OAXACA : DATES IMPORTANTES
A travers cette chronologie, nous ne prétendons pas couvrir toute l'histoire du Oaxaca, mais plutôt donner certains éléments clés permettant de mieux comprendre les événements récents.
RACINES AUTOCHTONES
L’histoire des groupes autochtones du Oaxaca remonte à 10.000 ans av. J.-C., avec l’arrivée des premiers groupes nomades dans les vallées centrales du Oaxaca. Les indices les plus anciens qui rendent compte de la domestication du maïs dans la vallée du Oaxaca datent de 5000 av. J.-C.. et ceux du haricot entre 4000 et 3000 av. J.-C.. Ces cultures marquent la transition définitive entre la vie nomade et semi-nomade à la vie sédentaire.
Deux grandes civilisations ont marqué l’histoire précolombienne du Oaxaca. La civilisation Zapotèque a prospéré à partir de l’an 300 av. J.-C. autour de l’aire de Monte Albán. Aux environs de 1200, la civilisation Mixtèque s’est imposée avant de souffrir à son tour les tentatives de domination de la part des Aztèques au XVème siècle et au début du XVIème.

A partir de 1520, les Espagnols ont conquis la région du Oaxaca en profitant des conflits entre les différentes ethnies. Les peuples de la Sierra (Zapotèques et Mixes principalement) ont opposé le plus de résistance. D’un autre côté, les populations autochtones furent décimées par des maladies comme la virole. Dans la région Mixtèque (Ouest du Oaxaca), elle passa de 700 000 au moment de la Conquête à 25 000 en 1700.
Durant l’époque coloniale, de nouvelles structures gouvernementales et modèles culturels se sont formés, produit d’un mélange entre les formes pré-coloniales et pré-hispaniques. Au sein des groupes indigènes, ces cultures ont fait preuve d’une grande versatilité pour s’approprier et s’adapter aux changements des cinq derniers siècles. Le manque de définition des limites territoriales formelles entre les innombrables communautés autochtones depuis cette époque reste l’une des principales sources de conflits agraires dans l’actualité.

:: SUMMAIRE

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3 février 1824
Création de l’état du Oaxaca. 
1858-1872 Une personne originaire du Oaxaca président de la République
Benito Juárez, indigène Zapotèque de Oaxaca, une figure-clé de l’histoire mexicaine. 

Début du XXème siècle
Originaires du Oaxaca, adversaires et critiques du système, les frères Enrique et Ricardo Flores Magón fondèrent le journal Régénération, un des rares moyens de communication écrits qui s’attaquaient à la dictature de Porfirio Díaz (d’ailleurs lui aussi originaire du Oaxaca). A l’époque, la cause “Magoniste” gagna de nombreux adeptes dans tout le Oaxaca et continue d’avoir une influence dans cet état à ce jour. 

(1962 - 1968) : Gouvernement de Rodolfo Brena Torres (PRI)
1er novembre 1965 : création de la Police Judiciaire Etatique qui intègre une partie du personnel des “services secrets”.
Mars 1967 : par le biais d’une résolution présidentielle, 28 communautés du Chiapas s’installent dans 594 hectares de la région de Chimalapas, des terres considérées historiquement comme appartenant au Oaxaca. Le conflit qui commence alors reste sans solution à ce jour.

(1968 - 1970) : Gouvernement de Víctor Bravo Ahúja (PRI)
1er décembre 1968 : Arrivée au pouvoir de Victor Bravo Aguja. A peine deux ans plus tard, il laisse le poste de gouverneur pour devenir Ministre de l’Education Publique au sein du gouvernement fédéral du président Luis Echeverría.
Pendant sa période au pouvoir, le gouvernement du Oaxaca et les entrepreneurs locaux se rapprochèrent grâce à des aides fiscales et à l’incorporation de certains d’entre eux au sein du gouvernement et de la structure du PRI.

(1970 - 1974): Gouvernement de Fernando Gómez Sandoval (Gouverneur provisoire - PRI)

(1974 - 1977): Gouvernement de Manuel Zárate Aquino (PRI)
Au moment de son arrivée au pouvoir, le gouverneur laissa entrevoir qu’il appliquerait une politique de main de fer face aux conflits agraires, à la formation de syndicats et aux grèves réalisées par les organisations étudiantes et populaires de l’état, et au sein desquelles les dirigeants universitaires de l’Université Autonome Benito Juárez de Oaxaca jouaient un rôle important.
En 1977, un conflit au départ universitaire s’est étendu à la société du Oaxaca en général vu que d’autres problèmes sociaux, syndicaux, agraires et politiques étaient aussi en jeu : par exemple, le conflit syndical des entreprises Oaxaca-Pacifique et Estrella del Valle où il existait une grève, les augmentations du tarif des transports publics dans l’Isthme, l’arrestation de dirigeants paysans et urbains, etc. Une situation dans laquelle il était impossible de gouverner dégénéra en une situation de forte division sociale.
En février 1977, une manifestation fut réprimée à Juchitán. Plusieurs paysans furent assassinés. A San Juan Lalana, la police étatique assassina des paysans qui protestaient face à la prison municipale suite à l’arrestation de plusieurs habitants du village. Face à la situation chaotique existante dans l’état du Oaxaca, le Congrès fédéral envoya une Commission de Législateurs pour mieux connaître la situation. Le 2 mars 1977, alors que cette Commission se trouvait encore au Oaxaca, une manifestation d’étudiants et de travailleurs fut réprimée par la police qui tira de manière sans discrimination sur les manifestants. Il y eut deux morts et une douzaine de blessés par balles. Le 3 mars 1977, la ville fut pratiquement occupée par l’armée. Le gouvernement fédéral obligea le gouverneur à démissionner ainsi qu’aux recteurs universitaires de l’époque, parmi lesquels Martínez Soriano (un acteur dont on entendra à nouveau parler dans les décennies suivantes, y compris dans le cadre de la crise de 2006). Le gouvernement fédéral nomma alors un gouverneur provisoire au sein de la Chambre des députés, le Général Eliseo Jiménez Ruiz.

(1977 - 1980) : Gouvernement de Eliseo Jiménez Ruiz (Gouverneur provisoire - PRI)
Le général élu comme gouverneur provisoire, Eliseo Jiménez Ruiz, venait de désarticuler la guérilla de Lucio Cabañas dans l’état voisin du Guerrero (voir aussi dates importantes du Guerrero). On a dénoncé qu’il a introduit au Oaxaca une partie fondamentale de ses méthodes, en particulier un appareil répressif irrégulier connu sous le nom de “Brigade Blanche” (particulièrement active en 1977, 1978 et 1979) et qui poursuivait les personnes supposément "subversives" dans tout le territoire national.
Des milliers de personnes furent arrêtées de manière illégale ; certaines furent exécutées et d’autres restent disparues. Ces faits font partie de ce que l’on a coutume d’appeler la “guerre sale” (dans les années 60 et 70).

(1980 - 1985): Gouvernement de Pedro Vázquez Colmenares (PRI)
Pedro Vázquez Colmenares a réussi à jouer un rôle déterminant dans la contention des mobilisations populaires. Il a également instauré sept délégations du gouvernement, une par région pour représenter le pouvoir exécutif et rapprocher les instances de gouvernement principalement des mairies afin de les aider en matière de conseil légal, technique, administratif et financier, ainsi que pour recevoir des sollicitudes, propositions, suggestions et plaintes de la part de la société civile. Il a également joué un rôle important dans l’avancée du projet touristique des Baies de Huatulco. Il renonça à son poste de gouverneur lorsqu’il fut nommé Directeur Général des Aéroports et Services Auxiliaires.

(1985 - 1986): Gouvernement de Jesús Martínez Álvarez (PRI)
En 1985, alors qu’il était député fédéral, Jesús Emilio Martínez Álvarez fut désigné Gouverneur provisoire du Oaxaca.

(1986 - 1992) : Gouvernement de Heladio Ramírez López (PRI)
Heladio Ramírez López est d’origine mixtèque. Il commença sa vie politique parmi les dirigeants paysans du PRI. En 1976 il fut élu Député Fédéral. De 1982 à 1986, il fut sénateur avant d’être élu au poste de gouverneur du Oaxaca de 1986 à 1992. Ce fut un sexennat d’apparente tranquillité. Cependant, il existe des dénonciations qui signale qu’il développa progressivement un réseau de faveurs et complicités.
Août 1990 : le gouverneur de l’état présenta auprès de la Chambre des Députés locale sa proposition de reformes en matière de droits indigènes.
1991 : les propriétaires de terres communales des Chimalapas lancèrent un processus de réconciliation agraire en invitant les propriétaires ejidales du Chiapas à se convertir également en propriétaires communales.

(1992 - 1998): Gouvernement de Diódoro Carrasco Altamirano (PRI)

