GUERRERO: DATES IMPORTANTES

A travers cette chronologie, nous ne prétendons pas couvrir toute l'histoire du Guerrero, mais plutôt donner certains éléments clés permettant de mieux comprendre les événements récents. Depuis les années soixante, l'état du Guerrero se caractérise par un haut niveau de pauvreté, la décomposition sociale, le crime organisé, la corruption, la répression et l'impunité. L'état de Droit s’est vu fragilisé de manière constante, des crimes d’Etat sont restés impunis. Nous avons décidé de commencer notre chronologie par les années soixante qui marquent le début de la ‘Guerra Sucia’ (guerre sale) et de mettre l’accent sur les problématiques, conséquences et réactions de la part de la population durant les différents gouvernements successifs aux couleurs du Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) jusqu'en 2005.

 

:: INDEX

 

01/04/1957 => 04/01/1961: GOUVERNEMENT DE RAÚL CABALLERO ABURTO (PRI)

Durant les années soixante, on vit au Guerrero une situation de violence structurelle. Des ‘caciques’ qui ne veulent pas perdre leur pouvoir, des abus, la corruption, des crimes, des viols, la pauvreté, l’insalubrité, une distribution inéquitable de richesse, sont quelques uns des facteurs que doivent combattre quotidiennement les populations paysannes et indigènes du Guerrero.

En 1959, le professeur Genaro Vázquez Rojas créa l'Association Civique du Guerrero (ACG) afin de lutter contre les prix ridiculement bas que payaient les entreprises nord-américaines pour la ‘copra’ (extrait de la noix de coco avec lequel on produit de l'huile) et d'autres produits agricoles. Peu après, Genaro Vázquez Rojas fondera la Centrale Paysanne Indépendante (organisation agricole nationale) et l'Action Civile Nationale Révolutionnaire (ACNR). Índex ...

04/01/1961 => 31/03/1963: GOUVERNEMENT DE ARTURO MARTÍNEZ ADAME (PRI)

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01/04/1963 => 31/03/1969: GOUVERNEMENT DE RAYMUNDO ABARCA ALARCÓN (PRI)

Le 11 novembre 1966, Genaro Vázquez Rojas fut détenu par la police de l’état aux portes de la Centrale Agricole Indépendante, dans la ville de Mexico, et conduit à Chilpancingo, capitale du Guerrero. On l’accusait de monter le mouvement étudiant contre le gouvernement.

Un autre professeur, Lucio Cabañas Barrientos, tentait d'organiser politiquement le village de Atoyac, Costa Grande, à travers le ‘Parti des Pauvres’ (PDLP), une forme d'organisation étudiante et paysanne en lutte contre l'exploitation des paysans par les propriétaires terriens.

Dans ses classes, le professeur rural exhortait ses étudiants à installer un nouveau régime dans lequel les riches ne domineraient pas et dans lequel on exproprierait les entreprises pour les remettre entre les mains des travailleurs. Il proposait encore des réformes financières, judiciaires, éducatives et sociales centrées sur le bien-être des travailleurs, des fermiers et des femmes, un changement de la politique de dépendance du Mexique envers les Etats-Unis. A cause de ses activités politiques, il fut expulsé du Guerrero, pendant un certain temps à une école dans le Durango, puis revint grâce à la pression de ses élèves.

Le 18 mai 1967, les pères de famille et une partie du personnel d'une école de Atoyac, menés par Lucio Cabañas Barrientos, organisèrent une manifestation pour exiger le renvoi de certains professeurs qui divisaient l'école. Les manifestants décidèrent d'occuper l'école. Le gouvernement réprima violemment la manifestation : la Police Judiciaire de l'état du Guerrero et ses hommes de main au service des ‘caciques’ de la région tirèrent sur les manifestants, laissant 5 morts et des dizaines de blessés. Depuis ce jour, Lucio Cabañas Barrientos prit le maquis pour continuer la lutte contre le gouvernement.

Les années suivantes, Lucio Cabañas Barrientos opéra sur la côte du Guerrero. Ses Brigades de Justice Paysanne attaquaient des bataillons de l'armée mexicaine et des unités de police, exécutaient des vols dans les banques et kidnappaient des propriétaires terriens, des éleveurs de bétail et des hommes d’affaires, se manifestant toujours contre le gouvernement local. Il devint ainsi l’un des pires ennemis du gouvernement, et pour cette raison, l'armée mexicaine ne cessa de le poursuivre.

Le 22 avril 1968, Genaro Vázquez Rojas fut libéré de prison par un commando armé composé de plusieurs de ses compagnons. Il continua ensuite sa lutte clandestine armée. Índex ...

01/04/1969 => 20/04/1971: GOUVERNEMENT DE CARITINO MALDONADO PEREZ (PRI)

Le gouverneur mourut le 17 avril 1971 ; Roberto Rodríguez Marcado occupa son siège par intérim pendant 3 jours, jusqu'au 20 avril. Índex ...

20/04/1971 => 31/01/1975: GOUVERNEMENT DE ISRAEL NOGUEDA OTERO (PRI)

Le 2 février 1972, Genaro Vázquez Rojas trouva la mort suite à une poursuite automobile sur la route Mexico-Morelia. Il avait 35 ans.

Le 30 mai 1974, le Parti des Pauvres de Lucio Cabañas Barrientos enleva le sénateur du PRI et candidat au poste de gouverneur, Rubén Figueroa Figueroa, pour faire pression sur le gouvernement. On le libéra 100 jours plus tard, le 8 septembre, contre une rançon de 50 millions de pesos.

Peu après, Lucio Cabañas Barrientos et ses hommes se réfugièrent dans la municipalité de Tecpan de Galeana. Le Secrétaire de la Défense Nationale d'alors, Hermenegildo Cuenca Diaz, lança plus de 5000 soldats à leur poursuite. Un premier affrontement avec les soldats eut lieu le 11 octobre 1974 dans les montagnes de Achotla, duquel Lucio parvint à s'échapper avec 3 blessures à la jambe gauche. L'armée mexicaine le perdit de vue pendant plusieurs semaines. Le 30 novembre, grâce à un délateur, les soldats retrouvèrent les rebelles. Lucio perdit 17 de ses hommes mais réussit à s’échapper avec 3 d’entre eux.

Toutefois, dans le village de Guayabito, le commandant de la 23e Zone Militaire, le général Iseo Jiménez Ruiz, prit en otage 4 jeunes filles de 16 à 20 ans et menaça de les torturer, de les violer et de les tuer si les gens du village ne lui disaient pas où se cachaient les guérilleros. Le lendemain, le commissaire municipal de Guayabito révéla au général où se trouvait Lucio.

Le 2 décembre, des forces spéciales de l’Armée encerclèrent Lucio à El Ototal et le tuèrent d’un coup de fusil en pleine face et plusieurs autres dans le dos.

Au total, durant la ‘Guerra Sucia’ des années 60 et 70, ce sont plus de 400 personnes qui ont été enlevées dans la région de Atoyac (la majorité par des militaires), sur un total de 1300 dans tout le pays. Beaucoup de personnes disparues n’avaient rien à voir avec les groupes armés. Le gouvernement justifiait la présence de l’armée au Guerrero comme une façon de sauvegarder l’exécution d’un ‘projet social’ (de développement), mais cela facilitait surtout le mouvement et la présence de troupes dans les régions isolées. La politique de répression implantée par l’Etat mexicain au cours des années 1960, 1970 et 1980 contre des activistes opposés au régime, demeure comme une plaie ouverte dans la société mexicaine, tant que les responsables de ces crimes de lèse-humanité ne sont pas jugés.

Le Parti des Pauvres créé par Lucio Cabañas Barrientos survivra jusqu’en 1989, puis fusionnera avec d’autres groupes clandestins, qui en 1995, formeront l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR), l’Armée du Peuple Insurgé (ERPI) et les Forces Armées Révolutionnaires du Peuple (FARP).

Du 1er février au 31 mars 1975, Javier Olea Muñoz fut gouverneur provisoire de l’état. Índex ...

01/04/1975 => 31/03/1981: GOUVERNEMENT DE RUBEN FIGUEROA FIGUEROA (PRI)

Le sénateur séquestré par le Parti des Pauvres, Rubén Figueroa Figueroa, fut élu gouverneur de l’état du Guerrero. Le gouverneur maintenait des liens étroits avec Miguel Nazar Haro qui, en 1976, était responsable de la ‘Direction Fédérale de Sécurité’, organisme tristement célèbre pour ses méthodes inhumaines de travail policier, et pour être responsable de disparitions forcées, génocides et tortures. Nazar Haro était considéré comme le fondateur du groupe paramilitaire ‘Brigade Blanche’ ou ‘Brigade Spéciale’, un groupe infiltré par des militaires et des agents de différents corps. Ceux-ci combattirent la guérilla au Mexique par des arrestations, tortures, disparitions et exécutions tout au long des années 1970 et au début des années 1980. Dans le rapport de la ‘Commission Nationale des Droits Humains’ sur la ‘Guerra Sucia’, Nazar Haro apparaît comme une des figures les plus implacables dans la lutte contre la guérilla. Les organismes de droits humains et les familles de disparus l’impliquent dans la disparition de 1200 personnes au Mexique. Nazar Haro, avec le général Mario Arturo Acosta Chaparro (Directeur de la Police et de la Circulation au Guerrero, et membre de la DFS et de la ‘Brigade Blanche’), sont les principaux accusés de disparitions forcées, torture et exécutions sommaires dans l’état de Guerrero.

