OAXACA Cronología

OAXACA : DATES IMPORTANTES

A travers cette chronologie, nous ne prétendons pas couvrir toute l'histoire du Oaxaca, mais plutôt donner certains éléments clés permettant de mieux comprendre les événements récents.

RACINES AUTOCHTONES

L’histoire des groupes autochtones du Oaxaca remonte à 10.000 ans av. J.-C., avec l’arrivée des premiers groupes nomades dans les vallées centrales du Oaxaca. Les indices les plus anciens qui rendent compte de la domestication du maïs dans la vallée du Oaxaca datent de 5000 av. J.-C.. et ceux du haricot entre 4000 et 3000 av. J.-C.. Ces cultures marquent la transition définitive entre la vie nomade et semi-nomade à la vie sédentaire.

Deux grandes civilisations ont marqué l’histoire précolombienne du Oaxaca. La civilisation Zapotèque a prospéré à partir de l’an 300 av. J.-C. autour de l’aire de Monte Albán. Aux environs de 1200, la civilisation Mixtèque s’est imposée avant de souffrir à son tour les tentatives de domination de la part des Aztèques au XVème siècle et au début du XVIème.

Pintura

A partir de 1520, les Espagnols ont conquis la région du Oaxaca en profitant des conflits entre les différentes ethnies. Les peuples de la Sierra (Zapotèques et Mixes principalement) ont opposé le plus de résistance. D’un autre côté, les populations autochtones furent décimées par des maladies comme la virole. Dans la région Mixtèque (Ouest du Oaxaca), elle passa de 700 000 au moment de la Conquête à 25 000 en 1700.

Durant l’époque coloniale, de nouvelles structures gouvernementales et modèles culturels se sont formés, produit d’un mélange entre les formes pré-coloniales et pré-hispaniques. Au sein des groupes indigènes, ces cultures ont fait preuve d’une grande versatilité pour s’approprier et s’adapter aux changements des cinq derniers siècles. Le manque de définition des limites territoriales formelles entre les innombrables communautés autochtones depuis cette époque reste l’une des principales sources de conflits agraires dans l’actualité.

:: SUMMAIRE

 

3 février 1824

Création de l’état du Oaxaca. Índex ...

1858-1872 Une personne originaire du Oaxaca président de la République

Benito Juárez, indigène Zapotèque de Oaxaca, une figure-clé de l’histoire mexicaine. Índex ...

Benito Juárez

Début du XXème siècle

Originaires du Oaxaca, adversaires et critiques du système, les frères Enrique et Ricardo Flores Magón fondèrent le journal Régénération, un des rares moyens de communication écrits qui s’attaquaient à la dictature de Porfirio Díaz (d’ailleurs lui aussi originaire du Oaxaca). A l’époque, la cause “Magoniste” gagna de nombreux adeptes dans tout le Oaxaca et continue d’avoir une influence dans cet état à ce jour. Índex ...

Hnos. Magón

(1962 - 1968) : Gouvernement de Rodolfo Brena Torres  (PRI)

1er novembre 1965 : création de la Police Judiciaire Etatique qui intègre une partie du personnel des “services secrets”.

Mars 1967 : par le biais d’une résolution présidentielle, 28 communautés du Chiapas s’installent dans 594 hectares de la région de Chimalapas, des terres considérées historiquement comme appartenant au Oaxaca. Le conflit qui commence alors reste sans solution à ce jour.

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(1968 - 1970) : Gouvernement de Víctor Bravo Ahúja  (PRI)

1er décembre 1968 : Arrivée au pouvoir de Victor Bravo Aguja. A peine deux ans plus tard, il laisse le poste de gouverneur pour devenir Ministre de l’Education Publique au sein du gouvernement fédéral du président Luis Echeverría.

Pendant sa période au pouvoir, le gouvernement du Oaxaca et les entrepreneurs locaux se rapprochèrent grâce à des aides fiscales et à l’incorporation de certains d’entre eux au sein du gouvernement et de la structure du PRI.

Índex ...

(1970 - 1974): Gouvernement de Fernando Gómez Sandoval  (Gouverneur provisoire - PRI)

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(1974 - 1977): Gouvernement de Manuel Zárate Aquino  (PRI)

Au moment de son arrivée au pouvoir, le gouverneur laissa entrevoir qu’il appliquerait une politique de main de fer face aux conflits agraires, à la formation de syndicats et aux grèves réalisées par les organisations étudiantes et populaires de l’état, et au sein desquelles les dirigeants universitaires de l’Université Autonome Benito Juárez de Oaxaca jouaient un rôle important.

En 1977, un conflit au départ universitaire s’est étendu à la société du Oaxaca en général vu que d’autres problèmes sociaux, syndicaux, agraires et politiques étaient aussi en jeu : par exemple, le conflit syndical des entreprises Oaxaca-Pacifique et Estrella del Valle où il existait une grève, les augmentations du tarif des transports publics dans l’Isthme, l’arrestation de dirigeants paysans et urbains, etc. Une situation dans laquelle il était impossible de gouverner dégénéra en une situation de forte division sociale.

