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:: Bulletin du SIPAZ - Vol. X nº 3, Octobre 2005

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Mexique : entre pré-campagnes électorales
et "l’Autre Campagne" zapatiste.

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L’Autre Campagne : une provocation à
l’imagination

-> Activités du SIPAZ - De juillet à septembre 2005
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:: ACTUALITÉ

Mexique : entre pré-campagnes électorales et ‘l’Autre Campagne’ zapatiste

Pré-candidatures et campagnes officielles

Rapport présidentiel sans grande expectative ni impact

Début septembre, le président Vicente Fox présenta son cinquième rapport de gouvernement, un an avant la fin de son sexennat. Ce fût surtout un acte protocolaire, bref, et sans statistiques. Vicente Fox centra son message autour de deux idées principales : la transition démocratique et un appel à la réalisation d’accords. Cet appel, adressé principalement au Congrès, peut sembler paradoxal, vu que d’une part, très peu d’accords significatifs ont été passés au cours des cinq années précédentes, et de l’autre, le contexte préélectoral renforce les intérêts des différents partis politiques, limitant les possibilités de consensus sur des réformes de fond.

L’impact limité de cet acte est dû au fait que le débat politique des partis tourne entièrement autour du thème de la succession présidentielle de 2006. Les pré-candidatures des principaux partis sont d’ores et déjà définies et pour cette raison les confrontations se font plus intenses.

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PRI : luttes entre pré-candidats et pour la rénovation des dirigeants du parti

Après avoir perdu la Présidence de la République en l’an 2000 (suite à 71 ans au pouvoir), le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) s’est cependant maintenu comme la force politique majoritaire au Mexique tant à l’échelle des municipalités que des états et au sein du congrès. Les élections au poste de gouverneur de l’Etat du Mexique en juillet passé s’annonçaient comme un possible baromètre des tendances électorales de 2006. Le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto, l’a emporté à presque deux contre un face à ses adversaires.

Au sein du PRI, les pré-candidatures opposent Roberto Madrazo à Arturo Montiel. Le premier, président national du PRI, contrôle fortement la structure du parti et les élections locales. Le second, ex-gouverneur de l’état de Mexico, est leader du courant “Unité Démocratique”, également connu comme Tous Unis contre Madrazo (TUCOM). La confrontation entre les deux candidats s’est maintenue au niveau médiatique, et le processus d’élection interne s’est durci, coïncidant avec la rénovation de la direction du parti, aggravant ainsi les fractures.

Elba Esther Gordillo, la secrétaire générale du parti et rivale de Madrazo, était censée assumer la présidence du PRI par ordre de préférence. En son absence, en août, la succession a été consommée avec la nomination de Mariano Palacios Alcocer. Elba Esther Gordillo a fait appel auprès du Tribunal Electoral du Pouvoir Judiciaire de la Fédération (TEPJF) pour révoquer cette nomination. Au milieu des tensions, le TEPJF a finalement ratifié le nouveau président. Gordillo a alors renoncé au poste de secrétaire générale du PRI, afin de pouvoir se présenter comme pré-candidate, appuyer une autre candidature, voire même de militer pour un autre parti.

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PAN: élection interne semi-fermée

Dans le cas du Parti d’Action Nationale (PAN), la compétition oppose Alberto Cárdenas Jiménez, Felipe Calderón Hinojosa et Santiago Creel Miranda. Ce dernier est connu comme le candidat de Vicente Fox (pour avoir été son Ministre de l’Intérieur) et c’était le favori, au début. Au milieu d’un important déploiement de ressources financières et médiatiques, la concurrence entre les tendances des différents pré-candidats risque d’accroître les divisions, ce qui achèverait d’affaiblir un parti d’ores et déjà usé par l’exercice du pouvoir.

L’élection interne est semi-fermée, avec un premier tour en trois étapes entre septembre et octobre (par états) et un second tour en novembre avec un suffrage simultané des militants dans tout le pays. Le 11 septembre, Felipe Calderón Hinojosa a gagné la première votation régionale. Les analystes expliquent cet avantage face à Creel comme un vote de refus face à l’administration du président Fox.

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PRD et López Obrador

Le 30 juillet, Andrés Manuel López Obrador (AMLO) s’est inscrit comme pré-candidat aux élections présidentielles, après avoir renoncé au poste de Chef du Gouvernement du District Fédéral (DF). Du fait de sa forte popularité, il est le candidat le plus probable du Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD). La polémique autour de son possible retrait d’immunité (qui l’aurait empêché de se présenter aux élections - voir les bulletins précédents du SIPAZ) a fini par le renforcer. D’un autre côté, la politique sociale qu’il a menée comme Chef du Gouvernement du DF, axée sur la redistribution, lui a garanti le soutien d’une ample base populaire. Cette même politique l’a également conduit à recevoir de nombreuses critiques, pour passer d’une relation de bénéficiaire à client et pour augmenter la dette du DF de 28.718 millions de pesos en 2000 (environ 2.660 millions de dollars US) à 41.440 millions de pesos en 2005 (environ 3.840 millions de dollars US).