En 1979, le ‘Parti Communiste Mexicain’ (PCM) remporta la présidence de Alcozauca du Guerrero, municipalité indigène misolée de la Montaña, avec le professeur Othón Salazar. C’est la première municipalité gouvernée par l’opposition (face au PRI) de tout le Mexique, un fait historique dans ce contexte de persécution constante de l’opposition. Les communistes se donnèrent à la tâche d’organiser les villages de la Montaña, convoquant la constitution du Conseil des Villages de la Montaña (CPM). On parlait de la ‘Montaña Roja’ (Montagne Rouge). Encore aujourd’hui, Alcozauca compte plus de 35 ans avec un gouvernement d’opposition, d’abord avec le PCM et ensuite avec le ‘Parti de la Révolution Démocratique’ (PRD). Índex ...

01/04/1981 => 31/03/1987: GOUVERNEMENT DE ALEJANDRO CERVANTES DELGADO - PRI

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01/04/1987 => 31/03/1993: GOUVERNEMENT DE JOSÉ FRANCISCO RUIZ MASSIEU - PRI

En 1989, le PRD se lança dans l’état du Guerrero en réalisant 10 assemblées de district auxquelles différentes organisations et partis d’opposition participèrent. Dès lors, les votes en faveur de ce parti ne cessèrent d’augmenter et le PRD gagna de plus en plus de municipalités.

Au début des années 1990, le mouvement indigène s'accrut au Guerrero. Le 21 octobre 1990, le ‘Conseil des Peuples Nahuas de Alto Balsas’ (CPNAB), fut constitué, réunissant les principales autorités des villages de la région, les commissaires municipaux et des biens communaux et ejidales (deux formes de propriétés communautaires). Leurs dirigeants parcoururent les villages indigènes de l’état et sollicitèrent l’appui de plusieurs secteurs de la société mexicaine.

En septembre 1991, le ‘Conseil du Guerrero: 500 ans de Résistance Indigène, Noire et Populaire’ (CG500ARI) fut créé afin de coordonner la campagne continentale de ‘contre-célébration’ des 500 ans de la conquête espagnole. Il s’agissait de créer des Conseils Indigènes dans plusieurs états de la République. Seul le Conseil du Guerrero continua de fonctionner après la contre-célébration.

Les membres du CPNAB s’unirent avec ceux du CG500ARI pour organiser un mouvement de résistance civile contre le projet de création du barrage hydroélectrique de San Juan Tetetlcingo, qui impliquait l’inondation des terres et des maisons, et des conséquences iiréversibles sur la culture, l’environnement et la vie de plus de 22 villages Nahuas de l’Alto Balsas (soit une population de 56.000 personnes). Ils organisèrent plusieurs actions telles que des grèves de la faim, des marches et des sit-in à Chilpancingo et à la ville de Mexico, ainai que des appels à la solidarité de la société civile nationale et internationale.

En 1992, la Paroisse de Santa Cruz El Rincón, municipalité de Malinaltepec (Montaña) convoqua la population à une première rencontre pour répertorier les problèmes et les besoins des villages indigènes de la Costa-Montaña. Pendant un an, des commissaires municipaux, des chefs de chorale, des catéchistes et des sacristains se réunirent. De ces rencontres émanera, 3 ans plus tard, la ‘Police Communautaire’. Le père Mario Campos Hernández, curé de Santa Cruz El Rincón, fut l’un des initiateurs de ce projet.

Du 2 au 12 octobre 1992, une ‘Marche pour la Dignité et la Résistance des Peuples Indigènes’ fut organisée depuis Chilpancingo jusqu'au centre de la ville de Mexico, dans le cadre des différentes mobilisations contre les festivités du 500e anniversaire de la soi-disant ‘Rencontre de Deux Mondes’ ainsi que pour fêter les 500 ans de résistance des Peuples Indigènes. Le 13 octobre 1992, le président d'alors, Carlos Salinas de Gortari signa un document dans lequel il confirmait la suspension du projet hydroélectrique San Juan Tetelcingo. Ce fut une victoire pour le mouvement de résistance organisé par le CPNAB et le CG500ARI.

Durant le gouvernement de José Francisco Ruiz Massieu, de 1987 à 1993, 200 militants du PRD furent assassinés. La ‘Commission Interaméricaine des Droits Humains’ (CIDH) présentera une recommandation pour violation à la dignité de la personne de la part des corps de sécurité civiles et militaires durant ce gouvernement, signalant en particulier le Général Heriberto Salinas Altés, commandant de la Neuvième Région militaire (dont le siège est à Acapulco).

Les derniers jours du gouvernement de José Francisco Ruiz Massieu, et les premiers jours de Rubén Figueroa Alcocer furent particulièrement violents. Le 9 février 1993, près de la communauté de Huautla, dans la Montaña, 24 paysans furent assassinés avec des armes d’usage exclusif de l’armée. Le gouvernement affirma que ces assassinats massifs étaient dus à des rancœurs familiales liées au trafic de drogue. Quatre mois plus tard, le 5 juin, 170 policiers entrèrent dans la communauté de Yolotla (de 300 habitants) pour arrêter les supposés responsables de la tuerie du 9 février. Ils provoquèrent un affrontement qui dura plus de 6 heures : au total, 2 paysans morts, plusieurs hommes et femmes frappés et blessés par balles, des maisons brûlées et saccagées et 14 détenus. Dix paysans furent condamnés à 30 ans d'emprisonnement, alors qu’il existait des preuves qu’ils ne se trouvaient pas à l'endroit des affrontements à ce moment-là. Índex ...

01/04/1993 => 12/03/1996: GOUVERNEMENT DE RUBEN FIGUEROA ALCOCER - PRI

Avec l'arrivée de Rubén Figueroa Alcocer au pouvoir, les assassinats pour motifs politiques augmentèrent. Les élections municipales d'octobre 1993 furent particulièrement violentes : 6 morts et 4 disparus. Toutes les victimes avaient des liens avec le PRD. Dans tous les cas, le gouvernement présenta les victimes comme des délinquants, des guérilleros, des narcotrafiquants, ou justifia les assassinats pour des motifs personnels ou des problèmes familiaux.

Au début de 1994, comme conséquence au soulèvement armée au Chiapas, la militarisation s’est renforcée au Guerrero : plusieurs barrages de la Police Judiciaire de l’état et du gouvernement fédéral furent installés, des hélicoptères commencèrent à survoler l’état à la recherche de cellules de guérilla. Le CG500ARI organisa des marches en soutien à l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN).

Le 28 septembre 1994, on assassina l'ex-gouverneur José Francisco Ruiz Massieu. Raúl Carlos Salinas de Gortari, le frère de l'ex-président et beau-frère de la victime, sera condamné pour ce crime.

AFENTES DE LA POLICÍA COMUNITARIALes efforts d'organisation par le mouvement indigène dans l'état subirent de multiples obstacles en chemin. En 1994, le père Mario Campos Hernández, lié au projet de la Police Communautaire, fut attaqué. La Police détermina qu'il s'agissait de ‘bandits qui attaquent sur les routes’, mais les gens de la communauté affirmèrent que c'était le commissaire de Santa Cruz de Rincón en personne qui avait payé les ‘assaillants’.

Le 28 juin 1995 eut lieu le ‘Massacre de Aguas Blancas’, dans la Costa Grande. Des paysans appartenant à l'Organisation Paysanne de la Sierra du Sud (OCSS) furent attaqués par des agents de divers corps de police, en chemin vers Atoyac, alors qu’ils se dirigeaient à une manifestation. 17 paysans trouvèrent la mort, 21 furent gravement blessés. Les policiers distribuèrent des armes à feu parmi pour les morts pour pouvoir soutenir la thèse de l’affrontement et ainsi justifier leur action.

La ‘Commission Nationale des Droits Humains’ (CNDH) fit une enquête et conclut que les paysans n'avaient pas d'armes et qu'il ne s'agissait pas d'un affrontement sinon d’un massacre. 20 fonctionnaires du gouvernement de l'état furent signalés comme responsables administratifs de la tuerie et de l’obstruction de l'enquête, en commençant par le Secrétaire Général du gouvernement, Rubén Robles Catalán et le Procureur Général de la Justice, Antonio Alcocer Salazar. Peu après, le responsable de la procuration de justice responsable de l’affaire exonéra le gouverneur et ses plus proches collaborateurs, sauvant les apparences en présentant à la justice 20 policiers et 23 fonctionnaires.

Le 15 octobre 1995 vit le jour la ‘Police Communautaire’. 52 communautés des municipalités de San Luis Acatlán, Malinaltepec, Copanatoyac, Atlamajalcingo del Monte et Metlatónoc, dans la Montaña de Guerrero, s'organisèrent pour créer leur propre police, exerçant ainsi leurs droits à l’autogestion, reconnus par la ‘Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail’ (OIT). Cette nouvelle forme de police venait répondre à la violence croissante et à la corruption de la police officielle. Au cours des années qui suivirent, les intégrants de la Police Communautaire mirent sur pied un système parallèle d'administration et de procuration de la justice, en accord avec leurs propres normes.

Le 12 mars 1996, réagissant à une persévérante pression sociale, Rubén Figueroa Alcocer renonça à son poste au milieu de son mandat, selon ses dires, pour ‘faciliter l'enquête dans l’affaire de Aguas Blancas’ par la ‘Cour Suprême de Justice de la Nation’ (SCJN). Índex ...

12/03/1996 => 31/03/1999: GOUVERNEMENT DE ANGEL AGUIRRE RIVERO - PRI

Angel Aguirre Rivero remplaça Rubén Figueroa Alcocer comme gouverneur du Guerrero. Le 12 avril 1996, la SCJN présenta son rapport dans lequel elle conclut à la responsabilité, entre autres, de l'ex-gouverneur, de l'ex-secrétaire du gouvernement et de l'ex-procureur de la justice. Cependant, ni le bureau du Procureur Général de la Justice (PGR), ni le Tribunal Supérieur de la Justice, ne prirent en compte les recommandations de la SCJN. Le 14 juin, le Procureur de la Justice de l'état du Guerrero détermina que l'ex-gouverneur et ses principaux collaborateurs ‘n’avaient pas participé, ni directement, ni indirectement, ni de façon à induire la commission de délits’.