En février 1977, une manifestation fut réprimée à Juchitán. Plusieurs paysans furent assassinés. A San Juan Lalana, la police étatique assassina des paysans qui protestaient face à la prison municipale suite à l’arrestation de plusieurs habitants du village. Face à la situation chaotique existante dans l’état du Oaxaca, le Congrès fédéral envoya une Commission de Législateurs pour mieux connaître la situation. Le 2 mars 1977, alors que cette Commission se trouvait encore au Oaxaca, une manifestation d’étudiants et de travailleurs fut réprimée par la police qui tira de manière sans discrimination sur les manifestants. Il y eut deux morts et une douzaine de blessés par balles. Le 3 mars 1977, la ville fut pratiquement occupée par l’armée. Le gouvernement fédéral obligea le gouverneur à démissionner ainsi qu’aux recteurs universitaires de l’époque, parmi lesquels Martínez Soriano (un acteur dont on entendra à nouveau parler dans les décennies suivantes, y compris dans le cadre de la crise de 2006). Le gouvernement fédéral nomma alors un gouverneur provisoire au sein de la Chambre des députés, le Général Eliseo Jiménez Ruiz.

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(1977 - 1980) : Gouvernement de Eliseo Jiménez Ruiz  (Gouverneur provisoire - PRI)

Le général élu comme gouverneur provisoire, Eliseo Jiménez Ruiz, venait de désarticuler la guérilla de Lucio Cabañas dans l’état voisin du Guerrero (voir aussi dates importantes du Guerrero). On a dénoncé qu’il a introduit au Oaxaca une partie fondamentale de ses méthodes, en particulier un appareil répressif irrégulier connu sous le nom de “Brigade Blanche” (particulièrement active en 1977, 1978 et 1979) et qui poursuivait les personnes supposément "subversives" dans tout le territoire national.

Des milliers de personnes furent arrêtées de manière illégale ; certaines furent exécutées et d’autres restent disparues. Ces faits font partie de ce que l’on a coutume d’appeler la “guerre sale” (dans les années 60 et 70).

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(1980 - 1985): Gouvernement de Pedro Vázquez Colmenares  (PRI)

Pedro Vázquez Colmenares a réussi à jouer un rôle déterminant dans la contention des mobilisations populaires. Il a également instauré sept délégations du gouvernement, une par région pour représenter le pouvoir exécutif et rapprocher les instances de gouvernement principalement des mairies afin de les aider en matière de conseil légal, technique, administratif et financier, ainsi que pour recevoir des sollicitudes, propositions, suggestions et plaintes de la part de la société civile. Il a également joué un rôle important dans l’avancée du projet touristique des Baies de Huatulco. Il renonça à son poste de gouverneur lorsqu’il fut nommé Directeur Général des Aéroports et Services Auxiliaires.

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(1985 - 1986): Gouvernement de Jesús Martínez Álvarez  (PRI)

En 1985, alors qu’il était député fédéral, Jesús Emilio Martínez Álvarez fut désigné Gouverneur provisoire du Oaxaca.

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(1986 - 1992) : Gouvernement de Heladio Ramírez López  (PRI)

Heladio Ramírez López est d’origine mixtèque. Il commença sa vie politique parmi les dirigeants paysans du PRI. En 1976 il fut élu Député Fédéral. De 1982 à 1986, il fut sénateur avant d’être élu au poste de gouverneur du Oaxaca de 1986 à 1992. Ce fut un sexennat d’apparente tranquillité. Cependant, il existe des dénonciations qui signale qu’il développa progressivement un réseau de faveurs et complicités.

Août 1990 : le gouverneur de l’état présenta auprès de la Chambre des Députés locale sa proposition de reformes en matière de droits indigènes.

1991 : les propriétaires de terres communales des Chimalapas lancèrent un processus de réconciliation agraire en invitant les propriétaires ejidales du Chiapas à se convertir également en propriétaires communales.

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(1992 - 1998): Gouvernement de Diódoro Carrasco Altamirano  (PRI)

Diodoro Carrasco Altamirano (® La Jornada)

27 janvier 1993 : création de la Commission Etatique des Droits Humains du Oaxaca.

1994: construction de la Centrale Eolienne de La Venta (Isthme de Tehuantepec).

30 août 1995 : le Congrès de l’état approuva la réforme au Code des Institutions Politiques et Procédures Electorales du Oaxaca afin de reconnaître les us et coutumes autochtones.

28 juin 1996: Le 28 juin 1996, un groupe armé apparut : l'Armée Populaire Révolutionnaire (EPR), lors de la commémoration du massacre de Aguas Blancas. Une centaine d'hommes et de femmes armés coiffés de cagoules rendirent public leur ‘Manifeste de Agua Blancas’, où ils dénoncèrent la même violence institutionnelle que celle qui régnait du temps où Lucio Cabañas Barrientos et Genaro Vázquez Rojas avaient pris les armes contre l'exploitation et l'oppression : ‘Face à la violence institutionnalisée, la lutte armée est un recours légitime et nécessaire du peuple pour restituer sa volonté souveraine et rétablir l'Etat de Droit’. Une de leurs principales demandes est la justice. Ce même jour, dans la nuit, un affrontement armé se produisit entre un groupe de l'EPR et la police judiciaire de l'état à Zumpango del Río. Trois policiers furent blessés.

29 août 1996 : deux mois après cette première apparition publique à Aguas Blancas, Guerrero, l’EPR réalisa une attaque à La Crucecita, Huatulco, Oaxaca, et dans 5 autres états du Mexique.

