Avant 1994
1821
Indépendance du Mexique.
1823
Le Chiapas décide de se séparer du Guatemala
et de s’annexer au Mexique.
1910-1920
Révolution Mexicaine
1917
Proclamation de la Constitution aujourd’hui encore en
vigueur.
1919 (10 avril)
Assassinat d’Emiliano Zapata.
1929
Fondation du Parti
National Révolutionnaire (futur PRI).
1934-1940
Présidence de Lázaro Cárdenas. Nationalisation
du pétrole, des chemins de fer, intensification de la
Réforme Agraire.
1946-1952
Présidence de Miguel Alemán. Industrialisation
du pays et renforcement de l’économie
capitaliste.
1968
Mouvement étudiant dont les grandes manifestations
terminent dans un bain de sang le 2 octobre avec le massacre
de Tlatelolco.
1970
Présidence de Luis Echeverría. Nouvelle période
de réformes populistes.
1972
Au Chiapas, création de la "communauté lacandone"
Par le biais d’un décret, le gouvernement donne à 66
familles lacandones un territoire de 600.000 hectares, déplaçant
pour ce faire près de 2000 familles tzletales et choles
de 26 communautés.
1974
Congrès indigène à San
Cristóbal
des Casas: la première manifestation
publique du mouvement autochtone
naissant.
1976-1982
Présidence de José López Portillo, qui
se termine par une grande crise financière.
1982-1983
Près de 100 000 guatémaltèques, en majorité indiens,
fuyant les massacres que l’armée réalise
dans leur pays trouvent refuge au
Chiapas.
1982-1988
Présidence de Miguel de la Madrid. Début de la
politique de modernisation néolibérale.
1983,
17
novembre
Fondation
de l’Armée Zapatiste de Libération
Nationale (EZLN).
Septembre
1985
Tremblements
de terre
dans la
ville de
Mexico.
1988-1994
Présidence de Carlos Salinas de Gortari, suite à un
processus électoral très controversé.
Accélération de la politique néolibérale.
1989
Chute
du prix
du café.
1992
Réformes de l’article 27 constitutionnelle, faisant
référence à la réforme agraire.
Celles-ci conduisent à un affaiblissement du système
de propriété collective et des terres communautaires.
Manifestations contre la célébration du Vème
Centenaire de la Découverte de l’Amérique.

1994
1er janvier
Entrée en vigueur de l’Accord de Libre Echange
de l’Amérique du Nord (ALENA) entre les Etats-Unis,
le Canada et le Mexique.
Soulèvement armé zapatiste:
L’EZLN occupe plusieurs villes du Chiapas, parmi lesquelles
San Cristóbal des Casas, Las Margaritas, Altamirano
et Ocosingo. Par le biais de la Première Déclaration
de la Jungle Lacandone, elle déclare la guerre au gouvernement
fédéral et à son armée et demande
liberté, justice et démocratie pour tous les
mexicains.
3 janvier
L’EZLN prend comme prisonnier de guerre le général
Absalón Domínguez, ex gouverneur de l’état
du Chiapas.
10 janvier
Le président Salinas nomme Manuel Camacho Solís,
alors Ministre des Affaires Etrangères et auparavant
maire de la ville de Mexico, commissaire pour la paix et la
réconciliation au Chiapas.
12 janvier
Le gouvernement décrète un cessez-le-feu unilatéral
et annonce son intention de chercher une solution négociée
avec les zapatistes. On estime qu’il y a eu entre 145
et 1.000 morts pendant ces dix jours de guerre. Une grande
manifestation pour la paix au Chiapas est organisée
dans la ville de Mexico.
16 février
L’EZLN libère l’ex gouverneur Absalón
Castlelanos. En échange, le gouvernement libère
une centaine de prisonniers zapatistes emprisonnés.
21 février-2 mars
Dialogue de paix dans la cathédrale de San Cristóbal
des Casas entre les dirigeants de l’EZLN (le sous-commandant
Marcos et 18 commandants et membres du Comité Clandestin
Révolutionnaire Indigène, CCRI), le commissaire
pour la paix Manuel Camacho Solís et le médiateur
Samuel Ruiz, évêque de San Cristóbal. Le
gouvernement présente un document de 34 compromis que
l’EZLN accepte de consulter avec ses bases de soutien.
23 mars
Assassinat de Luis Donaldo Colosio, candidat du PRI à la
Présidence de la République, à Tijuana,
Basse Californie. L’EZLN se déclare en alerte
rouge et suspend le processus de consultations.
12 juin
L’EZLN rejette les propositions du gouvernement issues
du dialogue de la cathédrale (98% des votants). Manuel
Camacho renonce à son poste de commissaire. L’EZLN
décide de maintenir le cessez-le-feu et d’ouvrir
une étape de dialogue avec la société civile.
Par le biais de la Seconde Déclaration de la Jungle
Lacandone, elle convoque la Convention Nationale Démocratique.
6-9 août
6000 représentants d’organisations populaires
de tout le Mexique se réunissent à Guadalupe
Tepeyac pour prendre part à la Convention Nationale
Démocratique dans le premier “Aguascalientes” zapatiste
(lieu de rencontre zapatiste avec la société civile).
21 août
Victoire du PRI lors des élections présidentielles.
Ernesto Zedillo Ponce de León est ainsi élu.
28 septembre
Assassinat de José Francisco Ruiz Massieu, Secrétaire
Général du PRI, à Mexico.
1er décembre
Prise de possession du nouveau président, Ernesto Zedillo.
19 décembre
L’EZLN rompt le cercle militaire et occupe pacifiquement
38 villes qu’elle déclare municipalités
autonomes et rebelles.
19-20 décembre
Crise financière:
dévaluation du peso (40%), suivie d’une récession économique
qui conduit à la faillite de milliers d’entreprises
et au licenciement de près d’un million de personnes.
Le FMI, les Etats-Unis et d’autres pays décide
d’aider le Mexique en lui prêtant près de
50 mille millions de dollars.
24 décembre
L’EZLN et le gouvernement mexicain acceptent comme médiation
la Commission Nationale d’Intermédiation présidée
par l’évêque Samuel Ruiz.

1995
1er janvier
Par le biais de la troisième Déclaration de la
Jungle Lacandone, l’EZLN propose à la société civile
la formation d’un Mouvement pour la Libération
Nationale.
Mi janvier
Réunion entre le Commandement général
zapatiste et le Ministre de l’Intérieur, Esteban
Moctezuma Barragán.
9 février
Le gouvernement révèle l’identité supposé du
sous-commandant Marcos et ordonne l’arrestation des dirigeants
zapatistes. Plus de 20.000 indiens s’enfuient dans les
montagnes par peur de l’armée mexicaine. A Mexico,
des milliers de personnes manifestent leur opposition face à l’offensive
militaire.