Autre ‘talon d’Achille’ de López Obrador, la réalisation de 24 des 50 promesses électorales de son programme ne dépend pas du Président mais du Pouvoir Législatif. Or il est peu probable que le PRD obtienne la majorité absolue au sein du Congrès, aussi la négociation sera indispensable.

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Coalition Citoyenne Nationale : un autre facteur dans l’équation

Fin septembre, environ 250 organisations syndicales, politiques, civiles et paysannes ont formé la ‘Coalition Citoyenne Nationale pour la Transition Démocratique avec Justice et Equité’. Cet espace s’appelait auparavant le Front Ample de Gauche (ou ‘Frentote’, littéralement le grand front). Il est conformé, entre autres, de dirigeants du PRD, du Parti du Travail (PT) et du Parti Convergence. Il faut aussi souligner la participation de Cuauhtémoc Cárdenas parmi les fondateurs, leader historique candidat à la Présidence de la République à trois reprises pour le PRD et actuellement ‘mis au placard’ par le parti.

Cet espace tend à approfondir le processus de transition démocratique - passant par une nécessaire Réforme de l’Etat - en mettant en avant le projet politique avant le candidat présidentiel qui le défendra, sans se subordonner à celui-ci. La coalition a peu de chance d’emporter la candidature de gauche face à AMLO. Cependant, elle oblige ce dernier à ouvrir le débat sur son programme de gouvernement, à le négocier. Si López Obrador venait à gagner, ce Front pourrait agir tant en contrepoids comme en soutien à AMLO, qui ne dispose pas de base politique à l’heure actuelle, en dépit de sa popularité.

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De la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone à ‘l’Autre Campagne’

C’est dans ce contexte que l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) est passée de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone au lancement de l’Autre Campagne (voir Dossier). L’EZLN a rompu toute relation avec les partis politiques après ladite “trahison” législative de 2001: cette année-là le Congrès a approuvé une réforme constitutionnelle portant sur les droits et la culture indigène fort éloignée des Accords de San Andrés signés en 1996 entre le gouvernement fédéral et les zapatistes.

L’EZLN considère désormais qu’il n’y a rien à négocier avec ceux “d’en haut”, avec les partis politiques qui, selon eux, recherchent le pouvoir pour le pouvoir, gaspillent l’argent public, et sont déconnectés des besoins du peuple. A travers la Sixième Déclaration, les zapatistes confirment qu’ils n’attendent plus rien de l’actuel gouvernement, ni d’ailleurs de celui qui suivra, quel qu’il soit. Et cependant l’EZLN a lancé une nouvelle initiative au moment même de la transition du pouvoir au Mexique.

La nouvelle stratégie maintient l’arrière-garde militaire et continue de renforcer la construction de l’autonomie au Chiapas. De plus, elle lance une nouvelle proposition de lutte “en bas et à gauche” à échelle nationale, dimension présente depuis le début de la lutte zapatiste, ne serait-ce qu’à travers le nom du mouvement (“Armée Zapatiste de Libération Nationale”). Elle offre encore d’approfondir un autre niveau : le global.

Face à la crise de la démocratie représentative et en rupture avec la dimension institutionnelle, le zapatisme propose, plus qu’une stratégie, une méthodologie construite depuis le bas, par ceux d’en bas et pour ceux d’en bas : l’Autre Campagne, qui vient disputer l’initiative à la classe politique pour une transformation radicale de l’Etat. Elle confronte directement la logique propre des campagnes électorales (pouvoir, médias, argent). Ce processus prend de plus en plus d’ampleur. Début septembre, 162 organisations sociales, 55 organisations politiques, 453 organisations non gouvernementales (ONG), groupes et collectifs, 103 organisations indigènes et 1.625 personnes à titre individuel avaient adhérés à la Sixième Déclaration. 2.069 personnes participèrent à la première session plénière.

La position de la Sixième Déclaration face aux partis politiques et à López Obrador a généré une forte polémique. La direction nationale du PRD a qualifié le langage utilisé par le sous-commandant Marcos d’“excessif“ et a nié avoir trahi la cause indigène (en rapport à la réforme de 2001). Pour beaucoup de personnes à faveur d’AMLO, cette position semble à contre-courant et risque de diviser la gauche, quand celle-ci a une possibilité réelle de gagner les présidentielles. Le vote pour le candidat ‘moins pire’ n’est pas une option pour l’EZLN. Néanmoins, et contrairement à ce qui apparaît dans certains moyens de communication, la Sixième Déclaration n’appelle pas à l’abstention: “Ce que propose la Sixième Déclaration est une alliance entre organisations politiques sans registre, elle ne dit pas que ces organisations ne doivent pas lutter pour obtenir le pouvoir, ni que la voie électorale ne doit pas faire partie de leur stratégie. Comme l’Autre Campagne se donne dans un contexte de campagne électorale, nous ne voulons pas qu’elle soit utilisée par des candidats avec registre à des fins électorales”. La Sixième Déclaration n’est pas non plus une option “pro-zapatiste”, inconditionnelle au projet politique de l’EZLN et à son organisation.