1996 : Cet apparent affrontement à La Crucecita allait servir de prétexte pour justifier la répression contre les Indiens de la Région Loxicha, dans la Sierra Sur de Oaxaca : on a depuis dénoncé les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les assassinats, les vols, les viols de femmes et les harcèlements contre des habitants innocents en les rendant coupables d’un grand nombre de délits d’ordre fédéral et en les accusant d’une relation supposée avec l’EPR. Selon les organisations sociales, au cours des années suivantes, il y eut pour le moins 200 arrestations illégales, 150 cas de torture, 32 perquisitions illégales, 22 exécutions extra-judiciaires, 22 disparitions forcées, 137 personnes en prison pour des raisons politiques et de conscience et un nombre indéterminé d’abus sexuels, de harcèlement, de menaces de mort et de procès pénaux irréguliers.

18 décembre 1996 : une violente opération policière et militaire est réalisée dans la communauté Zapotèque de Asunción Lachixila, Municipio de Santiago Camotlán dans le Rincón Bajo de la Sierra Juárez. Plus de 300 militaires, policiers judiciaires et de la Police préventive font irruption dans cette communauté et plusieurs autres alentour dans 38 véhicules et avec trois hélicoptères armés de mitraillettes. Ces communautés appartenaient à l’Union Indigène Zapotèque Chinanteca Emiliano Zapata (UIZACHI-EZ). Les policiers et militaires réquisitionnèrent les maisons, brutalisèrent des femmes et personnes âgées et arrêtèrent 7 paysans sans mandat d’arrêt.

A partir du 10 juin 1997, les femmes, épouses et enfants des prisonniers de la région Loxicha s’installèrent en sit in face au palais du gouvernement de la ville de Oaxaca pour demander une application impartiale de la justice ainsi que le châtiment des responsables des arrestations légales et des exécutions extra-judiciaires.

8 janvier 1998 : un groupe de l'EPR se scinda pour créer l'’Armée Révolutionnaire du Peuple Insurgé’ (ERPI), un mouvement qui se voulait plus proche de la base quant à la prise de décisions. L’ERPI rassembla le secteur le plus important de militants et leaders de l’EPR au Guerrero. Il réalisa des actions militaires et politiques. C'est le groupe armé le plus proche de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) en termes d’idéologie.

18 avril 1998 : Arrestations en plusieurs endroits du Oaxaca : à Tuxtepec, 16 membres du Conseil Indigène Populaire Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM) sont arrêtés avec l’aide de plus de 500 membres de la police judiciaire, préventive et de l’armée. Au même moment, 25 personnes sont détenues dans la Présidence Municipale de Putla de Guerrero de même que 5 autres membres de cette organisation à Puerto Escondido.

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(1998 - 2004): Gouvernement de José Murat (PRI)

1999 : un groupe armé nommé Conseil Régional Ouvrier, Paysan, Urbain de Tuxtepec (CROCUT) apparaît dans la Région du Papaloapan. On l’a accusé d’être un groupe paramilitaire, de recevoir la protection des hauts fonctionnaires étatiques et fédéraux, de porter des armes de gros calibre d’utilisation exclusive de l’armée, ainsi que de commettre impunément une série de délits.

1er décembre 2000 : 20 militants des Forces Armées Révolutionnaires du Peuple (FARP) font irruption dans le centre du village de Nazareno Etla, à 10 kilomètres de la ville de Oaxaca. Ils réalisent une réunion, répartissent des propagandes et se manifestent contre le “projet néolibéral” du président Vicente Fox. Ils prennent distance avec l’EPR et l’ERPI. Selon certains témoins, les militants portaient des armes de gros calibre (apparemment AK-47), des uniformes de couleur noire et des cagoules. Ceci eut lieu un jour avant de la visite du président Fox à la capitale du Oaxaca.

8 décembre 2000 : La Chambre des Députés du Oaxaca approuve à l’unanimité une loi d’Amnistie pour l’état qui bénéficiera principalement à 61 indigènes Zapotèques en prison et à plus de 250 autres contre qui il existe un mandat d’arrêt pour leur lien présumé avec l’EPR.

Janvier 2001 : Monseigneur Arturo Lona Reyes,  l’un des partisans la théologie de la Libération au Mexique, renonce au poste d’évêque de Tehuantepec pour avoir atteint la limite d’age fixée par le Vatican. Il est resté face à ce diocèse pendant 30 ans.

20 septembre 2001 : le CROCUT, avec un commando de plus de 100 personnes armées font irruption dans le Rancho Orozco, situé dans le village de Playa de Jícama à San Miguel Soyaltepec, avec un bilan de un mort.

Novembre 2001 : les trois principaux dirigeants du CROCUT sont arrêtés pour délits de droit commun (ils sont remis en liberté un an plus tard).

1er janvier 2002: Des membres du CROCUT agressent 46 membres du Conseil Indigène Populaire Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM) appartenant aux communautés de Santiago Yagallo, San Isidro Reforma et Santa Maria Yaviche, dans la Sierra Norte du Oaxaca.

26 avril 2002 : Deux paysans sont tués et 9 autres personnes blessées à Pinotepa Nacional suite à un conflit post électoral dans cette municipalité.

