC en affirmant que son “inefficacité économique" se devait aux hauts salaires et autres avantages dont bénéficiaient ses salariés. Cependant, de nombreux analystes ont souligné que son manque de rentabilité s’expliquait bien plus par l’électricité que l'Etat fournit gratuitement aux grandes industries du Mexique, et par l’achat à la Commission Fédérale d'Electricité (CFE) à des prix exhorbitants d’une partie de l'énergie que LyFC distribue. Ces analystes donnent deux autres explications à la décision prise par le gouvernement fédéral.

Privatisation en vue

Les deux entreprises parapubliques qui fournissent l'électricité au Mexique sont la “Commission Fédérale d'Electricité” (CFE) et Lumière et Force du Centre (“Luz y Fuerza del Centro”, LyFC).  LyFC couvre les besoins de la ville de Mexico et des états de Puebla, Hidalgo, de Mexico et de Morelos ; la CFE dessert le reste du pays.

Photo: Manifestation à Mexico : « Calderón mon père cherche du
travail en tant que kidnappeur, voleur, ou président »

© Noé Pineda Arredondo

Au début du XXème siècle, la distribution de l'électricité était assurée par des entreprises privées (mexicaines, canadiennes et nord-américaines) qui approvisionnaient principalement les zones urbaines. Ces entreprises firent peu d'efforts pour créer l'infrastructure nécessaire pour fournir de l'électricité aux zones rurales, du fait du peu de rentabilité de tels travaux. C'est pourquoi l'Etat mexicain décida de créer l'entreprise publique CFE, afin qu'elle puisse approvisionner les zones rurales. Le processus de nationalisation de l'industrie électrique débuté dans les années 30 prit fin en 1960. L'électricité fut considérée comme propriété du peuple mexicain et destinée à son bénéfice.

Cependant, la production d'énergie électrique a cessé d'être le monopole des entreprises publiques mexicaines, quand, en 2002, le président Vicente Fox a présenté un décret permettant aux entreprises privées de générer de l'électricité pour couvrir leurs propres besoins. Selon la CFE elle-même, de “la capacité réelle de production, 22.81% correspond à des Producteurs Externes d'Energie (PEE), dont 21 centrales en opération commerciale”. Ceci signifie que près d'un quart de la production est géré par des entreprises privées, parmi lesquelles Iberdrola (Espagne), Mitsubishi (Japon) et EDF Internationale (France).

La liquidation récente de LyFC pourrait représenter un premier pas vers la privatisation du secteur électrique mexicain ainsi que de son réseau de fibre optique (qui permet la transmission simultanée de voix, documents et images, ce que l’on appelle le “triple play” en télécommunications). Certains affirment que la décision de privatiser l’infrastructure, la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité remonte à l’époque où Felipe Calderón était Ministre de l’Energie. D’autres analystes vont plus loin et dénoncent que l’Etat n’a pas cherché à améliorer l’efficacité de LyFC justement pour favoriser la participation d’entreprises privées en présentant cela comme l’unique option viable pour le marché électrique et celui des télécommunications.

Marcha en DF - © Noé Pineda Arredondo

Manifestation à Mexico : « Mon père a travaillé 30 ans pour prendre sa retraite,
l’imposteur gagnera une pension de millionnaire en 6 ans, c’est normal ça ? »

© Noé Pineda Arredondo

Coup de force contre le syndicat des électriciens

Une lecture complémentaire de la liquidation de LyFC indique qu’il s’agissait entre autres d’attaquer et de neutraliser le Syndicat des électriciens (SME, un syndicat considéré depuis 95 ans comme l’un des plus actifs et combatifs). Ceci constituerait un élément-clef si effectivement l’idée était de privatiser le secteur électrique.

