:: ACTUALITÉ
Mexique: sombres perspectives
Dans un contexte de crise économique mondiale, on prévoit que le Mexique entrera lui aussi dans une situation de décélération de toutes les variables macroéconomiques, principalement la croissance, la consommation et l’emploi.
L’étroite dépendance vis à vis des USA est un facteur important à l’heure d’établir un tel scénario. Le Ministère du Développement Social a reconnu que la situation économique aux USA a provoqué l’augmentation du chômage pour les mexicains résidant dans ce pays et la chute des fonds envoyés par ces travailleurs dans leur pays d’origine (700 millions de pesos de moins par rapport à 2007), ce qui “va affecter les familles mexicaines qui vivent une situation de pauvreté alimentaire”. Dans ce cadre, le Ministre des Finances a demandé aux familles “d’être prudentes” et “d’économiser face à tout type de contingence qui pourrait se présenter à l’avenir”.
Photo: Manifestation de citoyens mexicains contre la hausse du prix du maïz.
Après avoir minimisé les possibles impacts négatifs que la crise financière aux USA pourrait avoir pour le Mexique, début octobre, Felipe Calderón a présenté un programme qui cherchera à minimiser ses effets. Il a également dû ajuster le budget 2009 à la baisse.
Depuis le 1er septembre, lorsqu’il a présenté son second Rapport de Gouvernement, Felipe Calderón a affirmé que le “contexte économique externe défavorable” a affecté l’obtention des objectifs en matière d’inflation, de croissance et de génération d’emplois. L’opposition au sein de la Chambre des Députés a affirmé de son côté qu’au cours des deux premières années de cette administration, un million trois cent mille mexicains ont abandonné le pays faute d’emplois. Le même 1er septembre, des organisations ouvrières, paysannes et sociales ont envahi les rues dans plusieurs parties du pays “pour démontrer le croissant mécontentement et l’irritation des travailleurs” face à la politique économique, énergétique et du travail de ce gouvernement.
La “guerre” contre le trafic de drogues: une priorité qui se maintient pour le gouvernement
Selon le Second Rapport du Gouvernement: "Depuis le début de l’actuelle administration, 46 opérations de haut impact se sont matérialisées (…) Une moyenne de 45 mille soldats y ont pris part, une quantité sans précédent comparée avec l’administration antérieure, dans le cadre de ce qui constitue une nouvelle stratégie de la part de la Sedena (Ministère de la Défense Nationale) dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogues".
En dépit de ce fait, les exécutions attribuables au crime organisé ont continué à augmenter, de manière telle qu’à la fin du premier semestre 2008, on comptait 2673 morts, l’équivalent de la totalité des exécutions en 2007. Début décembre, le bureau du Procureur Général de la République (PGR) parlait de 5400 morts et affirmait que cette quantité allait encore augmenter.
Photo: Mexique: second pays producteur d’héroïne
pour le marché nord-américain
A la fin août, le gouvernement fédéral a reconnu l’existence d’une “détérioration institutionnelle et structurelle” dans le combat contre la délinquance, ainsi que pour changer la situation de “haut degré d’impunité” et “le contrôle du territoire” exercés par les groupes criminels. Il a présenté l’Accord National pour la Sécurité, la Légalité et la Justice, qui, par le biais de 75 points prétend apurer et renforcer les institutions policières et de procuration de justice.
Une des premières critiques face à cet Accord a été l’absence de son caractère obligatoire ou la possibilité de sanctions pour ceux qui ne le respecteraient pas. Des spécialistes en matière de sécurité ont également affirmé que gouvernement de Felipe Calderón avait lancé la “guerre contre le trafic de drogues” sans réaliser un travail préalable d’intelligence militaire et civile suffisant. Ils signalent aussi qu’il n’avait pas prévu “une dimension aussi violente dans la réponse des trafiquants de drogues”, pas plus qu’il n’avait réalisé le degré d’infiltration du crime organisé ni de corruption des corps policiers (La Jornada, 29 septembre).
En octobre, l’ Opération Propreté a mis en évidence cette infiltration du trafic de drogues jusqu’aux plus hauts niveaux du gouvernement. Le Bureau du Procureur Général de la République (PGR) a confirmé que depuis 2004, le crime organisé avait infiltré des hauts fonctionnaires du Bureau d’Investigation Spécialisée à la Délinquance Organisée (SIEDO), ceux-ci vendant des informations au cartel des frères Beltrán Leyva.
Fin novembre, 100 jours après la signature de l’Accord National, le gouvernement fédéral a assuré qu’il avait tenu “exactement”les engagements qu’il avait pris: une réaffectation de certains fonds dans le budget, le renforcement de la société civile, l’adéquation au modèle de coordination institutionnelle et la présentation d’un paquet de réformes au Congrès.
Il a félicité le Congrès pour avoir approuvé un budget en matière de sécurité qui intègre une augmentation de plus de 35% par rapport à l’année précédente, une quantité qui représente le double de celle qui sera destinée au développement social en 2009.