Le 26 juin 1996, un groupe armé apparut : l'Armée Populaire Révolutionnaire (EPR), en commémoration du massacre de Aguas Blancas. Une centaine d'hommes et de femmes armés coiffés de cagoules rendirent public leur ‘Manifeste de Agua Blancas’, où ils dénoncèrent la même violence qui régnait du temps où Lucio Cabañas Barrientos et Genaro Vázquez Rojas avaient pris les armes contre l'exploitation et l'oppression : ‘Face à la violence institutionnalisée, la lutte armée est un recours légitime et nécessaire du peuple pour restituer sa volonté souveraine et rétablir l'Etat de Droit’. Une de leurs principales demandes est la justice. Ce même jour, dans la nuit, se produisit un affrontement armé entre un groupe de l'EPR et la police judiciaire de l'état à Zumpango del Río. Trois policiers furent blessés.

Le EPR participa à plusieurs actions violentes au Guerrero. Il fit connaître son mouvement en parcourant les aux villages et en établissant un dialogue direct avec les habitants. Le gouvernement fédéral réagit à l'apparition de l'EPR par la persécution de membres d'organisations sociales (en particulier ceux de la OCSS et du PRD). Il décida de combattre le EPR avec l'armée, remplaçant les principaux dirigeants militaires du Guerrero actuels par des généraux qui avaient combattu la guérilla dans les années 1970. La militarisation augmenta visiblement.

Le 22 décembre 1996, les forces de l'armée désarmèrent 2 groupes de la Police Communautaire à San Luis Acatlán.

Le 25 février 1997, des agents de la Police Judiciaire de l'état firent disparaître 2 indigènes qu'ils détenaient à Tlacoachistlahuaca, Costa Chica. Des représentants d'organismes de droits humains formèrent une ‘Brigade d’Observation de Paix’.

En avril 1997, des indigènes Nahuas de la communauté de Atlixtac, Montaña, accusèrent les militaires du 50e Bataillon de l'Infanterie d’une exécution extrajudiciaire, d’actes d’intimidation, de détentions arbitraires, de l’altération de la vie communautaire et d'un encerclement militaire.

Fin mai 1997 se produisirent les 2 affrontements les plus graves jusqu’alors entre l'armée fédérale et l'EPR : le premier sur la route de Chilapa, Montaña, fit deux morts et 20 blessés parmi les militaires, et deux morts du côté des guérilleros ; le second dans la Sierra de Atoyac, où le combat dura plus de 7 heures et se solda de 2 guérilleros et 3 militaires tués, ainsi que plusieurs blessés. Face à cette violence, les organisations sociales et politiques demandèrent l'ouverture d'un dialogue et la recherche de la paix.

Le 3 décembre 1997, 2 membres de l'armée violèrent 2 femmes indigènes tlapanecas au Paraje de Tlacolcingo, municipalité de Atlixtac. Un mois plus tard, dans une autre communauté de la même municipalité, 6 indigènes furent détenus par l'armée et conduits à un champ de pavot (matière première de l’opium), ils furent pris en photo et ensuite accusés de narcotrafiquants.

Le 8 janvier 1998, un groupe de l'EPR se scinda pour créer l'’Armée Révolutionnaire du Peuple Insurgé’ (ERPI), un mouvement qui se voulait plus proche de la base quant à la prise de décisions. L’ERPI rassembla le secteur le plus important de militants et leaders de l’EPR au Guerrero. Il réalisa des actions militaires et politiques. C'est le groupe armé le plus proche de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) en termes d’idéologie.

Le 22 février 1998, dans la Costa Grande, des membres de l'’Organisation de Paysans Écologistes de la Sierra de Petatlán et Coyuca de Catalán’ (OCESP) organisèrent la ‘Grève du Bois’. Ils bloquèrent durant un mois tous les camions qui pénétraient dans la forêt pour empêcher l'extraction illégale de bois dans cette région, un commerce contrôlé par la transnationale Boise Cascade et les autorités et caciques de la zone. Boise Cascade abandonna la région quelques mois plus tard, invoquant des ‘situations de commerce difficiles’.

Le 7 juin 1998, à peine deux ans après Aguas Blancas, se produisit le ‘Massacre de El Charco’ dans la Costa Chica. Le jour précédent, des paysans mixtèques des communautés environnantes s'étaient réunis pour s'organiser. Des membres de l’ERPI les rejoignèrent. Comme il se faisait tard, ils décidèrent de dormir dans l'école du village. Au petit-matin, des membres du 27e Bataillon de l'Infanterie exécutèrent 11 personnes et en détinrent 22 autres, les accusant d'appartenir à l'EPR. Les prisonniers furent torturés et conduits illégalement à des installations militaires. Des 22 détenus, 5 étaient mineurs, 2 étaient étudiants (Ericka Zamora Pardo et Efrén Cortés Chávez). L'armée diffusa la version selon laquelle des membres de l’EPR avaient attaqué les troupes et que les soldats ne faisaient que ‘répondre à l'agression’. Des membres d’organisations sociales comme ‘l’Organisation Indépendante des Peuples Mixtèques et Tlapanèques (OIPMT)’ et des membres du PRD rectifièrent immédiatement cette version en parlant de massacre.

Le 10 juin, l’ERPI émit un premier communiqué public où il reconnaissait qu'une de ses unités avait été attaquée par surprise par les troupes de l'armée. Il répondit par 2 attaques armées, une contre l'armée le 22 juin (la Neuvième Région Militaire annonça 3 pertes, alors que l’ERPI dit avoir ‘anéanti la section’), et une autre, contre la Police Judiciaire de l'État le 4 juillet (2 policiers tués et un blessé).

Le 7 février 1999, René Juarez Cisneros (du PRI) remporta les élections comme gouverneur. Le 22 février 1999, 25.000 personnes organisaient une marche vers Acapulco dénonçant la fraude électorale et exigeant une révision de l'élection. Índex ...

01/04/1999 => 31/03/2005: GOUVERNEMENT DE RENE JUÁREZ CISNEROS - PRI

Le 14 avril 1999, des organisations paysannes et sociales, la direction du PRD au Guerrero et la Commission des Droits Humains du Guerrero (CODDEHUM) se manifestèrent en faveur de la réouverture de l’affaire du massacre de Aguas Blancas.

Les 20 et 21 avril, des militaires assassinèrent 2 indigènes mixtèques (l’un d'eux était un enfant), violèrent 2 femmes mixtèques à Barrio Nuevo San José et tuèrent un autre indigène dans une communauté voisine, dans la municipalité de Tlacoachistlahuaca, Costa Chica.

Le 2 mai 1999, les paysans Rodolfo Montiel Flores y Teodoro Cabrera García de ‘l'Organisation des Paysans Écologistes de la Sierra de Petatlán et Coyuca de Catalán’ (Costa Grande) furent illégalement détenus, torturés et transférés à des installations militaires. Un processus judiciaire commença contre eux suite à la fabrication de preuves de délits de la part de l'armée mexicaine. Un autre paysan, Salomé Sanchez Ortiz, fut exécuté. Un an plus tard, la CNDH émit la recommandation 8/2000 signalant la violation des droits humains des écologistes, parce que l'armée mexicaine les avait torturés, les avait photographiés après les avoir obligés à porter des armes et des drogues et les avait maintenus illégalement en son pouvoir pendant au moins 2 jours et demi.

Le 3 mai 1999, l'Organisation Indigène des Peuples Mixtèques et Tlapanèques (OIPMT) de Ayutla (Costa Chica) présenta une plainte contre les services de santé de l’état suite à la stérilisation forcée d'hommes et de femmes indigènes par tromperie (des promesses de récompenses, et des menaces de leur retirer leur aide économique s'ils ne se soumettaient pas à l'opération).

Le 23 septembre 1999, l’ERPI attaqua un convoi militaire près de Ayutla : 3 soldats furent blessés.

Le 26 mars 2000, les militaires du 49e Bataillon de l'Infanterie désarmèrent des membres de la Police Communautaire à Pueblo Hidalgo, municipalité de San Luis Acatlán. C’était le début d'un long processus de harcèlement de membres de la Police Communautaire. Le 9 juillet, le Père Mario Campos Hernández fut détenu par la Police Judiciaire de l'État, sous l'accusation de violation de domicile. La population des villages dans lesquels il travaille se mobilisèrent y parvinrent à obtenir sa libération.

Le 3 août 2000, à Xochistlahuaca (Costa Chica), le ‘Conseil de la Nation Amuzga’ fut victime d'intimidation, de menaces et d’agression de la part de militants du PRI pour avoir protesté contre la municipalité de Aceadeth Rocha, qui ne respectait pas leurs us et coutumes.

Le 16 septembre 2000, le Père Mario Campos Hernández fut attaqué par un groupe de personnes armées. La paroisse dénonça ce fait ainsi que les autres intimidations et menaces de mort, les attribuant à sa lutte en faveur des plus marginaux, travail qui dérangeait les intérêts politiques et économiques des caciques priistes de la région. Deux jours après, 2 agents de la Police Judiciaire de l'État du Guerrero (PJEG) arrêtèrent Bruno Plácido Valerio, conseiller de la Police Communautaire, l'accusant du viol de 4 femmes mixtèques. Le fait fut démenti par les femmes elles-mêmes. Le ‘Centre des Droits Humains de la Montaña Tlachinollan’ et le ‘Conseil des 500 ans de Résistance Indigène du Guerrero’ dénoncèrent une campagne contre la Police Communautaire et exigèrent la libération immédiate de Bruno Plácido Valerio. Le 20 octobre, on arrêta Agustin Barrera Cosme, commandant général de la Police Communautaire. N'ayant trouvé aucune preuve contre lui, il fut libéré peu de temps après.