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Réactions face à l’Autre Campagne

Mi-août, le pré-candidat du PAN à la Présidence, Felipe Calderón a affirmé : “Le choix (de Marcos) de la violence est un choix qui nie la démocratie. Je préfère le choix des citoyens qui portent un nom et un prénom, qui assument leur responsabilité, qui participent à la vie politique et qui construisent la vie démocratique, ce qui n’est pas sans risques et qui, dans le passé, a eu de graves conséquences, comme la perte d’un emploi, voire de la vie ”. L’Autre Campagne est cependant une initiative politique et pacifique, comme d’ailleurs toutes les initiatives zapatistes après les 12 premiers jours de guerre de 1994.

Du côté du pouvoir exécutif, Rubén Aguilar Valenzuela, porte-parole de la Présidence, a informé que le gouvernement de la nation célébrait le choix de l’EZLN de la voie politique. Il a souligné que l’influence de l’EZLN sur le processus électoral de 2006 dépendrait de l’électorat. Il a approuvé l’intention de l’EZLN de parcourir le pays, et il a indiqué que le gouvernement du Mexique ferait son possible pour faciliter cette démarche. Le gouvernement fédéral a fait savoir sa disposition au dialogue avec le sous-commandant, lui laissant le choix du lieu, du moment et des thèmes à aborder.

Cependant, au cours de la première Session Plénière de l’Autre Campagne, l’EZLN a refusé d’avoir une réunion secrète avec le coordinateur gouvernemental pour la Paix au Chiapas, Luis H. Alvarez, qui la lui avait sollicitée à travers une lettre transmise au début de cette réunion. Luis H. Alvarez a reconnu l’envoi de cette lettre, qui avait pour objectif d’échanger des points de vue sur la situation qui prévaut dans les communautés indigènes du Chiapas.

Durant la troisième semaine de septembre, le Ministre de l’Intérieur Carlos Abascal Carranza, Luis H. Alvarez, et sept membres de la COCOPA (Commission d’Entente et de Pacification formée par des législateurs pour aider à la négociation entre l’EZLN et le gouvernement fédéral) se sont réunis afin d’analyser ce que le commandement zapatiste avait proposé lors de la session plénière. Ils ont reconnu la légalité de la mobilisation zapatiste. Si les discours publics semblent accueillir à bras ouverts cette initiative, d’un autre côté, on a dénoncé au cours des réunions préparatoires des actes de répression contre la diffusion de l’Autre Campagne, par exemple à Oaxaca.

Mi-août, lorsqu’on demanda au commandant de la septième région militaire au Chiapas, Juan Morales Fuentes, si l’Armée mexicaine avait reçu des instructions par rapport à la délégation zapatiste en janvier prochain, il affirma que cette délégation ne présentait aucun risque pour la stabilité sociale. Fin août, le Centre d’Investigation et pour la Sécurité Nationale (CISEN) remit un rapport au Ministère de la Défense Nationale (SEDENA), dans lequel il évoquait huit organisations armées opérant dans différentes régions du pays. Le rapport affirmait que seulement cinq d’entre elles “pouvaient affecter la paix sociale et la sécurité nationale” : l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) et quatre autres organisations issues de celle-ci, l’EZLN ne figurant pas parmi ce groupe.

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Chiapas : autres campagnes électorales, tensions

A échelle locale, une grande partie de la discussion politique tourne autour des prochaines élections au poste de gouverneur de l’état prévues juste après les présidentielles (août 2006). Début septembre, le Bureau pour le Contrôle de la Légalité a lancé des procédures administratives contre plusieurs personnalités politiques qui souhaitaient se présenter comme candidats à ce poste : les députés fédéraux Emilio Zebadúa (PRD) et Manuel Velasco (Parti Vert Ecologiste du Mexique - PVEM), et les sénateurs Rutilio Escandón (PRD) et José Antonio Aguilar (PRI). Ils sont accusés d’avoir réalisé des actes de prosélytisme en dehors des temps légaux de campagne. Plusieurs médias soutiennent qu’il s’agit en fait d’une mesure pour favoriser le secrétaire du gouvernement du Chiapas, Rubén Velázquez, considéré comme le candidat de l’actuel gouverneur, Pablo Salazar.

Lors des prochaines élections au poste de gouverneur, on prévoit un fort abstentionnisme qui faciliterait le retour du PRI au pouvoir. Ce parti pourrait l’emporter grâce à sa présence et la force de sa structure au Chiapas, et face aux difficultés de former une coalition entre différents partis (l’actuel gouverneur l’avait emporté en 2000 avec une coalition de 8 partis) dans un contexte d’extrême division politique au niveau national.

Dans la zone Nord du Chiapas, la tension monte à nouveau avec la circulation de rumeurs concernant la réactivation du groupe “Développement, Paix et Justice” (DP&J), accusé de paramilitaire. En août, le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas a dénoncé le déplacement forcé de plusieurs familles de la communauté de Andrés Quintana Roo, municipalité de Sabanilla, suite aux agressions et menaces de personnes liées à DP&J. Les déplacements ont eu lieu en juin, juillet et août, créant un total actuel de 20 familles (117 personnes) déplacées. Le gouvernement de l’état parle d’“auto-déplacement”. La peur existant dans la zone est cependant bien réelle et palpable, au même titre que dans la municipalité de Tila.