Un antécédent qui semble illustrer cette lecture tient au fait qu’en août, le Ministre du Travail et de la Prévention Sociale a refusé de reconnaître Javier Lozano comme dirigeant du SME en argumentant que les élections internes du syndicat qui venaient d’avoir lieu avaient présenté des irrégularités. Entre août et septembre, les électriciens ont réalisé plusieurs manifestations pour exiger la reconnaissance de leur leader. À partir de ce moment-là, ils ont commencé à dénoncer l’intention du gouvernement d’affaiblir le SME pour privatiser LyFC.

Marcha en DF - © Noé Pineda Arredondo

Manifestation à Mexico - © Noé Pineda Arredondo

Réponses du SME et du mouvement social

Marcha en DF - © Noé Pineda ArredondoLa fermeture définitive de LyFC laisserait sans emploi environ 44.000 travailleurs. Tandis que le gouvernement leur propose une liquidation, le syndicat a présenté un recours légal pour contester une décision qu’ils considèrent inconstitutionnelle. Beaucoup ont refusé de toucher leur indemnité de licenciement car ils espèrent encore pouvoir récupérer leur emploi. Au moment de la mise sous presse de ce bulletin, le procès légal contre le décret présidentiel était encore ouvert, d’où une incertitude quant à la situation légale de LyFC.

Les principales demandes du SME incluent : l’abrogation du décret présidentiel et la réouverture de LyFC ; le retrait immédiat des troupes armées et de la police fédérale des centrales électriques ; la réincorporation immédiate des travailleurs du SME en respectant la convention collective en vigueur, et la création d’un comité social de dialogue en accord avec la Constitution et les normes internationales.

Photo: Manifestation à Mexico - © Noé Pineda Arredondo

De multiples preuves de soutien au SME ont été manifestées et continuent de l’être au travers de marches et de participation à des assemblées. Le 15 octobre, plus de 300 mille personnes appartenant à divers syndicats, organisations sociales et politiques ou à des groupes d’étudiants, ont participé à une manifestation à Mexico. Parallèlement, des milliers de personnes ont réalisé des marches dans 30 villes de 16 états du pays.

En appelant à une grève nationale, Martín Esparza, dirigeant du SME a affirmé à cette occasion : “Le pouvoir émane du peuple, et si ce pouvoir est attaqué, c’est le moment d’impulser un mouvement national pacifique. (…) Nous sommes sur le point de fêter le bicentenaire de l’Indépendance et le centenaire de la Révolution Mexicaine, et nous devrons vaincre, comme auparavant, les multinationales, la dictature, la tyrannie et les violations de la Constitution. Il est temps que le peuple s’organise ”.

Essor du processus de Résistance Civile contre les tarifs surélevés de l´électricité au Chiapas

Depuis un autre front de lutte, selon l’article du Journal “La Jornada” de juin, les mouvements sociaux de résistance aux tarifs appliqués par la Commission Fédérale d’Electricité (CFE) ont augmenté au Chiapas : aujourd´hui 40% des usagers refusent de payer. Le total des dettes accumulées du fait de ce non paiement dépassa les 780 millions de pesos (environ 40 millions d’Euros) en mai dernier.

Manta en el marco de una protesta de la Red Estatal (© SIPAZ)

Banderole d’une manifestation du Réseau Etatique de Résistance Civile :
« stop aux coupures d’électricité et à la répression de la CFE »
(© SIPAZ)

Les raisons du non paiement

Ceux qui se refusent à payer peuvent le décider à titre individuel ou du fait de leur appartenance à une organisation ou une autre (certaines d’entre elles ont beau être en conflit, elles partagent pourtant cette même bannière de lutte). Les bases de soutien zapatistes ne payent pas l’électricité depuis 1994, comme un élément de leur mouvement de résistance générale face au gouvernement. Ils la revendiquent comme propriété collective de la nation et en exigent donc une redistribution publique.