Des députés de l’opposition ainsi que des représentants de diverses églises ont considéré que les résultats présentés au terme des 100 jours de délai établi par l’Accord National, n’étaient pas significatifs, mais “pauvres et insuffisants”.
Qu’ils soient attribuables ou pas à la délinquance organisée, deux faits ont renforcé la perception généralisée d’insécurité. D’un côté, le 15 septembre, dans le cadre de la commémoration de l’Indépendance mexicaine, deux explosions à Morelia, Michoacán ont laissé un bilan de sept morts et 132 blessés.
D’un autre côté, le 4 novembre,le Ministre de l’Intérieur, Juan Camilo Mouriño, et l’ex-directeur du Bureau d’Investigation Spécialisée quant à la Délinquance Organisée (SIEDO), ont trouvé la mort dans un accident d’avion. La chute de cet avion à Mexico a provoqué 15 morts et 40 blessés. Cet accident a provoqué la disparition des deux principaux stratèges du gouvernement fédéral dans la lutte contre le trafic de drogue: Mouriño, un proche de Calderón, et Vasconcelos qui était selon plusieurs médias, l’homme de confiance de l’Armée et des USA. Bien que la version officielle affirme qu’il n’y a pas de preuves qui suggèrent un attentat, la polémique se maintient face au doute pour savoir si ces morts sont dûs à un accident ou à un acte de sabotage ; des soupçons qui se maintiennent jusqu’à ce jour.
Photo: Mexico, 4 novembre, José Luis Santiago Vasconcelos
et Juan Camilo Mouriño sont tués lors d’un accident d’avion
Collaborations internationales contre le crime organisé
En 2008, le Mexique est passé du 4ème au 2nd pays en Amérique Latine qui reçoit le plus d’assistance militaire et policière de la part des USA,seulement derrière la Colombie. L’Initiative Mérida, qui représente près de 400 millions de dollars d’aide dans ce sens lors d’une première étape, cherche à établir une plus grande intégration en matière de sécurité entre le Mexique et les USA. Le gouvernement mexicain espérait recevoir ces fonds en septembre, mais à peine le 3 décembre, lors d’un acte de profil bas, un accord a été signé, permettant la libération de 197 millions de dollars (des 400 millions déjà approuvés par le Congrès des USA).
Le Mexique a également concrétisé d’autres alliances: en octobre, avec le gouvernement du Brésil (pour renforcer l’échange d’informations, de programmes et d’expérience afin de réduire la criminalité) et l’Union Européenne (par le biais d’une Association Stratégique qui permettrait de travailler conjointement autour de thèmes comme le réchauffement de la planète, la délinquance organisée, la lutte contre la pauvreté, les droits humains et la migration); ainsi qu’avec l’Argentine, en novembre (pour faire face de manière coordonnée à la délinquance organisée, au trafic de drogues et au blanchissement d’argent).
Photo:Cristina Fernández de Kirchner et Felipe Calderón Hinojosa lors du récent voyage en Argentine du président mexicain
Approbation de la réforme énergétique

Députés de l’opposition célébrant l’approbation de la réforme énergétique
Après 8 mois d’analyse et de négociation, qui ont inclus la réalisation de forums auxquels ont participé plus d’une centaine de spécialistes, une réforme énergétique a finalement été approuvée par le Congrès mexicain le 23 octobre. Entre autres modifications, elle permettra une plus grande autonomie budgétaire et de gestion à PEMEX (Pétroles Mexicains, nationalisés depuis 1938 et emblème de la souveraineté nationale) ; elle cherche à moderniser sa structure institutionnelle et flexibilise son système de contrat pour acquérir des biens et d’oeuvres publiques.
Un front d’opposition face à sa possible privatisation s’était organisé autour du Mouvement National en Défense du Pétrole et de l’Economie populaire, à la tête duquel se trouve Andrés Manuel López Obrador (AMLO), ex candidat à la présidence. Les législateurs de gauche avaient indiqué que bien qu’ils fussent en faveur de la réforme en termes généraux, ils considéraient que certains aspects devaient encore être clarifiés. Lors de l’approbation finale, ils prirent la tribune après qu’AMLO ait parlé avec les représentants de tous les partis politiques. Celui-ci leur demanda d’inclure une clause pour interdire expressément la possibilité de concéder à des entreprises étrangères des blocs spécifiques pour l’exploration et la production de pétrole, un cadenas supplémentaire contre la privatisation qui n’a finalement pas été accepté.
Bien que le projet de loi approuvé s’éloigne significativement de celui que Calderón avait présenté (qui permettait à des entreprises privées de construire et de mettre en marche des raffineries), celui-ci a qualifié cette réforme de succès "historique" et a affirmé que “grâce à cette réforme, l’économie nationale gagne et nous gagnons (tous les mexicains gagnent)". Les seuls à avoir exprimé une certaine déception ont été les entrepreneurs mexicains et investisseurs étrangers face à ce qu’ils considèrent comme le caractère limité de la réforme.