11 mars
Le Congrès de l’Union approuve la Loi
pour le Dialogue, la Conciliation et la Paix Digne au Chiapas. Cette
loi définit le cadre qui permettra de reprendre le processus
de dialogue et conduit à la suspension des mandats d’arrêt
contre les zapatistes et des opérations militaires tant
que durera le dialogue. Elle crée la Commission pour
la Concorde et la Pacification (COCOPA), formée par
des législateurs de tous les partis politiques représentés
au sein du Congrès, avec pour objectif de faciliter
le nouveau dialogue.
9 avril
Une première rencontre a lieu entre les zapatistes,
la CONAI et la délégation du gouvernement à San
Miguel, municipalité d’Ocosingo. La négociation
se prolongera pendant plusieurs mois en dépit de multiples
interruptions dans un village des Hauts-Plateaux du Chiapas,
San Andrés Larráinzar, que les zapatistes ont
rebaptisé Sacamch'en des Pauvres. Les négociations
devaient se réaliser dans le cadre de six tables de
travail
- Table 1:
Droits et Cultures Indigènes,
- Table 2:
Démocratie et Justice,
- Table 3:
Bien être et Développement,
- Table 4:
Conciliation au Chiapas,
- Table 5:
Droits de la Femme,
- Table 6:
Fin des hostilités.
27 août-3 septembre
L’EZLN lance une consultation nationale et internationale
pour définir l’avenir de sa lutte. Plus d’un
million de personnes répondent, la majorité d’entre
elles appuyant la conversion de l’EZLN en une force politique
d’un nouveau genre.
 1996
1º janvier
De manière simultanée dans les cinq Aguascalientes
récemment construits, l’EZLN annonce la création
du Front Zapatiste de Libération Nationale (FZLN), nouvelle
force politique non partisane, indépendante et pacifique
(Quatrième Déclaration de la Jungle Lacandone).
4-8 janvier
Le Forum National
Indigène convoqué par l’EZLN
réunit plus de 300 représentants autochtones
de pour le moins 35 peuples indiens. Les participants décident
de former le Congrès National Indigène
(CNI).
30 janvier
Première Déclaration de la Realidad contre le
Néolibéralisme et pour l’Humanité. Elle lance une invitation pour réaliser des Rencontres
Continentales et une première Rencontre Intercontinentale
pour l’Humanité et contre le Néolibéralisme.
16 février
Après cinq mois de négociations, le gouvernement
et l’EZLN signent à San Andrés, les premiers
Accords portant sur le thème des Droits et Cultures
Indigènes.
4-8 avril
Première Rencontre Continentale pour l’Humanité et
contre le Néolibéralisme, organisé par
l’EZLN à la Realidad.
30 juin au 6 juillet
Forum spécial pour la Réforme de l’Etat
réalisé à San Cristóbal dans le
cadre de la seconde Table de négociations.
27 juillet-3 août
L’EZLN réalise la Première Rencontre Intercontinentale
pour l’Humanité et contre le Néolibéralisme, également
connue comme "Rencontre Inter galaxies". Près
de 5000 personnes de 42 pays y prennent part.
3 septembre
L’EZLN décide
de se retirer des négociations
tant que les conditions nécessaires pour donner crédibilité au
processus ne seront pas remplies:
libération de tous les prisonniers supposément
zapatistes, une Commission du gouvernement dotée d’une
capacité de décision politique réelle
et qui respecte la délégation zapatiste, l’installation
de la Commission de Suivi et de Vérification (COSEVER),
des propositions sérieuses et concrètes pour
la Table portant sur ‘Démocratie et Justice’,
et la fin du climat de persécution militaire et policière
contre les communautés autochtones.
12 octobre
Participation de la commandante Ramona au Congrès National
Indigène à Mexico.
29 novembre
La COCOPA présente à la délégation
de l’EZLN et au gouvernement fédéral un
projet de réforme constitutionnel fondé sur les
Accords de San Andrés. Dit projet devait être
accepté ou rejeté sans modifications.
Décembre
L’EZLN accepte le projet de loi, le gouvernement y fait
plusieurs commentaires (de fond).
Tout au long de 1995 et 1996
violence dans la zone Nord (assassinats, déplacés,
embuscades, barrages sur les routes, etc.). La majorité des
actions sont attribuées au groupe 'Paix et Justice'
et aux ‘Chinchulines’ dans la zone de Chilón-Bachajón.

1997
11 janvier
L’EZLN rejette le projet de réforme du gouvernement
et annonce qu’il ne participera plus aux négociations
tant que les Accords de San Andrés ne seront pas respectés.
16 février
plus de 10.000 indigènes zapatistes réalisent
une marche à San Cristóbal pour exiger le respect
des Accords de San Andrés sous la forme du projet de
loi de la COCOPA.
14 mars
à
San Pedro Nixtalucum (municipalité de El Bosque),
lors d’une opération répressive, la police
de l’état frappe des civils, bases de soutien
de l’EZLN. Bilan:
4 morts, 29 blessés, 27 détenus et 300 déplacés.
25 avril
200 déplacés choles de la zone Nord du Chiapas échappent
au contrôle exercé par le groupe "Paix et
Justice" en organisant la caravane "Wejlel" ("Liberté" en
langue chol) et en se rendant jusqu’à la capitale
de l’état pour réclamer une solution à la
situation qui prévaut dans leur région. Ils réalisent
un sit-in de 87 jours face au Palais du Gouvernement sans que
le gouvernement de l’état les reçoive.
6 juillet
Lors des élections législatives, le PRI perd
la majorité absolue à la Chambre des Députés.
Le PRD emporte le DF. Au Chiapas on observe de multiples irrégularités,
violence et un fort abstentionnisme.
8 septembre
1.111 délégués zapatistes se rendent à Mexico
pour assister au second Congrès National Indigène
et pour exiger le respect des Accords de San Andrés.
Ils participent au Congrès qui donne naissance au Front
Zapatiste de Libération Nationale.
4 novembre
Attaque contre les évêques du diocèse de
San Cristóbal des Casas près de Tila, zone Nord
du Chiapas.
29 novembre
10 mille indigènes de diverses régions du Chiapas
réalisent une marche à San Cristóbal pour
exiger le respect des Accords de San Andrés.
Fin novembre
Plus de 4 mille 500 indigènes (de "Las Abejas" et
sympathisants zapatistes) ont fuit devant la violence dans
la municipalité de Chenalhó.
8 décembre
Le Mexique et l’Union Européenne signent une convention
qui permettra de négocier une aire de libre échange à partir
de l’année suivante.
11 décembre
Les autorités de la municipalité de Chenalhó et
de la municipalité autonome de Polhó s’accordent à cesser
définitivement les agressions entre les deux parties.
Une série de réunions débute, mais l’initiative échoue
le 19 décembre du fait du manque de confiance des deux
parties.