31 mai 2002 :   Massacre de Agua Fría : Le 31 mai 2002, 26 paysans originaires de Santiago Xochiltepec, municipalité de Santiago Textitlán, situé dans la Sierra Sur du Oaxaca furent pris dans une embuscade et assassinés de plus de 100 coups de feu dans le lieu appelé Agua Fría. On leur a appliqué le coup de grâce dans la tête ou le sexe avec des armes de gros calibre, avant de leur voler l’argent qu’ils portaient sur eux. 16 habitants du village à proximité, Santo Domingo Teojomulco furent arrêtés. Dans cette zone, parmi les plus pauvres du Oaxaca, six villages maintiennent des conflits ancestraux au sujet de la propriété de mille hectares boisés et de terres fertiles. Ces conflits avaient déjà provoqué environ 300 morts au cours des dernières années avant le massacre de Agua Fría. Cependant, il faut souligner l’existence d’autres facteurs de caractère structurel, historique et politique (la négligence des différents niveaux de gouvernement lorsqu’il s’agissait de répondre à cette situation de conflit).

Octobre 2002 : Les habitants de la région Loxicha au Oaxaca ont dénoncé l’ex gouverneur du Oaxaca et ex Ministre de l’Intérieur, Diódoro Carrasco Altamirano, auprès de la Commission Spéciale du Ministère Public pour les Mouvements Sociaux et Politiques du Passé pour sa responsabilité présumée dans des délits contre l’humanité, torture, disparition forcée de personnes et abus d’autorité.

25 janvier 2003 :  le Forum Agraire contre la Répression et le Paramilitarisme a été réalisé dans la ville de Tuxtepec, avec la présence de plus de 40 organisations sociales, syndicales, indigènes et indépendantes de tout le pays. Les organisations ont exigé un arrêt total de la répression contre les communautés autochtones et les dirigeants sociaux. Bien que cette chronologie ne puisse couvrir tous les cas, on peut observer un contexte de répression permanent à l’encontre de diverses organisations sociales comme le CIPO-RFM, la Coordination du Oaxaca Magoniste Populaire Antinéolibérale (COMPA), le FPR (Front Populaire Révolutionnaire) et le CODECI (Comité de Défense Citoyenne).

14 mai 2003 : Carlos Manzo, dirigeant du Conseil Citoyen de Unión Hidalgo et membre du Supplément Cultural Ojarasca du journal La Jornada est arrêté.

18 mars 2004 :Un groupe d’inconnus tira sur José Murat, qui fut légèrement blessé. L’enquête postérieure d’experts signala que le gouverneur du Oaxaca aurait pu avoir planifié un auto-attentat. Il n’y eut pas de suites judiciaires.

14 septembre 2004 : environ 200 policiers utilisèrent des bombes de gaz lacrymogène et étourdissantes ainsi que des jets d’eau pour expulser les sit ins permanents que des membres du CIPO-RFM maintenaient face au Palais du Gouvernement et au Temple de Santo Domingo dans la ville de Oaxaca depuis le 20 avril 2004.

Índex ...

(2004 – aujourd’hui) : Gouvernement de Ulises Ruiz Ortiz (PRI)

Ulises Ruíz Ortíz (® Gobierno del Estado de Oaxaca)1er janvier 2005 : La population de San Blas expulse les autorités officielles dirigées par Agustina Acevedo Gutiérrez du palais municipal et fonde la « Mairie Populaire t Autonome de San Blas Atempa ». Depuis lors elle fonctionne comme une municipalité autonome parallèle.

Février 2005 : Des organisations sociales et civiles dénoncent que depuis son arrivée au pouvoir, le gouverneur Ruiz a essayé d’imposer des maires dans des communautés autonomes. Santiago Xanica est une de ces communautés qui avait expulsé les partis politiques de sa vie quotidienne. Lorsqu’un maire du PRI fut imposé, ils refusèrent de participer dans les activités de labeur communautaire (le ‘tequio’) définies par celui-ci et décidèrent de construire leurs propres maisons. Le 15 janvier 2005, des membres de la police préventive entourèrent les villageois alors qu’ils réalisaient ce travail en commun et ouvrirent le feu. Les villageois se défendirent à coup de pierres, briques et de pelles. Lors de cet affrontement, trois villageois furent blessés et détenus, tous membres de la COMPA. Suite à ces faits, la COMPA organisa deux sit in permanents, l’un dans la ville de Mexico et l’autre dans le ville de Oaxaca. La COMPA négocia avec le Président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), José Soberanes, qui leur promit d’organiser un dialogue avec Ulises Ruiz en présence de trois observateurs de la CNDH. Le 3 février 2005, une commission de la COMPA devait se réunir avec le sous secrétaire  du gouvernement du Oaxaca, Joaquín Palacios, pour définir les thèmes qui feraient l’objet de la réunion avec le gouverneur. En sortant de cette réunion, les membres de la commission furent arrêtés par des membres de la police préventive en présence des trois observateurs de la CNDH. Deux détenus furent libérés quelques heures plus tard, mais le troisième, Alejandro Cruz de l’Alliance Magoniste Zapatiste fut maintenu en prison. Quelques heures après ces faits, deux autres dirigeants de la COMPA, Samuel Hernández et Jaquelina López furent arrêtés dans les bureaux du CODEP (Comité de Défense des Droits du Peule), ceci en présence de l’un des observateurs de la CNDH.

Juin 2005 : depuis le début de son administration,  Ulises Ruiz a été critiqué pour sa politique de censure vis-à-vis du journal local ‘Noticias de Oaxaca’ (Nouvelles du Oaxaca). En juin 2005, des membres de la Confédération Révolutionnaire Ouvrière et Paysanne (CROC), un organisme allié du gouvernement, ont occupé les bureaux de ce journal. Pendant 30 jours, 31 employés ont été séquestrés dans les installations du journal jusqu’à ce qu’ils soient violemment expulsés de celles-ci. Il existe des photos et vidéos qui impliquent la police dans l’occupation des bureaux de ce journal, dans le vol de journaux, dans les coups portés aux porte-parole et dans la protection accordée à la CROC.