D’un autre côté, cette réforme intègre plusieurs propositions présentées par le large Front Progressiste (FAP qui regroupe les principaux partis politiques de gauche : Parti de la Révolution Démocratique, PRD; le Parti du Travail, PT; et Convergence). Pourtant, son approbation a laissé les factions du PRD et du FAP encore plus divisées. A la mi-novembre, après 8 mois d’un processus interne conflictuel pour établir les résultats des élections à la présidence nationale du PRD, le Tribunal Electoral du Pouvoir Judiciaire de la Fédération (TEPJF) a révoqué la nullité de ces élections effectués en mars: il a reconnu Jesús Ortega Martínez comme nouveau président national du PRD, ce dernier représentant une tendance plus distante a AMLO.
Photo: Manifestations contre la réforme énergétique à Mexico
Après l’approbation de la réforme énergétique, López Obrador a annoncé le début d’une nouvelle étape pour le Mouvement National pour Défense du Pétrole et de l’Economie Populaire. Il a expliqué que les brigades formées dans le cadre de la réforme ne seraient pas démobilisées mais qu’elle continuerait leur lutte contre l’augmentation des prix et la défense des salaires.
Droits humains : “bonnes intentions” face aux mêmes préoccupations
A la fin août, le nouveau Programme National des Droits humains 2008-2012 a été publié dans le Journal Officiel de la Fédération. Ce document propose un retrait graduel des forces armées des taches de sécurité publique et propose “d’impulser des réformes en matière de procuration de la justice militaire conforme aux engagements internationaux pour le respect des droits humains adoptés par l’Etat Mexicain”. Il parle aussi de la création de grandes lignes d’action qui permettent le respect des droits humains dans les cas d’utilisation de la force publique. Des organisations civiles ont critiqué ce programme en le considérant comme un simple “catalogue de bonnes intentions”.
Photo: Comité des Droits Humains de l’ONU
Une des tendances préoccupantes les plus signalées reste la criminalisation de la protestation sociale face à la militarisation du pays. En octobre,des Organisations non gouvernementales (ONG) ont dénoncé que depuis le début de la présidence de Felipe Calderón, elles ont enregistré 983 plaintes pour violations des droits humains commises par les forces armées: “la militarisation de la sécurité publique a provoqué des situations de tortures, exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires et viols commis par des soldats; le déploiement de plus de 45 mille militaires dans des fonctions de sécurité publique n’a cependant pas permis de freiner les indicateurs de violence”.
Une nouvelle plateforme pour les droits humains s’ouvrira en février 2009, quand le Mexique sera soumis à examen de la part du Conseil des Droits humains de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dans le cadre de l’ Examen Périodique Universel (EPU) qui doit être appliqué à toutes les nations appartenant à cet organisme.
En septembre, plus d’une centaine d’ONG ont présenté un rapport spécial à Genève, Suisse. Elles y dénoncent que “le Mexique ne respecte pas ses engagements internationaux” et que la torture, les disparitions forcées, les exécutions extrajudiciaires, les limitations posées à la liberté d’expression et l’impunité persistent. Le rapport inclue 60 cas de criminalisation de la protestation sociale dans 17 états mexicains.
Photo: La lutte pour la justice continue dans le cas d’Atenco
A la fin novembre, en préparation du même EPU, l’Etat mexicain a présenté son propre rapport dans lequel il indique que l’utilisation de l’armée dans le cadre du combat contre le crime organisé est une mesure provisoire pour rétablir les conditions minimales de sécurité publique en maintenant “un plein respect des droits humains”. Comme un exemple de cette intention, il parle de la création de la Direction des Droits humains du Ministère de la Défense Nationale (alors que l’on s’est que cette instance n’est dotée d’aucun budget officiel). Les organismes mexicains des droits humains ont exigé d’établir une date fixe au retour de l’armée à ses fonctions traditionnelles comme l’Etat mexicain le propose dans ce document.
En novembre, la SRE a informé que le Mexique avait été élu comme Membre du Comité de l’Assemblée des Etats participant dans le Statut de Rome au travers de la Cour Pénale Internationale pour 2009-2011. Cette nomination semble illustrer l’intense activisme international du Mexique en matière deDroits humains, qui selon les ONG qui travaillent le thème, contraste drastiquement avec la situation interne.
Chiapas: impunité et nouveaux conflits
En novembre, deux ans après le massacre d’indiens dans la communauté de Viejo Velasco (au nord de Montes Azules), la situation liée à la mort de 4 personnes et la disparition de 4 autres restait impunie.
Le 3 octobre dernier, une opération policière violente a laissé un bilan de six morts (4 personnes ayant été exécutées selon les témoignages des habitants), 17 blessés et 36 personnes arrêtées ; presque tous étaient des habitants de l’ejido Miguel Hidalgo, situé dans la municipalité de La Trinitaria, Chiapas. Le 7 septembre dernier, les “ejidatarios” (propriétaires des terres communales) ont occupé les ruines de Chincultik qui se trouvent face à leur communauté, après avoir décidé que l’ejido administrerait désormais ce site archéologique maya.