Dans d‘autres cas, les principales raisons avancées pour ne pas payer sont les suivantes :

    • Les principaux barrages hydroélectriques du pays se trouvent au Chiapas qui produit 50% de ce type d’énergie au Mexique. Il existe cependant des milliers de communautés indiennes qui n’ont pas l'électricité, ou qui payent des quantités excessives pour l’avoir.
    • Au Chiapas, la CFE peut facturer de 120 à 300 pesos voire plus à un foyer dans une communauté indienne (ce qui représente de 13 à plus de 100 dollars par mois environ, bien plus que ce qu’un foyer urbain paie), alors qu’il n’utilise que 3 à 5 ampoules. En s’accumulant, les factures atteignent des quantités tout simplement impossibles à payer pour beaucoup.
    • De fréquentes irrégularités dans la tension de l’électricité fournie endommagent les appareils électroménagers. De plus la mesure de la consommation électrique ne s’effectue pas dans les communautés, ce qui empêche toute vérification et peut expliquer les différences de montant entre voisins.

Répression et programmes d’aide du gouvernement

Manta en el marco de una protesta de la Red Estatal (© SIPAZ)

Banderole d’une manifestation du Réseau Etatique
de Résistance Civile : « Une vie meilleure : pour qui ?
(facture d’une entreprise / facture des communautés indigènes et paysannes) »

(© SIPAZ)

Lorsqu’elles décident de ne plus payer, les communautés doivent souvent faire face à des situations de harcèlement de la part de la CFE ou de la police. Par exemple, on dénonçait récemment “dans les municipalités de Venustiano Carranza, Villa las Rosas, Amatenango del Valle, Comitán, Chanal, Tzimol, Socoltenango et Teopisca, on a enregistré au cours des derniers mois une escalade de la répression et un harcèlement intensif qui se traduit par de nombreuses coupures d’électricité et le démantèlement des poteaux électriques et appareils de mesure, ainsi que par des menaces de la part de la police et des autorités municipales”. Au-delà du thème de l’électricité, les personnes en résistance dans ces municipalités unissent aussi leurs forces autour de la défense de leurs terres et territoires, le rejet des partis politiques et l’opposition aux méga-projets qui pourraient les affecter.

D’un autre côté, les gouvernements fédéral et du Chiapas ont eu beau répondre au mécontentement populaire vis-à-vis des tarifs de l’électricité en mettant en place des programmes qui accordent des moratoires et des subventions pour faire face aux dettes, ils n’ont à ce jour pas réussi à résoudre la problématique.

Dans le cas du Chiapas, le gouvernement de l’état a lancé en 1995 le programme « Una Luz Amiga » (Une Lumière Amie). De 2003 à septembre 2008, c’est le programme “Vida Mejor” (Une Vie Meilleure) qui a été appliqué, et suite à sa clôture le gouvernement actuel a annoncé une prolongation des subventions pour 280 millions de pesos, par le biais du programme « Luz Solidaria » (Lumière Solidaire).

La suspension ou menace de suspension de programmes d’aide sociale promus par le gouvernement comme « Oportunidades » (Opportunités, programme destiné aux mères) faute de présenter les factures d’électricité dûment payées ont aussi été dénoncées de manière récurrente.

Logo de Pueblos Unidos en Defensa de la Energía Eléctrica - PUDEE (© SIPAZ)Processus d’organisation au Chiapas

Il existe actuellement au Chiapas au moins deux grands mouvements de résistance contre les tarifs surélevés de l’électricité : Peuples Unis en Défense de l’Energie Electrique (PUDEE), principalement dans la zone Nord du Chiapas ; et le Réseau Etatique de Résistance Civile “La Voix de Notre Cœur ”, avec une forte présence dans les municipalités du Centre, des Hauts Plateaux et une partie de la zone Nord du Chiapas.