28 juillet: dans un communiqué, l’Armée Populaire Révolutionnaire a dénoncé: “Notre état de Oaxaca est encore la proie de groupes de caciques. Dams le cadre du contexte de la succession présidentielle, depuis un bon moment, les groupes du PRI dirigés par Roberto Madrazo et Elba Esther Gordillo ont étendu leurs conflits jusqu’à nos terres, les convertissant en un ring de boxe”.

Août: En utilisant le slogan “tourisme et culture pour le développement”, contre l’opinion populaire et en violant des règlements et lois nationales et internationales, le remodelage de la place principale de la ville de Oaxaca a pris fin. Il existe des dénonciations dans le sens que ce remodelage cherchait à éviter la réalisation de manifestations dans le centre-ville.

2006

Janvier: Afin de “lutter contre l’autoritarisme du gouvernement et de promouvoir une culture de respect des droits humains”, des personnalités reconnues dans les domaines civil, académique et religieux, travailleront comme Observateurs de Qualité, dans un exercice citoyen mis en place par le Collectif pour la Démocratie, un organisme qui regroupe diverses organisations civiles et sociales de l’état de Oaxaca.

Février: Parcours de l’Autre Campagne, initiative zapatiste dans l’état de Oaxaca.

1er mai: Les enseignants de la Section 22 du Syndicat National des Travailleurs de l’Education (SNTE) ont remis au gouvernement un document qui explique les objectifs de leur mouvement qui incluent une augmentation de leurs salaires et de meilleures conditions de travail.

***

14 juin : un sit in de la section 22 du Syndicat National des Enseignants (SNTE) qui se tenait au milieu du centre historique de la ville de Oaxaca est violemment réprimé.  Bilan : 4 morts et 92 blessés.

Du 17 au 21 juin: Face à la répression, constitution de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO).

Juillet: sous la protection de l’APPO, la population de près de 30 municipalités renient les maires élus (majoritairement du PRI) et installent leurs propres gouvernements populaires.

16 et 17 août : Le Forum National « Construire la Démocratie et la capacité de gouverner à Oaxaca » rassemble 1500 personnes originaires de toutes les régions de l’état. Son principal objectif était d’analyser le contexte et de proposer des alternatives de solution.

30 août: Six groupes, supposément des guérillas, ont publié un communiqué par le biais duquel ils menacent de réaliser de “fortes actions” si les gouvernements de l’état et fédéral utilisent la force pour réprimer le mouvement populaire. Certains analystes considèrent qu’il s’agit d’une propagande diffusée par le même gouvernement afin de justifier les actions répressives et la militarisation de la Sierra Norte.

Du 4 au 8 septembre : une mission civile d’observation au Oaxaca est convoquée par le Réseau de Oaxaca pour les Droits Humains et le Réseau National « Tous les Droits pour Tous et Toutes ». Formée par 16 organisations nationales et internationales (y compris le SIPAZ), la délégation visite la ville de Oaxaca et plusieurs municipalités voisines afin d’observer la situation dans l’entité, d’informer sur les violations des droits humains et de publier un rapport.

Septembre: Une négociation a commencé entre le Ministère de l’Intérieur, l’APPO et la Section 22 du SNTE, sans parvenir à des résultats significatifs: l’APPO et le syndicat ont continué à exiger la démission du gouverneur Ulises Ruiz comme un point non négociable alors que le Ministère de l’Intérieur propose une “transformation profonde du gouvernement de l’état” qui ne passerait pas par la destitution du gouverneur.

4 octobre : réunion au Ministère de l’Intérieur durant laquelle un « pacte pour la capacité de gouverner, la paix et le développement à Oaxaca » devait être signé, ce qui n’a pas été possible.

12 octobre : début de l’initiative citoyenne de Dialogue pour la Paix, la Justice et la Démocratie au Oaxaca, en présence d’environ 2000 personnes. Elle approuve la déclaration de Santo Domingo et met en place six groupes de travail :

      • Groupe 1 : Nouvelle Démocratie et capacité de gouverner (la crise politique)
      • Groupe 2 : Economie sociale et solidaire (la crise économique)
      • Groupe 3 : Vers une nouvelle éducation (la crise éducative)
      • Groupe 4 : Harmonie, justice et équité sociale (la crise sociale)
      • Groupe 5 : Patrimoine historique, culturelle et naturelle à Oaxaca
      • Groupe 6: Moyens de communication au service des peuples

27 octobre: lors d’une série de conflits violents, 4 personnes ont été tuées (parmi celles-ci, un journaliste nord-américain) et plusieurs autres ont été blessées dans différentes parties de la ville de Oaxaca. Selon les organisations de droits humains, il existe des preuves de la participation de policiers locaux ainsi que de groupes organisés, entraînés et armés par le gouvernement de l’état de Oaxaca pour réaliser des actions violentes contre les mouvements qui s’opposent au pouvoir local.