Toujours dans la zone Nord, dans la communauté de Belisario Domínguez, municipalité de Salto de Agua, le 6 septembre, un conflit entre des bases de soutien zapatistes et le reste de la population a causé plusieurs blessés. L’origine de ce conflit tient à nouveau aux différences concernant les services basiques tels que l’eau et l’électricité, sources de tension dans les communautés divisées (voir bulletins antérieurs). Les familles zapatistes expliquent qu’elles cherchaient à empêcher les autres habitants de leur couper l’électricité, et la Commission Fédérale d’Electricité (CFE) d’entrer dans le village. Les autres habitants s’étaient organisés pour accueillir 4 employés de la CFE à l’entrée de la communauté afin “d’essayer de parvenir à un accord sur ces problèmes avec la CFE ”.

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:: EN BREF : Clair-obscurs au Guerrero

Libération de Felipe Arreaga Sánchez

Le 15 septembre, Felipe Arreaga Sánchez, écologiste du Guerrero, prisonnier politique incarcéré pendant plus de 10 mois, a été reconnu innocent. On craint cependant pour sa sécurité, celle de sa famille et celle d’autres défenseurs de l’environnement et des droits humains au Guerrero. D’un autre côté, des mandats d’arrêt persistent pour le même délit contre 13 autres paysans écologistes. Parmi ceux-ci se trouvent des dirigeants de l’Organisation des Paysans Ecologistes de la Sierra de Petatlán et de Coyuca de Catalán, A.C. (OCESP) comme Rodolfo Montiel – qui avait également été fait prisonnier politique en 1999 - et Albertano Peñaloza Domínguez – victime d’une embuscade au cours de laquelle deux de ses fils furent assassinés.

La Parota : la répression augmente

La construction du barrage hydroélectrique de ‘La Parota’ près d’Acapulco a généré une forte division sociale et une violence croissante. Les habitants organisés au sein du Conseil des propriétaires ‘ejidatarios’ et communaux opposés à La Parota (CECOP) dénoncent vivement le rôle de la Commission Fédérale d’Electricité (CFE) pour fomenter la division entre communautés, ne pas informer de manière véridique et impartiale, et offrir de l’argent, des projets et des services à ceux qui acceptent la réalisation du projet. Les membres de la CECOP accusent le Gouvernement du Guerrero de ne pas créer les conditions qui permettraient de répondre aux besoins des habitants, et de privilégier l’investissement sans hésiter à recourir à la force pour intimider les opposants. Le 23 août, environ mille habitants de Cacahuatepec favorables au projet ont été convoqués par la CFE à une réunion qui n’a duré que 20 minutes, entourée de 500 policiers qui empêchaient les opposants de participer à la réunion. Les participants ont approuvé le commencement des démarches qui permettraient l’expropriation des terres où le barrage doit être construit. Cette situation a débouché sur un affrontement violent. De plus, le 18 septembre, Tómas Cruz Zamora a été assassiné après avoir assisté à une Assemblée du CECOP à laquelle le gouverneur aurait du participer (il n’est pas venu). On redoute de plus en plus de violence.

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:: DOSSIER

L’AUTRE CAMPAGNE : UNE PROVOCATION A L’IMAGINATION

“Parce que la musique ne se compose pas d’une seule note mais de plusieurs, parce que la danse n’est pas un seul pas répété jusqu’à l’ennui. De la même façon, la paix ne sera pas, si ce n’est un concert de mots et de beaucoup de regards dans une autre géographie...“
Une autre géographie, EZLN, mars 2003

Marches, consultations, conventions et rencontres ont marqué la stratégie politique de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) tout au long de cette décennie, avec un appel permanent à la participation de la société civile nationale et internationale. La Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone (‘la Sixième Déclaration’, publiée en juin 2005) s’inscrit dans cette lignée, affirmant plus que jamais que la guerre existant au Chiapas a les mêmes racines que les autres guerres dans d’autres régions du Mexique et du monde entier. De manière parallèle, elle revendique que la solution radicale aux demandes zapatistes et au conflit armé du Chiapas passe par la transformation du système économique néolibéral.

Si cette affirmation n’est pas nouvelle de la part des zapatistes, la Sixième Déclaration marque certaines différences par rapport aux initiatives antérieures. Elle reconnaît les obstacles que les zapatistes rencontrent pour construire un processus de changement, tant qu’ils ne s’unissent pas avec les autres mouvements du Mexique et du monde qui construisent également des alternatives au capitalisme néolibéral. Et afin de s’unir, les zapatistes considèrent qu’il est nécessaire de connaître ces personnes et collectifs qui proposent, depuis leur réalité, de nouveaux espaces d’organisation, de nouvelles relations et de nouvelles propositions.

“La Sixième Déclaration invite à l’union de ceux qui partagent cette définition, avec un défi : une autre façon de faire de la politique ; un objectif : construire un programme national de lutte de gauche et anticapitaliste ; et un destin : une nouvelle constitution, ce qui veut dire, un nouveau pacte pour une nouvelle société. La Sixième Déclaration propose un moyen : écouter et apprendre. Et une façon de réaliser cette écoute et cet apprentissage : à travers une ‘Autre Campagne’.”
(EZLN, 27 août 2005)

La Sixième Déclaration apparaît comme un défi pour l’imagination, en proposant de créer ‘autre chose’ qui permettrait d’unir tous les efforts réalisés depuis tant de réalités différentes, pour créer un autre monde dans lequel toutes les différences trouveraient leur place. L’Autre Campagne est le chemin proposé par l’EZLN pour mener à bien cette entreprise.