Le Réseau Etatique de Résistance Civile “La Voix de Notre Cœur ” s’est formé en 2006, bien que de nombreuses communautés membres de ce dernier étaient déjà en résistance depuis longtemps auparavant. Il compte parmi ses principes : lutter pour le droit à l’électricité, la défense de la terre et des territoires, l’unité et la solidarité et refuser de payer l’électricité jusqu’à ce que les Accords de San Andrés sur les Droits et la Culture des Indiens soient respectés. En tant que Réseau, il fait également partie de l’Autre Campagne, une initiative convoquée par l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) en 2005.

Photo: Logo de Peuples Unis en Défense de l’Energie Electrique - PUDEE (© SIPAZ)

Les communautés membres du Réseau se réunissent en assemblée tous les deux ou trois mois via leurs représentants et représentantes qui s’informent mutuellement sur ce qu’il se passe dans leurs régions respectives, émettent des déclarations publiques ou définissent des actions conjointes (marches, participation à des journées nationales de protestation et de solidarité, ateliers).

Les ateliers permettent la formation de 'promoteurs d’électricité', qui grâce au soutien de travailleurs solidaires du Syndicat Mexicain des Electriciens (SME) se forment au “ maniement du système de distribution d’électricité”. Ces formations leur permettent de réaliser “des travaux de maintenance communautaire, les reconnections et les extensions du réseau électrique à partir des ressources économiques dont ils disposent et du travail communautaire. Cette situation [...] commence à offrir une solution à un problème concret qui affecte particulièrement les communautés ; le manque d´électricité du fait des coupures, les mauvais services de la part de la Commission Fédérale d’Electricité ou les installations défaillantes étant monnaie courante dans les communautés indiennes et paysannes.”

Logo de Pueblos Unidos en Defensa de la Energía Eléctrica - PUDEE (© SIPAZ)… et dans d’autres états

Le Réseau Etatique du Chiapas forme également partie du Réseau National de Résistance Civile contre les tarifs surélevés de l’électricité, un mouvement qui a pris forme en mai 2009 à San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, en réunissant des organisations et communautés des états de Oaxaca, Veracruz, Campeche, Guerrero, Chihuahua, Chiapas et du District Fédéral de Mexico.

Tout comme les communautés du Chiapas, les autres membres du Réseau National de Résistance Civile ont fait face à une augmentation de leurs factures d’électricité qui les a décidés à s’organiser. Ils ont également dû affronter des tentatives d’intimidation de la part des employés de la CFE et des autorités. Mais cela va même plus loin que du harcèlement, leur lutte pour un tarif juste fait l’objet d’une criminalisation justifiée légalement.

 

Photo: Logo de Peuples Unis en Défense
de l’Energie Electrique - PUDEE (© SIPAZ)

Par exemple, des mandats d’arrêt ont été lancés contre certains membres de l’Union des Communautés Indiennes de la Zone du Nord de l’Isthme (Unión de Comunidades Indígenas de la Zona Norte del Istmo, UCIZONI). Dans un autre état, celui de Campeche, une femme et deux hommes du mouvement de résistance de Candelaria sont en prison. Les charges qui leur sont imputées sont liées à une action de résistance civile pacifique qui remonte à septembre 2008, alors que la CFE voulait leur couper l’électricité, ce qu’ils ont réussi à empêcher en négociant avec le responsable local de l’entreprise. Ils racontent “Cependant, le jour-même, le représentant légal de cette entreprise parapublique (…) a présenté une demande pénale auprès de la délégation du Bureau du Procureur Général de la République (PGR) (…) pour les délits d’entrave aux travaux ou services publics et d’autres délits à l’encontre de fonctionnaires fédéraux » impliquant33 personnes du mouvement de résistance.

Amnesty International a dénoncé l’absence de fondement des charges présentées. Par le biais d’un Appel Urgent émis à la mi-juillet 2009, cette organisation a exigé « de mettre fin à l’usage indu du système de justice pour présenter des charges pénales non fondées ou disproportionnées contre des activistes sociaux ou des défenseurs des droits humains qui mènent des actions de protestation légitimes et pacifiques ». Plusieurs organismes des droits humains mexicains s’accordent pour dire que la résistance civile contre les tarifs surélevés de l’électricité est une lutte pour la défense d’un droit humain fondamental et se sont donc joints à l’exigence de leur libération.