27 janvier 1993 : création de la Commission Etatique des Droits Humains du Oaxaca.
1994: construction de la Centrale Eolienne de La Venta (Isthme de Tehuantepec).
30 août 1995 : le Congrès de l’état approuva la réforme au Code des Institutions Politiques et Procédures Electorales du Oaxaca afin de reconnaître les us et coutumes autochtones.
28 juin 1996: Le 28 juin 1996, un groupe armé apparut : l'Armée Populaire Révolutionnaire (EPR), lors de la commémoration du massacre de Aguas Blancas. Une centaine d'hommes et de femmes armés coiffés de cagoules rendirent public leur ‘Manifeste de Agua Blancas’, où ils dénoncèrent la même violence institutionnelle que celle qui régnait du temps où Lucio Cabañas Barrientos et Genaro Vázquez Rojas avaient pris les armes contre l'exploitation et l'oppression : ‘Face à la violence institutionnalisée, la lutte armée est un recours légitime et nécessaire du peuple pour restituer sa volonté souveraine et rétablir l'Etat de Droit’. Une de leurs principales demandes est la justice. Ce même jour, dans la nuit, un affrontement armé se produisit entre un groupe de l'EPR et la police judiciaire de l'état à Zumpango del Río. Trois policiers furent blessés.
29 août 1996 : deux mois après cette première apparition publique à Aguas Blancas, Guerrero, l’EPR réalisa une attaque à La Crucecita, Huatulco, Oaxaca, et dans 5 autres états du Mexique.
1996 : Cet apparent affrontement à La Crucecita allait servir de prétexte pour justifier la répression contre les Indiens de la Région Loxicha, dans la Sierra Sur de Oaxaca : on a depuis dénoncé les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les assassinats, les vols, les viols de femmes et les harcèlements contre des habitants innocents en les rendant coupables d’un grand nombre de délits d’ordre fédéral et en les accusant d’une relation supposée avec l’EPR. Selon les organisations sociales, au cours des années suivantes, il y eut pour le moins 200 arrestations illégales, 150 cas de torture, 32 perquisitions illégales, 22 exécutions extra-judiciaires, 22 disparitions forcées, 137 personnes en prison pour des raisons politiques et de conscience et un nombre indéterminé d’abus sexuels, de harcèlement, de menaces de mort et de procès pénaux irréguliers.
18 décembre 1996 : une violente opération policière et militaire est réalisée dans la communauté Zapotèque de Asunción Lachixila, Municipio de Santiago Camotlán dans le Rincón Bajo de la Sierra Juárez. Plus de 300 militaires, policiers judiciaires et de la Police préventive font irruption dans cette communauté et plusieurs autres alentour dans 38 véhicules et avec trois hélicoptères armés de mitraillettes. Ces communautés appartenaient à l’Union Indigène Zapotèque Chinanteca Emiliano Zapata (UIZACHI-EZ). Les policiers et militaires réquisitionnèrent les maisons, brutalisèrent des femmes et personnes âgées et arrêtèrent 7 paysans sans mandat d’arrêt.
A partir du 10 juin 1997, les femmes, épouses et enfants des prisonniers de la région Loxicha s’installèrent en sit in face au palais du gouvernement de la ville de Oaxaca pour demander une application impartiale de la justice ainsi que le châtiment des responsables des arrestations légales et des exécutions extra-judiciaires.
8 janvier 1998 : un groupe de l'EPR se scinda pour créer l'’Armée Révolutionnaire du Peuple Insurgé’ (ERPI), un mouvement qui se voulait plus proche de la base quant à la prise de décisions. L’ERPI rassembla le secteur le plus important de militants et leaders de l’EPR au Guerrero. Il réalisa des actions militaires et politiques. C'est le groupe armé le plus proche de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) en termes d’idéologie.
18 avril 1998 : Arrestations en plusieurs endroits du Oaxaca : à Tuxtepec, 16 membres du Conseil Indigène Populaire Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM) sont arrêtés avec l’aide de plus de 500 membres de la police judiciaire, préventive et de l’armée. Au même moment, 25 personnes sont détenues dans la Présidence Municipale de Putla de Guerrero de même que 5 autres membres de cette organisation à Puerto Escondido.

(1998 - 2004): Gouvernement de José Murat (PRI)
1999 : un groupe armé nommé Conseil Régional Ouvrier, Paysan, Urbain de Tuxtepec (CROCUT) apparaît dans la Région du Papaloapan. On l’a accusé d’être un groupe paramilitaire, de recevoir la protection des hauts fonctionnaires étatiques et fédéraux, de porter des armes de gros calibre d’utilisation exclusive de l’armée, ainsi que de commettre impunément une série de délits.
1er décembre 2000 : 20 militants des Forces Armées Révolutionnaires du Peuple (FARP) font irruption dans le centre du village de Nazareno Etla, à 10 kilomètres de la ville de Oaxaca. Ils réalisent une réunion, répartissent des propagandes et se manifestent contre le “projet néolibéral” du président Vicente Fox. Ils prennent distance avec l’EPR et l’ERPI. Selon certains témoins, les militants portaient des armes de gros calibre (apparemment AK-47), des uniformes de couleur noire et des cagoules. Ceci eut lieu un jour avant de la visite du président Fox à la capitale du Oaxaca.
8 décembre 2000 : La Chambre des Députés du Oaxaca approuve à l’unanimité une loi d’Amnistie pour l’état qui bénéficiera principalement à 61 indigènes Zapotèques en prison et à plus de 250 autres contre qui il existe un mandat d’arrêt pour leur lien présumé avec l’EPR.
Janvier 2001 : Monseigneur Arturo Lona Reyes, l’un des partisans la théologie de la Libération au Mexique, renonce au poste d’évêque de Tehuantepec pour avoir atteint la limite d’age fixée par le Vatican. Il est resté face à ce diocèse pendant 30 ans.
20 septembre 2001 : le CROCUT, avec un commando de plus de 100 personnes armées font irruption dans le Rancho Orozco, situé dans le village de Playa de Jícama à San Miguel Soyaltepec, avec un bilan de un mort.
Novembre 2001 : les trois principaux dirigeants du CROCUT sont arrêtés pour délits de droit commun (ils sont remis en liberté un an plus tard).
1er janvier 2002: Des membres du CROCUT agressent 46 membres du Conseil Indigène Populaire Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM) appartenant aux communautés de Santiago Yagallo, San Isidro Reforma et Santa Maria Yaviche, dans la Sierra Norte du Oaxaca.
26 avril 2002 : Deux paysans sont tués et 9 autres personnes blessées à Pinotepa Nacional suite à un conflit post électoral dans cette municipalité.
31 mai 2002 : Massacre de Agua Fría : Le 31 mai 2002, 26 paysans originaires de Santiago Xochiltepec, municipalité de Santiago Textitlán, situé dans la Sierra Sur du Oaxaca furent pris dans une embuscade et assassinés de plus de 100 coups de feu dans le lieu appelé Agua Fría. On leur a appliqué le coup de grâce dans la tête ou le sexe avec des armes de gros calibre, avant de leur voler l’argent qu’ils portaient sur eux. 16 habitants du village à proximité, Santo Domingo Teojomulco furent arrêtés. Dans cette zone, parmi les plus pauvres du Oaxaca, six villages maintiennent des conflits ancestraux au sujet de la propriété de mille hectares boisés et de terres fertiles. Ces conflits avaient déjà provoqué environ 300 morts au cours des dernières années avant le massacre de Agua Fría. Cependant, il faut souligner l’existence d’autres facteurs de caractère structurel, historique et politique (la négligence des différents niveaux de gouvernement lorsqu’il s’agissait de répondre à cette situation de conflit).
Octobre 2002 : Les habitants de la région Loxicha au Oaxaca ont dénoncé l’ex gouverneur du Oaxaca et ex Ministre de l’Intérieur, Diódoro Carrasco Altamirano, auprès de la Commission Spéciale du Ministère Public pour les Mouvements Sociaux et Politiques du Passé pour sa responsabilité présumée dans des délits contre l’humanité, torture, disparition forcée de personnes et abus d’autorité.
25 janvier 2003 : le Forum Agraire contre la Répression et le Paramilitarisme a été réalisé dans la ville de Tuxtepec, avec la présence de plus de 40 organisations sociales, syndicales, indigènes et indépendantes de tout le pays. Les organisations ont exigé un arrêt total de la répression contre les communautés autochtones et les dirigeants sociaux. Bien que cette chronologie ne puisse couvrir tous les cas, on peut observer un contexte de répression permanent à l’encontre de diverses organisations sociales comme le CIPO-RFM, la Coordination du Oaxaca Magoniste Populaire Antinéolibérale (COMPA), le FPR (Front Populaire Révolutionnaire) et le CODECI (Comité de Défense Citoyenne).
14 mai 2003 : Carlos Manzo, dirigeant du Conseil Citoyen de Unión Hidalgo et membre du Supplément Cultural Ojarasca du journal La Jornada est arrêté.
18 mars 2004 :Un groupe d’inconnus tira sur José Murat, qui fut légèrement blessé. L’enquête postérieure d’experts signala que le gouverneur du Oaxaca aurait pu avoir planifié un auto-attentat. Il n’y eut pas de suites judiciaires.
14 septembre 2004 : environ 200 policiers utilisèrent des bombes de gaz lacrymogène et étourdissantes ainsi que des jets d’eau pour expulser les sit ins permanents que des membres du CIPO-RFM maintenaient face au Palais du Gouvernement et au Temple de Santo Domingo dans la ville de Oaxaca depuis le 20 avril 2004.