La Forêt Lacandone, un laboratoire expérimental pour l’Autre Campagne

Au cours des mois d’août et septembre, l’EZLN a convoqué tous les adhérents de la Sixième Déclaration pour savoir ce qu’ils pensaient de cette proposition, pour se connaître mutuellement et pour débattre de ce que signifie être de gauche, ce que la gauche devrait faire, quelle structure créer, quelle attitude adopter face aux élections, quels concepts et quelles consignes développer, quand et où agir.

La méthode “écouter et apprendre“ a été mise en pratique, exemple d’exercice politique duquel nombre d’entre nous aurions à apprendre, essentiellement en ce qui concerne le “parler moins et écouter davantage“. Continuant dans la logique du dialogue avec la société civile, l’EZLN s’est proposée de l’écouter à nouveau, non plus du haut d’une estrade, sinon au même niveau et sans limites de temps. Des centaines de personnes ont voyagé depuis différentes régions du Mexique pour passer deux ou trois tours dans la Forêt Lacandone et qu'on les écoute. En 2006, l’EZLN parcourra tout le pays pour écouter ceux qui n’ont pas pu se rendre à la Forêt Lacandone, pour connaître leur opinion et pour continuer à tisser le réseau.

La méthodologie, loin des planifications stratégiques, des tableaux ou des technologies modernes, va directement à l’essentiel : aux mots et à l’oreille attentive. Parce que si l’on récupère la sagesse maya, “le monde commence à naître quand ce mot et cet autre mot se rencontrent et ils ne se disputent pas mais simplement ils se rencontrent et ils passent un accord, parce qu’ils se respectent mutuellement et qu’ils se parlent et qu’ils s’écoutent. Alors il y a un accord, parce que le premier mot ne naît pas seul : il a une oreille, et avec cette oreille, en écoutant, ainsi commencent à grandir les premiers mots, parce qu’ils passent un accord, et les premiers mots qui se rencontrèrent passèrent un accord et ils pensèrent d’abord le monde et ensuite ils le firent.” (EZLN, 13 août 2005)

L’Autre Campagne pendant la période électorale

La rupture claire et définitive de l’EZLN avec les partis politiques, et en particulier avec le Parti de la Révolution Démocratique (PRD) a conduit certaines personnes, auparavant alliées de l’EZLN, à prendre leurs distances vis-à-vis de l’Autre Campagne. L’EZLN savait depuis le départ qu’à travers cette proposition, elle risquerait de perdre une partie des alliances qu’elle avait construites, qu’une partie de la société civile nationale et internationale ne comprendrait pas ou ne partagerait pas cette nouvelle initiative. On peut relire en ce sens la lettre d’‘adieu’ envoyée à la Société civile peu après avoir lancé l’Alerte Rouge, le 21 juin 2005. La Sixième Déclaration prétend marquer le début d’un nouveau cycle entre l’EZLN et la société civile, la porte ouverte à une relation plus réciproque et horizontale. Cette caractéristique a pu être observée lors des réunions préparatoires. On peut reconnaître l’autorité morale de l’EZLN dans sa capacité à convoquer de manière aussi ample et plurielle.

Malgré un respect manifeste pour le commandement zapatiste, les organisations présentes n’ont pas tu leurs critiques, telle l'absence de soutien de l’EZLN quand la répression se faisait plus dure, pour le Syndicat National Révolutionnaire des Travailleurs de Euzkadi ou le Conseil Indigène Populaire Ricardo Flores Magón de Oaxaca. Les organisations féministes de San Cristóbal de Las Casas ont exigé une explication face aux difficultés rencontrées à l’heure de travailler avec les femmes zapatistes. De nombreux participants ont clarifié qu’ils n’étaient pas disposés à recevoir des ordres, ni à suivre un leader. L’EZLN a reconnu ses erreurs et maladresses au long du chemin, remerciant la sincérité des participants, et réaffirmant son engagement et sa loyauté à ceux qui décideraient de faire partie de cette Campagne, où l’EZLN ne veut être ni le centre ni le chef d’orchestre.

L’ambiance des réunions préparatoires différait selon les organisations convoquées. Lors de la première réunion, qui convoquait les organisations politiques de gauche, l’EZLN a souligné la traditionnelle mauvaise relation entre le commandement zapatiste et ces dernières, et a reconnu sa maladresse. L’EZLN a félicité ces organisations pour leur travail sur le long terme. Le cœur des débats a tourné autour de la question du positionnement face à la candidature de López Obrador (candidat du PRD). Le Parti Populaire Socialiste du Mexique, le Parti Révolutionnaire des Travailleurs, le Parti Ouvrier Socialiste et le Parti Communiste ont affirmé l’importance de travailler depuis le peuple. Un des partis a manifesté son accord sur le fait que la voie électorale n’était plus une option. La deuxième réunion préparatoire convoquait les organisations et mouvements sociaux. Elle a également compté avec une partie de la gauche ‘traditionnelle’, et avec la participation des principaux syndicats du pays revendiquant l’autonomie syndicale.