Manta en el marco de una protesta de la Red Estatal (© SIPAZ)

Banderole d’une manifestation du Réseau Etatique de Résistance Civile :
« campagne nationale contre la CFE. Non aux mégaprojets !
Non à la privatisation de l’énergie ! » (© SIPAZ)

 

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:: ARTICLE

« Démilitarisation totale de nos communautés, nos modes de vie et nos cœurs »

« Le système n’a pas seulement encerclé de fil barbelé les bases militaires qu’il a construites sur nos terres, il a aussi encerclé nos cœurs de femmes et de mères, mais nous allons les débarbeler. »
(Témoignage d’une femme tzotzil rapporté par Mercedes Olivera B.)

Manta pintada por las participantes durante el Encuentro (© SIPAZ)Forum « Perspectives de femmes face a la militarisation »

Face à la militarisation croissante du pays, officiellement justifiée par la guerre que le président Felipe Calderón a déclarée au trafic de drogues, les femmes ne veulent pas se laisser paralyser par la peur. Les 2 et 3 octobre 2009, à San Cristóbal de Las Casas, 160 d’entre elles se sont réunies pour le forum « Perspectives de femmes face à la militarisation ». Elles sont arrivées du Honduras, du Guatemala, du Chihuahua, du Guerrero, de Mexico et de différentes communautés du Chiapas pour « partager leurs idées et leurs expériences de femmes à propos de la militarisation, la paramilitarisation et le trafic de drogues, analyser et attirer l’attention sur les conséquences de la militarisation pour les femmes et tracer des alternatives. »

Le premier jour, l’échange porta d’abord sur les conséquences tristement connues de la militarisation : le viol comme méthode de torture (avec le témoignage poignant de Valentina Rosendo Cantú, du Guerrero) ; la prostitution aux alentours des bases militaires ; une violence familiale exacerbée dans les familles de militaires ; l’augmentation de la migration ; la criminalisation des luttes sociales ; le développement de maladies comme le SIDA mais aussi le stress ; l’impunité…

Photo: Banderole peinte par les
participantes du Forum (© SIPAZ)

Ce même jour, la réflexion sur les causes de la militarisation aboutit à une lecture très large et systémique. Le pays est militarisé parce que c’est : « un commerce en soi » ; « un moyen pour assurer et reproduire la domination des pouvoirs de facto, le gouvernement et les riches » ; « un moyen de contrôle stratégique pour renforcer le système capitaliste » (contrôle des ressources naturelles, de la main d’œuvre, contrôle territorial pour la production et le trafic de drogues, contrôle social face aux mouvements sociaux) ; mais le pays se militarise aussi parce que la normalisation de la présence militaire a généré une certaine acceptation de la part de la population civile.

Au-delà du déploiement des troupes sur le territoire et de ses conséquences néfastes directes, les femmes ont dénoncé une société fondée sur des relations de violence et de domination : « Nous vivons aujourd’hui dans une société militarisée qui reproduit le pouvoir, la force et la violence comme système de vie. » Partant de cette analyse, les propositions d’actions formulées le deuxième jour du forum invitent chacun et chacune à une profonde transformation de la réalité.

Propositions pour une transformation profonde de la realite

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde ». Au début du XXème siècle, en Inde, tel fut un des message de Gandhi, la figure principale de la pensée et de l’action non-violente. En 2009, au Chiapas, Mexique, une assemblée de femmes s’engage et invite à avancer ensemble vers la « démilitarisation totale de nos communautés, nos modes de vie et nos cœurs. » Le forum ne s’inscrivait pas explicitement dans le cadre de la pensée non-violente, mais ces mots font écho à ceux de Gandhi. Ils sont l’expression de la logique de construction d’une paix durable.