29 octobre : la Police Fédérale Préventive (PFP) est envoyée à Oaxaca par le gouvernement fédéral. Elle a commencé trés tôt son entrée dans la ville et a pris le contrôle de la place centrale pendant la nuit. Tandis que l’APPO parlait de pour le moins 4 morts, le gouvernement fédéral a affirmé qu’il n’y en avait eu aucun.

30 octobre : Ulises Ruiz a réaffirmé sa position, en déclarant qu’une éventuelle prise de congé de son poste "n’est ni la discussion ni la solution à la crise politique dans l’état de Oaxaca". Postérieurement, la Chambre des députés (à l’exception du PRI et du Parti Vert Ecologiste, PVEM) a accordé de demander au gouverneur Ulises Ruiz de prendre un congé ou de démissionner. Immédiatement, le gouvernement de Oaxaca a présenté une controverse constitutionnelle en considérant que la Chambre des députés avait excédé ses facultés.

La Chambre des sénateurs (qui auparavant s’était opposée à faire disparaître les pouvoirs à Oaxaca a demandé (à l’unanimité, y compris le PRI) à Ulises Ruiz qu’il “reconsidère la possibilité de renoncer pour contribuer au rétablissement de la capacité de gouverner, la normalité et la paix”. Elle a invité toutes les parties dans le conflit, sans exception, à contribuer en ce sens.

2 novembre : L’entrée de la PFP a marqué une différence dans la situation du conflit prolongé à Oaxaca sans que ceci ne conduise à sa solution de fond. Au contraire, à partir du 2 novembre des affrontements violents se sont présentés dans la zone universitaire entre les membres de l’APPO et la PFP, le contrôle de la Radio Université étant l’un des points les plus critiques au moment de ces affrontements.

6 novembre : des guérillas ont fait exploser plusieurs bombes dans la capitale du Mexique dont les cibles furent des banques, le Tribunal électoral et un siège du PRI. Ils ont justifié leur action comme étant une forme de protestation contre la fraude électorale ainsi que contre la répression à Oaxaca et à Atenco.

Tout au long de la semaine suivante, l’APPO a intensifié ses actions. Ses membres firent appel à une "nouvelle offensive " et organisèrent à nouveau des mobilisations populaires massives (qui comptèrent avec la participation de dizaines de milliers de personnes) qui exigeaient la démission d’Ulises Ruiz et le retrait des troupes fédérales. Ils reçurent également des démonstrations de solidarité dans plusieurs villes d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud ainsi que dans la ville de Mexico.

Cependant, le Ministre de l’Intérieur Abascal décida d’accorder un délai à Ruiz pour que celui-ci ait l’opportunité de présenter son "plan de réconciliation"

13 novembre : l’APPO a présenté son nouveau plan d’action, qui contemplait la formation d’un conseil de 250 membres, la réinstallation des barricades, la possibilité de reprendre certains édifices publics, et d’empêcher la prise de possession de Felipe Calderón le 1er décembre si Ulises Ruiz ne démissionnait pas entre temps.

25 novembre : affrontement entre des agents de la PFP et des membres de l’APPO qui marchaient en direction du centre-ville. Le bilan, selon le journal ‘La Jornada’, est de plus de 140 blessés (trois d’entre eux étant des journalistes), 140 détenus et de nombreux édifices (publics et privés) ainsi que plusieurs automobiles incendiés.

27 novembre : des membres de l’APPO arrêtés durant les affrontements du 25 novembre sont transférés de la prison de Miahuatlán, Oaxaca, à celle de San José del Rincón, Nayarit. D’autres détenus sont conduits au Centre Fédéral de Haute Sécurité de Matamoros, Tamaulipas. Ces deux dernières prisons se trouvent à plus de mille kilomètres de distance de la ville de Oaxaca.

28 et 29 novembre : Forum des Peuples Indiens de Oaxaca. Environ 500 personnes y prirent part, représentant 14 des 16 peuples autochtones existant à Oaxaca.

1er décembre : Felipe Calderón Hinojosa est nommé président du Mexique et assume son poste dans un contexte de haute polarisation. Au Oaxaca, une manifestation de protestation a convoqué à plus de 5000 personnes.

4 décembre : Flavio Sosa, l’un des 264 conseillers de l’APPO, et trois autres de ses dirigeants, sont arrêtés à Mexico par le biais de l’application d’un mandat d’arrêt livré par un juge fédéral pour les délits de sédition, attaques des voies de communication et incitation à la violence. Les dirigeants de l’APPO sont conduits à la prison de haute sécurité Altiplano (avant La Palma), à Almoloya de Juárez, état de Mexico

16 décembre : la PFP s’est retiré du centre historique de la ville de Oaxaca,  et le contrôle de la ville est passé aux mains des policiers de l’état de Oaxaca.

17 décembre : 43 prisonniers qui avaient été arrêtés par la PFP et qui se trouvaient dans la prison de San José del Rincón, Nayarit, furent libérés.

18 décembre : la CNDH a présenté son premier rapport préliminaire sur les faits de violence à Oaxaca. Selon la commission : "Dans cet état et principalement, dans la capitale, la situation de conflit se maintient et il n’existe pas les conditions nécessaires et suffisantes pour le respect des droits fondamentaux ". Les 1211 plaintes reçues par la CNDH sont liées à "l’utilisation indue de la force publique, les détentions arbitraires, le manque de communication, la disparition de personnes, les dommages, lésions, menaces et fouilles illégales". Leur bilan depuis le début du conflit en juin était de 349 personnes détenues, 370 blessées et 20 morts.