22 décembre
Cruel massacre de 45 personnes, la majorité des enfants
et femmes appartenant au groupe civil “Las Abejas”,
réfugiées à Acteal, municipalité de
Chenalhó, du fait de paramilitaires.
Fin décembre
Des dizaines de personnes sont arrêtés pour leur
participation présumée dans le massacre d’Acteal,
parmi lesquelles un commandant de la Police et le président
du PRI de la municipalité de Chenalhó. Le gouvernement
mexicain envoie 5 mille soldats de plus au Chiapas, 2 mille
d’entre eux à Chenalhó.

1998
Début janvier
Francisco Labastida substitue Emilio Chuaetffet comme Ministre
de l’Intérieur. Julio César Ruiz Ferro
est remplacé par Roberto Albores Guillén comme
gouverneur intérimaire du Chiapas. Ce dernier exige à 15
fonctionnaires de l’état de démissionner
du fait de leur implication dans le massacre d’Acteal.
11 janvier
La CONAI diffuse un communiqué intitulé "Pour
une Stratégie de Paix avec Démocratie", où elle dénonce la guerre de basse intensité qui
se vit au Chiapas et la bataille menée par le gouvernement
contre la médiation et le diocèse de San Cristóbal.
Le Ministre de l’Intérieur, Francisco Labastida
Ochoa, annonce la création de la coordination du Dialogue
pour la Négociation au Chiapas, avec Emilio Rabasa Gamboa à sa
tête, au lieu du commissaire pour la Paix, Pedro Joaquin
Coldwell.
22 février
La COCOPA et la CONAI
posent 10 "conditions indispensables" pour
la reprise du dialogue, parmi lesquelles:
le respect des Accords de San Andrés et Loi pour le
Dialogue, la Conciliation et la Paix, la réduction de
la présence militaire, le désarmement des groupes
paramilitaires, et punir les responsables du massacre d’Acteal.
Mi mars
Le PRI et le PAN présentent un projet de loi sur les
droits et la culture indigènes. Le président
Zedillo signe finalement un projet similaire à celui
du PRI.
11 avril
La municipalité autonome Ricardo Flores Magón
es démantelée lors d’une opération
policiaco-militaire dans la communauté de Taniperlas,
municipalité d’Ocosingo. Neuf mexicains sont arrêtés
et douze étrangers sont expulsés du pays.
1 mai
Lors d’une opération policiaco-militaire, la municipalité autonome
Tierra et Libertad dont le chef-lieu se trouve à Amparo
Agua Tinta est démantelée. 53 personnes sont
arrêtées.
25 mai
Le coordinateur pour
le Dialogue et la Négociation au
Chiapas, Emilio Rabasa Gamboa, présente la stratégie
du gouvernement fédéral pour appuyer le processus
de pacification au Chiapas:
- donner une solution aux demandes sociales du peuple du
Chiapas;
- accorder plus de fonds aux municipalités
qui présentent la plus haute marginalisation,
- maintenir
l’état de droit;
- établir une politique
de réconciliation communautaire
- renforcer cette
politique à Chenalhó et dans les autres municipalités
où des familles déplacées se trouvent;
- promouvoir une législation pour les peuples et communautés
indigènes;
- réaffirmer la position de Zedillo
dans le sens de la recherche d’une issue pacifique
au conflit.
28 mai
Le gouvernement mexicain
diffuse les nouvelles règles
que les organisations étrangères qui souhaitent
réaliser un travail d’observation internationale
au Mexique doivent respecter. Parmi ces nouvelles conditions:
les groupes d’observateurs devront être d’un
maximum de dix personnes et pourront rester dans le pays un
maximum de 10 jours. De plus, les organisations devront présenter
une requête avec 30 jours d’anticipation, avoir
au moins 5 ans d’existence ou un statut auprès
de l’ONU.
3 juin
Lors d’une opération policiaco-militaire, plus
de mille éléments des forces de sécurité entrent à Nicolás
Ruiz. Les policiers détiennent plus de 100 habitants.
7 juin
L’Évêque Samuel Ruiz annonce la disparition
de la CONAI face aux attaques du gouvernement contre sa personne,
le Diocèse de San Cristóbal et la CONAI. Il exige
aux gouvernements fédéral et de l’état
de mettre fin à leur stratégie de guerre actuelle
et de démontrer par les faits leur volonté réelle
de résoudre le conflit.
10 juin
Lors d’une opération policiaco-militaire pour
démanteler la municipalité autonome San Juan
de la Libertad, qui se trouve à El Bosque 8 civils
et 2 policiers trouvent la mort.
8 juillet
Le Ministre de l’Intérieur,
Francisco Labastida, et le représentant du gouvernement
pour le dialogue, Emilio Rabasa, présentent à la
COCOPA la proposition du gouvernement pour le Chiapas qui consiste
en 5 points:
- retour des municipalités autonomes à la légalité et
la constitutionalité;
- de plus grandes aides pour les
déplacés;
- remettre à la COCOPA les rapports
d’enquêtes d’Acteal et de El Bosque;
- des
actions et mesures intensives pour des projets
de développement
social et productif;
- maintenir la présence de l’armée
mexicaine et en même temps, la recherche du dialogue
avec l’EZLN.
17 juillet
L’EZLN diffuse la Cinquième Déclaration
de la Jungle Lacandone, où elle annonce une Consultation
Nationale pour la Reconnaissance des Peuples Indigènes
et la Fin de la Guerre d’Extermination.
3 août
Le Centre des Droits
de l’Homme Fray Bartolomé de
Las Casas diffuse un rapport où il affirme qu’au
cours des 6 derniers mois au Chiapas, 57 exécutions
sommaires, six assassinats politiques et plus de 185 expulsions
d’étrangers ont été réalisés.
Durant cette même période, dans l’état,
plusieurs cas graves de torture, des dizaines d’attentats
contre des défenseurs des droits de l’Homme, des
organisations civiles et des dirigeants sociaux ainsi que des
centaines d’actions militaires et policières ont été dénoncé dans
la zone de conflit.
20 août
La Sous Commission
pour la Prévention de la Discrimination
et la Protection des Minorités de la Commission des
Droits de l’Homme de l’ONU demande au gouvernement
mexicain de lutter pour mettre fin aux violations des droits
de l’Homme des peuples Indigènes et de faire le
nécessaire pour reprendre le dialogue de paix au Chiapas.
28 septembre
La Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme
(CIDH) reconnaît que l’on peut observer une avancée
démocratique au Mexique, mais elle dénonce la
militarisation de plusieurs états du pays et responsabilise
le gouvernement de la violation des droits de l’Homme
des indigènes.
4 octobre
Le PRI gagne les élections municipales et pour le congrès
local en dépit d’un abstentionnisme de 54%. Los
observateurs et partis de l’opposition dénoncent
des fraudes de la part du PRI et rapportent de nombreuses irrégularités.