Le 8 janvier 2001, les indigènes amuzgos qui avaient occupé le Palais Municipal de Xochistlahuaca pour exiger la démission de la présidente en furent expulsés avec violence.

En février 2001, l'organisation non-gouvernementale ‘Brigades de Paix Internationales’ (Peace Brigade International – PBI) commença à accompagner les défenseurs des droits humains menacés dans l'état. C'était la première ONG avec présence internationale permanente au Guerrero.

Le 5 mars 2001, le gouvernement mexicain accepta la recommandation de la CIDH qui proposait la réouverture de l’affaire de Aguas Blancas avec une enquête sérieuse, impartiale et efficace des faits. La recommandation proposait aussi d’enquêter sur la participation présumée de Rubén Figueros Alcocer et de ses principaux collaborateurs, qui furent exonérés lors de la première investigation.

Le 8 mars eut lieu la marche zapatiste à Iguala. Elle fut reçue par 7000 participants. Le 13 juin 2001, différentes organisations indigènes se mobilisèrent pour demander au Congrès de l’état de rejeter la loi indigène proposée par le Congrès Fédéral. Elles occupèrent le congrès durant 2 jours. Plusieurs leaders indigènes reçurent des mandats d’arrêts pour avoir participé à cette occupation.

En octobre 2001, des organisations internationales présentèrent le cas des paysans écologistes devant la Commission Interaméricaine de Droits Humains (CIDH). Le 9 novembre, face à la pression nationale et internationale, par ordre du Président Fox, on libéra Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera, en évoquant des ‘motifs humanitaires’. Cette amnistie ne reconnaissait pas leur innocence, ni ne clarifiait les responsabilités des auteurs intellectuels et matériels des faits.

Le 16 février 2002, Valentina Rosendo Cantú, indigène tlapanèque, fut interrogée, menacée, frappée et violée par des membres du 41 Bataillon d'Infanterie à Barranca Bejuco, Montaña.

Le 14 mars 2002, la Commission des Droits Humains du Guerrero (CODDEHUM) émit la recommandation 019/2002 concernant neuf cas récents de disparition forcée de personnes par les autorités : il désigna 21 éléments de la Police Judiciaire, parmi eux plusieurs commandants et Directeurs de la Police Judiciaire de l'état.

Le 23 mars 2002, à 4 jours de l'expiration du délai imposé par le gouvernement de l'état et l'armée pour que disparaisse la Police Communautaire, 4000 indigènes de la Costa-montaña et 700 policiers communautaires firent une manifestation en soutien à la Police Communautaire à San Luis Acatlán.

Le 25 mars 2002, une autre femme indigène, Inés Fernández Ortega, tlapanèque, fut violée par des membres du 41 Bataillon d'Infanterie à Barranca Tecuani, Costa Chica.

Le 31 mai 2002, après 4 ans d'emprisonnement, les prisonniers politiques Ericka Zamora et Efén Cortés, détenus durant le massacre de El Charco, furent libérés. Ils étaient accusés d'être membres de l’EPR.

En novembre 2002, des indigènes amuzgos de Xochistlahuaca créèrent une municipalité autonome. Ils vivaient une perte absolue de confiance en les institutions gouvernementales et les partis politiques, et avec la conviction que les canaux institutionnels ne pourraient jamais répondre à leurs nécessités de base et aux conflits qui divisaient leurs communautés. Ils décidèrent donc de reprendre la forme de gouvernement de leurs ancêtres et de miser sur un projet gouvernemental sans aucune relation avec les partis politiques ni les autorités de l'état du Guerrero.

Le 13 mai 2003, les militants des organisations priistes Antorcha Campesina (Flamme Paysanne) y Liga Agraria revolucionaria del sur Emiliano Zapata (Ligue Agraire Révolutionnaire du Sud Émiliano Zapata) (LARSEZ) s'affrontèrent violemment pour motifs politiques à Zapotitlán Tablas, avec comme résultat 4 morts, 42 blessés et 9 disparus.

Le 5 juin 2003, on assassina 4 indigènes à Barranca Guadalupe, Montaña. Selon le dirigeant de l’Organisation des Peuples Indigènes Tlapanèques (OPIM), les personnes assassinées étaient liées à un groupe paramilitaire.

Le 14 janvier 2004, des policiers municipaux de Zapotitlán, Tablas (Montaña) torturèrent et assassinèrent Sócrates Tolentino González Genaro, âgé de 18 ans. Ils profitèrent du fait que la mère de la victime était indigène et ne savait pas lire pour lui faire signer une carte qui affirmait que son fils s’était suicidé en prison.

En mai 2004, on émit 15 mandats d’arrêt contre les leaders et membres de l'Organisation des Paysans Écologistes de la Sierra de Petatlán et Coyuca de Catalán (OCESP) pour la mort du fils du cacique et marchand de bois Bernardino Bautista Valle survenue le 30 mai 1998. Il existait plusieurs irrégularités dans le procès pénal qui permettaient de dire qu'il s'agissait d'un événement de plus dans la politique de harcèlement envers la OCESP. Le 3 novembre fut détenu Felipe Arreaga Sánchez, un des dirigeants de la OCESP sous mandat d’arrêt (Cf. Action Urgente).

Le 2 décembre et les jours suivants, Marco Antonio Suástegui Muñoz, un membre éminent du Conseil des Ejidos et communautés Opposés à la Parota (CECOP), groupe qui s'opposait à la construction du barrage hydroélectrique La Parota dans la municipalité de Acapulco, reçut des menaces de mort.

Les 3 et 4 décembre 2004, le Centre des Droits Humains de la Montaña Tlachinollan convoqua le forum ‘Contre le silence et l'oubli : la voix des peuples indigènes du Mexique’ qui donna lieu à la rédaction d'un projet pour le développement intégral et l'autonomie des peuples indigènes du Guerrero.

Le 9 décembre 2004, Obtilia Eugenio Manuel, membre de l'Organisation du Peuple indigène Tlapanèque AC (OPIT) et traductrice d’Inés Fernández Ortega (violée par des militaires en 2002) reçut des menaces contre elle et sa famille suit à son discours dans le forum organisé au cours des jours antérieurs. Un mois plus tard, à la demande de plusieurs organismes, la Commission Interaméricaine de Droits Humains (CIHD) recommandera à l'État mexicain de prendre des moyens de précaution pour cette personne, défenseur des droits humains, et sa famille.

Le 20 décembre 2004, la municipalité autonome de Xochistlahuaca inaugura, pour la municipalité et toutes les communautés alentour, la radio communautaire ‘Radio Ñomndaa’ (La Parole de l'Eau), première station radiophonique communautaire en langue amuzga. Un mois plus tard, les autorités traditionnelles dénoncèrent des intimidations et des actions répressives contre leur radio communautaire.

Le 6 février 2005, le candidat du PRD, Zeferino Torreblanca Calindo gagna - avec 55% des votes- les élections au Guerrero, contre 42% pour le candidat du PRI et 1% pour le PAN. Ceci marquait la fin de 80 ans de domination du PRI dans cet état. Índex ...

01/04/2005: GOUVERNEMENT DE ZEFERINO TORREBLANCA GALINDO - PRD

En avril, le nouveau gouverneur Zeferino Torreblanca Galindo nomma l'ex-militaire Heriberto Salinas Altés comme Secrétaire de la Sécurité Publique. Ce général avait été commandant de la Neuvième Région militaire à l'époque de la grande répression contre les militants du PRD pendant le gouvernement de Ruiz Massieu (1987-1993) et avait été dénoncé dans une recommandation de la CIDH.

Les organisations civiles exprimèrent leur désaccord quant à la nomination d'un militaire au sein du cabinet et rappelèrent que l'Organisation des Nations Unies (ONU) et l'Organisation des États Américains (OEA) avaient recommandé au Mexique de ne pas incorporer des éléments de l'armée dans des mandats publics et de démilitariser les villages.

Le 6 juillet 2005, José Rubén Robles Catalán, ex-secrétaire de Gouvernement durant l'administration du gouverneur Rubén Figueroa Alcocer, perdit la vie dans un attentat à Acapulco. José Rubén Robles Catalán était pointé du doigt comme un des principaux responsables du massacre de Aguas Blancas. Le jour suivant, le ‘Commando Populaire Révolutionnaire - La Patrie est Première’, groupe armé inconnu, revendiqua l'attentat contre Robles Catalán. Il avertit qu’«il avait été jugé et condamné à la peine maximale comme responsable intellectuel du massacre de Aguas Blancas». Il menaça également de tuer les 3 autres responsables du massacre (l'ex-gouverneur Rubén Figueroa Alcocer; l'ex-Procureur de Justice, Antonio Alcocer Salazar et l'ex-Directeur de la Police Judiciaire Héctor Vicario Castrejón) si le nouveau gouvernement ne rendait pas justice dans l’affaire de Aguas Blancas.

Le 9 août, plusieurs organisations pour la défense de l’environnement et la défense des droits humains ont remis le prix Chico Mendes à Felipe Arreaga, déclaré prisonnier de conscience par Amnesty International, directement à l’intérieur de la Prison de Zihuatanejo. Le 15 septembre, 10 mois après sa détention, il sortit libre. Selon le Centre de Droits humains de la Montagne Tlachinollan, “cette décision confirme le fait qu’il était poursuivi pour sa lutte en faveur de l’environnement”.