La mise en commun des tables rondes sur les actions possibles aux niveaux juridique, politique et communautaire permit de dégager une attitude générale et deux axes stratégiques. Pour ce qui est de l’attitude, il fut proposé de :

    • ne pas reproduire au sein de la famille ou de la communauté le schéma de violence de la militarisation, c’est-à-dire les relations de domination et soumission, que ce soit entre hommes et femmes ou entre parents et enfants.
    • encourager la créativité. Un exemple en ce sens, dans le domaine de l’action juridique ayant pourtant la réputation d’être plutôt limitée et prédéterminée, fut l’initiative d’un Tribunal Civil. Un autre fut le recours à l’art pour dénoncer ou faire prendre conscience.
    • ne pas nier la peur, ni y céder. De même pour la colère ou d’autres émotions. Pour cela, les femmes insistèrent sur l’importance d’échanger entre elles sur leur vécu pour pouvoir le surmonter et s’organiser ensemble.
    • puiser dans la spiritualité pour rompre le silence.

Le premier axe stratégique marque l’importance de réagir face à la militarisation. Il implique des actions d’information et de sensibilisation (réunion de femmes dans les communautés pour parler du forum, connaître ce que la loi autorise ou non aux militaires, échanger les numéros de téléphone utiles pour chercher du soutien…), de résistance (par exemple ne pas vendre ses produits aux bases militaires qui s’installent dans les communautés ou bien participer à des cordons de sécurité) et de dénonciation (oser parler des viols commis par des militaires, participer à des manifestations pacifiques…)


Le second axe vise une transformation de la réalité à plus long terme. Il recouvre tant des actions d’éducation (ne pas laisser les enfants jouer avec des armes fictives, leur apprendre à s’écouter les uns les autres et à réfléchir avant plutôt qu’obéir) et de formation (sur les droits humains ou la transformation des conflits par exemple), que des propositions politiques (éliminer le service militaire et l’armée, construire l’égalité sociale). Il fut aussi question d’un certain mode de consommation (inventer des alternatives économiques solidaires) puisque « la mondialisation militarisée s’est imposée non seulement dans le domaine public, mais elle s’est infiltrée jusque dans la sphère privée et intime. (…) Nous sommes tous des acheteurs, des consommateurs, reproducteurs volontaires et involontaires du système, même quand nous sommes en résistance. Nous les mères, non seulement nous nous transformons en reproductrices d’esclaves, mais nous devons en plus de cela  faire qu’ils développent les « compétences » dont le système a besoin. » (Mercedes Olivera B.) Il s’agit ainsi d’intervenir sur les racines profondes de la militarisation, depuis la violence structurelle jusqu’à la violence culturelle.

Manta pintada por las participantes durante el Encuentro (© SIPAZ)

Banderole peinte par les participantes du Forum (© SIPAZ)

Cette volonté de s’unir pour faire face à et dénoncer la militarisation depuis ses causes jusque dans ses manifestations correspond à un choix très fort : croire en la force du nombre et de la vérité face à la force du pouvoir et des armes. Dans ce contexte de forte tension, la capacité des femmes à analyser la militarisation et formuler des propositions non-violentes et constructives est particulièrement stratégique.

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:: ACTIVITÉS DU SIPAZ

De mi-juillet à fin octobre 2009

PRÉSENCE INTERNATIONALE ET ACCOMPAGNEMENT

CHIAPAS

Zone Nord

Les 29 et 30 août, nous étions présents lors de la commémoration des victimes du groupe paramilitaire “Paix et Justice” dans la communauté de Masoja Xucja ; un hommage y fut rendu aux plus de cent personnes assassinées ou disparues dans la zone Nord entre 1995 et 2000.