20-22 novembre
Trois mille personnes participent à la Rencontre entre
l’EZLN et la société civile lors de laquelle
la discussion devait porter sur la préparation de la
Consultation Nationale. La délégation zapatiste
formée par 29 personnes se réunit deux fois
avec la COCOPA.
 1999
20 février
6 membres du groupe supposément paramilitaire ‘Los
Chinchulines’ (Bachajón) sont mis en liberté.
24 février
Le Congrès de l’état vote ‘la loi
d’amnistie pour le désarmement des groupes civils
au Chiapas’ présentée par le gouverneur
Albores Guillen. Les personnes ou membres d’une organisation
civile dotée d’une structure, d’entraînement
ou de discipline similaires a celles de l’armée
et les membres de l’EZLN sont exclus.
12-14 mars
Cinq mille délégué(e)s zapatistes sortent
des cinq Aguascalientes zapatistes pour se rendre dans les
municipalités des 32 états du Mexique afin de
promouvoir la consultation nationale zapatiste prévue
pour le 21 mars.
21 mars
Plus de 2,8 millions de personnes au Mexique et 48.000 mexicains
vivant à l’étranger prennent part à la Consultation
Nationale ‘pour la Reconnaissance des
Peuples Indiens et la fin de la Guerre d’Extermination’.
Avril, mai et juin
Des zapatistes supposément rendent leurs armes en échange
d’aides économiques gouvernementales. L’EZLN
qualifie ce fait de "farce et théâtre".
8/9 mai
Seconde Rencontre
entre la société civile et
l’EZLN à La Realidad, municipalité de Las
Margaritas, afin d’analyser les résultats de la
Consultation Nationale.
Les deux premières semaines de juin
Augmentation significative des opérations militaires
et policières dans les communautés zapatistes;
détentions arbitraires de présumés zapatistes;
harcèlement militaire dans les barrages routiers; et
concentration de troupes militaires. Lors de ces opérations,
entre cent et mille militaires et policiers y prennent part.
Pour justifier ces opérations, les autorités
de l’état et fédérales font référence à l’application
de la Loi d’Armes à Feu et Explosifs, la lutte
contre le trafic de drogues, la détention de délinquants
et la protection des habitants qui le demandent.
20 juin
77 organisations sociales participent au second
Forum Chiapanèque
pour la consultation zapatiste réalisé à San
Cristóbal.
15 juillet
Le Congrès local du Chiapas approuve la proposition
de création de sept nouvelles municipalités au
Chiapas, en dépit des fortes protestations de la part
de l’opposition.
17 juillet
Le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU
affirme que les thèmes du Chiapas, l’administration
de la justice, la violence contre les femmes, la militarisation
croissante et l’impunité continuent à provoquer "inquiétude" et
une "profonde préoccupation".
30 juillet
Le Congrès local du Chiapas approuve le projet de loi
du gouverneur Albores en matière de Droits et Culture
Indigènes. L’opposition la critique en affirmant
que cette loi ne répond pas aux demandes de l’EZLN
et ne respecte pas les Accords de San Andrés.
12 août
Environ 500 militaires arrivent par voie de terre et en parachute à la
communauté d’Amador Hernández (Jungle).
Les sources officielles affirment que leur présence
a pour objectif de protéger les topographes qui prendront
les mesures pour construire une route. Les habitants s’opposent à sa
construction.
26 août
Affrontement entre l’Armée et les bases de soutien
zapatiste dans la communauté de San José la Esperanza,
municipalité de Las Margaritas. Trois indigènes
sont détenus. 7 militaires sont blessés à coup
de machette.
8 septembre
Le Ministre de l’Intérieur,
Diódoro Carrasco
Altamirano, présente la nouvelle proposition du gouvernement
pour le dialogue au Chiapas. Celle-ci envisage la reprise
immédiate
des négociations avec l’EZLN. Carrasco assure
qu’il est prêt à diriger la Commission
de négociation, n’importe quand et n’importe
où. La nouvelle proposition du gouvernement comprend
les 6 points suivants:
- Elle propose au Sénat de reprendre le thème
des modifications constitutionnelles en matière de droits
et culture indigènes, et qu’il reçoive
les propositions de l’EZLN, du gouvernement et
des autres groupes prenant part au conflit.
- Elle demande à l’EZLN
de proposer des dates pour que le gouvernement applique ce
qui a été accordé à San Andrés
en matière de développement social des communautés
indigènes du Chiapas.
- Elle demande aux instances
de Procuration de la Justice de libérer les prisonniers
zapatistes qui n’ont pas été accusés
d’assassinats ou de violations.
- Elle compromet le
gouvernement à analyser les dénonciations des
organisations de Droits de l’Homme quant au harcèlement
des communautés indigènes du Chiapas.
- Elle
accepte la création d’une nouvelle instance de
médiation civile et non partisane.
- Elle compromet
le gouvernement à envoyer une commission de négociation
dotée de capacité de décision.
6 octobre
La PGR installe un bureau spécial au Chiapas pour enquêter
sur les groupes armés qui fonctionnent dans cet état.
24 a 27 novembreZ
Au cours de sa visite au Mexique, Mary Robinson, la Haute
Commissaire des Droits de l’Homme de l’ONU, commente qu’elle
est préoccupée par l’impunité,
la militarisation et la défaillante administration
de Justice au Chiapas. Elle mentionne que parmi les facteurs
qui ont contribué à créer ce climat
d’impunité se trouve la militarisation croissante
des fonctions de sécurité publique.
30 décembre
Le Nonce Apostolique, Justo Mullor annonce la nomination
de Don Raúl
Vera, évêque coadjuteur de San Cristóbal au diocèse
de Saltillo.
 2000
30 janvier
En Europe, le président Zedillo affirme que les zapatistes
n’ont pas "un gramme de bonne foi" et précise
que le fait que les zapatistes décident ou pas de reprendre
les négociations "es un aspect de peu d’importance
dans la solution" du conflit du Chiapas vu que le plus
important est de résoudre le problème de développement
et de pauvreté de cet état.
4 février
La présidente du Groupe
de Travail pour les Peuples Indiens de l’ONU, Erika Irene Daes, à la fin de
sa visite au Mexique demande au gouvernement mexicain de respecter
les Accords de San Andrés.
1 mai
Le nouvel évêque de San Cristóbal de Las
Casas, successeur de Mons. Samuel Ruiz, Monseigneur Felipe
Arizmendi Esquivel prend possession
1 juillet
Entrée en vigueur de l’accord de libre échange
avec l’Union Européenne.
2 juillet
Vicente Fox, candidat du Parti
Action Nationale (PAN) et
du Parti Vert Ecologiste Mexicain (PVEM), gagne les élections
présidentielles avec 43.43% des votes.