22 décembre: Une nouvelle section du syndicat des enseignants (la 59) a été créée. Elle est formée d’enseignants qui s’opposent à la Section 22 ainsi qu’à ses “mobilisations et grèves constantes”. On l’a relie à la figure polémique d’Elba Ester Gordillo (dirigeante syndicale, ex secrétaire générale du PRI qui fut expulsée de ce parti en 2006).

2007

5  janvier : des représentants de la région indigène triqui de Oaxaca ont rendu public le fait que depuis le premier janvier, 20 communautés de la zone ont formé la municipalité autonome de San Juan Copala, qui fonctionnera sous le régime des us et coutumes indiens afin d’éviter la corruption et la violence provoquées selon eux par le système officiel des partis politiques. Ses dirigeants formaient partie de l’APPO et ont dénoncé des menaces de mort de la part des autorités de l’état.

17 janvier : La Suprême Cour de Justice de la Nation (SCJN) a accepté la controverse constitutionnelle présentée par le gouverneur de Oaxaca, Ulises Ruiz, contre l’exhortation faite par la Chambre des députés pour qu’il prenne un congé ou démissionne de son poste (à la fin octobre).

24 janvier: la Commission Permanente du Congrès mexicain a constitué une commission spéciale de législateurs qui vérifiera les violations des droits humains, ainsi que la situation légale et politique des habitants de Oaxaca mis en prison par le gouvernement d’Ulises Ruiz pour leur militance présumée au sein de l’APPO.

12 février: L’APPO a décidé de ne pas participer comme organisation dans le cadre des prochaines élections locales (pour le congrès du Oaxaca) et municipales qui doivent se réaliser cette année. Ils sont cependant parvenus à un accord dans le sens de promouvoir un vote de punition contre le PRI et le PAN pour leur rôle dans la répression contre le mouvement.

23 février: La Section 22 du SNTE a occupé plus de 30 bureaux de l’administration étatique pendant plusieurs tours. Elle a exigé le respect des accords passés avec le gouvernement fédéral en octobre 2006 (administration du président Fox). 

18 mars: Le sit in permanent installé par l’APPO depuis le 9 octobre 2006 face au Sénat de la République à Mexico. Des personnes qui y prenaient part ont dénoncé les agressions et vols commis durant l’expulsion et ont accusé le gouvernement de la ville de Mexico (du PRD) d’être complice d’Ulises Ruíz.

22 mars: Le Ministre de l’Intérieur, Ramírez Acuña, a assuré que l’administration de Felipe Calderón respecterait les accords passés avec l’APPO et la Section 22 du syndicat des enseignants qui avaient été signés par l’administration antérieure (du président Fox).

L’APPO a installé un autre sit in face aux bureaux du Procureur Général de la République à Oaxaca, comme une preuve de solidarité avec la famille de Brad Will (journaliste américain assassiné et pour exiger des résultats dans les enquêtes dans les cas des meurtres commis durant le conflit en 2006.

3 avril: L’Assemblée du Peuple de la Région Mixtèque, soutenu par l’APPO, a été mise en place dans l’une des régions de plus forte présence indigène de Oaxaca.

6 avril: la rupture interne du PRD de Oaxaca a été rendue publique. Des membres du PRD ont présenté séparément deux coalitions différentes auprès des autorités électorales : une, avalée par le PRD de l’état, et une autre, avalée par le PRD national, L’Institut Etatique Electoral (IEE) a accepté seulement la première, en argumentant que le PRD national n’était pas une instance légitime pour présenter une coalition de ce type à Oaxaca. Le PRD national, en accusant la direction de Oaxaca du PRD d’agir sous les ordres du gouverneur Ulises Ruiz, a fait appel de la décision de l’IEE d’entériner l’expulsion des membres du PRD de Oaxaca “rebelles ». Finalement, leur recours a été accepté et c’est le Front Ample Progressiste, la coalition avalée par le PRD national qui se présentera aux élections.

20 et 21 avril : un troisième Forum International pour la Défense des Droits Humains au Oaxaca a été réalisé dans la ville de Oaxaca.

25 mai: selon une dénonciation présentée par l’EPR, deux de ses membres (Edmundo Reyes Amaya et Gabriel Alberto Cruz Sánchez) sont portés disparus depuis cette date.

14 juin: Les enseignants de la Section 22 et des membres de l’APPO ont réalisé une marche en commémoration de l’expulsion violente du sit in réalisé par le syndicat l’année antérieure. Un sit in représentatif a à nouveau été installé dans la place centrale à partir du 18 juin.

19 juin: une dispute agraire qui remonte à 1941 a dégénéré en la mort de deux personnes, six blessées et huit disparues après un affrontement entre la municipalité de San Miguel Aloapan, identifiée avec le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), et l’agence municipale de San Isidro Aloapan, liée au Conseil Indigène Populaire de Oaxaca Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM).

27 juin: une table de négociation a été installée entre la Section 22 du syndicat des enseignants, l’APPO et le Secrétaire Général du Gouvernement de Oaxaca, Manuel García Corpus. Les thèmes abordés au cours des semaines suivantes furent la révision de la situation  juridique des prisonniers et de la grande majorité des détenus qui sortirent en liberté sous caution ; la remise de 188 écoles prises par la Section 59 (opposée à la Section 22) et la suspension définitive des mandats d’arrêt existants.