(2004 – aujourd’hui) : Gouvernement de Ulises Ruiz Ortiz (PRI)
1er janvier 2005 : La population de San Blas expulse les autorités officielles dirigées par Agustina Acevedo Gutiérrez du palais municipal et fonde la « Mairie Populaire t Autonome de San Blas Atempa ». Depuis lors elle fonctionne comme une municipalité autonome parallèle.
Février 2005 : Des organisations sociales et civiles dénoncent que depuis son arrivée au pouvoir, le gouverneur Ruiz a essayé d’imposer des maires dans des communautés autonomes. Santiago Xanica est une de ces communautés qui avait expulsé les partis politiques de sa vie quotidienne. Lorsqu’un maire du PRI fut imposé, ils refusèrent de participer dans les activités de labeur communautaire (le ‘tequio’) définies par celui-ci et décidèrent de construire leurs propres maisons. Le 15 janvier 2005, des membres de la police préventive entourèrent les villageois alors qu’ils réalisaient ce travail en commun et ouvrirent le feu. Les villageois se défendirent à coup de pierres, briques et de pelles. Lors de cet affrontement, trois villageois furent blessés et détenus, tous membres de la COMPA. Suite à ces faits, la COMPA organisa deux sit in permanents, l’un dans la ville de Mexico et l’autre dans le ville de Oaxaca. La COMPA négocia avec le Président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), José Soberanes, qui leur promit d’organiser un dialogue avec Ulises Ruiz en présence de trois observateurs de la CNDH. Le 3 février 2005, une commission de la COMPA devait se réunir avec le sous secrétaire du gouvernement du Oaxaca, Joaquín Palacios, pour définir les thèmes qui feraient l’objet de la réunion avec le gouverneur. En sortant de cette réunion, les membres de la commission furent arrêtés par des membres de la police préventive en présence des trois observateurs de la CNDH. Deux détenus furent libérés quelques heures plus tard, mais le troisième, Alejandro Cruz de l’Alliance Magoniste Zapatiste fut maintenu en prison. Quelques heures après ces faits, deux autres dirigeants de la COMPA, Samuel Hernández et Jaquelina López furent arrêtés dans les bureaux du CODEP (Comité de Défense des Droits du Peule), ceci en présence de l’un des observateurs de la CNDH.
Juin 2005 : depuis le début de son administration, Ulises Ruiz a été critiqué pour sa politique de censure vis-à-vis du journal local ‘Noticias de Oaxaca’ (Nouvelles du Oaxaca). En juin 2005, des membres de la Confédération Révolutionnaire Ouvrière et Paysanne (CROC), un organisme allié du gouvernement, ont occupé les bureaux de ce journal. Pendant 30 jours, 31 employés ont été séquestrés dans les installations du journal jusqu’à ce qu’ils soient violemment expulsés de celles-ci. Il existe des photos et vidéos qui impliquent la police dans l’occupation des bureaux de ce journal, dans le vol de journaux, dans les coups portés aux porte-parole et dans la protection accordée à la CROC.
28 juillet: dans un communiqué, l’Armée Populaire Révolutionnaire a dénoncé: “Notre état de Oaxaca est encore la proie de groupes de caciques. Dams le cadre du contexte de la succession présidentielle, depuis un bon moment, les groupes du PRI dirigés par Roberto Madrazo et Elba Esther Gordillo ont étendu leurs conflits jusqu’à nos terres, les convertissant en un ring de boxe”.
Août: En utilisant le slogan “tourisme et culture pour le développement”, contre l’opinion populaire et en violant des règlements et lois nationales et internationales, le remodelage de la place principale de la ville de Oaxaca a pris fin. Il existe des dénonciations dans le sens que ce remodelage cherchait à éviter la réalisation de manifestations dans le centre-ville.
2006
Janvier: Afin de “lutter contre l’autoritarisme du gouvernement et de promouvoir une culture de respect des droits humains”, des personnalités reconnues dans les domaines civil, académique et religieux, travailleront comme Observateurs de Qualité, dans un exercice citoyen mis en place par le Collectif pour la Démocratie, un organisme qui regroupe diverses organisations civiles et sociales de l’état de Oaxaca.
Février: Parcours de l’Autre Campagne, initiative zapatiste dans l’état de Oaxaca.
1er mai: Les enseignants de la Section 22 du Syndicat National des Travailleurs de l’Education (SNTE) ont remis au gouvernement un document qui explique les objectifs de leur mouvement qui incluent une augmentation de leurs salaires et de meilleures conditions de travail.
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14 juin : un sit in de la section 22 du Syndicat National des Enseignants (SNTE) qui se tenait au milieu du centre historique de la ville de Oaxaca est violemment réprimé. Bilan : 4 morts et 92 blessés.
Du 17 au 21 juin: Face à la répression, constitution de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO).
Juillet: sous la protection de l’APPO, la population de près de 30 municipalités renient les maires élus (majoritairement du PRI) et installent leurs propres gouvernements populaires.
16 et 17 août : Le Forum National « Construire la Démocratie et la capacité de gouverner à Oaxaca » rassemble 1500 personnes originaires de toutes les régions de l’état. Son principal objectif était d’analyser le contexte et de proposer des alternatives de solution.
30 août: Six groupes, supposément des guérillas, ont publié un communiqué par le biais duquel ils menacent de réaliser de “fortes actions” si les gouvernements de l’état et fédéral utilisent la force pour réprimer le mouvement populaire. Certains analystes considèrent qu’il s’agit d’une propagande diffusée par le même gouvernement afin de justifier les actions répressives et la militarisation de la Sierra Norte.
Du 4 au 8 septembre : une mission civile d’observation au Oaxaca est convoquée par le Réseau de Oaxaca pour les Droits Humains et le Réseau National « Tous les Droits pour Tous et Toutes ». Formée par 16 organisations nationales et internationales (y compris le SIPAZ), la délégation visite la ville de Oaxaca et plusieurs municipalités voisines afin d’observer la situation dans l’entité, d’informer sur les violations des droits humains et de publier un rapport.
Septembre: Une négociation a commencé entre le Ministère de l’Intérieur, l’APPO et la Section 22 du SNTE, sans parvenir à des résultats significatifs: l’APPO et le syndicat ont continué à exiger la démission du gouverneur Ulises Ruiz comme un point non négociable alors que le Ministère de l’Intérieur propose une “transformation profonde du gouvernement de l’état” qui ne passerait pas par la destitution du gouverneur.
4 octobre : réunion au Ministère de l’Intérieur durant laquelle un « pacte pour la capacité de gouverner, la paix et le développement à Oaxaca » devait être signé, ce qui n’a pas été possible.
12 octobre : début de l’initiative citoyenne de Dialogue pour la Paix, la Justice et la Démocratie au Oaxaca, en présence d’environ 2000 personnes. Elle approuve la déclaration de Santo Domingo et met en place six groupes de travail :
- Groupe 1 : Nouvelle Démocratie et capacité de gouverner (la crise politique)
- Groupe 2 : Economie sociale et solidaire (la crise économique)
- Groupe 3 : Vers une nouvelle éducation (la crise éducative)
- Groupe 4 : Harmonie, justice et équité sociale (la crise sociale)
- Groupe 5 : Patrimoine historique, culturelle et naturelle à Oaxaca
- Groupe 6: Moyens de communication au service des peuples
27 octobre: lors d’une série de conflits violents, 4 personnes ont été tuées (parmi celles-ci, un journaliste nord-américain) et plusieurs autres ont été blessées dans différentes parties de la ville de Oaxaca. Selon les organisations de droits humains, il existe des preuves de la participation de policiers locaux ainsi que de groupes organisés, entraînés et armés par le gouvernement de l’état de Oaxaca pour réaliser des actions violentes contre les mouvements qui s’opposent au pouvoir local.
29 octobre : la Police Fédérale Préventive (PFP) est envoyée à Oaxaca par le gouvernement fédéral. Elle a commencé trés tôt son entrée dans la ville et a pris le contrôle de la place centrale pendant la nuit. Tandis que l’APPO parlait de pour le moins 4 morts, le gouvernement fédéral a affirmé qu’il n’y en avait eu aucun.
30 octobre : Ulises Ruiz a réaffirmé sa position, en déclarant qu’une éventuelle prise de congé de son poste "n’est ni la discussion ni la solution à la crise politique dans l’état de Oaxaca". Postérieurement, la Chambre des députés (à l’exception du PRI et du Parti Vert Ecologiste, PVEM) a accordé de demander au gouverneur Ulises Ruiz de prendre un congé ou de démissionner. Immédiatement, le gouvernement de Oaxaca a présenté une controverse constitutionnelle en considérant que la Chambre des députés avait excédé ses facultés.
La Chambre des sénateurs (qui auparavant s’était opposée à faire disparaître les pouvoirs à Oaxaca a demandé (à l’unanimité, y compris le PRI) à Ulises Ruiz qu’il “reconsidère la possibilité de renoncer pour contribuer au rétablissement de la capacité de gouverner, la normalité et la paix”. Elle a invité toutes les parties dans le conflit, sans exception, à contribuer en ce sens.
2 novembre : L’entrée de la PFP a marqué une différence dans la situation du conflit prolongé à Oaxaca sans que ceci ne conduise à sa solution de fond. Au contraire, à partir du 2 novembre des affrontements violents se sont présentés dans la zone universitaire entre les membres de l’APPO et la PFP, le contrôle de la Radio Université étant l’un des points les plus critiques au moment de ces affrontements.
6 novembre : des guérillas ont fait exploser plusieurs bombes dans la capitale du Mexique dont les cibles furent des banques, le Tribunal électoral et un siège du PRI. Ils ont justifié leur action comme étant une forme de protestation contre la fraude électorale ainsi que contre la répression à Oaxaca et à Atenco.
Tout au long de la semaine suivante, l’APPO a intensifié ses actions. Ses membres firent appel à une "nouvelle offensive " et organisèrent à nouveau des mobilisations populaires massives (qui comptèrent avec la participation de dizaines de milliers de personnes) qui exigeaient la démission d’Ulises Ruiz et le retrait des troupes fédérales. Ils reçurent également des démonstrations de solidarité dans plusieurs villes d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud ainsi que dans la ville de Mexico.
Cependant, le Ministre de l’Intérieur Abascal décida d’accorder un délai à Ruiz pour que celui-ci ait l’opportunité de présenter son "plan de réconciliation"
13 novembre : l’APPO a présenté son nouveau plan d’action, qui contemplait la formation d’un conseil de 250 membres, la réinstallation des barricades, la possibilité de reprendre certains édifices publics, et d’empêcher la prise de possession de Felipe Calderón le 1er décembre si Ulises Ruiz ne démissionnait pas entre temps.