Photo: Policiers arrêtant un paysan à Chinkultic
Les autorités étatiques et fédérales ont décidé de remettre 35 mille pesos pour les frais funéraires et 75 mille pesos d’aide économique pour les personnes qui ont perdu un membre de leurs familles. Le gouvernement du Chiapas a également signalé 5 policiers comme responsables du massacre et s’est engagé à punir ceux qui s’avèreraient coupables d’avoir commis des excès dans la réalisation de leurs fonctions.
Le gouvernement du Chiapas a reconnu qu’il n’existait pas de mandat pour réaliser cette opération. Suite à ces faits, le Congrès de l’état a approuvé à l’unanimité un protocole dans les cas d’expulsions que réaliseraient les corps de sécurité de l’état et municipales, ceci afin de règlementer l’utilisation de la force publique.
Photo: Ruines de Chinkultic
La Commission Civile Internationale d’Observation pour les Droits humains (CCIODH) a affirmé que ce cas était un exemple de la politique gouvernementale qui criminalise la protestation sociale, délègue la solution politique et de dialogue des conflits et cherchent à cacher la responsabilité institutionnelle avec des indemnités. Le Centre des Droits humains Fray Bartolomé de las Casas a également manifesté qu’il “existe un grand risque que le massacre de Chinkultic, comme beaucoup d’autres, reste impuni et que la sanction des responsables se limite à des fonctionnaires de bas niveau”.
De manière générale, la principale source de conflits reste les programmes sociaux et projets économiques: routiers (comme l’autoroute annoncée entre San Cristóbal de las Casas et Palenque), touristiques (“parcs thématiques” à Palenque et dans les cascades d’Agua Azul) et de développement (aires naturelles protégées comme Huitepec, la Réserve de la Biosphère Montes Azules, ou l’industrie minière, comme illustré dans le dossier de ce rapport).
EZLN: Festival de la Rage Digne
La première semaine d’août, unecaravane nationale et internationale de solidarité a dénoncé diverses violations des droits humains dans les territoires zapatistes. Elle a également assisté à la commémoration du 5ème anniversaire des Comités de Bon gouvernement (JBG) zapatistes.
En septembre, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) a appelé à relancer la mobilisation pour exiger la libération de 13 personnes toujours en prison après la répression à San Salvador Atenco en mai 2006, Toutes ont reçu des sentences de plus de 30 ans (112 ans dans le cas des dirigeants du Front des Peuples en Défense de la Terre. Elle a également annoncé la réalisation du Premier Festival pour la Rage Digne qui sera célébré durant la dernière semaine de décembre et les premiers tours de janvier 2009, à Mexico et au Chiapas. Le communiqué explique: “Le dégoût provoqué par le cynisme et l’incompétence de la classe politique traditionnelle s’est transformé en rage. Parfois, de cette rage naît l’espoir d’un changement par les moyens habituels et doit faire face soit avec la désillusion qui immobilise soit avec la force arbitraire qui tyrannise (…) Mais aussi, parfois, tant de fois qu’elles nous arrachent un sourire, les rages cherchent leurs propres chemins, de nouveaux chemins, d’autres chemins. Et le “non” qui les a provoqué non seulement résiste, il commence aussi à proposer et à croître ».

:: DOSSIER
Industrie minière au Chiapas: nouvelle menace pour la survie des peuples indiens

Carte des concessions minières dans le Chiapas (cliquéz Ici)
Jusqu’à il y a peu, l’état du Chiapas, qui est pourtant considéré comme l’un des plus riches du pays en ressources naturelles (en 2001, il a produit 47% du gaz naturel et 21 % du pétrole à échelle nationale), semblait avoir été oublié par l’industrie minière. Cependant, à partir des années 90, le gouvernement fédéral a commencé à accorder des concessions pour l’exploration et l’exploitation minière à des entreprises transnationales, la majorité de celles-ci de capital canadien.
Dans l’immédiat, ces concessions se trouvent dans la Sierra Madre du Sud, une montagne qui couvre le sud du Mexique et s’étend jusqu’au Honduras et le nord du Nicaragua, des régions dans lesquelles travaillent ces mêmes entreprises.
Réformes minières qui ouvrent la porte aux corporations transnationales
L’un des facteurs qui a contribué à l’augmentation du nombre de concessions minières a été la réforme constitutionnelle de 1993. Celle-ci faisait partie des mesures qui ont permis la mise en place de l’Accord de Libre Echange d’Amérique du Nord en 1994 (ALENA, signé entre les USA, le Canada et le Mexique).
