Ville de Mexico, 11 mai 2006
San Salvador Atenco : Déclaration du Réseau Mexicain de Constructeurs de Paix
Les organisations et personnes qui forment le Réseau Mexicain de Constructeurs de Paix, indignées par la répression à San Salvador Atenco, Etat de Mexico déclarent :
Comme organisations et personnes qui travaillent pour la construction d’une culture de paix au Mexique, nous rejetons l’utilisation de la violence pour résoudre les conflits sociaux.
Nous considérons que l’utilisation de la force policière à Atenco a été disproportionnée et représente un abus de pouvoir de la part de l’Etat : de graves violations des droits humains ont été commis contre la population civile, comme la torture et la disparition forcée. Nous rejetons l’utilisation de toutes formes de torture et d’offenses policières et, plus grave, l’utilisation de la violence sexuelle contre les femmes détenues.
Les dommages physiques, psychologiques et moraux que les personnes affectées lors de ce processus sont la responsabilité des autorités municipales, de l’Etat de Mexico et fédérales.
Le comportement systématique des autorités fédérales et de certains états du Mexique, aidées par les médias, nous préoccupe : ils cherchent à criminaliser les mouvements sociaux, leurs dirigeants, les défenseurs de droits humains et les opposants de gauche, ainsi qu’à générer un climat de peur et de manipulation sociale qui passe par une option de “main de fer” et l’utilisation de la force. Les jugements de certaines autorités une illustration de ce fait : ils considèrent les membres du Front des Peuples en Défense de la Terre ou de l’Autre Campagne comme des “cellules subversives” ou “des personnes qui déstabilisent l’ordre social”.
Il est important de souligner que parmi les prisonniers, il n’y a pas seulement des habitants d’Atenco ou des membres du Front des Peuples pour la Défense de la Terre. On trouve également des activistes sociaux, défenseurs des droits humains de nombreuses organisations sociales et civiles.
Ne pas privilégier le dialogue et la négociation comme formes de résolution des conflits sociaux présente plusieurs risques :
- Qu’une issue violente et l’utilisation de la force ne se convertissent en un moyen de régler les différences en fonction de celui qui a le plus de pouvoir et impose la solution.
- La radicalisation des positions des acteurs politiques et sociaux qui rendent plus difficile le dialogue et les voies pacifiques de solution.
- La multiplication des situations présentant un risque d’escalade violente dans les conflits à échelle nationale et de ce fait, l’usure et la rupture du tissu social.
Pour avancer dans la mise en place de mécanismes qui permettent une solution à long terne du conflit, nous nous solidarisons avec toutes les personnes qui demandent :
- La présentation des personnes disparus,
- La liberté immédiate de toutes les personnes mises en prison suite à l’opération policière du 4 mai à Atenco,
- L’annulation des mandats d’arrêt qui n’ont pas encore été appliqués,
- L’investigation des violations de droits humains
- La réparation des dommages aux victimes en fonction de la loi.
Il est urgent que les autorités agissent en fonction des principes démocratiques de liberté et justice, en respectant et observant les droits humains, en privilégiant le dialogue, la négociation et les voies pacifiques pour la résolution des conflits sociaux.
Salutations :
Red Mexicana de Constructores de Paz: Servicios y Asesoría para la Paz, Servicio Internacional para la Paz, Movimiento por la Paz con Justicia y Dignidad, Mujeres para el Diálogo, Jóvenes en Resistencia Alternativa, Comisión Intercongregacional de Justicia Paz y Vida, PROPAZ, SICSAL – México, Centro de Derechos Humanos “Fray Bartolomé de las Casas”, Desarrollo Social para los Mexicanos Indígenas, Consejo indígena Popular de Oaxaca “Ricardo Flores Magón”, Comisión de Apoyo a la Unidad y Reconciliación Comunitaria, Colectivo Contra la Tortura y la Impunidad, Víctor Hugo García Zapata, Rocío Eslava, Rafael Reygadas Robles Gil, Rossana Ramírez Dagio, María Luisa Moncayo, Eréndira Cruz Villegas.
|