25 novembre : affrontement entre des agents de la PFP et des membres de l’APPO qui marchaient en direction du centre-ville. Le bilan, selon le journal ‘La Jornada’, est de plus de 140 blessés (trois d’entre eux étant des journalistes), 140 détenus et de nombreux édifices (publics et privés) ainsi que plusieurs automobiles incendiés.
27 novembre : des membres de l’APPO arrêtés durant les affrontements du 25 novembre sont transférés de la prison de Miahuatlán, Oaxaca, à celle de San José del Rincón, Nayarit. D’autres détenus sont conduits au Centre Fédéral de Haute Sécurité de Matamoros, Tamaulipas. Ces deux dernières prisons se trouvent à plus de mille kilomètres de distance de la ville de Oaxaca.
28 et 29 novembre : Forum des Peuples Indiens de Oaxaca. Environ 500 personnes y prirent part, représentant 14 des 16 peuples autochtones existant à Oaxaca.
1er décembre : Felipe Calderón Hinojosa est nommé président du Mexique et assume son poste dans un contexte de haute polarisation. Au Oaxaca, une manifestation de protestation a convoqué à plus de 5000 personnes.
4 décembre : Flavio Sosa, l’un des 264 conseillers de l’APPO, et trois autres de ses dirigeants, sont arrêtés à Mexico par le biais de l’application d’un mandat d’arrêt livré par un juge fédéral pour les délits de sédition, attaques des voies de communication et incitation à la violence. Les dirigeants de l’APPO sont conduits à la prison de haute sécurité Altiplano (avant La Palma), à Almoloya de Juárez, état de Mexico
16 décembre : la PFP s’est retiré du centre historique de la ville de Oaxaca, et le contrôle de la ville est passé aux mains des policiers de l’état de Oaxaca.
17 décembre : 43 prisonniers qui avaient été arrêtés par la PFP et qui se trouvaient dans la prison de San José del Rincón, Nayarit, furent libérés.
18 décembre : la CNDH a présenté son premier rapport préliminaire sur les faits de violence à Oaxaca. Selon la commission : "Dans cet état et principalement, dans la capitale, la situation de conflit se maintient et il n’existe pas les conditions nécessaires et suffisantes pour le respect des droits fondamentaux ". Les 1211 plaintes reçues par la CNDH sont liées à "l’utilisation indue de la force publique, les détentions arbitraires, le manque de communication, la disparition de personnes, les dommages, lésions, menaces et fouilles illégales". Leur bilan depuis le début du conflit en juin était de 349 personnes détenues, 370 blessées et 20 morts.
22 décembre: Une nouvelle section du syndicat des enseignants (la 59) a été créée. Elle est formée d’enseignants qui s’opposent à la Section 22 ainsi qu’à ses “mobilisations et grèves constantes”. On l’a relie à la figure polémique d’Elba Ester Gordillo (dirigeante syndicale, ex secrétaire générale du PRI qui fut expulsée de ce parti en 2006).
2007
5 janvier : des représentants de la région indigène triqui de Oaxaca ont rendu public le fait que depuis le premier janvier, 20 communautés de la zone ont formé la municipalité autonome de San Juan Copala, qui fonctionnera sous le régime des us et coutumes indiens afin d’éviter la corruption et la violence provoquées selon eux par le système officiel des partis politiques. Ses dirigeants formaient partie de l’APPO et ont dénoncé des menaces de mort de la part des autorités de l’état.
17 janvier : La Suprême Cour de Justice de la Nation (SCJN) a accepté la controverse constitutionnelle présentée par le gouverneur de Oaxaca, Ulises Ruiz, contre l’exhortation faite par la Chambre des députés pour qu’il prenne un congé ou démissionne de son poste (à la fin octobre).
24 janvier: la Commission Permanente du Congrès mexicain a constitué une commission spéciale de législateurs qui vérifiera les violations des droits humains, ainsi que la situation légale et politique des habitants de Oaxaca mis en prison par le gouvernement d’Ulises Ruiz pour leur militance présumée au sein de l’APPO.
12 février: L’APPO a décidé de ne pas participer comme organisation dans le cadre des prochaines élections locales (pour le congrès du Oaxaca) et municipales qui doivent se réaliser cette année. Ils sont cependant parvenus à un accord dans le sens de promouvoir un vote de punition contre le PRI et le PAN pour leur rôle dans la répression contre le mouvement.
23 février: La Section 22 du SNTE a occupé plus de 30 bureaux de l’administration étatique pendant plusieurs tours. Elle a exigé le respect des accords passés avec le gouvernement fédéral en octobre 2006 (administration du président Fox).
18 mars: Le sit in permanent installé par l’APPO depuis le 9 octobre 2006 face au Sénat de la République à Mexico. Des personnes qui y prenaient part ont dénoncé les agressions et vols commis durant l’expulsion et ont accusé le gouvernement de la ville de Mexico (du PRD) d’être complice d’Ulises Ruíz.
22 mars: Le Ministre de l’Intérieur, Ramírez Acuña, a assuré que l’administration de Felipe Calderón respecterait les accords passés avec l’APPO et la Section 22 du syndicat des enseignants qui avaient été signés par l’administration antérieure (du président Fox).
L’APPO a installé un autre sit in face aux bureaux du Procureur Général de la République à Oaxaca, comme une preuve de solidarité avec la famille de Brad Will (journaliste américain assassiné et pour exiger des résultats dans les enquêtes dans les cas des meurtres commis durant le conflit en 2006.
3 avril: L’Assemblée du Peuple de la Région Mixtèque, soutenu par l’APPO, a été mise en place dans l’une des régions de plus forte présence indigène de Oaxaca.
6 avril: la rupture interne du PRD de Oaxaca a été rendue publique. Des membres du PRD ont présenté séparément deux coalitions différentes auprès des autorités électorales : une, avalée par le PRD de l’état, et une autre, avalée par le PRD national, L’Institut Etatique Electoral (IEE) a accepté seulement la première, en argumentant que le PRD national n’était pas une instance légitime pour présenter une coalition de ce type à Oaxaca. Le PRD national, en accusant la direction de Oaxaca du PRD d’agir sous les ordres du gouverneur Ulises Ruiz, a fait appel de la décision de l’IEE d’entériner l’expulsion des membres du PRD de Oaxaca “rebelles ». Finalement, leur recours a été accepté et c’est le Front Ample Progressiste, la coalition avalée par le PRD national qui se présentera aux élections.
20 et 21 avril : un troisième Forum International pour la Défense des Droits Humains au Oaxaca a été réalisé dans la ville de Oaxaca.
25 mai: selon une dénonciation présentée par l’EPR, deux de ses membres (Edmundo Reyes Amaya et Gabriel Alberto Cruz Sánchez) sont portés disparus depuis cette date.
14 juin: Les enseignants de la Section 22 et des membres de l’APPO ont réalisé une marche en commémoration de l’expulsion violente du sit in réalisé par le syndicat l’année antérieure. Un sit in représentatif a à nouveau été installé dans la place centrale à partir du 18 juin.
19 juin: une dispute agraire qui remonte à 1941 a dégénéré en la mort de deux personnes, six blessées et huit disparues après un affrontement entre la municipalité de San Miguel Aloapan, identifiée avec le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), et l’agence municipale de San Isidro Aloapan, liée au Conseil Indigène Populaire de Oaxaca Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM).
27 juin: une table de négociation a été installée entre la Section 22 du syndicat des enseignants, l’APPO et le Secrétaire Général du Gouvernement de Oaxaca, Manuel García Corpus. Les thèmes abordés au cours des semaines suivantes furent la révision de la situation juridique des prisonniers et de la grande majorité des détenus qui sortirent en liberté sous caution ; la remise de 188 écoles prises par la Section 59 (opposée à la Section 22) et la suspension définitive des mandats d’arrêt existants.
5 juillet: Le Mouvement d’Unification et de Lutte Triqui (MULT) a dénoncé la disparition de deux femmes dans la zone mixtèque du Oaxaca: Virginia Ortiz Ramírez et Daniela Ortiz Ramírez, deux soeurs de 14 et 20 ans.
10 juillet: l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) s’est rendue responsable de 8 explosions dans des conduits de Pétroles Mexicains (Pemex) situés à Guanajuato et Querétaro. Ils ont expliqué qu’elles font partie d’une campagne de harcèlement contre le gouvernement de Felipe Calderón et ont exigé de voir réapparaître en vie de deux de leurs membres (Edmundo Reyes Amaya y Gabriel Alberto Cruz Sánchez) disparus en mai.
16 juillet: Des affrontements entre des membres et sympathisants de l’APPO et des policiers ont provoqué 60 blessés tandis que 42 personnes étaient arrêtées. Ils ont eu lieu alors qu’environ 10 mille personnes réalisaient une Guelaguetza (fête traditionnelle) Populaire.
Juillet: disparition de deux femmes triques de la zone mixtèque du Oaxaca: Virginia Ortiz Ramírez et Daniela Ortiz Ramírez, deux soeurs de 14 et 20 ans.
31 juillet: Amnesty International (AI) a publié un rapport sur la situation des droits humains au Oaxaca: “Oaxaca: clameur pour la Justice”.
1er août: Des membres présumé de l’ EPR ont fait sauter une bombe dans le sud de la ville de Oaxaca afin d’exiger la présentation en vie de ses membres disparus Edmundo Reyes Amaya et Gabriel Alberto Cruz Sánchez.
5 août: Des élections au Congrès de l’état du Oaxaca ont été tenues dans un contexte de relative tranquillité. Plus de 70% des électeurs se sont abstenus. Le PRI a maintenu sa majorité au sein du Congrès.
8 au 11 août: Le Président de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH), Rapporteur pour le Mexique et Rapporteur sur les Droits des personnes privées de leur Liberté, Florentín Meléndez, a visité l’état de Oaxaca.
7 octobre: Des élections ont été tenues dans 152 municipalités du Oaxaca qui fonctionnent sous le régime des partis politiques. La participation (64%) s’est maintenue comparée avec les élections municipales antérieures, bien que ce niveau cache des différences importantes. Le PRI a gagné la majorité des municipalités.
2 novembre: Par le biais de manifestations massives, l’APPO a commémoré l’entrée de la Police Fédérale Préventive dans la ville Oaxaca. D’autres mobilisations ont été réalisées dans différentes régions de l’état (Mixtèque, Cañada, Isthme et Côte).
20 novembre: Horacio Sosa Villavicencio, dirigeant de l’APPO a été libéré après près d’un an en prison.
30 décembre: Lauro Juarez, leader indigène chatino, de 50 ans et membre de l’organisation sociale Union des Paysans Pauvres - Front Populaire Révolutionnaire (UCP-FPR), disparaît à l’endroit où cette organisation avait organisé une manifestation (route entre la ville de Oaxaca et Puerto Escondido).
2008
Février: Sixième visite de la Commission Civile Internationale d’Observation des Droits Humains (CCIODH) à Oaxaca.
6 mars: Après 11 mois en prison, David Venegas Reyes, “El Alebrije”, membre de l’APPO, est libéré de la Prison de Santa María Ixcotel.