Traditionnellement au Mexique de même que dans le reste du continent, la propriété de la terre n’incluait pas les ressources naturelles du sous-sol, réservées à l’Etat. Il n’existait cependant pas une législation qui règlementerait de manière précise les conflits qui pouvaient apparaître entre les deux formes de propriété: entre les habitants et les agriculteurs qui travailleraient ces terres et les entreprises souhaitant exploiter les richesses de leur sous-sol. La réforme minière de 1993 accorde une claire priorité aux intérêts des entreprises minières, en accordant au concessionnaire le droit d’“Obtenir l’expropriation, l’occupation temporaire ou la servitude de terres pour mener à bien les œuvres et travaux d’exploration, d’exploitation et de bénéfice”. Qui plus est, les nouvelles lois leur donnent le droit d’utiliser l’eau présente sur ces terres et d’y jeter les déchets issus de l’exploitation.
Photo: Mine Marlin, mine à ciel ouvert au Guatemala (Source: NO A LA MINA)
Les modifications des lois minières, ainsi que les autres réformes qui devaient ouvrir la voie à l’ALENA non seulement permettent la participation de compagnies étrangères mais dérégulent aussi profondément l’industrie minière au Mexique. Ces décisions s’intègrent parfaitement dans la doctrine néolibérale, qui affirme que le développement et la croissance se voient stimulés si l’on permet la dérégulation de l’économie et la libre circulation du capital international.

Blackfire Exploration Ltd., Slogan site Web (Source: Blackfire Exploration Ltd)
Cependant, un bilan plus de 10 ans après l’entrée en vigueur de l’ALENA présentera des résultats pour le moins nuancés. Parmi les impacts négatifs côté mexicain, force est de reconnaître la perte d’emplois et l’augmentation des prix. Les paysans mexicains sont l’un des secteurs les plus touchés. Dans l’ensemble, bien que l’ALENA ait bénéficié aux grandes entreprises (y compris, celles de capital mexicain), il n’a pas permis de freiner l’avancée de la pauvreté dans le pays.
Les impacts sociaux et sur l’environnement de l’industrie minière actuellement
Bien qu’elle ait évolué, l’industrie minière reste l’une des plus dangereuses en termes de conditions de travail et d’impacts sur l’environnement (pollution des eaux et des terres ainsi que déforestation). Les effets sociaux peuvent impliquer la destruction des formes de vie traditionnelles fondées sur le respect de la terre et l’agriculture de subsistance, ainsi que des divisions internes au sein des communautés où un groupe en faveur et un groupe contraire s’affrontent, souvent de manière violente, tandis que certains acteurs externes peuvent chercher à promouvoir l’aggravation des conflits. Selon Gustavo Castro de l’organisation Autres Mondes (Otros Mundos Chiapas A.C.): “L’industrie minière n’est pas un phénomène nouveau au Chiapas. Ce qui l’est, c’est l’intensité de sa présence et le type d’extraction réalisée”.
La pratique d’extraction actuelle la plus commune est ce que l’on appelle généralement “industrie minière à ciel ouvert”. Selon un rapport publié par le Mouvement Mondial de Protection des Forêts Tropicales (World Rainforest Movement), un réseau international d’organisation qui travaille pour leur préservation:
“Les mines à ciel ouvert impliquent la construction une série de terrasses où des puits larges et profonds sont creusés au milieu d’un paysage désolé et désertique, dans lequel il ne reste plus de traces de vie. Le travail commence généralement par la destruction de la végétation et la création de remblais d’une partie du sol, avant de faire sauter les pierres et d’autres matériaux qui se trouvent au dessus des dépôts de minéraux qui sont à nouveau dynamites pour obtenir des morceaux plus petits”.
Qui plus est, il faut encore extraire les minéraux de valeur des grandes quantités de terres et de déchets qui sont ainsi mis à jour. Ces minéraux s’obtiennent généralement en passant les matières premières au travers d’une solution chimique. Dans le cas des mines d’or, on utilise généralement du cyanure qui dissout les pierres permettant ainsi de parvenir à l’or pur. Les entreprises minières affirment que le cyanure et les autres déchets sont jetés en prenant en compte l’environnement, mais il est inévitable qu’une partie des produits chimiques nocifs s’infiltrent dans le sol et les réserves d’eau. Ce type de pollution est particulièrement nocif pour les paysans: l’eau et les sols pollués menacent non seulement leur santé, mais aussi leurs formes de vie traditionnelles.
D’autres effets collatéraux sont liés aux montagnes de pierres qui restent ensuite à la surface. Selon la campagne ‘Non à l’or sale’ lancée par Earthworks et OxFam, les piles de déchets toxiques peuvent atteindre 100 mètres de hauteur et endommagent les sols non seulement du fait des éléments chimiques qu’elles contiennent mais aussi et plus simplement du fait de l’espace physique qu’elles occupent sur des terrains qui auraient pu être utilisés pour des activités agricoles.
L’entrée des entreprises minières a également une série d’impacts négatifs à échelle communautaire. De manière générale, elles promettent une forme de compensation, soit monétaire, soit par le biais de la construction d’infrastructures. Il n’y a cependant aucune façon de garantir qu’elles respecteront leurs promesses. D’un autre côté, la vulnérabilité et l’extrême pauvreté de la plupart des communautés affectées sont telles qu’elles ne permettent pas une négociation d’égal à égal. Les quantités offertes peuvent paraître de grandes sommes pour des familles dans le besoin, mais elles mettent en risque l’avenir de communautés qui pourraient perdre leurs terres.