Hauts Plateaux

- Le 30 juillet, nous avons assisté en tant qu’observateurs à la manifestation durant laquelle les habitants de Mitzitón adhérant à l'Autre Campagne ont bloqué la route entre San Cristóbal et Comitán pendant 6 heures pour exposer leurs revendications telles que le rejet de la construction de l'autoroute entre San Cristóbal de Las Casas et Palenque et l’exigence de justice dans le cas d'Aurelio Díaz Hernández, tué lors d'une confrontation le 21 juillet. Face au climat de haute tension (qui se maintient à ce jour), nous avons à nouveau rendu visite à cette communauté en août et octobre.

- Le 10 août, nous avons assisté à la conférence de presse convoquée par la Société Civile “Las Abejas” et le Centre des Droits de l'Homme Fray Bartolomé de Las Casas (CDHFBC) lors du lancement de la “Journée d'Action pour la Justice et la Vérité”. Nous avons également accompagné le Pélerinage de “Las Abejas” réalisé à San Cristóbal de Las Casas le 11 août. Finalement, nous avons rendu visite aux communautés d'Acteal et de Nuevo Paraíso, municipalité de Chenalhó en août et octobre.

- Fin octobre, nous étions présents lors du Pélerinage pour la paix, la justice et la vérité” convoquée par le Peuple Croyant, zone tsotsil et réalisée en solidarité avec “Las Abejas” d'Acteal.

Forêt Lacandone

- Les 30 et 31 juillet, nous avons participé à une Rencontre d’organisations indigènes et sociales de la Forêt Lacandone et de la région de Bachajón autour des problématiques communes de ces régions et en rapport avec la défense de la terre et du territoire.

- En août, nous avons rendu visite aux zapatistes d'Agua Clara, où il existe un conflit pour le contrôle des installations balnéaires de cette communauté.

- En août, nous avons assisté à la conférence de presse convoquée par les adhérents à l'Autre Campagne de trois communautés qui pourraient se voir affectées par la construction de l'autoroute entre San Cristóbal de Las Casas et Palenque, ainsi que par le projet de Centre Intégralement Planifié de Palenque (CIPP): Mitzitón, Jotolá et l'ejido San Sebastián Bachajón ont dénoncé le harcèlement dont ils ont été l'objet.

Centre

Nous avons assisté en tant qu’observateurs à la manifestation de l'Organisation Paysanne Emiliano Zapata - Région Carranza (OCEZ-RC). Celle-ci marqua le début d'un sit in à San Cristóbal de Las Casas dont l'objectif est de dénoncer l'intimidation policiaco-militaire dans leur région et exiger la libération de leurs leaders emprisonnés peu auparavant.

Caracoles

Entre août y fin octobre, nous avons rendu visite au moins une fois à chacun des cinq “Caracoles” zapatistes.

Prisonniers

En août, septembre et octobre, nous avons rendu visite à Alberto Patishtán, détenu dans la prison de San Cristóbal, dont nous suivons le dossier depuis plus d'un an.

OAXACA

A la fin août et en septembre, nous avons rencontré plusieurs de nos partenaires de la ville de Oaxaca ainsi que les membres des familles de personnes assassinées lors du conflit politico-social de 2006-2007. Nous avons également rendu visite aux communautés de Paso de la Reina (zone Isthme) où il existe un processus de résistance contre un projet de barrage hydroélectrique dans des terrains communaux. Finalement, nous avons rendu visite à des prisonniers à Tehuantepec à la demande de certains de nos partenaires.

RELATIONS PUBLIQUES

Nous avons eu une série de rendez-vous à Mexico avec les membres de plusieurs Ambassades pour leur exposer nos inquiétudes quant à la situation sociopolitique et des droits humains au Chiapas.

- En septembre, nous avons rencontré le responsable des Droits Humains de l'Ambassade des Etats-Unis. Nous avons également reçu la visite au Chiapas de l’attachée des Affaires Politiques, des Droits Humains et de l'Initiative Mérida en octobre.

- En septembre, nous nous sommes réunis avec le Conseiller Politique de l'Ambassade Allemande ainsi qu'avec l'ambassadrice Suédoise.