7 avril: Teresa Bautista Merino et Felícitas Martínez Sánchez, femmes triquis qui travaillaient pour une radio appelée “La voix qui rompt le Silence”, sont assassinées dans la municipalité de de San Juan Copala alors qu’elles voyageaient en direction de la Ville de Oaxaca.
20 avril: Flavio Sosa Villavicencio, membre de l’APPO est libéré après un an et demi de prison.
au 12 mai: La Caravane “Le chemin du Jaguar; pour la régénération de notre mémoire et la défense du territoire”, initiative organisée par la Rencontre des Jeunes au sein du Mouvement Social à Oaxaca, a visité plusieurs communautés de la région de l’Isthme de Oaxaca.
16 mai: Environ 70 mille membres de la Section 22 du Syndicat National des Travailleurs de l’Education (SNTE) ont organisé une grève et ont manifesté dans les rues de la capitale de Oaxaca pour exiger une solution à leurs demandes qui incluent l’organisation d’une assemblée pour élire de nouveaux dirigeants et la remise d’écoles pour l’instant occupées par des membres du PRI et de la Section 59.
20 mai: Deux ans après le début du conflit, les membres de la Section 22 du SNTE et d’autres personnes en désaccord avec le gouvernement étatique ont installé un nouveau sit in permanent dans la place principale de la ville de Oaxaca.
22 juillet: des milliers d’habitants de Oaxaca, ainsi que des touristes nationaux et internationaux ont participé à la “Guelaguetza des secteurs enseignants et populaires” organisée par la Section 22 du SNTE dans le stade de l’Institut Technologique de Oaxaca, de manière alterne à la Guelaguetza promu par le gouvernement étatique. Ce même jour, Adán Mejía López, membre de l’APPO et du groupe Tendance Marxiste Militante a été libéré de prison. Il avait été arrêté le 17 juillet 2007.
27 juillet: des inconnus ont tiré des coups de feu sur la maison du présentateur de Radio " Zaachila”. Jorge Aragón, également membre de cette radio communautaire a lui aussi été agressé.
5 août : deux paysans de Santiago Lachivía dans la municipalité San Carlos Yautepec de la région Sierra Sur ont été assassinés supposément par des soldats appartenant à la 44ème Zone Militaire, qui se trouvaient dans la région pour mener è bien une action contre le trafic de drogue. L’examen des cadavres n’a pas permis de trouver ni d’armes ni de drogues. Selon l’enquête menée par le Bureau du Procureur Général de Justice de l’Etat (PGJE), ces personnes n’avaient pas utilisé d’armes à feu, ce qui élimine la possibilité d’une mort liée à un affrontement avec les militaires.
29 août : Au cours d’une Rencontre au Guerrero, des représentants des peuples qui seraient affectés par la construction du projet hydroélectrique de La Parota ainsi que de celui de Paso de la Reina, au Oaxaca, ont décidé d’unir leurs luttes contre ces méga projets par le biais d’une nouvelle association civile “Communautés et Peuples du Guerrero et du Oaxaca en Resistance”.
5 septembre : La Commission Interamericaine des Droits Humains (CIDH) a demandé au gouvernement mexicain d’accorder une protection en faveur de 117 habitants de Santo Domingo Ixcatlán, Isthme de Tehuantepec. Parmi eux se trouvent les membres de la famille et les amis de trois personnes assassinés en avril 2007, supposément par un groupe paramilitaire lié au PRI.
9 septembre : Un juge de Tlacolula de Matamoros a déclaré innocents 51 membres de l’Assemblée Populaire des Peuples du Oaxaca (APPO).
2 octobre : Le directeur de la police municipale de la ville de Oaxaca, Delfino Cruz Hernández, a été destitué après avoir été accusé d’abus d’autorité et de harcèlement sexuel contre des policières.
16 octobre : Près de deux ans après l’assassinat du cameraman nord américain Bradley Roland Will, des membres de l’Agence Fédérale d’Investigation (AFI) ont arrêté Juan Manuel Martínez Moreno, sympathisant de l’APPO. La Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), ainsi que plusieurs organisations nationales et internationales ont remis en question l’enquête menée par le Bureau du Procureur Général de la République (PGR) qui a conduit à cette arrestation.
27 octobre : Des membres du Comité de Défense des Droits du Peuple (Codep) ont dénoncé des actes de torture de la part de membres de l’Agence Fédérale d’Investigation (AFI) et de la Police Fédérale Préventive (PFP) lors d’une action contre le trafic de drogues menée dans un quartier de la Ville de Oaxaca.
3 novembre : L’entreprise espagnole Eurus a fermé la centrale produisant de l’électricité « éolienne » La Venta IV suite à la manifestation menée par 170 paysans de la zone qui ont fermé l’accès à cette centrale. Ces paysans exigent le paiement de 2 millions de pesos que l’entreprise se serait engagée à donner à la communauté.
5 décembre : Les habitants de Santo Domingo Ixcatlán n’ont pas pu sortir de leur communauté pendant 48 heures suite au siège réalisé par un groupe du PRI supposément paramilitaire.
2009
10 janvier : Ruben Valencia Nuñez, membre de Voix du Oaxaca “Construire Autonomie et Liberté” (VOCAL), qui fait partie de l’APPO, a été victime d’une tentative d’assassinat dans le centre de la Ville de Oaxaca.
12 janvier : Le journal “El Correo de Oaxaca” a rapporté 42 agressions contre des journalistes de cet état dans le cadre d’une répression systématique durant 2008. Il a dénoncé qu’“au Oaxaca, exercer le travail de journaliste indépendant est devenu impossible ”.
20 janvier : un recours constitutionnel a été accordé à Juan Manuel Martinez Moreno, membre de l’Assemblée Populaire des Peuples du Oaxaca (APPO) accusé de l’assassinat du cameraman nord américain, Bradley Roland Will.
29 janvier : un groupe de personnes, supposément lié au Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) et à l'entreprise espagnole Eurus ont attaqué et essayé d'expulser des paysans des terres communales (ejido) de La Venta, municipalité de Juchitán de Zaragoza dans l'Isthme de Tehuantepec. Ces paysans se sont unis et organisés pour éviter le fonctionnement du parc d'énergie éolienne de La Venta IV, que l'entreprise espagnole construit sur leurs terres sans avoir obtenu l'autorisation des habitants de la zone. Cela fait plusieurs mois qu'ils empêchent l'avancée des travaux.
2 février : des inconnus ont tiré sur la radio communautaire mixtèque 88.7FM, dans la municipalité de Santiago Juxtlahuaca, région Mixtèque. Des militants du PRI ont cependant été signalés comme responsables présumés.
4 février : l'organisation "Physicians for Human Rights" (PHR, Médecins pour les Droits humains) dont le siège se trouve aux USA, a signalé plusieurs éléments douteux dans les conclusions du Bureau du Procureur Général de la République (PGR) dans le cadre de l'enquête liée au meurtre du journaliste nord-américain Bradley Will. Elle a souligné: " Dans sa théorie, le PGR affirme que Brad Will a trouvé la mort suite à un coup de feu tiré par une arme qui se trouvait à proximité de celui-ci. PHR a déterminé qu'un ricochet sur une cible intermédiaire soutient l'hypothèse d'un coup de feu tiré à plus longue distance".
5 février : le bureau du Procureur Général de la République (PGR) a fait appel rejetant ainsi le recours constitutionnel pour garanties individuelles présenté par Juan Manuel Martínez, inculpé pour le meurtre du photographe Bradley Will, et empêchant ainsi sa possible libération.
18 février : un groupe de personnes, supposément lié au Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), a empêché la réalisation d'une manifestation d'enseignants qui cherchaient à empêcher la réalisation d'un acte public que devait conduire le gouverneur Ulises Ruíz. Les enseignants en question ont été frappés et détenus pendant plusieurs heures.
Du 20 au 22 février : l'APPO a tenu son Second Congrès (session ordinaire) dans la ville de Oaxaca. Un des accords conclu a été de ne négocier avec aucun des niveaux du gouvernement, en dehors du thème de la libération des prisonniers.
20 février : Edgar Coache Verano, fils de l'activiste syndical et membre de l'APPO, Marcelino Coache Verano, a été harcelé par un groupe d'hommes qui l'ont menacé et poursuivi.
4 mars : Marcelino Coache Verano, activiste syndical, membre et dirigeant de l'APPO a été séquestré dans la ville de Oaxaca, torturé pendant plusieurs heures et remis en liberté le lendemain.
Des Organisations Non Gouvernementales et l'archevêché de Puerto Escondido ont informé qu'ils essayeraient d'empêcher la construction de l'entreprise thermoélectrique de Paso de la Reyna par le biais des tribunaux internationaux existant en la matière.
18 mars : Environ 25 000 indiens appartenant au Mouvement d’Unification et de la Lutte Triqui (MULT) ont manifesté dans la ville de Oaxaca pour exiger du gouvernement de l’état l’ouverture d’une table de négociation qui permette de répondre à leurs demandes "de justice, parce que la violence et les torts causés" au cours des deux dernières années contre des membres du MULT "n’ont eu de cesse et n’ont pas été tirés au clair".
26 mars : La commission de magistrats chargés d’enquêter sur les possibles violations des garanties individuelles à Oaxaca entre mai 2006 et juillet 2007 a remis son rapport préliminaire à la plénière de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN). Celui-ci " ne juge pas la légalité " du rôle joué par les autorités fédérales, de l’état et municipales dans ces évènements. Il a cependant déterminé l’existence de "graves violations des garanties individuelles" durant l’intense mobilisation sociale qui eut lieu à Oaxaca pour exiger la démission du gouverneur Ulises Ruiz.
6 avril : Beatriz López Leyva, une ex dirigeante du PRD à San Pedro Jicayán, a été assassinée par des inconnus alors qu’elle se trouvait dans son domicile particulier dans cette municipalité de la Côte de l’état de Oaxaca. En 2005, alors qu’elle était secrétaire de mairie de San Pedro Jicayán, López Leyva avait souffert un attentat dont elle avait accusé les caciques locaux appartenant au PRI. Plus récemment, elle avait aussi dénoncé avoir reçu des menaces de mort de la part du maire actuel, Leonardo Silva Palacios, menaces qui selon elle, cherchaient à limiter sa participation dans les protestations contre un possible détournement de fonds municipaux.
20 avril : Avec plusieurs mois de retard, David Venegas “el Alebrije” a été acquitté. Après 11 mois en prison et plus d’un an de liberté conditionnelle, il a été acquitté de toutes les charges qui lui étaient imputées pour possession et vente de drogues. David Venegas a fait appel à la solidarité nationale et internationale en faveur d’autres prisonniers.
23 avril : Nadín Reyes Maldonado, la fille d’Edmundo Reyes Amaya (un des membres de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) portés disparus à Oaxaca depuis le 24 mai 2007), a demandé aux membres de la Commission de médiation entre l’EPR et le gouvernement fédéral (COMED) de fournir un "dernier effort " et de répondre à l’appel au dialogue du Ministre de l’Intérieur. Peu auparavant, les membres de la COMED avaient en effet décidé de mettre un terme à leur mission de médiation devant ce qu’ils signalent comme le “manque de volonté politique” du gouvernement face à la résolution de ce cas de disparition forcée.