20 août
Pablo Salazar, de l’Alliance
pour le Chiapas, gagne le
poste de gouverneur du Chiapas avec 535.860 des votes (51.50%).
17 octobre
Plus de 96 familles déplacées, appartenant au
groupe Las Abejas, se réinstallent près de la
communauté de Naranjatik Bajo, municipalité de
Chenalhó. Il s’agit de déplacés
de la communauté de Yibeljoj, qui vivaient dans le campement
de Xoyep depuis novembre 1997.
18 octobre
Le président Zedillo exproprie 3,5 hectares de la propriété collective
(ejido) d’Amador Hernández, communauté zapatiste
de la municipalité d’Ocosingo, pour construire
un campement militaire.
28 octobre
La PGR arrête 11 membres des groupes supposément
paramilitaires Paix et Justice et Union Paysanne
et Indigène
Agricole et Forestière (UCIAF, issue de Paix et Justice)
dans la zone Nord, accusés de terrorisme, possession
d’armes d’utilisation exclusive de l’armée,
association délictueuse, mutinerie, délinquance
organisée, lésions, dommages et vol.
13 novembre
La communauté Miguel Utrilla, municipalité de
Chenalhó, empêche violemment la réalisation
d’une opération menée par la PGR afin de
rechercher des armes aux mains de paramilitaires présumés
en dépit de la participation de 150 policiers judiciaires
et de 20 agents du Ministère Public.
28 novembre
Le président élu, Vicente Fox, forme son cabinet.
Luis H. Alvarez est nommé Commissaire pour la Paix au
Chiapas. L’EZLN le reconnaîtra plus tard comme
un “interlocuteur valide”.
1 décembre
Vicente Fox prend possession. Il affirme qu’il combattra
la corruption et l’impunité, et se compromet à résoudre
le conflit du Chiapas. Il ordonne le retrait de 53 barrages
militaires de la zone de conflit et de mettre fin aux patrouilles
et survols militaires.
2 décembre
L’EZLN demande à l’Exécutif trois
signes pour reprendre le dialogue
le respect des Accords de San Andrés par l’approbation
du projet de loi de la COCOPA, la libération de tous
les prisonniers politiques zapatistes, la fermeture de 7 campements
militaires "des 259 qui existent actuellement dans la
zone de conflit". Elle annonce qu’une caravane zapatiste
se rendra à Mexico pour demander au Congrès de
l’Union de respecter des Accords de San Andrés.
5 décembre
Le président Fox fait parvenir le projet de loi
de la COCOPA au Congrès.
20 décembre
Le nouveau gouverneur, Pablo Salazar, déroge la Commission
de l’état pour la Remunicipalisation crée
par le gouvernement d’Albores Guillén qui avait
permis la création de 7 nouvelles municipalités,
principalement en zones zapatistes.
22 décembre
L’Armée se retire de la base militaire d’Amador
Hernández (Jungle). Le gouvernement fédéral
restitue le terrain exproprié par l’ex président
Zedillo en octobre 2000 à la communauté.
23 décembre
Le président Fox élimine les conditions pour être
observateur des droits de l’Homme au Mexique.
31 décembre
L’armée mexicaine se retire du campement militaire
de Jolnachoj, municipalité San Andrés Larrainzar.

2001
10 janvier
L’armée se retire du campement militaire de Cuxuljá,
municipalité de Ocosingo.
17 janvier
La base militaire de la communauté de Roberto Barrios,
municipalité de Palenque est démantelée.
24 février
23 commandants et le sous-commandant Marcos sortent du Chiapas
pour se rendre à Mexico. Près de 20 mille personnes
reçoivent la caravane à San Cristóbal.
5 mars
Les 5 mille délégués participant au troisième
Congrès National Indigène s’accordent à réaliser
un soulèvement indigène national pacifique pour
demander l’approbation de la loi COCOPA. Ils donnent à l’EZLN
la capacité de les représenter. Une Commission
du CNI accompagnera les zapatistes au Congrès de l’Union.
12 mars
Après avoir visité 12 états du Mexique,
la délégation zapatiste est reçue par
plus de 100 mille personnes sur la place principale de Mexico.
19 mars
Le président Fox annonce le retrait de l’armée
de la communauté zapatiste Guadalupe Tepeyac.
28 mars
Après de longs débats quant à l’utilisation
de la tribune, 23 commandants de l’EZLN parlent auprès
du Congrès de l’Union. La commandante Esther informe
que l’EZLN ne réalisera aucune avancée
militaire sur les positions militaires dont l’armée
s’est retirée et fait savoir que Fernando Yañez
est nommé courrier officiel des zapatistes auprès
du gouvernement. Ce dernier se réunit avec le commissaire
pour la paix, Luis H. Alvarez, pour donner suivi au respect
des conditions zapatistes.
19 avril
11 membres de Paix
et Justice sont exonérés et
mis en liberté sous caution. Les ONG dénoncent
qu’il s’agit d’une décision politique
et d’un attentat contre la justice.
25 avril
Le Sénat approuve une réforme constitutionnelle
en matière indigène.
26 avril
Le Congrès National Indigène affirme que la loi
indigène approuvée par le Sénat reste
en deçà des Accords de San Andrés.
27 avril
La Chambre des Députés approuve la Loi portant
sur le thème des Droits et Cultures Indigènes,
avec 386 votes en faveur et 60 contre.
29 avril
Communiqué zapatiste:“
L’EZLN rejette formellement cette réforme constitutionnelle
sur les droits et cultures indigènes. Elle ne reprend
pas le fond des Accords de San Andrés, elle ne respecte
pas le ‘projet de loi de la COCOPA’, elle ignore
complètement la demande nationale et internationale
de reconnaissance des droits et de la culture indigènes”.
En conséquence, l’EZLN rompt à nouveau
le dialogue avec le gouvernement.
Avril a décembre 2002
L’EZLN se maintient en silence.
1 mai
Communiqué du
Commissaire pour la Paix:
la réforme approuvée “contient des avancées
sans précédents sans nul doute importantes pour
notre nation. Mais il a également été reconnu
que l’on devra approfondir certains thèmes centraux”.
14 juin
“Le thème zapatiste n’est pas le thème du
Mexique, loin s’en faut. Il faut le situer dans sa juste
dimension. Qui plus est, il existe un processus de désactivation
du conflit très ferme. De fait, il n’y a plus
de conflit, nous sommes en sainte paix”. (Fox au Salvador).
22 juin
Rodolfo Stavenhagen est nommé porte-parole spécial
de l’ONU pour la situation des droits de l’Homme
et libertés fondamentales des indigènes.
3 juillet
1.400 écrivains, intellectuels, religieux, académiciens,
défenseurs des droits de l’Homme ainsi que différentes
organisations du Mexique et de l’étranger font
appel aux Congrès des différents états
pour qu’ils n’acceptent pas la loi Indigène.