Le 23 août, une assemblée communautaire fut organisée pour prendre une décision quant au projet hydro-électrique de La Parota à San Marcos. Une autre fut réalisée le 27 novembre à Dos Arroyos où de nombreuses irrégularités (comme l’achat de votes ou le fait que l’on interdise l’accès à certaines personnes connues pour leur opposition à ce projet) furent dénoncés. Qui plus est, des policiers d’état et municipaux occupèrent le Commissariat et, selon les témoignages, ils cherchèrent à provoquer les personnes que l’on empêchait d’entrer. Finalement, une autre assemblée fut organisée à los Huajes le 27 décembre. L’assemblée se réalisa à l’extérieur des terres affectées et en présence de la Force Publique. De nouvelles dénonciations signalèrent que l’annonciation était illégale et que les votes en faveur restaient insuffisants.

En septembre 2005, Miguel Angel Mesino Mesino, ex prisonnier politique lié à l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) et frère de la leader de l’Organisation Paysanne de la Sierra del Sur (OCSS), Rocio Mesino, a été assassiné dans le centre d’Atoyac. La OCSS est connu à l’extérieur de Guerrero après le Massacre de Aguas Blancas, le 28 juin 1995, quand des policiers ont tué 17 paysans et 14 autres furent blessés, la majorité de ceux-ci appartenant à la OCSS.

2006

Le 19 janvier, le Tribunal Unitaire Agraire à Acapulco, Guerrero, a annulé l’assemblée réalisée à San Marcos le 23 août 2005 suite aux irrégularités présentées, parmi lesquelles le fait qu’en réalité cette assemblée n’avait pas été organisée selon ce que la Loi Agraire stipule. Le 1er mars, des demandes d’annulation des assemblées communautaires de Dos Arroyos, La Palma et Los Huajes qui avalisaient l’expropriation de leurs terres pour pouvoir construire le barrage hydroélectrique de La Parota furent également présentées.

En avril, “L’Autre Campagne” et à sa tête le Délégué Zéro ont visité le Guerrero. La caravane a visité plusieurs endroits historiques de la lutte et la résistance dans cet état. Le sous commandant Marcos offrit le soutien des communautés zapatistes et de l’EZLN au mouvement d’opposition à la construction de La Parota.

Le 9 mai, le gouverneur de Guerrero, Zeferino Torreblanca Galinda, a pris la tête d’une marche d’habitants de la région en faveur du projet hydro-électrique La Parota. Environ 2000 personnes, la majorité d’entre eux appartenant au Conseil des Ejidos et Communautés Opposés a La Parota (CECOP), ont répondu avec une autre marche le 14 mai, afin de montrer qu’ils ne sont pas une minorité et en dénonçant le fait que le gouverneur ne maintient pas une position neutre sur le thème.

Le paysan écologiste Felipe Arreaga a dénoncé que le 29 mai il fut victime d’abus d’autorité de la part de soldats qui maintenaient un barrage de contrôle dans la communauté de La Botella, Sierra de Petatlán. Le 5 juin, le président Fox lui remit le Prix du Mérite Ecologique à Chihuahua.

Selon le rapport nº12 présenté début juin par le Centre des Droits humains de La Montagne Tlachinollan, les violations les plus courantes enregistrées à Guerrero sont: abus d’autorité, violation des droits du travail, la détention arbitraire de personnes et la négation du droit à l’éducation.

Entre le 10 et le 13 août, le Rapporteur Spécial pour les Droits humains des peuples indiens de l’ONU, Rodolfo Stavenhagen, a visité le Guerrero. Il a indiqué que le gouvernement a « l’obligation de protéger les droits humains des habitants qui sont contraires au projet de La Parota ». Il a également recueilli les témoignages d’indiens qui dénoncèrent des violations des droits humains comme les exécutions illégales, les viols de femmes commis par des militaires, les occupations illégales et le manque de services publics.

Le 27 septembre, les travaux de la Commission Fédérale d’Electricité (CFE) dans le cadre de la construction de La Parota furent suspendus par ordre d’un tribunal d’Acapulco, de même que les procédures pour exproprier les terres de La Palma, Los Huajes et Dos Arroyos, qui, avec Cacahuatepec représenteraient 67% de la superficie qui serait affectée par la construction du barrage hydroélectrique.

El 1er octobre, le Tribunal Unitaire Agraire (TUA), à Acapulco, a reconnu comme valide l’assemblée communautaire de Los Huajes –au cours de laquelle les habitants ont accepté d’être expropriés de leurs terres pour permettre la construction de La Parota. Il a argumenté que les personnes opposées à cette construction avaient présenté des déclarations contradictoires. Le Centre de Droits Humains de La Montagne Tlachinollan a affirmé qu’il existe “des incohérences et une tendance à prendre parti” dans les conclusions du Tribunal Unitaire Agraire et que celui-ci a agi “pour des raisons de pressions politiques, plus qu’en fonction de critères juridiques”. Le 17 octobre cependant ce même Tribunal a prononcé pour la troisième fois un jugement en faveur des habitants de Dos Arroyos qui s’opposent au projet hydroélectrique  de La Parota.

En octobre, les autorités et habitants de Barranca de Guadalupe, municipalité de Ayutla ainsi que l’Organisation du Peuple Indigène Me’phaa ont dénoncé l’entrée de militaires dans leur communauté: ils auraient établi un camps dans une parcelle, détruit le tuyau d’eau potable du village, coupé et mangé une partie du maïs de la communauté. Le Centre des Droits Humains de la Montagne Tlachinollan a dénoncé de son côté une nouvelle augmentation de la militarisation dans les peuples indiens des zones Montagne et Costa Chica. Les dénonciations des indiens me’phaa quant à la présence de militaires, quant aux dommages qu’ils ont causés, au harcèlement et aux menaces dans les communautés de Progreso et Barranca de Guadalupe, municipalité de Ayutla ainsi que les dénonciations de la Police Communautaire en ce qui concerne l’occupation militaire de leurs territoires, en particulier à San Luis Acatlán illustrent cette tendance. 

Le 1er octobre, au moins 30 organisations sociales et syndicales ont constitué l’Assemblée Populaire des Peuples de Guerrero (APPG).

Le 25 octobre, des personnes s’opposant à La Parota et d’autres en faveur de ce projet furent sur le point de se battre sur la route qui conduit au village de San José Cacahuatepec, à cause d’un barrage installé par le second groupe.

En novembre, le Réseau des Organismes Civils de Droits humains de Guerrero a dénoncé le fait que des 155 assassinats violents de femmes qui se sont produits dans cet état au cours des trois dernières années, le bureau du Procureur Général de Justice de l’État (PGJE) seulement 24 enquêtes préliminaires ont été ouvertes et que dans la plupart des procès, ces cas reçoivent un traitement “discriminatoire”. Il a indiqué qu’entre 2001 et 2006, 863 homicides de filles et de femmes adultes ont été enregistrés, 1.431 violations sexuelles, 416 mortes au moment de l’accouchement et 1.503 cas de violence au sein de la famille.

Le 6 décembre, Felipe Calderón Hinojosa a affirmé lors de sa première visite comme président de la République à Guerrero qu’“au delà des couleurs et des partis”, il existe un seul Mexique “qui est submergé dans la pauvreté et la marginalisation et qui exige aux acteurs politiques que nous nous mettions au travail”. Il fut accompagné durant sa visite par le gouverneur Torreblanca (PRD). Il a reconnu “la responsabilité, l’hospitalité et la cohérence du gouverneur de l’état Zeferino Torreblanca”, auquel il assura: “Vous pouvez compter sur moi, indiscutablement et sur ce gouvernement, monsieur le gouverneur”.

Calderón Hinojosa a supervisé le début de la Stratégie pour le Développement Intégral et Economique Municipal, qui sera un programme utilisant des fonds extraordinaires destiné aux municipalités les plus pauvres du pays. Parallèlement, les coupures des fonds destinés à Guerrero qui figurent dans le projet de budget de dépenses pour 2007 envoyé par le président Felipe Calderón furent rejetés à l’unanimité par les députés du Congrès de l’état le 7 décembre. Ils considèrent que cette décision non seulement freinerait le développement mais qu’elle pourrait miner la stabilité politique de l’état. Calderón propose une diminution de 25% du Programme de Soutien aux Etats de la Fédération (PAFEF), ce qui conduirait à une réduction drastique des ressources dont le Guerrero bénéficie.

En décembre, les personnes s’opposant à La Parota et Tlachinollan ont dénoncé que le gouverneur Zeferino Torreblanca a approuvé la construction de deux routes, l’une entre Dos Arroyos et Agua de Perro et l’autre entre Tunzingo et ce qui correspondrait à l’entrée du barrage, avec des fonds de la Commission Fédérale d’Electricité (CFE), des endroits dans lesquels la résolution du Tribunal Unitaire Agraire ne leur permet pas d’entrer. Ils ont signalé que par ce biais le gouverneur et la CFE violent la loi et pourraient générer un affrontement entre les habitants. Le secrétaire général du Gouvernement, Armando Chavarría Barrera, a nié ces affirmations.

Le 11 décembre, le secrétaire général du Gouvernement a informé que l’armée, la Marine, la Police de l’état et la Police d’enquête ministérielle (PIM) patrouillaient dans les régions de Tierra Caliente et Costa Grande, pour éviter que des trafiquants de drogues ne se réfugient au Guerrero au moment de l’application de l’Opération conjointe Michoacán réalisée dans l’état voisin.

2007

Le 6 janvier, David Salgado Aranda, de 9 ans, originaire de la municipalité de Tlapa, est mort renversé par un tracteur alors qu’il travaillait dans un champs de tomates de l’entreprise Agricole Paredes, comme le reste de sa famille. Selon le Centre de Droits humains de la Montagne, l’entreprise s’est refusée d’indemniser la famille. Cette mort a soulevé le thème du travail des enfants au Mexique et a également attiré l’attention de l’opinion publique sur les conditions de travail de milliers d’ouvriers journaliers dans le pays.