Par exemple, dans la municipalité de Chicomuselo, l’entreprise Blackfire Exploration a ouvert une mine de barytine appelée La Revanche (La Revancha). Quand elle s’est présentée dans la zone en 2006, elle a promis à la communauté qu’elle construirait de nouvelles routes, installerait l’électricité, un système de drainage et autres infrastructures. L’entreprise n’a pas respecté son engagement mais s’est contentée de construire les infrastructures strictement nécessaires pour l’exploitation minière, sans réaliser une seule œuvre qui bénéficie à la communauté.
Processus de résistance face aux entreprises minières
Dans l’ensemble, la résistance face aux entreprises minières au Chiapas et au Mexique commence à croître de manière progressive bien que lente. Un des principaux problèmes pour organiser ce type de mouvement tient au manque de connaissance des communautés quant aux effets que l’exploitation minière présentera. La législation en vigueur (Convention 169 sur les Droits des Peuples Indigènes et Tribus de l’Organisation Internationale du Travail ratifié par le Mexique en 1990) prévoit que les communautés soient informées de manière détaillée et avec un délai nécessaire dans l’analyse des effets sociaux et environnementaux des projets d’exploitation. Cependant, dans la majorité des cas, ces effets ne deviennent visibles qu’une fois la mine ouverte et en fonction, alors qu’il sera beaucoup plus difficile de s’y opposer. Les entreprises minières savent qu’elles pourront faire face à différents degrés d’opposition et elles utilisent en conséquence des stratégies qui prétendent y mettre un frein dès le départ: par exemple, en cherchant à provoquer des divisions et à acheter la communauté ou de ses dirigeants afin de limiter les possibles tentatives d’organisation.
Les communautés peuvent utiliser deux grands types de stratégies: la première est de recourir aux accords nationaux et internationaux qui cherchent à garantir les droits économiques, sociaux et culturels.
A échelle nationale, la meilleure défense des communautés et terres communales (“ejidos”) affectées par l’exploitation minière reste la Loi agraire et les droits qui dérivent de celle-ci. Elle leur donne en particulier le droit de décider en tant qu’ “ejido” ou communauté. Cependant, après la réforme à l’article 27 constitutionnel en 1992 et la mise en place du Programme de Certification des Droits des Ejidos et Communautaires (PROCEDE), il est de plus en plus difficile de recourir à ces mécanismes.
A échelle internationale, un des instruments les plus importants est la Convention 169 sur les Droits des Peuples Indiens et Tribus déjà mentionné qui affirme en particulier: “Dans les cas où l'État conserve la propriété des minéraux ou des ressources du sous-sol ou des droits à d'autres ressources dont sont dotées les terres, les gouvernements doivent établir ou maintenir des procédures pour consulter les peuples intéressés dans le but de déterminer si et dans quelle mesure les intérêts de ces peuples sont menacés avant d'entreprendre ou d'autoriser tout programme de prospection ou d'exploitation des ressources dont sont dotées leurs terres. Les peuples intéressés doivent, chaque fois que c'est possible, bénéficier des avantages découlant de ces activités et doivent recevoir une indemnisation équitable pour tout dommage qu'ils pourraient subir en raison de telles activités” (Article 15).
La Convention 169 a été utilisée avec succès par des communautés du Guatemala qui s’opposaient à l’exploitation minière dans leurs terres. Par exemple, le 13 février 2007, 64 communautés de la municipalité Concepción Tutuapa ont effectué des consultations publiques par le biais desquelles la majorité de la population a décidé de rejeter cette présence.
Bien que la Convention 169 reconnaisse aux communautés indigènes le droit à être consultées sur tout projet qui pourrait être réaliser dans leurs terres, elle ne leur reconnaît pas le droit de veto: un refus de la part de la communauté obligera l’Etat à expliquer de manière plus détaillée pourquoi il décide de maintenir le projet en dépit de ce refus ainsi qu’à essayer de limiter au maximum l’impact négatif de l’exploitation, mais ceci ne conduira pas forcément à la suspension du dit projet.
Photo: Cerro San Pedro, mine à ciel ouvert dans l'État de San Luis Potosi (Source: NO A LA MINA)
D’un autre côté, ce type de Convention est difficile à utiliser. Ceci est dû en partie au fait que bien qu’elle ait été ratifiée par le gouvernement mexicain, il n’existe aucun mécanisme qui l’oblige à respecter ses contenus. Dans tous les cas de figure, l’organisation et la mobilisation à échelle communautaire, nationale ou internationale seront également nécessaires.
L’organisation communautaire est un facteur primordial puisqu’elle constitue le seul moyen de faire parvenir à la population l’information nécessaire sur les effets de l’industrie minière, des données qui lui permettront de se décider pour une forme ou une autre de résistance. Un acteur important dans ces processus d’organisation pourra être le Réseau Mexicain des Personnes et Communautés affectées par l’industrie minière, REMA. Il s’agit d’un réseau national qui cherche justement à organiser et à apporter des informations à la population mexicaine quant aux impacts de l’exploitation minière et aux formes de résistance face aux grandes entreprises minières.