11 juillet
‘ Appel du sud’:
les pouvoirs législatifs et exécutifs de Oaxaca
et du Chiapas font appel aux Congrès des états
qui ne se sont pas encore prononcés face au thème
de loi indigène pour qu’ils s’y opposent.
18 juillet
Après l’approbation de la majorité des
Congrès locaux, la réforme indigène passe
définitivement. La Présidence fixe sa position
quelques heures plus tard
respect total de la décision du Congrès.
30 juillet
Des milliers d’indigènes bloquent les principales
routes du Chiapas pour exprimer leur rejet de la loi indigène
et du PPP.
14 août
Publication de la réforme indigène dans le Journal
Officiel de la Fédération.
24 août
Las Abejas et les autorités de la municipalité de
Chenalhó signent un accord de non agression à partir
duquel la majorité des Abejas déplacées
commencent à retourner dans leurs communautés
(jusqu’en octobre).
Juillet à octobre
un total de 330 controverses constitutionnelles ont été présentées
a la SCJN
11 septembre
Mercredi noir aux USA. L’armée renforce sa surveillance
au Chiapas, particulièrement la frontière avec
le Guatemala, la zone Nord et d’autres endroits stratégiques.
8 octobre
Le Mexique redevient membre du Conseil de Sécurité de
l’ONU après 20 ans d’absence.
Le PRI conserve la majorité au Congrès du Chiapas
avec 48% d’abstentionnisme. Il triomphe dans 21 des 24
districts (PRD 2, PAN 1), et dans 72 des 118 mairies (PRD 19,
PAN 11).
19 octobre
Assassinat de Digna Ochoa, avocate travaillant pour la défense
des droits de l’Homme. Plus de 80 ONGs exigent une enquête
immédiate de ce cas.
1 novembre
Le Réseau des Défenseurs Communautaires présente
une réclamation contre les réformes en matière
indigène auprès de l’OIT avec 13 mille
signatures.
21 novembre
Un juge fédéral relâche six des 87 indigènes
impliqués dans le massacre d’Acteal. Le gouvernement
de l’état, des organisations indigènes
et législateurs de la COCOPA manifestent leur désaccord
avec cette libération qui envoie un message d’impunité.
7 décembre
En 2001, le Centre
des Droits de l’Homme Fray Bartolomé de
Las Casas a reçu 45 plaintes pour violations des droits
de l’Homme au Chiapas. Il affirme que c’est une
diminution importante comparée avec les gouvernements
antérieurs, mais d’un autre côté,
le fait qu’il n’y ait pas eu de réponses
radicales aux dénonciations “ouvre la porte à la
réalisation de plus de violations."

2002
27 janvier
Vingt organisations sociales,
politiques et religieuses de El Limar, Tila, hormis le groupe
présumé paramilitaire Paix et Justice, signent
un accord de réconciliation.
2 février
Plus de 60 mille personnes originaires
de 150 pays participent au Forum Social Mondial de Puerto
Alegre.
Ils se solidarisent avec les zapatistes réalisant "un
appel au gouvernement et au Congrès mexicain pour remplir
les trois conditions qui rendront possibles la reprise du dialogue
et pour suspendre tout type d’actions d’intimidation
et de harcèlement vis-à-vis des communautés
zapatistes".
15 février
Un des principaux dirigeants de Paix
et Justice, Diego Vázquez Pérez est arrêté pour
des délits commis en 1997. Il est accusé de lésions
et privation illégale de la liberté. La surveillance
sur ses sympathisants augmente.
18 février
168 députés présentent à nouveau
le projet de loi de la COCOPA auprès du Congrès
fédéral "pour réparer l’erreur
d’avoir approuvé l’an dernier une réforme
qui n’a pas répondu aux demandes des peuples indigènes."
6 mars
Le pouvoir exécutif présente le Plan
Officiel pour le Développement des Peuples Indigènes.
- Objectif 1: "contribuer à la construction d’une
nouvelle relation entre l’État, les peuples indigènes
et l’ensemble de la société."
- Objectif
2: améliorer la qualité de vie des peuples indigènes.
- Objectif 3: garantir l’accès efficace des peuples
indigènes à la juridiction de l’État.
Ce plan revendique la réforme approuvée par le
Congrès.
19 mars
L’OIT accepte la réclamation des syndicats
présentée contre la réforme indigène
pour ne pas respecter la Convention 169 sur les peuples indigènes
et tribus.
Avril
Selon le sous secrétaire pour le Développement
Agraire du Chiapas, Arturo Luna, il existe 342 points critiques
où l’on rapporte des disputes entre les zapatistes
et les membres d’organisations sociales.
3 avril
Le Réseau des Défenseurs Communautaires
des Droits de l’Homme demande à la CIDH de prendre
des mesures de protection en faveur des communautés
indigènes installées à Montes Azules.
22 avril
Le Mexique signe avec le Bureau
du Haut Commissaire pour les Droits de l’Homme de l’ONU la seconde
phase du programme de coopération technique qui passera
par l’installation d’un bureau de cet organisme
au Mexique et la réalisation d’un diagnostic sur
la situation des droits de l’Homme dans le pays.
26 juin
Seconde Semaine pour la Biodiversité et contre
l’imposition du PPP au Guatemala. 40 organisations s’accordent à freiner
les actions de bioprospection et biopiraterie dans les territoires
indigènes, ainsi que l’introduction de maïs
transgénique.
5-7 juillet
Réalisation de la Rencontre
Nationale pour la Paix avec Justice et Dignité à San Cristóbal
de Las Casas, avec plus de mille participants.
31 juillet
Le municipalité autonome Ricardo Flores
Magón dénonce qu’un groupe de 40 paramilitaires
armés, originaires de la communauté du PRI, San
Antonio Escobar, ont attaqué des bases de soutien zapatiste à La
Culebra.
7 août
José López Santiz, paysan tzletal,
base de soutien de l’EZLN, est exécuté près
de la communauté ‘6 août’, de la municipalité autonome
17 ‘novembre’.
16 août
18 mille indigènes protestent contre
le PPP. Lors d’un pèlerinage réalisé dans
les rues de San Cristóbal ils demandent également
au Vatican de permettre l’ordination de diacres autochtones.
23 août
Le Représentant du Secrétariat
Général de l’ONU pour les Déplacés
Internes, Francis Deng, de visite au Chiapas, affirme que le
gouvernement mexicain doit renforcer ses actions pour établir
la paix dans cet état.
25 août
Dans la ferme d’Amaytic,
des membres armés du PRI tuent deux autorités
zapatistes de la municipalité autonome Ricardo Flores
Magón
(Ocosingo). Un autre zapatiste est assassiné dans la
municipalité autonome d’Olga Isabel (Chilón).