Le 8 janvier, des habitants de El Carrizalillo, municipalité Eduardo Neri (Zumpango) ont fermé jusqu’à nouvel ordre les principales entrées de l’entreprise minière installée sur leurs terres afin d’exiger un meilleur prix pour la location de celles-ci et pour s’assurer que l’entreprise canadienne en question réalise effectivement les oeuvres publiques qu’elle a promis au village.

Les examens pratiqués par la Commission Etatique de Défense des Droits Humains (Codehum) ont permis de conclure que les trois détenus dans la prison d’Acapulco accusés de l’assassinat du député local José Jorge Bajos Valverde (PAN) ont été “torturés”. Tlachinollan a indiqué que ces dénonciations devaient être ajoutées aux plus de 10 cas de torture documentés à Guerrero entre 1997 et 2002.  Tous ces cas restent impunis.

Le 25 janvier, une centaine de policiers étatiques et municipaux de Zumpango, ont expulsé de manière violente les personnes qui maintenaient l’entrée de la mine bloquée à El Carrizalillo. 70 personnes furent privées de leur liberté pendant 4 heures, y compris des femmes et des enfants. Deux femmes furent blessées.

En février, 7 mil 600 membres de l’armée, la Marine, la Police Fédérale Préventive et l’Agence Fédérale d’Investigation participèrent dans le programme fédérale “Opération Conjointe Guerrero” contre le trafic de drogues.

En février, en dépit de la mise en place de l’“Opération Conjointe Guerrero”, quatre policiers, un agent du Ministère Public et deux secrétaires ont été exécutés lors de deux attaques dans les installations de la Police d’Enquête Ministérielle (PIM).

Un jour après que l’entreprise minière canadienne Luismin ait appelé le président Felipe Calderón et  le gouverneur Zeferino Torreblanca à faire valoir l’Etat de droit face à la fermeture des principales entrées de sa mine de la part d’habitants de El Carrizalillo, le 22 février, l’armée mexicaine a installé un barrage à moins de 3 kilomètres de l’endroit où la manifestation se trouve.

Le 23 février, le Rapporteur Spécial de l’ONU pour les Droits humains des Migrants, Jorge Bustamante, en se référant à la mort de David Salgado (enfant journalier) que le gouvernement du Mexique reste indifférent devant le thème du travail des enfants qui prévaut dans les champs agricoles.

Le 20 mars, des organismes civils de droits humains et des activistes du Mexique et de 16 pays demandèrent au président Felipe Calderón, au gouverneur Zeferino Torreblanca et au Secrétaire de la Sécurité Publique, de ne pas utiliser la force publique dans le cas de El Carrizalillo. Les personnes non conformes, désormais organisées en une Assemblée Permanente du Carrizalillo ont réaffirmé leur décision de maintenir la mine de Luismin fermée jusqu’à ce qu’elles obtiennent une réponse intégrale à leurs demandes.

Le 30 mars, le Tribunal Unitaire Agraire (TUA) à Acapulco a annulé l’acte d’assemblée d’août 2005 durant laquelle les paysans de Cacahuatepec autorisaient la Commission Fédérale d’Electricité (CFE) à les exproprier de leurs terres, et s’est prononcé en faveur des paysans des Biens Communaux de Cachuatepec, opposés à la construction de La Parota.

Le 1er avril, un accord fut finalement passé entre l’Assemblée Permanente des Propriétaires et Travailleurs de El Carrizalillo et l’entreprise minière Luismin. Cet accord cherche à construire une relation plus équitable entre l’entreprise et les propriétaires par le biais d’une augmentation du prix de location de la terre, l’installation d’un service d’eau potable, le pavement du chemin qui conduit au village et la construction d’un hôpital communautaire. L’entreprise s’est également engagée à retirer toutes les dénonciations légales présentées par les membres du mouvement de résistance.

Le journaliste de Guerrero Amado Ramírez Dillanes, correspondant de la télévision Televisa à Acapulco a été assassiné par trois coups de feu le 7 avril. La revue “Proceso” s’est référée aux premier mois 2007 pour les journalistes mexicains comme au “printemps de la mort”.

Le centre de Droits Humains de la Montagne Tlachinollan a célébré son XIIIème anniversaire en réalisant le Forum “Sur les Chemins de la Résistance” les 15 et 16 de juin. Plus de 400 personnes de 17 organisations sociales et les représentants de 40 communautés y participèrent afin de partager leurs formes de résistance en ce qui concerne la défense du territoire, articuler leurs luttes et à ce que leurs droits fondamentaux comme personnes et comme peuples soient respectés.

Un conflit agraire autour de 456 hectares entre les peuples autochtones de Moyotepec et El Capulín s’est compliqué le 17 juin quand trois paysans de Moyotepec ont été assassinés.

Le 30 juin, le mari d’Inés Fernández (femme indigène Me’Phaa, originaire de la communauté Barranca Tecoani, violée par des militaires en 2002), Fortunato Prisciliano Sierra, a été battu et reste menacé par des personnes qui dans sa communauté sont connus comme des paramilitaires au service du 48ème Bataillon de l’Infanterie de Cruz Grande. Il s’agirait des mêmes personnes qui menacent Obtilia Eugenio Manuel, membre de l’Organisation du Peuple Indigène Me´Phaa, raison pour laquelle elle bénéficie de mesures de protection au travers de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH). Le 27 août, Fortunato Prisciliano Sierra a porté plainte pour maltraitance de la part de militaires. Selon le centre des Droits Humains de la Montagne Tlachinollan, il est possible que l’armée ou le gouvernement mexicain cherchent à intimider Fortunato Prisciliano pour l’empêcher ou inhiber la présentation de la dénonciation de sa femme auprès de la CIDH.

Le 9 août, David Valtierra, coordinateur de la radio communautaire Ñomndaa (La Voix de l’eau) de la municipalité de Xochistlahuaca a été arrêté par la Police Ministérielle dans la ville d’Ometepec. David Valtierra est connu pour sa lutte en faveur de la municipalité autonome Sulja ainsi qu’en faveur de la radio Ñomndaa qui transmet en langue Amuzgo. Ces derniers temps, il avait dénoncé diverses actions de la part de la maire Aceadeth Rocha dans la municipalité de Xochistlahuaca. Il a été libéré sous caution le 10 août.

Les habitants de Temalacatzingo y Tlaquilcingo ont exigé la sortie de l’armée, d’agents présumés de l’Agence Fédérale d’Enquêtes (AFI) et de la Police d’Enquête Ministérielle  (PIM) de leurs villages par peur que de graves violations à leurs droits humains soient commises à leur encontre.

A partir du 30 août, les personnes s’opposant à La Parota se sont déclarées en résistance permanente pour empêcher la construction du barrage hydroélectrique. Cette décision part du fait qu’à Cacahuatepec une assemblée communautaire réalisée selon les us et coutumes a été réalisée le 12 août, plus de trois mille participants ont décidé de manière unanime de voter contre sa construction.

En août 2007, Rocía Mesino, autorité du PRD à Atoyac a présenté une dénonciation pour tentative d’homicide contre le maire d’Atoyac, Pedro Brita García, lui aussi du PRD. Rocío Mesino est la sœur de Miguel Angel Mesino qui a été assassiné en septembre 2005 et est une des dirigeantes de l’Oragnisation Paysanne de la Sierra Sur (OCSS). Le maire a nié ses accusations.

Le 25 août,  Arturo Duque Alvarado a été arrêté. On l’accuse de faire partie de l’Armée Révolutionnaire du Peuple Insurgé (ERPI), de terrorisme et de possession d’armes. Dans un communiqué du 10 septembre, l’ERPI a déclaré : “nous nions catégoriquement qu’Arturo Duque Alvarado milite ou participe dans l’une des formes d’organisation de notre groupe, et que le dangereux arsenal confisqué par les autorités soit notre propriété”. Le Collectif contre la Torture et l’Impunité a dénoncé que Duque Alvarado avait été torturé pendant 15 jours par la police de Guerrero avant d’être transféré dans une maison de sécurité de la PGR au District Fédéral, avant d’être incarcéré dans une prison de sécurité maximum (El Altiplano). Il a été libéré sous caution le 18 décembre.

Le 5 septembre, peu avant l’audience devant la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH), durant laquelle sa femme devait déclarer avoir été violée par des soldats en 2002, Fortunato Prisciliano Sierra a déclaré avoir reçu des menaces, harcèlement et agressions de la part de personnes au service du 48ème Bataillon de l’Armée Mexicaine. La Commission a demandé au gouvernement mexicain de prendre des mesures urgentes de protection pour lui et sa famille.

Le 28 septembre, le dirigeant du Conseil Régional pour le Développement du Peuple Me phaá de la variante lingüistique Bathaa, Cándido Félix Santiago, a été arrêté par la Police à Tlapa. Il est accusé de mutinerie pour avoir interrompu un défilé présidé par le gouverneur Zeferino Torreblanca Galindo dans le cadre de la commémoration de la naissance de Vicente Guerrero. Il a été à nouveau arrêté le 19 octobre, cette fois-ci par des membres de l’Agence Fédérale d’Investigations (AFI) pour attaque aux voies de communications avant d’être libéré sous caution 20 heures plus tard.

Le 8 octobre, la Commission Fédérale d’Electricité (CFE) a déclaré qu’elle ne ferait pas marche arrière dans son projet de construire un barrage hydroélectrique à La Parota, près d’Acapulco.

Le 13 octobre, le fondateur et actuel conseiller de la Police Communautaire et de la Coordination Régionale des Autorités Communautaires (CRAC), Cirino Placido Valerio, a été arrêté deux jours avant l’anniversaire de la Police Communautaire. Il a été libéré le jour même.