La réunion avec les peuples indiens fut chargée d’émotion et de colère. Les organisations indigènes unirent à nouveau leurs histoires de résistance. L’EZLN a réaffirmé son identité indigène et son intention de défendre cette voix au sein de l’Autre Campagne. Les zapatistes ont demandé à être logés en territoires indigènes durant leur parcours à travers le pays. Les membres du ‘Caracol’ Autonome de Zirahuén, Michoacán, ont expliqué leur lutte pour défendre la nature contre le développement du tourisme ; le Centre des Droits Indigènes de Bachajón, Chiapas, a partagé son expérience de formation de ‘juges tzeltales’ afin de résoudre les problèmes communautaires selon leurs propres formes traditionnelles. Des indiens urbains ont présenté le “Collectif d’organisations indigènes de la Ville de Mexico pour la Sixième Déclaration” composé de 17 organisations regroupées suite à l’appel zapatiste.

Multipliant les différences, la réunion avec les organisations non gouvernementales, collectifs et groupes a montré la diversité des nouvelles formes de lutte contre le système néolibéral. Ce fut par excellence la réunion des jeunes ou, selon un article de presse, ‘des enfants du zapatisme’. Les participants n’ont pas passé leur temps à parler des élections ou du caractère stratégique de voter ou non pour López Obrador. Ils ont préféré parler de ce qu’ils faisaient au quotidien pour ne pas reproduire un système qu’ils rejettent. Radio Voladora, Radio Pacheco, Imagen MX et Indymedia-Chiapas, entre autres, ont démontré comment construire une autre façon d’informer, de manière critique et libre, en échappant au contrôle des moyens massifs de communication, et comment mettre les nouvelles technologies au service des mouvements politiques et sociaux. On a pu écouter des sons ‘jarocho’ (musique traditionnelle de Veracruz), de la musique ‘trova’ en tseltal et des chants hip hop, rendant visible le pari de ces jeunes de redimensionner leur propre culture sans crainte d’explorer de nouvelles tendances. De nombreux collectifs ont revendiqué la diversité des options sexuelles, rompant ainsi les tabous qui existent encore fortement dans la société mexicaine.

Lors de la réunion avec les individus (à titre personnel, familial, de quartier ou voisins), nombre de participants ont pu parler de leurs blessures dans la lutte. Des tranches de vie, des voyages, des quêtes personnelles et surtout des témoignages expliquant comment l’EZLN, sa pensée et ses actions, ont interpellé et généré une prise de conscience auprès de milliers de mexicains. Une dernière réunion préparatoire était organisée pour les organisations, collectifs et individus qui n’avaient pas pu assister aux réunions précédentes.

L’Autre Campagne a permis de voir ceux qui avaient participé dans le passé aux côtés des zapatistes et n’étaient plus là, et ceux qui ne s’étaient jamais approché de l’EZLN et prenaient part aujourd’hui à l’Autre Campagne, y trouvant leur place sans pour autant perdre leur autonomie ou une partie de leur identité.

La Session Plénière : le Plan de l’Autre Campagne

La Première Session Plénière réalisée les 16 et 17 septembre dans le ‘Caracol’ de La Garrucha a présenté l’épreuve de feu de l’Autre Campagne. Des organisations des plus diverses se sont retrouvées réunies. Les représentants avaient droit à un temps de parole de 5 minutes maximum. Parmi les thèmes traités : les caractéristiques de l’Autre Campagne, les personnes convoquées, la structure organisatrice, un espace pour les différences, la position de l’Autre Campagne face à d’autres regroupements à échelle nationale contre les politiques néolibérales, et en dernier lieu, les tâches immédiates pour les participants. Tous ces points sont restés ouverts pour permettre à l’ensemble des adhérents de la Sixième Déclaration, qui n’ont pas tous pu assister à cette première session, de participer. Cette Session Plénière, en présence du Commandement zapatiste, a eu avant tout une portée symbolique : la Sixième Déclaration et l’Autre Campagne ont été officiellement remises et de manière conjointe à tous les adhérents. L’EZLN a réitéré qu’elle offrait le respect et une relation d’égal à égal comme garantie au processus. Elle a demandé que l’Autre Campagne se réalise sans compte bancaire, avec seulement le soutien du peuple. La Sixième Déclaration et l’Autre Campagne, à partir de cet instant, n’ont plus été seulement une initiative de l’EZLN, sinon de toutes les organisations et personnes adhérées, avec un même niveau de responsabilité.

Le Commandement zapatiste a présenté son ‘Plan’ pour l’Autre Campagne. La Commission de la Sixième Déclaration de l’EZLN enverra le délégué zéro, le Sous commandant Insurgé Marcos, pour visiter tous les états du pays de janvier à juin 2006. Cette première étape se terminera le samedi 24 juin avec une Session Plénière dans la Ville de Mexico, afin de tirer un premier bilan. Cette première visite vise à réaliser des réunions de l’Autre Campagne dans chaque état, organiser la logistique de la délégation de la Commission de l’EZLN responsable de la Sixième Déclaration, et tenir des réunions bilatérales. Après une suspension des activités pendant la période électorale, une deuxième visite aura lieu, de septembre 2006 à mars 2007. Une délégation nationale de l’EZLN parcourra tout le pays et des délégations par région ou par état feront un travail local de promotion de l’Autre Campagne. En avril 2007, ces délégations seront remplacées par d’autres, "et ainsi de suite, jusqu’à la fin, si fin il y a" (EZLN, 16 septembre 2005).