- D'un autre côté, nous avons rencontré Pedro Raúl López Hernández, procureur spécialisé dans la Défense des Organismes non Gouvernementaux en faveur des Droits de l'Homme au Chiapas. Nous lui avons exposé nos inquiétudes face à l'aggravation de la situation sociopolitique et des défenseurs des droits humains au Chiapas.

AUTRES

- Les 29 et 30 août, une collaboratrice du SIPAZ a assisté à la Seconde Rencontre du Réseau mexicain des Personnes affectées par l'exploitation minière (REMA) qui s'est tenue à Chicomuselo, Chiapas et à laquelle ont assisté 240 personnes environ. Des thèmes comme les moyens légaux de défense ou les effets des mines sur la santé et l'environnement y furent abordés.

- Nous avons assisté à la conférence de presse réalisée par le Réseau Etatique de Résistance Civile “La Voz de Nuestro Corazón” à la mi-juillet ainsi qu'à son Assemblée tenue les 23 et 24 octobre.

- Nous avons assisté à deux activités réalisées par la commission du Front des Peuples en Défense de la Terre (FPDT) d'Atenco au Chiapas à l'occasion du lancement de la seconde étape de leur Campagne “Liberté et Justice pour Atenco”.

PROMOTION DE PAIX

EDUCATION POUR LA PAIX

- En juillet et septembre, nous avons participé à deux modules de l’École de Paix organisée par SERAPAZ (Services et Conseils pour la Paix) à Mexico.
- En octobre, deux membres de l'équipe ont participé à un atelier sur la Non Violence Active convoqué par la Commission de Soutien à l'Unité et la Réconciliation Communautaire (CORECO).

TRAVAIL AVEC DES ACTEURS RELIGIEUX

- En septembre, nous avons participé à un espace oecuménique de prière et de réflexion proposé par le Groupe Œcuménique d’Analyse de la Conjoncture et de la Réalité (GEARC) auquel nous appartenons.

- En août, nous nous sommes réunis avec les membres de la paroisse de Chenalhó ainsi qu'avec l'évêque Enrique Díaz, pour partager analyse et possibilités face au contexte existant dans cette municipalité suite à la libération de 20 personnes accusées d'avoir pris part au massacre d'Acteal en décembre 1997.

ARTICULATION

- Nous avons participé aux réunions mensuelles du Réseau pour la Paix, espace d’action et de réflexion conformé par 16 organisations qui soutiennent les processus de paix et de réconciliation au Chiapas.

- Les 2 et 3 de octobre, plusieurs organisations (parmi lesquelles le SIPAZ) ont organisé un forum sur les Perspectives des Femmes face à la Militarisation à San Cristóbal de las Casas. Environ 160 femmes du Guatemala, Honduras, Chihuahua, de México ou du Guerrero ainsi que de différentes communautés du Chiapas y prirent part.

- Nous avons assisté à l'Assemblée du Peuple Croyant des 11 et 12 septembre.

INFORMATION

- Nous avons reçu des délégations, des étudiants et des journalistes, intéressés par la conjoncture du Chiapas et le travail du SIPAZ. Du 6 au 13 août, nous avons co-coordoné une délégation de Global Exchange d'une semaine au Chiapas.

- En juillet, nous avons eu un rendez-vous avec un membre de l'Union Internationale des Juristes pour parler de la militarisation et des implications de la juridiction militaire dans le cas du Chiapas.

- Nous avons publié un bulletin spécial d'information sur la cas Acteal en août ainsi qu'un Appel Urgent dans le cas de l'attaque armée contre des Défenseurs des droits humains à Jotolá en septembre.

- Un membre de l'équipe a réalisé plusieurs activités en Suède et Finlande en octobre, y compris des rendez-vous avec les Ministères des Affaires Étrangères de ces deux pays ainsi que des réunions avec des partenaires dans ces pays (comme SweFOR ou Amnesty International).

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