Le 15 octobre, le frère du gouverneur Zeferino Torreblanca, Alberto Torreblanca Galindo, a entamé un procès contre 5 journalistes et le journal “El Sur” pour “préjudice moral”: ceux-ci avaient diffusé une accusation contre lui dans le sens qu’il bénéficierait de contrats du Secrétariat de l’Education de Guerrero qui n’avaient pas fait l’objet d’un appel d’offres. Alberto Torreblanca demande un paiement de 10 millions de pesos pour réparation des dommages.

Le 22 octobre, des représentants indigènes de 28 communautés des municipalités tlapanèques de Atlamajaltcingo del Monte, Metlatónoc et Tlapa ont occupé les installations du Congrès de l’état et ont formé un parlement indigène pour exiger des enseignants bilingues dans leurs régions ainsi que pour demander l’annulation de 17 mandats d’arrêt existant contre leurs leaders. Ils ont aussi exigé la fin de la répression contre les activistes sociaux. 

Le 7 novembre, la Juge de District d’Acapulco a rejeté un recours constitutionnel intenté par les habitants de Cacahuatepec qui s’opposent à la construction du barrage  de La Parota. Face à cette décision, le Conseil des “Ejidos” et Communautés qui s’opposent à La Parota (CECOP) et le Centre des Droits Humains de La Montagne Tlachinollan ont précisé que la décision de la juge ne signifie pas une autorisation définitive pour que la CFE commence les travaux. D’autres résolutions judiciaires émises en faveur du CECOP restent en vigueur. 

Le 7 novembre, lors d’une manifestation, Manuel Olivares Hernández, directeur du Centre Régional des Droits Humains “José María Morelos y Pavón”, et 15 autres personnes ont été arrêtés par la police de la municipalité de Chilapa. Manuel Olivares a été arrêté alors qu’il informait des violations des droits humains durant la manifestation.  Le 9 novembre, ils ont tous été libérés sous caution (10 mille pesos pour Manuel Olivares et 4000 pour les autres). 

Le 14 novembre, plus d’une centaine de membres de la Police Préventive Etatique (PPE), ainsi que des éléments du Ministère de l’Intérieur vêtus en civil, ont expulsé plus de 800 étudiants qui manifestaient devant le Congrès de l’état en faveur de l’Ecole Normale Rurale de Ayotzinapa. Cette école a été fondée il y a plus de 80 ans et a déjà formé des générations d’enseignants parmi lesquels Lucio Cabañas Barrientos et Genaro Vázquez Rojas. Le Centre des Droits Humains de la Montagne Tlachinollan a rapporté qu’il y avait eu au moins 250 blessés (l’un d’entre eux gravement).

Le 30 novembre, une manifestation en faveur de l’Ecole Normale Rurale de Ayotzinapa au niveau du péage de La Venta, a été violemment réprimée par des membres de la Police Fédérale Préventive (PFP) et de la Police Etatique de Guerrero.

Le 2 décembre, le Ministère Public a ouvert un procès contre 18 des 57 étudiants de l’Ecole Normale Rurale Raúl Isidro Burgos de Ayotzinapa, qui manifestaient au niveau du péage de La Venta (autoroute du soleil). Les étudiants ont été accusés de mutinerie, attaques aux voies de communication et “appropriation de biens privés” (du fait des bus qu’ils avaient “séquestrés”).

Le 7 décembre, la Chambre des Députés a demandé au Ministère de l’Education Publique (SEP) et au gouverneur de Guerrero, Zeferino Torreblanca, de prendre en compte les demandes des enseignants et étudiants de l’Ecole Normale de Ayotzinapa.

Le 4 décembre, le Rapporteur spécial pour la situation des droits humains et libertés fondamentales des indigènes de l’Organisation des Nations Unies, Rodolfo Stavenhagen, et Miloon Kothari, le rapporteur spécial pour un logement digne ont réalisé une visite non officielle aux communautés qui pourraient être affectées par la construction du barrage hydroélectrique de La Parota. Ils se sont aussi réunis avec les autorités de Guerrero et avec la Commission Fédérale d’Electricité. Miloon Kothari a lancé un appel urgent pour que les droits économiques et sociaux des communautés soient respectés.

Le 10 décembre, le Comité des membres des familles et  Amis des Personnes Disparues, Séquestrés et Assassinés de Guerrero a exigé la présentation en vie de huit personnes qui ont disparu entre février et juin. Il a également dénoncé le fait que le gouvernement de Zeferino Torreblanca se caractérise par son manque de respect des droits humains.

Le 11 décembre, des représentants de l’Assemblée Populaire des Peuples de Guerrero (APPG) et le gouverneur Zeferino Torreblanca Galindo ont accepté de revoir les cas de 43 activistes sociaux en prison.

2008

Le 7 janvier, des habitants des communautés Atoyaquillo et Pasto Real, parmi lesquels les veuves, mères et survivants du massacre d’Aguas Blancas, ont manifesté devant les bureaux du Procureur Général de la République (PGR). Ils ont demandé qu’on leur explique la raison pour laquelle l’investigation commencée en 2002 par le bureau spécial pour les Mouvements Sociaux et Politiques du Passé (Femospp) n’a pas été terminée. Cependant, le procureur n’a pas accepté de les recevoir et ils ont été reçus par un fonctionnaire de bas niveau.

Le 8 janvier, suivant la recommandation de la Commission Nationale des Droits humains (CNDH), le responsable de la Santé du gouvernement de Guerrero, Luis Barrera Ríos, a annoncé que les 14 indiens mixtèques de la communauté de El Camalote, municipalité d’Ayutla de los Libres, qui avaient été stérilisés en 1998 seraient indemnisés.

Le 10 janvier, des enseignants sortis de l’Ecole Normale Rurale d’Ayotzinapa ont bloqué les portes du Congrès local, ce qui a provoqué la suspension de la première session de 2008. Ils ont demandé aux députés et au gouverneur Zeferino Torreblanca Galindo de mettre fin aux procès contre 18 personnes arrêtées au péage  de La Venta.

Le 15 janvier,  300 membres du Comité Communautaire en Défense du Peuple de Xochipala ont bloqué l’entrée des mines Los Filos, El Bermejal et la Unidad Nukay qui se trouvent dans la communauté de Mezcala, municipalité Eduardo Neri. Ces mines appartiennent à l’entreprise canadienne Luismin. Les manifestants exigent le paiement de 2 millions 600 mille pesos en indemnisation des dommages écologiques. Ils ont aussi exprimé leur soutien à la grève des mineurs de Cananea, Sonora.

16 janvier: Quatorze tlapanèques ont demandé au gouverneur Zeferino Torreblanca Galindo qu’il respecte la recommandation 066/2007 émise par la Commission Nationale des Droits humains (CNDH) et qui va dans le sens d’une indemnisation en leur faveur. Ces indiens ont été stérilisés par une Brigade du Ministère de la Santé de l’état en utilisant des mensonges entre le 15 avril 1998 et le 11 juillet 2001.

22 janvier: Des membres du Comité Communautaire de Défense du Peuple de Xochipala ont bloqué les entrées des mines Los Filos, El Bermejal et l’Unité Nukay, dans le village de Mezcala, municipalité d’Eduardo Neri. Ils exigent que l’entreprise canadienne Luismin leur paye 2 millions 600 mille pesos d’indemnisation pour dommage écologique de leurs terres. C’était la seconde fois en une semaine.

31 janvier: Le bureau du Procureur du Guerrero a été accusé d’avoir arrêté illégalement le garde du corps de Rocío Mesino, qui travaille pour la mairie et est une dirigeante de l’Organisation Paysanne de la Sierra del Sur depuis un mois. Celui-ci a nié l’avoir arrêté ou le maintenir emprisonné.

7 février: Pendant la visite au Guerrero de la Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits humains, Louise Arbour, diverses organisations sociales et indigènes  ont présenté une longue liste de dénonciations, parmi lesquelles le fait que le gouverneur du PRD Zeferino Torreblanca Galindo a “criminalisé la lutte sociale”. Arbour leur a répondu qu’au Guerrero, “de même qu’à d’autres endroits, il existe une longue histoire d’exclusion, de pauvreté et de violations des droits humains”.

10 février: Le corps de Lorenzo Fernández Ortega, membre de l’Organisation du Peuple Indigène Me’pháa (OPIM), enlevé le 9 février, a été retrouvé dans le chef lieu de la municipalité d’Ayutla de los Libres. Il présentait des signes de torture. Il s’agissait du frère d’Inés Fernández Ortega, violée par des membres de l’Armée Mexicaine en mars 2002.

11 février: Le commandant de la neuvième Région Militaire, Sergio Magaña Mier, a rendu public le fait que la présence militaire (par le biais de barrages et de fouilles) continuera au Guerrero, particulièrement dans les régions Montaña, Costa Chica et Costa Grande, afin de combattre le narcotrafic. Il a nié que ces activités réalisées par l’Armée Mexicaine violent les droits humains des indigènes.

13 février: L’ex responsable du personnel du gouvernement de l’état, Hortensia Galeana Ruiz, et son mari, Aarón Morales Atkinson, ont du se présenter auprès du bureau du Procureur de Justice de Guerrero. Ils sont accusés de vol qualifié, d’exercice irrégulier de la fonction publique et de négociations illicites, actions qui auraient dérivé en un possible détournement de 7 millions de pesos.

28 février: Le sous procureur de Justice de Guerrero, Jesús Alemán del Carmen, a reconnu qu’il existait une enquête ouverte contre six policiers ministériels accusés d’avoir torturé les assassins présumés du journaliste Amado Ramírez pour que ces derniers se déclarent coupables.