5 juillet: Le Mouvement d’Unification et de Lutte Triqui (MULT) a dénoncé la disparition de deux femmes dans la zone mixtèque du Oaxaca: Virginia Ortiz Ramírez et Daniela Ortiz Ramírez, deux soeurs de 14 et 20 ans.

10 juillet: l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) s’est rendue responsable de 8 explosions dans des conduits de Pétroles Mexicains (Pemex) situés à Guanajuato et Querétaro. Ils ont expliqué qu’elles font partie d’une campagne de harcèlement contre le gouvernement de Felipe Calderón et ont exigé de voir réapparaître en vie de deux de leurs membres (Edmundo Reyes Amaya y Gabriel Alberto Cruz Sánchez) disparus en mai.

16 juillet: Des affrontements entre des membres et sympathisants de l’APPO et des policiers ont provoqué 60 blessés tandis que 42 personnes étaient arrêtées. Ils ont eu lieu alors qu’environ 10 mille personnes réalisaient une Guelaguetza (fête traditionnelle) Populaire. 

Juillet: disparition de deux femmes triques de la zone mixtèque du Oaxaca: Virginia Ortiz Ramírez et Daniela Ortiz Ramírez, deux soeurs de 14 et 20 ans.

31 juillet: Amnesty International (AI) a publié un rapport sur la situation des droits humains au Oaxaca: “Oaxaca: clameur pour la Justice”.

1er août: Des membres présumé de l’ EPR ont fait sauter une bombe dans le sud de la ville de Oaxaca afin d’exiger la présentation en vie de ses membres disparus Edmundo Reyes Amaya et Gabriel Alberto Cruz Sánchez.

5 août: Des élections au Congrès de l’état du Oaxaca ont été tenues dans un contexte de relative tranquillité. Plus de 70% des électeurs se sont abstenus. Le PRI a maintenu sa majorité au sein du Congrès.

8 au 11 août: Le Président de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH), Rapporteur pour le Mexique et Rapporteur sur les Droits des personnes privées de leur Liberté, Florentín Meléndez, a visité l’état de Oaxaca.

7 octobre: Des élections ont été tenues dans 152 municipalités du Oaxaca qui fonctionnent sous le régime des partis politiques. La participation (64%) s’est maintenue comparée avec les élections municipales antérieures, bien que ce niveau cache des différences importantes. Le PRI a gagné la majorité des municipalités.

2 novembre: Par le biais de manifestations massives, l’APPO  a commémoré l’entrée de la Police Fédérale Préventive dans la ville Oaxaca. D’autres mobilisations ont été réalisées dans différentes régions de l’état (Mixtèque, Cañada, Isthme et Côte).

20 novembre: Horacio Sosa Villavicencio, dirigeant de l’APPO a été libéré après près d’un an en prison.

30 décembre: Lauro Juarez, leader indigène chatino, de 50 ans et membre de l’organisation sociale Union des Paysans Pauvres - Front Populaire Révolutionnaire (UCP-FPR), disparaît à l’endroit où cette organisation avait organisé une manifestation (route entre la ville de Oaxaca et Puerto Escondido).

2008

Février: Sixième visite de la Commission Civile Internationale d’Observation des Droits Humains (CCIODH) à Oaxaca.

6 mars: Après 11 mois en prison, David Venegas Reyes, “El Alebrije”, membre de l’APPO, est libéré de la Prison de Santa María Ixcotel.

7 avril: Teresa Bautista Merino et Felícitas Martínez Sánchez, femmes triquis qui travaillaient pour une radio appelée “La voix qui rompt le Silence”, sont assassinées dans la municipalité de de San Juan Copala alors qu’elles voyageaient en direction de la Ville de Oaxaca.

20 avril: Flavio Sosa Villavicencio, membre de l’APPO est libéré après un an et demi de prison.

au 12 mai: La Caravane “Le chemin du Jaguar; pour la régénération de notre mémoire et la défense du territoire”, initiative organisée par la Rencontre des Jeunes au sein du Mouvement Social à Oaxaca, a visité plusieurs communautés de la région de l’Isthme de Oaxaca.

16 mai: Environ 70 mille membres de la Section 22 du Syndicat National des Travailleurs de l’Education (SNTE) ont organisé une grève et ont manifesté dans les rues de la capitale de Oaxaca pour exiger une solution à leurs demandes qui incluent l’organisation d’une assemblée pour élire de nouveaux dirigeants et la remise d’écoles pour l’instant occupées par des membres du PRI et de la Section 59.

20 mai: Deux ans après le début du conflit, les membres de la Section 22 du SNTE et d’autres personnes en désaccord avec le gouvernement étatique ont installé un nouveau sit in permanent dans la place principale de la ville de Oaxaca.

22 juillet: des milliers d’habitants de Oaxaca, ainsi que des touristes nationaux et internationaux ont participé à la “Guelaguetza des secteurs enseignants et populaires” organisée par la Section 22 du SNTE dans le stade de l’Institut Technologique de Oaxaca, de manière alterne à la Guelaguetza promu par le gouvernement étatique.  Ce même jour, Adán Mejía López, membre de l’APPO et du groupe Tendance Marxiste Militante a été libéré de prison. Il avait été arrêté le 17 juillet 2007.

27 juillet: des inconnus ont tiré des coups de feu sur la maison du présentateur de Radio " Zaachila”. Jorge Aragón, également membre de cette radio communautaire a lui aussi été agressé.


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