Un autre acteur dans la résistance à l’industrie minière dans la Sierra du Chiapas est le Front National de la Lutte pour le Socialisme (FNLS). En novembre, il a organisé une manifestation autour de plusieurs problèmes (incluant l’industrie minière), a bloqué certaines routes et a réalisé une marche à Motozintla, municipalité dans laquelle l’entreprise Linear Gold Corp. a obtenu plusieurs concessions. Le FNLS a dénoncé avoir subi des formes de répression pour avoir organisé ce processus de résistance. Le 12 Novembre 2008, il a publié un communiqué sur ce thème: “Pour le FNLS, les incursions illégales réalisées dans les maisons de notre ‘compañera’ Yolanda Castro et de notre ‘compañero’ Jaime González, font partie de la réponse fasciste de l’Etat mexicain à la dénonciation publique que nous avons réalisée le 10 [novembre] et à la lutte de resistance contre le pillage de minéraux que des entreprises transnationales prétendent mener à bien”.
Un autre exemple d’organisation de la population ainsi que de la répression est El Carrizalillo, au Guerrero. En janvier 2007, la population s’est organisé au sein de l’”Assemblée Permanente des Propriétaires et Travailleurs de Carrizalillo". Ils ont bloqué l’entrée de la mine exploitée par l’Entreprise Luismin (une partie de la multinationale Goldcop de Canada) pour exiger la révision et renégociation des contrats d’occupation temporaire de leurs terres. A la fin janvier, des centaines de policiers de l’état et municipaux ont essayé d’expulser violemment les manifestants. Postérieurement, plusieurs tentatives de dialogue avec des représentants de Luismin, ont finalement abouti à un nouvel accord qui inclue entre autres : une augmentation de 1,475 pesos à 13,500 pesos annuels par hectare pour la location des terres occupées ; la construction ou amélioration des oeuvres publiques (routes, hôpital communautaire, école) ainsi que la réintégration des travailleurs qui avaient maintenu la grève pendant 82 jours.
Le 8 Novembre 2008, une Rencontre Populaire sur “L’eau, l’Energie et les Alternatives Energétiques” a eu lieu à Cacahuatepec, au Guerrero, une des communautés qui serait coçncernée si le barrage hydroélectrique de La Parota était finalement construit. Un des thèmes abordés fut l’industrie minière. Des membres de la communauté de Chicomuselo, au Chiapas, purent ainsi partager leur expérience avec d’autres peuples en résistance dans le pays. De la même manière, la Rencontre de “Nos Voix de Lutte et Résistance”, réalisée à Juchitán, au Oaxaca, concluait également: “Nous nous prononçons pour un NON définitif contre les projets de routes, barrages, mines et entreprises éoliennes transnationales, parce qu’ils ne contribuent pas au développement communautaire, vu qu’ils nous déplacent et nous dépouillent de nos territoires”.
L’industrie minière n’est pas une problématique isolée mais est liée à différentes manières de concevoir la vie et le développement. Ce type de projets a un impact différent pour les populations paysannes et ne prend pas en compte leurs priorités et besoins, se convertissant ainsi en un facteur qui peut provoquer la migration. L’impact est encore plus grand pour les communautés indigènes, culturellement unies de manière intime à la terre, de sorte que ce type de projets peut contribuer directement à leur disparition comme peuples. Dans tous les cas, il est stratégique que les processus de résistance face aux grands projets de développement (routes, barrages et mines) puissent s’unir.

:: ACTIVITES DU SIPAZ
Début août à fin novembre 2008
PRESENCE INTERNATIONALE ET ACCOMPAGNEMENT
RELATIONS PUBLIQUES
- Début septembre, nous nous sommes réunis avec les Ambassades de Suède et de Finlande au Mexique.
- Le 10 octobre, nous avons assisté à la cérémonie d’inauguration du siège du Système des Nations Unies (SNU) à San Cristóbal de Las Casas, Chiapas.
CHIAPAS
Zone Nord
Au début du mois d’août et en octobre, nous avons visité plusieurs villages et villes de la zone Nord du Chiapas pour nous entretenir avec différents acteurs de la région : dirigeants de différents groupes politiques, instances de gouvernement, membres d’églises, bases de soutien zapatistes, des organisations paysannes et sociales.
Hauts Plateaux
- En octobre, nous avons visité Acteal et d’autres communautés de la municipalité de Chenalhó. Le 13 novembre, nous avons assisté à la « Rencontre Latino-américaine pour la Vérité et la Justice » réalisée dans la communauté d’Acteal.
- En octobre, nous avons accompagné une délégation de El Paso, Texas, USA qui s’est réunie avec des catéchistes et membres de la Coordination Diocésaine de Femmes (CODIMUJ) du village de Zinacantán.