2 septembre
Déclarations publiques du procureur général
de la justice au Chiapas, Mariano Herrán Salvati quant à la
mort de 4 zapatistes en août dernier: conflit pour “usages
et coutumes ou bandes de délinquants”. "On
n’a pas trouvé de raison d’ordre idéologique
dans ces conflits”.
6 septembre
La session plénière
de la SCJN déclare irrecevable (8 votes contre 3) les
controverses constitutionnelles présentées contre
les réformes
indigènes. Elle reconnaît ne pas avoir la faculté de
réviser des réformes constitutionnelles.
12 septembre
A Chilpancingo, Guerrero,
la Rencontre Nationale des Peuples Indiens condamne le “albazo
juridique” de
la SCJN.
6 octobre
Entrevue avec Rodolfo Stavenhagen,
porte-parole de l’ONU pour les droits des Peuples Indiens. "La
SCJN a agi en fonction d’une technique juridique stricte
mais pas en justice”. Quant aux affirmations du gouvernement
de Fox dans le sens que le Chiapas est en paix: " les
technocrates et les ministres de l’État qui maintiennent
les finances le voient ainsi, mais pour ceux qui vivent dans
l’inquiétude, la répression, la discrimination
et la violence quotidienne la situation est distincte".
9 octobre
1ère Rencontre du Chiapas
face au Néolibéralisme à San
Cristóbal.
11 octobre
L’atelier de réflexion
du CNI décide
de maintenir la “politique du silence” et de retourner
dans leurs communautés “non pas comme des vaincus,
mais pour renforcer la défense de nos territoires et
de notre identité” et pour construire dans les
faits l’autonomie face aux réformes en "cascade" que
l’on peut prévoir après la réforme
constitutionnelle.
16 octobre
27 membres de Paix et Justice sont emprisonnés
et accusés de vol, privation illégale de la liberté,
port d’armes d’utilisation exclusive de l’armée
mexicaine, lésions, dommages et association délictueuse.
15 novembre
275 parlementaires italiens
de toutes les forces politiques rendent publique une lettre
dirigée aux législateurs
mexicains dans laquelle ils demandent l’approbation du
projet de loi de la COCOPA. Ils considèrent que la loi
approuvée “a généré une source
de désillusion pour les peuples indigènes” et
a augmenté de nouveau la violence.
17 novembre
Lors du 19ème anniversaire de l’EZLN,
la revue zapatiste “Rébellion” est présentée à la ‘Casa
Lamm’.
19 novembre
Inauguration d’un Aguascalientes zapatiste à Madrid.
L’objectif est de renforcer les liens de la société civile
internationale avec le mouvement indigène mexicain.
24 novembre
début de la Seconde Rencontre
Hémisphérique
pour la Lutte contre la Zone de Libre Echange des Amériques
(ZLEA) à Cuba.
26 novembre
Forum International “Construire la Paix
et le Développement Social au Chiapas”, organisé par
la Fondation Friedrich Ebert et le gouvernement du Chiapas.
Il vise à enrichir les connaissances et les visions
quant au thème de la réconciliation au Chiapas.
3 décembre
Le commandant Emiliano, de l’ERPI,
annonce la constitution d’une coordination nationale
entre groupes guérilleros de tout le pays. L’EZLN
n’en fera pas partie.
17 décembre
Douze ONG exigent au gouvernement fédéral
de suspendre l’expulsion violente de plusieurs villages
situés dans la Réserve de la Biosphère
de Montes Azules, vu “que ce serait courir le risque
de réactiver le conflit armé” au Chiapas.
Décembre
Une initiative zapatiste “Une opportunité donnée
aux mots” en référence à la problématique
du Pays basque déchaîne la polémique.
 2003
1er janvier
L’EZLN rompt le silence.
Lors d’une des manifestations les plus concourues jusqu’à ce
jour, plus de 20 mille indigènes bases de soutien zapatistes “prennent” la
ville de San Cristóbal. L’EZLN condamne les trois
principaux partis politiques pour avoir trahi le fond des Accords
de San Andrés avec la loi indigène approuvée.
Elle prévient le commissaire du gouvernement pour la
paix qu’elle ne lui permettra pas d’entrer dans
ses territoires.
A partir de janvier
L’EZLN présente un “Calendrier
de la Résistance”, 12 documents par le biais desquels
le sous-commandant Marcos présente une radiographie
des luttes qui existent dans le reste du Mexique (en reprenant
la même route que la Marche de la Couleur de la Terre
avait suivi).
30 avril
Le pape Jean Paul II nomme le
prêtre Enrique
Díaz Díaz évêque auxiliaire de San
Cristóbal de Las Casas.
8 mai
Le gouvernement de l’état et les dirigeants
lacandons signent une trêve pour ne pas réaliser
d’expulsion des communautés de la réserve
de la biosphère de Montes Azules. Les autorités
se compromettent à donner différents appuis économiques à cette
ethnie tandis que les lacandons suspendront leurs efforts pour
expulser les autres groupes indigènes de la zone.
5 au 8 mai
La Rencontre Hémisphérique face à la
Militarisation réalisée à San Cristóbal
de Las Casas réunit à près de 1000 personnes
de 272 organisations de 35 pays.
11-12 mai
Réunion Continentale et Globale contre
la ZLEA et l’OMC à Mexico: les délégués
de plus de 150 organisations internationales accordent un agenda
mondial de mobilisations.
17 mai
plus de 400 membres de 92 organisations
sociales et ONG participent à la Rencontre Nationale Réponse
et Résistance Mesoaméricaine à la Mondialisation
Néolibérale, réalisée à Oaxaca.
28 mai
Avec un investissement initial
de 75 millions de pesos, le gouverneur Pablo Salazar met
en marche le programme ‘Vida
mejor’, dont l’objectif est d’aider 260 micro-régions
pauvres et marginalisées.
3 juin
Le porte-parole de l’ONU sur la Situation des
Droits de l’Homme et Libertés Fondamentales des
Peuples Indigènes, Rodolfo Stavenhagen, commence une
visite officielle au Mexique.
6 juillet
Des actions violentes ont lieu
au Chiapas durant les élections législatives en particulier à San
Juan Cancuc, Zinacantán et Chenalhó. A échelle
fédérale, on enregistre le plus fort taux d’abstentionnisme
dans l’histoire récente du pays.
18 au 24 juillet
en Honduras, Journées de Résistance
2003 dans le cadre desquelles une série de forums et
de rencontres doivent avoir lieu pour renforcer les luttes
populaires en Mesoamérique et aux Caraïbes, ainsi
que pour rechercher des alternatives aux projets économiques.
19 juillet
Le bureau spécial créé pour
le cas Digna Ochoa conclut ses enquêtes sur la mort de
l’avocate en soutenant la thèse du “suicide
simulé”, une conclusion questionnée par
plusieurs ONG des droits de l’Homme.
Juillet
L’EZLN annonce une série de changements
quant à son fonctionnement interne et sa relation avec
la société civile national et international (sept
documents qui forment la “Treizième Stèle”).