23 avril : Des soldats ont fait irruption dans la communauté indigène de San Miguel Panixtlahuaca et ont installé des barrages à l’entrée et à la sortie de ce village pour réaliser des fouilles soi-disant dans le cadre de l’application de la Loi pour le contrôle des armes à feu. Les habitants ont dénoncé des harcèlements contre la population civile et des vols d’argent.
28 avril : Les membres de la famille et avocats de Marcelino Coache -qui avait été arrêté et torturé par des personnes en tenue de policiers le 4 mars 2009- ont dénoncé une augmentation des harcèlements à leur encontre. En février, le fils de Marcelino Coache a dénoncé des menaces ; en avril, plusieurs personnes liées à la défense de son cas ont reçu des menaces sur leur portable. Début mai, la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) a accordé des mesures de protection en faveur de Marcelino Coache, sa famille et ses avocats, mesures qui rendent le gouvernement responsable de ce qui pourrait leur arriver.
6 mai : Plus de 700 policiers ont délogé un groupe d’habitants qui avaient fermé l’entrée de la mine La Natividad, dans la municipalité de San José del Progreso. Cette mine appartient à l’entreprise minière Cuzcatlán, qui travaille pour la transnationale canadienne Fortuna Silver Mines. Suite à l’opération policière, un policier a été blessé et 18 personnes ont été arrêtées. 14 d’entre elles ont été libérées sous caution le lendemain. Les 4 autres ont été libérées le 14 mai faute de preuves pour ouvrir un procès à leur encontre.
24 mai : Une manifestation a été organisée par des personnalités politiques, des activistes de l’APPO et des proches d’Edmundo Reyes y Gabriel Cruz, arrêtés à Oaxaca en mai 2007, pour exiger l’apparition en vie de ces deux membres de l’EPR.
5 juin : Les membres de l’APPO Víctor Hugo Martínez Toledo et Miguel Ángel García, ont été acquitté d’une accusation pour viol.
8 juin : Sergio Martínez Vásquez, membre du Comité de Défense des Droits du Peuple (Codep), une organisation qui appartient à l’APPO, a été trouvé mort dans son véhicule dans la communauté Pino Suárez de la municipalité de Santiago Juxtlahuaca.
15 juin : La Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a émis la recommandation 36/2009 à l’intention du gouverneur de Oaxaca, Ulises Ruiz; du procureur général de la République (PGR), Eduardo Medina Mora, et du Congrès de l’état de Oaxaca pour ne pas avoir mis en place des mesures de protection en faveur de Beatriz López Leyva en 2005, assassinée le 6 avril.
16 juin : La Marche-Caravane en faveur de la Libération des 12 prisonniers Loxichas est arrivée à Mexico. Cette manifestation réalisée par leurs proches et des membres de l’Autre Campagne exigeait la libération des prisonniers qui avaient été arrêtés pour leur lien présumé avec des groupes armés.
22 juin : L’APPO a annoncé qu’elle chercherait à obtenir la médiation de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) et d’Amnesty International (AI) pour obtenir la libération de Juan Manuel Martínez Moreno, accusé du meurtre de Brad Will et dont le recours a t refus pour la quatrième fois cette semaine.
29 juin : Face aux réponses inexistantes ou insuffisantes qu’ils ont reçues de la part des gouvernements fédéral et de l’état, l’assemblée plénière de la Section 22 du Syndicat National des Enseignants (SNTE) a décidé à l’unanimité d’un vote-sanction contre tous les partis politiques lors des élections du 5 juillet,.
5 juillet : Lors des élections législatives fédérales, le taux d’abstention à Oaxaca a atteint 60% des inscrits. Le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) l’a emporté dans les 11 districts de cet état. Le Parti de la Révolution Démocratique (PRD) est arrivé second, suivi de peu par le Parti Action Nationale (PAN). 4.47% des électeurs ont décidé de voter blanc tandis que 0.97% ont voté pour des candidats n’apparaissant pas sur les listes électorales.
13 juillet : 87 propriétaires des 105 050 hectares sur lesquels se trouve le parc d’électricité éolienne La Ventosa ont expulsé les techniciens et employés de l’entreprise espagnole Iderranova. Ils demandaient à être informés sur la quantité d’électricité produite par cette usine et la destination de ses ventes. Au cours des 6 premiers mois d’exploitation, ils ont reçu seulement entre 25 et 100 pesos mensuels par hectares.
18 juillet : Quatre des 12 prisonniers indiens de la région Loxicha -Estanislao Martínez Santiago, Ricardo Martínez Enríquez, Cirilo Ambrosio Antonio et Urbano Ruiz Cruz- ont été acquittés (bénéfice de libération anticipée). Ils avaient passé 12 ans en prison. 8 autres indigènes de ce même groupe sont toujours incarcérés avec des peines de 30 et 34 ans.
21 juillet : après une assemblée générale à Paso de la Reina, Jamiltepec, les propriétaires de l'ejido (terres communales) décidèrent de révoquer l'accord écrit par le biais duquel ils avaient autorisé la Commission Fédérale d'Electricité à réaliser des études de terrain dans le cadre du Projet Hydroélectrique d'Usages Multiples Paso de la Reina.
22 juillet : Ernesto Reyes Martínez, journaliste travaillant pour le journal “Noticias Voz e Imagen de Oaxaca” (Nouvelles, Voix et Image de Oaxaca) et correspondant de la radio XEW, fut arrêté alors qu'il essayait de photographier la poursuite policière d'une personne présumée maître chanteur. Près de 15 soldats du 98ème Bataillon d'Infanterie prirent part à son arrestation violente et illégale ainsi qu’à celle de sa femme ; ils lui confisquèrent temporairement ses deux téléphones portables (dont ils effacèrent toutes les photos), et fouillèrent son véhicule et ses effets personnels.
Juillet : Le Bureau du Procureur de Oaxaca reçut l'enquête de la Police Royale Montée du Canada sur la mort du journaliste nord américain d'Indymedia, Brad Will, et approuva sa conclusion selon laquelle il fut assassiné à bout portant. A l’inverse, l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO) et le syndicat des enseignants disqualifièrent cette enquête en assurant qu'il s'agit d'une ruse et “d'une farce de plus” des gouvernements de Felipe Calderón et d'Ulises Ruiz pour minimiser et camoufler la réalité.
5 août : la LIMEDDH informa que, depuis le début de l’année 2009, 63 personnes qui avaient été arrêtées le 25 novembre 2006 et avaient été victimes de violations des Droits Humains avaient porté plainte contre les autorités de Oaxaca. La réparation pour dommages moraux entre autres suite à la privation arbitraire de leur liberté et à la torture à laquelle elles auraient été soumises pourrait représenter la somme totale de 58 400 000,00 pesos mexicains.
13 août : Des paysans de La Ventosa, municipalité de Juchitán dans l'Isthme de Tehuantepec exhortèrent l'entreprise espagnole Iberranova ayant installé des générateurs électriques éoliens sur leurs terres à répondre à leurs demandes, parmi lesquelles le paiement d’un dédommagement pour affectation de leurs terres et l'augmentation du prix de location de ces terrains. Ils avisèrent que dans le cas contraire ils détruiraient les contrats signés pour permettre le fonctionnement des Parcs Ecologiques du Mexique à La Ventosa.
17 août : durant l'Assemblée Nationale du Mouvement Agraire Indigène Zapatiste (MAIZ) tenue à Matías Romero (dans l'Isthme de Tehuantepec), plus de 150 délégué(e)s de différentes organisations décidèrent de promouvoir ensemble un front paysan pour exiger que la souveraineté alimentaire soit l’axe principal de la politique agricole et que l’année 2010 ne se traduise pas en nouvelles compressions budgétaires pour le secteur agricole.
24 août : Des partisans de l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO) appartenant à diverses organisations bloquèrent une des principales avenues de la ville de Oaxaca, capitale de l'état du même nom, pour protester contre l'arrestation voire possible disparition forcée de Teresita de Jesús González Jiménez, fille du coordinateur de la commission des droits humains de la Section 22 du Syndicat National des Enseignants, Eliel González Luna.
27 août : Le “Comité de Libération 25 Novembre” a exigé du Pouvoir Judiciaire de la Fédération des garanties pour que Juan Manuel Martínez Moreno, membre de l'APPO accusé d'avoir assassiné le journaliste nord-américain Brad Will, puisse bénéficier d’une défense adéquate. Ils ont aussi reproché au Bureau du Procureur Général de la République (PGR) de retarder l’avancée de son procès par le biais de pinaillages juridiques, et ont accusé l’institution de “prétendre inventer des preuves pour incriminer le prisonnier”, “que nous considérons comme un otage de l'Etat et une monnaie d'échange dans le cadre du Plan Mérida, étant donné que le cas de Brad Will fut un des éléments de la négociation pour la remise des fonds liés à cette initiative".
30 août : Le domicile du journaliste Guillermo Soto Bejarano, directeur éditorial du journal “De Opinión, voz del Istmo”, fut criblé de balles par des inconnus.
31 août : L'assemblée étatique de la section 22 du Syndicat National des Enseignants (SNTE) décida d’une grève de quatre jours ainsi que de manifestations dans tout l'état de Oaxaca pour exiger que soient poursuivis en justice les auteurs matériels et intellectuels de l'assassinat, quelques jours auparavant, du professeur Antonio Norberto Camacho. Ce dernier mourut sous les balles de la section 59 quand des enseignants de la Section 22 cherchèrent à reprendre deux écoles de San Pedro Jicayán.
7 septembre : Le Bureau du Procureur Fédéral pour la Protection de l'Environnement (Profepa) décida d’annuler la construction en cours d'un barrage dans la municipalité de Santa Catarina Minas, dans la région des Vallées Centrales de Oaxaca.
17 septembre : En session plénière, l'Institut Fédéral en faveur de l'Accès à l'Information (IFAI) ratifia la réserve émise par le Centre d'Investigation et pour la Sécurité Nationale (Cisen) quant aux documents concernant les violents évènements de 2006 autour de l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO) ; documents qui ne pourront être rendus publics avant 12 ans.
24 septembre : Raúl Cisneros Peláez y Jaime Solano, membres du Mouvement pour l'Unification et la Lutte Triqui (MULT), furent assassinés lors d'une embuscade à Putla Villa de Guerrero (région Mixtèque).
30 septembre : Le pouvoir judiciaire fédéral rejeta un recours constitutionnel présenté par le Gouverneur Ulises Ruiz Ortiz. En conséquence, le congrès de l'état de Oaxaca pourrait ouvrir un procès politique contre ce dernier. Lors de la campagne électorale fédérale de 2009, le parti politique Convergencia a accusé Ruiz de détournement de fonds publics pour promouvoir son image par le biais de décalcomanies arborant sa photo et collés sur les véhicules du programme social “Unités Mobiles pour le Développement".