5 mars: Le Front Etatique contre la Répression et l’Impunité au Guerrero a été créé. Les groupes participants exigent du gouvernement de l’état d’ouvrir des enquêtes dans le cas des personnes disparues et la réouverture des cas liés aux massacres de El Charco et de Aguas Blancas.

12 mars: Le gouvernement de l’état du Guerrero a accepté la pétition de l’Organisation des Nations Unies pour cesser tous travaux du projet hydroélectrique de La Parota, tant que ne se résout pas la division interne entre les habitants de la zone.

14 mars: Les rapporteurs spéciaux de l’Organisation des Nations Unies pour les droits humains et les libertés fondamentales des peuples indigènes, Rodolfo Stavenhagen, et pour un logement adéquat, Miloon Khotari, ont recommandé au gouvernement fédéral de suspendre la construction du barrage La Parota car il ne garantit pas le respect des garanties des personnes affectées.

24 mars: Depuis la Montagne de Guerrero, des dizaines d’indigènes ont annoncé leur intégration à l’Armée Révolutionnaire du Peuple Insurgé (ERPI) et ont alerté: “nous n’allons pas attendre jusqu’en 2010 pour faire la révolution au Guerrero; ici, dans la Montagne, nous la faisons déjà. Depuis ici, nous allons defendre le pétrole et nos ressources naturelles. Par le biais d’actions de combat, nous allons exiger des enseignants, des médecins et des hôpitaux. Nous ne croyons  aucun parti politique, ni le gouverneur Zeferino Torreblanca ni Felipe Calderón”.

1er avril: L’Organisation du Peuple Indigène Me’phaá (OPIM) a dénoncé que des policiers sont entrés violement dans la maison d’un de leur membre, Óscar Moreno, située dans la communauté de Cruz Quemada, municipalité de Tecoanapa, Costa Chica de Guerrero. Ils cherchaient à l’arrêter et l’impliquent dans l’embuscade qui a eu lieu dans la communauté de El Salto, municipalité de Ayutla de los Libres, au cours de laquelle cinq personnes ont été tuées, 4 d’entre elles étant des policiers municipaux.

2 avril: Selon Amnesty International, Miguel Ángel Tornez Hernández a été arrêté et torturé par la police étatique judiciaire dans la municipalité de Ayutla de los Libres, dans le cadre d’une enquête sur le vol et le meurtre de quatre policiers et d’un civil. Un jour avant son arrestation, plusieurs membres de sa famille avaient également été arrêtés et l’une de ses soeurs torturée.

3 avril: Près de 20 organisations de droits humains ont présenté auprès du Tribunal Collégial de Guerrero un document de l’organisation Amicus Curiae qui soutient le recours constitutionnel dans le cas du barrage de La Parota. Ce recours empêcherait sa construction du fait qu’elle violerait des normes internationales protégeant les droits humains et l’environnement.

4 avril: Des membres de l’Organisation des Peuples Indigènes Me’pháa (OPIM) ont dénoncé l’existence de groupes paramilitaires dans la Costa Chica de Guerrero. L’OPIM les accuse de l’assassinat de personnes de l’opposition et plus de 10 attaques perpétrées au cours des semaines antérieures, apparemment sous la protection de l’Armée Mexicaine et du maire Homero Lorenzo Ríos (PRD.

5 avril: L’Organisation Paysanne de la Sierra del Sur (OCSS) a dénoncé la présence de groupes paramilitaires dans la Costa Grande, en particulier dans les municipalités de Petatlán, Atoyac de Álvarez y Coyuca de Benítez.

7 avril: Des membres de la famille de Miguel Ángel Tornez Hernández ont présenté une plainte auprès de la Commission de Défense des Droits humains (Coddehum) de Guerrero contre la Police d’Investigation Ministérielle, la Police Etatique, la Police Fédérale Préventive et le Ministère Public pour “détentions arbitraires et torture” dont ils ont souffert le premier avril, après l’embuscade au cours de laquelle quatre policiers et un civil ont été tués.

10 avril: Abad Flores Herrera, ex commissaire et actuel conseiller de la Coordination Régionale de la Police Communautaire, par des agents de la Police d’Investigation Ministérielle a été mis en détention de manière illégale à Marquelia.

15 avril: Des autorités de la communauté indigène me'phaa de Colombia de Guadalupe, à Malinaltepec, ont dénoncé avoir été intimidées durant les opérations de l’Armée, l’Agence Fédérale d’Investigations (AFI), la police de l’état et la Police d’Investigation Ministérielle, sous prétexte de démanteler une bande de séquestreurs.

18 avril: Cinq membres de l’Organisation du Peuple Indigène Me’phaa (OPIM) ont été arrêtés à Ayutla de los Libres. Ils ont été interrogés et accusés de l’assassinat d’un homme commis le premier janvier. D’autres mandats d’arrêt ont été lancés contre 10 membres reconnus de l’OPIM, y compris son président, Cuauhtémoc Ramírez.

8 avril: La Coordination Régionale des Autorités Communautaires (CRAC) a exigé de l’Armée mexicaine, l’Agence Fédérale d’Investigation (AFI) et à la Police d’Investigation Ministérielle (PIM) qu’ils se retirent des communautés appartenant à la municipalité d’Ayutla et ont averti le gouverneur Zeferino Torreblanca, que l’Organisation des Peuples Indigènes Me'phaa (OPIM) n’est pas seule et qu’elle compte avec "tout le soutien de la Police Communautaire".

13 mai: des membres des familles et victimes de la “Guerre Sale” ont exigé la présentation en vie de 80 personnes disparues en 1970 et 1974 dans la région. Le Secrétaire du gouvernement, Guillermo Ramírez Ramos, a répondu aux manifestants qu’il prendrait les mesures nécessaires pour donner un suivi à leur demande.

4 juin: des centaines de membres du Front des “Ejidos” (terres communales), Communautés et Organisations Sociales de l’Etat de Guerrero ont occupé les bureaux du Ministère de la Réforme Agraire, du Ministère des Communications et Transports et du Bureau du Procureur Agraire. Ils exigeaient une réponse à leurs demandes d’oeuvres de drainage, d’eau potable, des concessions pour les transporteurs et la solution de  dix conflits agraires.

7 juillet: Des experts du Bureau du Procureur Général de la République (PGR) et de l’équipe argentine d’Anthropologie médicale (EAAF) ont commencé des travaux d’excavation dans les ex baraques militaires d’Atoyac de Álvarez (Région Costa Grande), où l’on suppose que les corps de personnes disparues durant la “Guerre Sale” pourraient avoir été enterrées. La décision de réaliser ces excavations a été prise suite à la pression exercée par l’Association des Membres des Familles des Personnes Disparues du Mexique (AFADEM) et de la Commission Interaméricaine de Droits Humains, entre autres.  Les membres des familles de victimes furent présents durant le processus.

10 juillet: des membres de l’Agence Fédérale d’Investigations (AFI) sont entrés dans les bureaux de la Radio Ñomdaa, dans la communauté de Xochistlahuaca pour démonter leur équipe de transmission.  Des personnes travaillant dans ce projet de radio ainsi que plusieurs autres membres de la communauté ont réussi à refouler les agents sans qu’aucun incident grave ne se produise. 

11 juillet: un juge fédéral a accordé un recours constitutionnel à la communauté na´savi (mixtèque) de Mini Numa, de la municipalité de Metlatónoc (l’une des plus pauvres du Mexique). Cette communauté avait exigé une protection depuis le niveau fédéral de la justice face à la violation de leur droit à la santé. Depuis un certain temps, les habitants avaient sollicité la construction d’un centre de santé, ainsi que l’envoi d’un médecin et de médicaments. Suite à l’absence de réponse de la part du gouvernement, entre 2005 et 2007, on a enregistré la mort  de 6 personnes (parmi lesquelles quatre enfants) qui auraient pu être évitée. Selon le Centre des Droits Humains de la Montagne Tlachinollán: “C’est un fait extraordinaire que le juge ait déterminé dans son analyse que l’autorité étatique avait violée l’article 4 constitutionnel qui légifère le droit à la santé de toute personne et collectivité; il est encore plus important qu’il ait clarifié que le gouvernement de Guerrero ne pouvait pas  alléguer des problèmes de budget pour ne pas répondre à ses obligations constitutionnelles”. Trois autres communautés de la Région Montagne (Los Llanos, Yuvinani y Atzompa) ont décidé de se joindre à la lutte pour le droit à la santé réalisée par Mini Numa.

31 juillet: Le Secrétariat de Santé du gouvernement étatique a indemnisé 14 indigènes de la communauté El Camalote, municipalité d’Ayutla de los Libres, qui avaient été stérilisés en 1998 et 2001. Le Centre des Droits Humains de la Montagne Tlachinollan a réitéré la nécessité de garantir la présence d’un médecin et de médicaments dans le centre de santé qui a été installé dans la communauté, ainsi que le début d’un procès administratif contre les membres de la brigade de santé qui avaient fait pression pour que les victimes acceptent d’être stérilisées.

9 août : dans la communauté La Mesa, région Tierra Caliente, un membre de la police a été tué et deux autres ont été blessés suite à un affrontement entre la police et un groupe d’individus à la tête duquel se trouvait Monje Solís, accusé d’appartenir à l’ERPI (Armée Révolutionnaire du Peuple Insurgé). 

Índex ...


SOURCES :

  • Contra el silencio y el olvido, Décimo Informe del Centro de Derechos Humanos de la Montaña Tlachinollan A.C., junio 2004-mayo 2004.
  • Violencia en Guerrero, Maribel Gutiérrez, La Jornada ediciones, noviembre de 1998
  • Periódicos El Sur, La Jornada, Universal On Line
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