L’annonce de la sortie du sous-commandant Marcos au cours de cette première étape a généré de l’enthousiasme pour certains, du scepticisme et de la confusion pour d’autres. En effet, certains craignent que l’attraction médiatique du ‘Sup’ puisse dénaturer l’essence du projet. Le discours du Lieutenant Moisés lors de la Session Plénière révèle le symbolisme stratégique de cette décision pour les zapatistes. Comme ils l’ont annoncé pendant l’Alerte Rouge, le Commandement zapatiste et sa structure se maintiennent en position défensive, suite à la rénovation de ses cadres. Marcos sortira désarmé, ce qui signifie que l’EZLN est prête à jouer le tout pour le tout. Le commandement zapatiste a d’ailleurs annoncé qu’une relève était prévue pour que le projet continue quoiqu’il arrive. De la même manière, l’EZLN demande à ceux qui vont prendre part à l’Autre Campagne de se préparer au climat de répression et à l’offensive médiatique qui pourront être exercés contre eux au cours des prochains mois.

Mort(e)s, prisonniers/ières politiques et disparu(e)s dans l'Autre Campagne

Les communautés indigènes zapatistes où les réunions préparatoires ont été réalisées ont leur propre histoire de lutte. Chaque réunion a commencé avec un rappel de l’histoire de la communauté. Il n’y a pas si longtemps, ces terres étaient des exploitations agricoles appartenant à de grands propriétaires terriens. Les indigènes y étaient traités comme des animaux, ils ne pouvaient pas parcourir librement ces terres qu’ils travaillaient pour un salaire de misère. Ces terres furent ‘récupérées’ après le soulèvement zapatiste.

Dans cet exercice de mémoire, les morts zapatistes furent aussi ‘présents’, tels que Francisco Gómez (Monsieur Ik) dans la communauté de Juan Diego, ou le Sous-commandant Insurgé Pedro à La Garrucha. L’EZLN fit aussi référence aux morts d’autres luttes proches. Parce que, comme elle l’a expliqué, pour s’unir dans lutte, il ne faut pas seulement le faire dans l’espoir et la rébellion, mais également dans la douleur. L’étudiant Noël Pavel fut mentionné, au même titre que l’avocate pour la défense des droits humains Digna Ochoa, les femmes assassinées de Ciudad Juárez, les victimes de la stratégie paramilitaire dans la zone Nord du Chiapas, et les morts et disparus de la ‘guerre sale’ des années 70’s. On a aussi salué Felipe Arreaga Sánchez, paysan écologiste prisonnier politique au Guerrero à cette date, libéré le 15 septembre dernier.

Pour l’EZLN, cet exercice de mémoire historique est une façon de maintenir vivants tous ceux qui meurent, disparaissent ou sont fait prisonniers pour défendre la liberté et la justice pour tous. En ce sens, une des premières actions de l’Autre Campagne sera de réaliser une série d’activités politiques et culturelles du 28 octobre au 2 novembre pour rendre hommage aux morts, disparus et prisonniers des différentes luttes qui font désormais partie de l’Autre Campagne. San Cristóbal de Las Casas (Chiapas) sera le centre de cette commémoration.

A quel endroit de la géographie te trouves-tu ?

La Sixième Déclaration se compose de six parties : “1. Ce que nous sommes ; 2. Où nous en sommes aujourd’hui ; 3. Comment nous voyons le monde ; 4. Comment nous voyons notre pays, le Mexique ; 5. Ce que nous voulons faire ; 6. Comment nous allons le faire”. Elle invite chacune et chacun à se poser les mêmes questions face à sa propre réalité socio-politique.

Il reste beaucoup à faire pour construire à échelle nationale. A échelle internationale, la Sixième Déclaration nous interpelle également, nous obligeant à nous demander où nous nous trouvons et ce que nous voulons construire : “Ceux qui sont au Nord n’habitent pas un nord géographique mais dans un Nord Social, ce sont ceux d’en haut. Ceux qui vivent au Sud sont ceux d’en bas. La géographie s’est simplifiée, il y a un ‘en haut’ et un ‘en bas’. Le ‘en haut’ est étroit, peu de gens y trouvent leur place. Le ‘en bas’ est tellement ample qu’il couvre toute la planète et qu’il offre un espace pour toute l’humanité” (EZLN. Une autre Géographie). La Sixième Déclaration est une grande opportunité pour unir les résistances, non seulement au Mexique mais aussi dans le monde entier. Et avant tout, récupérant les mots du professeur González Casanova, la Sixième Déclaration représente peut-être ‘la dernière opportunité pour l’humanité’. Ce défi est vaste, non seulement pour la société civile mexicaine.