14 octobre : la Cour Suprême de Justice de la Nation se prononça sur les violations des droits humains commises par les autorités dans le cadre du conflit qui eut lieu à Oaxaca en 2006 et une partie de 2007. La résolution affirme que le gouverneur de l'époque et encore à ce jour, Ulises Ruiz Ortíz, est responsable de violations des Droits Humains.
14 octobre: Des organisations non gouvernementales (ONG) présentèrent un rapport sur les Droits Humains à Oaxaca qui souligne six caractéristiques de la situation actuelle dans cet état : l'impunité face aux violations des droits humains, la criminalisation de la protestation sociale aggravée après le mouvement social de 2006, la militarisation –stratégie-clef de l'actuel gouvernement fédéral-, la rupture du tissu social, l'existence de conflits agraires et de processus de défense des ressources naturelles, ainsi que le processus électoral en 2010. Le diagnostique décrit non seulement la situation des défenseurs des droits humains à Oaxaca, mais aussi le profil type des agresseurs et conclut que la plupart d'entre eux sont proches du gouvernement.
1er novembre: La municipalité autonome de San Juan Copala dans la région triqui dénonça un attentat à main armé contre le maire, José Ramírez Flores, durant lequel mourut Antonio Ramírez Paz, membre du conseil municipal. L'assassin fut arrêté et confessa les noms de ceux qui planifièrent cet attentat, parmi lesquels se trouvent des dirigeants de l'Union pour le Bien Être Social de la Région Triqui (UBISORT) et des politiciens du Oaxaca.
13 et 14 novembre : Le Collectif du Oaxaca pour la Défense des Territoires convoqua au Second Forum National “Tissage des Résistances pour la Défense de Nos Territoires » qui se tint à dans la communauté mixe (une des ethnies du Oaxaca) de San Juan Jaltepec de Candayoc, municipalité de San Juan Cotzocón. Les objectifs étaient “partager des expériences de défense des terres, territoires et ressources naturelles des peuples et communautés indigènes; et explorer les possibilités d'efforts communautaires conjoints”.
16 novembre : des personnes appartenant à un groupe de choc et des policiers de l'état habillés en civils s'en prirent aux professeurs de la section 22 du Syndicat National des Enseignants (SNTE) et aux membres de l'Assemblée Populaire des Peuples du Oaxaca (APPO), qui manifestaient face à l'ancien palais du gouvernement lors du cinquième rapport d'activités du gouverneur. Les manifestants lurent un “contre-rapport de gouvernement”, dans lequel ils soutinrent que les cinq années de l'actuelle administration furent de “tyrannie et d'anti-démocratie”. En faisant référence aux marques de non-conformité durant cet évènement, le gouverneur exprima que ses opposants “sont désespérés, parce que leurs candidats pour les prochaines élections ne décollent pas dans les sondages”, et qualifia les incidents de “petites protestations”.
18 novembre : Des amis et membres de la famille de Juan Manuel Martínez Moreno, inculpé dans le cas de l'homicide du journaliste nord-américain Brad Will, annoncèrent qu'ils réaliseraient une grève de la faim. Cette action se combina avec le début d'un sit-in devant le Tribunal responsable de son dossier. Ils annoncèrent qu'ils le maintiendraient jusqu'à ce que Juan Manuel soit libéré.
18 novembre: Une « Rencontre pour la Justice et contre l'Impunité: les cas présentés auprès de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) » fut organisée dans la ville de Oaxaca. L'objectif fut d'analyser les décisions de la SCJN dans les cas de Lydia Cacho, Atenco, Acteal et Oaxaca, ainsi que leurs implications pour le mouvement social, les victimes de la répression, la défense de la justice et des droits humains.
19 novembre: Les habitants de Paso de la Reina dénoncèrent des intimidations de la part de policiers étatiques un jour après la célébration d'une messe organisé en faveur de leur cause et qui compta avec la présence de l'évêque de Puerto Escondido.
25 novembre:Des centaines de professeurs appartenant à la section 22 du Syndicat National des Enseignants(SNTE) réalisèrent une manifestation dans la Ville de Oaxaca pour commémorer le troisième anniversaire de la répression de la Police Fédérale Préventive contre l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO), un mouvement dont ils font partie. D'autres enseignants et membres de l'APPO de différentes régions firent de même dans les principales villes de cet état.
27 novembre: Le Conseil des Peuples en Défense de la Terre et le Territoire informa que les habitants des terres communales (ejidos) de San Pedro Ixtlahuaca, Tiracox, Cuilapan de Guerrero, Zaachila et San Lucas Tlanichico se mirent d’accord de ne pas renoncer à leurs terres pour permettre la construction d'une autoroute. Il dénonça les menaces reçues par des travailleurs de la Direction des Chemins et Autoroutes du Oaxaca (CAO).
29 novembre: Le Mouvement pour l'Unification et Lutte Triqui Indépendante (MULT-I) dénonça que des personnes appartenant à l'Union pour le Bien Être Social de la Région Triqui (Ubisort) et du Mouvement pour l'Unification et la Lutte Triqui Indépendante-Parti Unité Populaire (MULT-PUP) avaient assassiné un mineur et blessé trois autres dans la municipalité autonome de San Juan Copala. L'attaque eut lieu alors que des membres de l'Ubisort avaient barré l'accès du village pour empêcher la venue des représentants du Front des Peuples en Défense de la Terre (FPDT), de San Salvador Atenco. Le lendemain, le MULT rejeta sa responsabilité dans l'affaire et accusa l'Ubisort de cette agression.
1er décembre: Le corps de Leonardo Clemente Cruz, indien chinanteco, et militant du Comité de Défense Citoyenne (Codeci) fut trouvé à 5 kilomètres de Ixtlán de Juárez et présenta des traces visibles de coups. le 24 novembre, plus de cent membres de cette organisation se rendaient à bord de 8 bus de Tuxtepec à la ville de Oaxaca pour participer à la Convention Démocratique Oaxaca Libre. Ils furent arrêtés par des agents de la Police Étatique Préventive (PEP) qui obligèrent les passagers à descendre par la force et en interrogèrent certains pendant plus d’une demi heure. Clemente Cruz était porté disparu depuis cet évènement.
8 décembre: Un membre de l'Union pour le Bien Être Social de la Région Triqui (UBISORT) fut assassiné lors d'une fusillade à San Juan Copala.
13 décembre: Des prisonniers de Santa María Ixcotel, dans la banlieue de la ville de Oaxaca, protestèrent depuis le toit de la prison contre le service médical défaillant et les mauvais traitements qu'ils reçoivent dans ce pénitencier. Des dizaines de prisonniers placèrent des pancartes sur le toit du pénitencier tandis que des policiers de l'état renforçaient la sécurité alentour.
2010
13 janvier: Les membres de la commission de médiation entre l'Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) et le gouvernement fédéral décidèrent de relancer et d'inviter d'autres personnes à faire part de la dite commission, dont le principal objectif est de retrouver Edmundo Reyes Amaya et Gabriel Alberto Cruz Sánchez, deux membres de l'EPR portés disparus depuis mai 2007 et vus pour la dernière fois à Oaxaca.
15 janvier: la PGR appela le recours de protection individuelle accordé fin décembre à Juan Manuel Martínez Moreno, accusé par la même PGR du meurtre du journaliste nord-américain Brad Will. Martínez Moreno demanda à l'Assemblée Populaire des Peuples du Oaxaca (APPO) de lancer "des actions percutantes", afin qu'il soit libéré, quand il considéra que l'appel présenté par la PGR démontre « un intérêt politique et non pas juridique”.
17 janvier: Le Premier Forum Régional des Peuples de la Sierra Sud pour la Défense de leurs territoires et ressources naturelles se tint à Santa Cruz Zenzontepec et compta avec la participation de différents peuples de la région ainsi que des organisations civiles qui travaillent en faveur de la défense de leurs terres, territoires et ressources naturelles dans différentes zones du Mexique.
18 janvier: L'Assemblée étatique de la section 22 du Syndicat National des Enseignants (SNTE) bloqua les accès du siège du Pouvoir Exécutif du Oaxaca pour exiger qu’uneattention soit portée à leurs demandes qui comprennent l'élucidation de l'enquête dans le cas de l'assassinat d'un enseignant à San Agustín Loxicha en décembre 2009 ainsi que dans celui de l'attaque à main armé contre un autre professeur la semaine précédente.
22 janvier:Six membres de l'APPO commencèrent une grève de la faim de trois jours sur la place principale de la ville de Oaxaca pour demander qu'un procès politique soit ouvert contre le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz, qu'ils accusent de divers délits commis pendant le conflit social en 2006. ils lancèrent également une campagne pour rassembler des signatures afin d'exiger à la Chambre des Députés du Oaxaca et à échelle fédérale de mener à bien ce procès politique contre le mandataire, une pétition qui fut remis au pouvoir législatif étatique le 5 février.
23 janvier: Trois morts, deux femmes violées et une centaine de personnes originaires de différents pays d'Amérique Centrale dépouillés de tous leurs biens fut le bilan de deux attaques consécutives contre des immigrés dans la municipalité de Chahuites.
27 janvier: La Commission Fédérale d'électricité (CFE) présenta une demande de procédure judiciaire auprès du Bureau du Procureur Général de la République (PGR) contre les avocats et dirigeants de diverses organisations sociales appartenant à l'Alliance Mexicaine pour l'Autodétermination des Peuples qui exigent la réduction des tarifs d'électricité et la libération de trois détenus de Campeche liés à ce processus de résistance. L'une des personnes poursuivies est le coordinateur des Commissions de l'Union de Communautés Indiennes de la zone Nord de l'Isthme de Oaxaca.
2 février : Quatre étrangers furent arrêtés à Oaxaca après avoir eu une confrontation avec le gouverneur Ulises Ruiz sur le cas Brad Will. Ils dénoncèrent qu'entre six et huit policiers, certains en uniformes d'autres habillés en civil, les arrêtèrent, les emmenèrent au quartier général de la police de Santa María Coyotepec avant de les présenter auprès du Bureau Procureur Général de Justice de l'État. Ils furent accusés de coups et dommages contre deux policiers. Le lendemain, ils furent libérés faute de preuves.
2 février : Au moins quatre personnes furent tuées et deux de plus se retrouvèrent blessés blessées lors d'une embuscade à San Miguel Copala, selon information de l'Ubisort à laquelle appartenaient les victimes.
Du 5 au 7 février : La Septième Rencontre du Mouvement des Personnes et Communautés affectées par la construction de barrages et en défense des fleuves (MAPDER) eut lieu à Paso de la Reina, municipalité de Jamiltepec, Oaxaca.