Forêt Lacandone
- Au début du mois d’août, nous avons réalisé des interviews avec différents partenaires et organisations sociales à Ocosingo. Nous avons également assisté à la réunion qui avait été organisée pour présenter le contexte de la zone à la Coordination Allemande pour les Droits Humains durant sa visite en octobre.
- A la mi-août, nous avons visité San Sebastián Bachajón, municipalité de Chilón, où il existe un conflit entre les membres de l’Organisation pour la Défense des Droits Indiens et Paysans (OPDDIC) et des membres de l’Autre Campagne zapatiste quant au contrôle du péage à l’entrée des cascades de Agua Azul.
Centre
- En août, nous avons interviewé des membres de l’organisation OCEZ-Région Carranza qui continuent à dénoncer des opérations et harcèlement militaires dans leurs communautés.
"CARACOLES"
Au cours des derniers mois, nous avons visité une à deux fois 4 des 5 Caracoles (structures autonomes régionales zapatistes).
OAXACA
- Du 17 au 22 septembre, nous avons réalisé une visite à Oaxaca. Nous avons assisté au Forum National “Construction de Formes de Lutte et Coordination de Projets pour la Transformation Politique”, organisé dans la ville de Oaxaca les 19 et 20 septembre. Nous avons également été présents lors de la XXIIème Réunion Plénière du Congrès National Indigène (CNI), réalisée dans la communauté indienne de Cacalotepec, municipalité Santos Reyes Pápalo. Nous avons aussi effectué des interviews avec plusieurs partenaires dans la ville de Oaxaca.
- Les 15 et 16 novembre, nous avons assisté à la Rencontre “Nos Voix de Lutte et Résistance” réalisée à Juchitán de Zaragoza, dans l’Isthme de Tehuantepec, région où de grands projets éoliques sont développés.
GUERRERO
En septembre, nous avons visité la zone de La Parota (où un barrage hydroélectrique pourrait être construit), Ayutla de los Libres (Centre des Droits Humains de la Montagne Tlachinollan, Organisation des Peuples Indiens Me’phaa-OPIM et la prison municipale où nous avons interviewé 5 prisonniers qui appartiennent à cette organisation) et la municipalité de Xochistlahuaca (où fonctionne une radio communautaire en langue amuzgo).
MEXICO
- Le 24 septembre, nous avons participé à un atelier sur l’Initiative Mérida et la Sécurité Publique auquel ont assisté plusieurs organisations des droits humains du Mexique et des USA.
- Les 26 et 27 septembre, nous avons assisté à la Rencontre des Défenseurs des droits humains des Migrants convoquée par le Centre des Droits Humains Miguel Agustín Pro Juárez.
PROMOTION DE PAIX
EDUCATION POUR LA PAIX
- En août, nous avons participé à un espace œcuménique de prière et de réflexion convoqué par le Groupe œcuménique d’Analyse de la Réalité (GEACR) dont nous faisons partie.
- En novembre, l’équipe du SIPAZ a reçu un atelier d’introduction portant sur le thème “Construction de Paix et Perspective de Genre”.
ARTICULATION
- Nous continuons de participer aux réunions mensuelles du Réseau pour la Paix, un espace d’action et de réflexion qui rassemble 16 organisations qui cherchent à accompagner les processus de paix et de réconciliation au Chiapas.
- Nous nous sommes réunis avec des membres de la coalition du SIPAZ comme SweFOR (Mouvement Suédois pour la Réconciliation), Action Permanente pour la Paix, Brigades Internationales de Paix (PBI) et Pax Christi-Allemagne.
- Entre le 3 et le 6 octobre, nous avons assisté à la Seconde Rencontre Hémisphérique face à la Militarisation réalisée à La Esperanza, au Honduras.
- Du 7 au 12 octobre, nous avons participé au IIIème Forum Social des Amériques dans la Ville de Guatemala, Guatemala. Le Réseau pour la Paix dont le SIPAZ fait partie avait organisé un atelier sur le thème “Conflits Sociaux, Terre et Territoire”.
- Nous avons assisté à plusieurs activités réalisées dans le cadre du IXème Congrès International de Psychologie Sociale de la Libération qui a eu lieu à San Cristóbal de Las Casas en novembre.
- Les 24 et 25 novembre, nous avons participé à la Rencontre de CMC-Hollande avec ses partenaires au Chiapas et au Mexique qui participent dans un Programme en faveur de la Paix et la Réconciliation au Chiapas et au Mexique.
INFORMATION
- Nous avons reçu des visites, des délégations, des étudiants et journalistes pour leur faire connaître le contexte du Chiapas et le travail de SIPAZ.
- Tout au long du mois de septembre, un membre de l’équipe a réalisé une tournée de présentations en Suède et en Angleterre. Entre le 17 et le 21 septembre, cette personne a participé au Forum Social Européen qui s’est tenu à Malmö, en Suède. Le SIPAZ a participé à un atelier “Chiapas: 14 ans après le soulèvement zapatiste”, ainsi qu’à un débat sur les mouvements sociaux dans le sud du Mexique.

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