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:: ACTIVITES DU SIPAZ

De juillet à septembre 2005

PRESENCE INTERNATIONALE ET ACCOMPAGNEMENT

Au cours des trois derniers mois, nous nous sommes réunis avec trois des cinq Comités de Bon Gouvernement des ‘Caracoles’ zapatistes, suite à leur réouverture (ils avaient été fermés au moment de l’Alerte Rouge).

En août, nous avons passé dix jours dans plusieurs communautés et villes de la zone Nord du Chiapas pour interviewer les différents acteurs de la région.

Nous avons tenu des réunions et interviews avec plusieurs acteurs religieux du Chiapas, plus particulièrement dans le cadre de la visite de la chargée de mission de la Délégation Catholique pour la Coopération (France) pour le Mexique.

Le 30 juillet, nous avons assisté à l’anniversaire de la coopérative du groupe “Abejas”, “Maya Winik”, à Chenalhó (zone Altos - Hauts Plateaux).

En août, nous avons assisté au Forum International “Promouvoir des Alliances Stratégiques au Chiapas : Peuples Indiens et Partenariat” convoqué par plusieurs instances du gouvernement de cet état avec le soutien du PRODESIS (Projet de Développement Social Intégral et Durable de la Forêt Lacandone, en collaboration avec l’Union Européenne).

En août et septembre, nous avons assisté en tant qu’observateurs à 3 des 6 réunions préparatoires de l’Autre Campagne, réunions convoquées par l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) et réalisées dans différentes communautés de la Forêt Lacandone. Nous avons également été présents lors de la Première Session Plénière de l’Autre Campagne dans le ‘Caracol’ de la Garrucha du 16 au 18 septembre.

Fin septembre, nous avons réalisé une visite prolongée à l’état de Oaxaca. Nous nous sommes réunis avec différentes organisations sociales et non gouvernementales pour obtenir plus d’éléments sur le contexte de cet état.

INFORMATION

Nous avons reçu des visiteurs, délégations (5), étudiants et journalistes et nous leur avons présenté le contexte du Chiapas et le travail du SIPAZ. La plupart venaient des Etats-Unis et d’Europe.

En juillet et septembre, nous nous sommes réunis avec des membres de l’Ambassade Suisse au Mexique.

En septembre, nous avons continué à informer sur le cas de Felipe Arreaga Sánchez, paysan écologiste du Guerrero. Nous développons actuellement une nouvelle section sur l’état du Guerrero dans notre site internet (voir http://www.sipaz.org/gfini_esp.htm).

Un membre de notre équipe poursuit une tournée en Allemagne, parcourant plusieurs villes. Depuis le début de cette tournée, cette personne a réalisé 70 présentations sur le Chiapas et le SIPAZ, 150 spectacles de marionnettes portant sur la réalité des communautés autochtones du Mexique (principalement dans des écoles et au cours d’évènements publics) et 2 ateliers de transformation des conflits. Elle s’est entretenue avec deux représentants du gouvernement allemand. Elle a aussi participé à 20 espaces d’échange d’informations et d’expériences entre ONGs de Paix et de Solidarité (comme CAREA et Brigades Internationales de Paix – PBI Allemagne, les deux faisant partie de la coalition du SIPAZ).

Nous continuons de participer au séminaire ‘L’œuvre d’Immanuel Wallerstein : une entrée pour mieux comprendre le monde actuel depuis une perspective critique’ coordonné par le ‘Centre d’Etudes, d’Information et de Documentation : Immanuel Wallerstein’.

Deux fois par mois, nous assistons à l’espace ouvert de réflexion et d’analyse ‘A voix haute’ qui porte sur des thèmes d’actualité et d’intérêt social.

CONTACTS ET MISE EN RESEAU

Nous continuons de participer au Réseau pour la Paix, un espace d’action et de réflexion composé de 15 organisations, qui cherche à appuyer les processus de paix dans les organisations et communautés du Chiapas. En août, nous avons animé une réunion du Réseau Mexicain de Constructeurs de Paix à San Cristóbal de Las Casas, Chiapas.

Nous nous sommes réunis avec plusieurs conseillers et organisations de notre coalition : CAREA (Allemagne), Witness for Peace (Action Permanente pour la Paix - Etats-Unis) et SWEFOR (Suède).

En août, nous avons participé à la célébration du 16ème anniversaire du CIDECI (Centre Indigène de Développement et Formation Intégrale) dans ses nouvelles installations à San Cristóbal de las Casas.

EDUCATION POUR LA PAIX

En juillet, nous avons conclu un cycle d’ateliers d’introduction à la Transformation des Conflits avec l’organisation GRAMIN/ALSOL (qui propose des micro-crédits à des femmes indigènes).

Début août, nous avons participé à un groupe de travail dans le cadre de la semaine pastorale “Construire l’Unité” de l’INESIN (Institut d’Etudes et de Recherche Interculturelle, ex ‘Ecole Biblique’) en présence d’une délégation de pasteurs de l’Eglise Unie du Christ, Wisconsin, USA.

En septembre, en collaboration avec le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas, nous avons animé des ateliers avec des groupes de personnes déplacées de la ‘Zona Baja’ de Tila, dans la zone Nord du Chiapas.

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Site Internet :

Création de la section Guerrero (http://www.sipaz.org/gfini_fra.htm)

Nouveaux documents en ligne :

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