17 février : Après avoir passé 14 mois en prison, Juan Manuel Martínez Moreno, qui avait été accusé d'être l'auteur matériel de l'homicide du caméraman nord-américain Brad Will par le bureau du Procureur Général de la République a été libéré.
11 mars : Des indigènes appartenant au Mouvement Indépendant en faveur de l'Unification et de la Lutte Triqui (MULT-I) ont récupéré les bureaux de la mairie de San Juan Copala, ceux-là mêmes qui se trouvaient occupés depuis décembre 2009 par l'Union pour le Bien Être Social de la Région Triqui (Ubisort), liée au PRI. Ils ont affirmé que des tueurs à gage engagés par l'Ubisort les avaient attaqués et qu'ils avaient blessé par balle María Rosa Martínez, de 64 ans.
24 mars : Des représentants de six municipalités du Oaxaca qui s'opposent à la construction d'un barrage à Paso de la Reina ont affirmé que la Commission Fédérale d'Électricité, la Commission Nationale de l'Eau ainsi que le gouvernement de l'état prétendent commencer les travaux de construction du barrage sans le consentement d'environ 17 mille indigènes et paysans. Lors d'une conférence de presse tenue à Mexico, ils ont informé qu'ils avaient dénoncé ces faits auprès de la Commission Nationale des Droits Humains et ils ont signalé que les autorités s'étaient refusées à les informer des dommages qu'occasionnerait la réalisation du dit projet.
7 avril : Le Pouvoir Judiciaire Fédéral a rejeté un appel présenté par le gouverneur du Oaxaca Ulises Ruiz, qui, de ce fait, pourrait devoir faire face à un procès politique suite à la demande présentée à son encontre auprès du Congrès local par les fractions du PAN, PRD et Convergence en 2009. Le mandataire du PRI avait sollicité ce recours lorsque le Tribunal Électoral du Pouvoir Judiciaire de la Fédération en était venu à conclure qu'il avait violé la Constitution en promouvant son image par le biais de fonds publics durant les élections de 2009.
18 avril : Un militant du Mouvement Indépendant en faveur de l'Unification et de la Lutte Triqui (MULT-I) a été assassiné par des personnes armées, membres supposés de l'Union pour le Bien être Social de la Région Triqui (Ubisort) dans les bureaux de la mairie de San Juan Copala. Le MULT-I a affirmé également que l'Ubisort a installé des barrages à l'entrée de la ville pour empêcher l'entrée d'aliments et qu'elle avait suspendu les services d'électricité et d'eau courante.
25 avril : L'assemblée plénière de la Section 22 du Syndicat National des Enseignants (SNTE) du Oaxaca a fixé à l'unanimité le début d'une nouvelle offensive contre le gouvernement d'Ulises Ruiz, qui devrait inclure l'occupation d'édifices publics et des manifestations publiques (l'une d'entre elles à Mexico), ceci afin d'exiger un procès politique contre le gouverneur.
27 avril : une mission d'observation des droits humains a été attaquée par des membres de l'Union pour le Bien être Social de la Région Triqui (Ubisort) alors qu'elle se rendait à la municipalité autonome de San Juan Cópala. La caravane souhaitait apporter une aide humanitaire et commenter la situation des droits humains dans la zone. Lors de cette agression Beatriz Alberta Cariño Trujillo, directrice de CACTUS, et l'observateur international finlandais Jyri Jaakkola ont été tués. Cette attaque a soulevé une large condamnation à échelle nationale et internationale, autant de la part d'organisations non gouvernementales que de la part d'organismes supranationaux (comme l'ONU ou l'UE). Le gouverneur du Oaxaca, Ulises Ruiz Ortiz (PRI),a décliné la responsabilité du gouvernement de l'état dans cette affaire. Il a même remis en question la présence d'observateurs internationaux dans la dite mission en considérant qu'il serait souhaitable d'enquêter sur leur statut migratoire. Du fait de l'impact obtenu par cette agression, le bureau du Procureur Général de la République (PGR) a décidé de se charger de l'enquête.
6 mai : Le groupe parlementaire du PRI au sein du Congrès local a exonéré le gouverneur Ulises Ruiz face aux accusations pour délits électoraux, évitant ainsi qu'un procès politique ne s'ouvre à son encontre.
10 mai : deux inconnus ont attaqué et menacé de mort Marcelino Coache Verano, activiste appartenant à l'Assemblée Populaire des Peuples du Oaxaca (APPO) et secrétaire du syndicat des travailleurs de la mairie de la ville Oaxaca de Juárez.
12 mai : plusieurs rapporteurs spéciaux de l'ONU ont affirmé être “ profondément préoccupés par la détérioration de la situation des défenseurs des droits humains au Mexique.”
13 mai : les autorités de la municipalité autonome de San Juan Copalá ont annoncé l'organisation d'une nouvelle caravane d'aide humanitaire à San Juan Copalá. En hommage aux deux personnes tuées lors de la caravane en avril, celle-ci devrait porter le nom de “Bety Cariño et Jyri Jaakkola.”
13 mai : Evencio Nicolás Martínez Ramírez, secrétaire du gouvernement du Oaxaca, a prévenu que “ceux qui cherchent à s'approcher de la zone triqui se mettraient en danger.”
14 mai : des membres supposés de l'Ubisort ont kidnappé un groupe de 11 femmes et enfants de San Juan Copalá alors qu'ils revenaient de Santiago Juxtlahuaca où ils étaient aller acheter des vivres. Ils ont été libérés le lendemain.
17 mai : lors d'une conférence de presse, Rufino Juárez Hernández, leader de l'Ubisort,a déclaré qu'il n'existait pas “les conditions les plus minimes” pour une nouvelle caravane à San Juan Copalá, et a décliné toute responsabilité face à toute situation “lamentable]” dont elle pourrait faire l'objet. Il a ajouté que la présence d'observateurs étrangers “aux yeux clairs et aux cheveux longs” ne contribuerait pas à résoudre la situation actuelle dans la zone triqui.
17 mai : les autorités municipales de San Juan Copalá ont demandé la présence de la Croix Rouge nationale et internationale dans leur municipalité afin de constater la situation vécue par ses habitants.
20 mai : Timoteo Alejandro Ramírez, leader triqui et promoteur de la municipalité autonome de San Juan Copalá, et son épouse, Cleriberta Castro, ont été assassinés à Yosoyuxi.
29 mai : Marcelino Pedro Hernández, Jiménez et Eleazar Asunción Sánchez Hernández, habitants de Zimatlán de Lázaro Cárdenas, municipalité de Putla Villa Guerrero, sont portés disparus.
1 juin : la Sous-Commission pour les Droits Humains du Parlement Européen a demandé au gouvernement mexicain de garantir la sécurité de la seconde caravane à San Juan Copala, prévue pour le 8 juin. L'Union Européenne affirme la responsabilité les autorités du Oaxaca et du gouvernement fédéral de l'intégrité des défenseurs des droits humains qui y prendraient part.
7 juin : les organisations membres du Réseau pour la Paix du Chiapas ont émis un communiqué sur San Juan Copalá, en exigeant que des mesures de sécurité soient prises en faveur des membres de la nouvelle caravane d'aide humanitaire.
8 juin: la caravane d'aide humanitaire “Bety Cariño et Jyri Jaakkola”, formée par environ 300 personnes et qui portaient entre 30 et 35 tonnes de vivres à San Juan Copalá, n’est pas parvenue à entrer dans la municipalité autonome, car des membres de l'Ubisort leur ont bloqué la route.
24 juin : une attaque de membres présumés de l'Ubisort a laissé une enfant blessée à San Juan Copala.
26 juin : une nouvelle attaque supposément aux mains de l'Ubisort a conduit à un bilan de deux femmes blessés à San Juan Copala.
30 juin : un affrontement entre des habitants et fonctionnaires du gouvernement à San José el Progreso a provoqué la mort de deux personnes, le maire priiste, Óscar Venancio Martínez, et le responsable de la santé. Deux personnes furent également blessées et 12 autres furent arrêtées. Ce même jour, un groupe inconnu a kidnappé le prêtre Martín Octavio García Ortiz, qui a donné un suivi aux processus d'organisation contre les opérations de l'entreprise minière , Cuzcatlán. Ce groupe l’a remis au bureau du Procureur Général de Justice au Oaxaca, qui ne le libéra que 48 heures plus tard “pour résoudre sa situation juridique.”
1er juillet : Severiano Flores Ramírez, pasteur et membre de l'Ubisort dans la région triqui a été assassiné. L'administration de San Juan Copalá et MULT-I ont décliné toute responsabilité dans le cas.
2 juillet : Rufino Juárez Hernández, leader de l'Ubisort, a déclaré qu'il n'y aurait pas forcément les conditions nécessaires pour installer les urnes de vote dans certaines zones de la région triqui lors des élections du 4 juillet. Il ajouta que les membres de l'Ubisort feraient tout leur possible pour faire en sorte que les citoyens triquis exercent leur droit constitutionnel à voter.
4 juillet : lors des élections au Oaxaca, la Coalition “Unis pour la Paix et le Progrès”, formée par les partis PAN, PRD, PT et Convergence, l'a emporté face à l'alliance PRI-Parti Vert Ecologiste, en gagnant l'élection au poste de gouverneur, ainsi que la mairie de la capitale de l'état et la majorité des députés au sein du Congrès de l'état. Le taux de participation fut d'environ 56%. Ces élections ont mis fin au règne de 80 ans du PRI dans cet état.
5 juillet : Eviel Pérez Magaña, candidat au poste de gouverneur pour le PRI et le Parti Vert Écologiste a accepté sa défaite électorale, en soulignant toutefois dans son discours que le PRI restait le parti le plus populaire au Oaxaca vu qu'il avait obtenu 550.000 suffrages lors de ces élections, 250.000 de plus que ceux du PAN.
11 juillet : un commando de pour le moins 15 personnes a ouvert le feu contre la prison de Tehuantepec permettant à trois prisonniers de s'échapper: Artemio Enrique Cruz, Víctor Jiménez Reyes y Cristian Alberto Santos Pérez.
12 juillet : environ 150 membres présumés de l'Ubisort ont pris en embuscade des habitants de la communauté de Guadalupe Tilapa à l'arme lourde avec un bilan de 6 blessés.
19 juillet : La campagne “Justice pour nos mort(e)s” a été lancée contre l'impunité dans les cas des assassinats de Bety Cariño et Jyri Jaakkola.
19 juillet : entre 100 et 300 policiers municipaux de Oaxaca de Juárez ont délogé près d'une centaine de vendeurs ambulants liés à l'APPO installés au centre-ville. Des jeunes au visage couvert et certains vendeurs répondirent en attaquant le restaurant Terranova, propriété des membres de la famille de l'ex-candidate du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) à la mairie Beatriz Rodríguez Casanova. Le bilan de l'affrontement fut de deux blessés et de 8 arrestations (y compris celle de 4 mineurs).
22 juillet : un groupe de San Sebastián Nopalera, municipalité de Santa Lucía Monteverde, signalé comme paramilitaire par les personnes agressées a ouvert le feu contre la communauté de Zimatlán de Lázaro Cárdenas, municipalité de Putla Villa Guerrero, avec un bilan d'un mort. Les habitants de Zimatlán cherchèrent à s'enfuir mais, se trouvant encerclés par les agresseurs, ils n'y parvinrent pas. Ils firent appel à une caravane humanitaire pour permettre l'évacuation des enfants, femmes et personnes âgées.


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