8-10 août
Pour mettre en place l’autonomie établie
dans les Accords de San Andrés, lors d’un acte
célébré à Oventik, le commandement
de l’EZLN annonce la disparition des Aguascalientes,
la création des caracoles et des Comités
de Bon Gouvernement.
Septembre
Dans la zone Nord, des indigènes choles
annoncent leur décision de délimiter leurs territoires
dans lesquels les lois zapatistes prévaudront. L’installation
de pancartes zapatistes conduit à une augmentation de
la tension dans la zone.
10 septembre
Un Forum Indigène est organisé par
le Congrès National Indigène (CNI), pendant la
réunion ministérielle de l’OMC à Cancún.
L’EZLN envoie plusieurs communiqués.
11 septembre
Le président du conseil autonome de Miguel
Hidalgo comparait devant un juge pénal pour déclarer
en relation à la détention de trois zapatistes
qui transportaient un chargement de bois et de charbon “pour
usage domestique” et accusés d’écocide.
Les détenus sont libérés rapidement.
Septembre/octobre
Série de conflits entre des membres
de la Centrale Indépendante des Ouvriers Agricoles et
Paysans (CIOAC) et des zapatistes suite à la détention
d’Armín Morales Jiménez par des miliciens
de l’EZLN pour le délit présumé d’abus
de confiance. Le Comité de Bon Gouvernement ‘Vers
l’Espérance’ le libère début
octobre supposément après que le gouvernement
de l’état ait payé les 80 mille pesos que
le conseil autonome de San Pedro de Michoacán exigeait
comme paiement d’un camion propriété d’une
base de soutien zapatiste qu’Armín Morales aurait
vendu à une autre personne.
12 octobre
Rencontre des Nations Indigènes du Mexique.
Environ 200 représentants d’organisations indigènes
affirment que le fait de ne pas avoir approuvé le projet
de Loi de la COCOPA a été une “trahison
de la part des législateurs” et qu’il ne
leur reste plus qu’à construire l’autonomie
par la voie des faits. Ils se prononcent également à faveur
des Comités de Bon Gouvernement zapatistes.
13 octobre
De visite au Chiapas, le Ministre
de l’Intérieur,
Santiago Creel, affirme que le gouvernement fédéral
attend la réponse des Congrès des états
quant à la réforme constitutionnelle en matière
indigène “pour faire une valorisation” et
présenter un paquet de projets de loi auprès
du Congrès de l’Union. De son côté,
le gouverneur du Chiapas, Pablo Salazar Mendiguchía,
reconnaît que les efforts de l’EZLN en créant
les comités de bon gouvernement “sont intéressants”.
Il explique si dans le passé le gouvernement de l’état
faisait partie du conflit, il reste désormais respectueux
des décisions des communautés zapatistes.
17 novembre
20ème anniversaire de l’EZLN réalisé de
manière interne et à porte fermée.
8 décembre
le président Vicente Fox accepte
les 32 recommandations issues du diagnostic élaboré par
le Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour
les Droits de l’Homme.

2004
1er janvier
Dixième anniversaire du soulèvement
armé de l’Armée Zapatiste de Libération
Nationale (EZLN). Le haut commandement zapatiste n’a
publié aucun communiqué politique. La célébration
s’est réalisée dans les différents
‘Caracoles’ en présence de la
société civile nationale et internationale.
8 janvier
Les habitants de la communauté
Emiliano Zapata (municipalité de Tila, zone Nord
du Chiapas) ont commencé une série de manifestations,
exigeant le retrait de l’armée fédérale.
Les bases de soutien zapatistes et les membres du Parti
Révolutionnaire Démocratique (PRD) ont
été soutenus dans cette démarche non
seulement par la société civile mais aussi
par les membres du Parti Révolutionnaire Institutionnel
(PRI) qui auparavant avaient demandé l’installation
de la base militaire dans le village. Ces derniers exigent
désormais sa fermeture face aux effets négatifs
de la présence militaire, en particulier du fait
de la consommation et du trafic de drogue, et à cause
de la prostitution.
12 janvier
Après avoir dénoncé
la fraude électorale des dernières élections,
la municipalité de Tlanepantla (état de Morelos)
s’est déclarée "autonome"
et a nommé son propre conseil autonome. Quelques
jours plus tard, ils ont été réprimés
brutalement par le gouvernement de l’état,
causant un mort.
21 janvier
Sept présumés paramilitaires
appartenant au groupe Paix et Justice ont été
libérés faute de preuve. Ils étaient
accusés, entre autres, des délits d’homicide
et de privation illégale de la liberté. Ils
étaient enfermés dans la prison de Cerro Hueco
depuis le 13 septembre 2002 après avoir été
arrêtés dans la communauté de Miguel
Alemán avec 20 autres personnes du même groupe.
22 janvier
Les maisons de la communauté
de Nuevo San Rafael dans la Réserve de Montes Azules
ont été brûlées. Selon le ministère
de la Réforme Agraire (SRA), les habitants de ce
village avaient décidé de l’abandonner
et de retourner à leur lieu d’origine. Les
ONG ont cependant accusé la SRA d’avoir divisé
la population pour pouvoir s’assurer de leur sortie
de la réserve.
25 janvier
Samuel Ruiz, évêque émérite
du diocèse de San Cristóbal de las Casas et
ex-président de la CONAI (Commission Nationale de
Médiation entre le gouvernement mexicain et l’EZLN)
a présenté sa lettre pastorale intitulé
“Une nouvelle heure de grâce”. Il
a célébré ainsi son 44ème anniversaire
en tant que prêtre. Dans ce texte, il remet en question
l’actuel processus de mondialisation et reconnaît
le rôle important des zapatistes dans l’émancipation
des peuples autochtones de tout le continent latino américain.
27 janvier
Le gouvernement de l’Etat du
Chiapas a signé un Accord avec l’Union Européenne
afin de co-financer le ‘Projet de Développement
Social Intégral et Soutenable de la Jungle Lacandone’
(PRODESIS) qui devrait être mis en place dans
la région autour de Montes Azules. L’Union
Européenne doit apporter 15 millions d’Euros
; le gouvernement de l’Etat du Chiapas, 16 millions.
12 février
Le Centre d’Analyses Politiques,
Sociales et Economiques (CAPISE) a publié un
Rapport : "L’occupation militaire au Chiapas:
le dilemme du prisonnier". Ils ont pu identifier
91 campements militaires dans la ‘zone de conflit’
du Chiapas.
17 février
Le Congrès de l’Etat du
Chiapas a approuvé un projet de loi surnommé
“Loi Muselière” qui modifie
le Code Pénal en ce qui concerne les délits
contre l’honneur. Les sanctions pour diffamation passent
à neuf ans de prison avec des amendes allant jusqu’à
1000 journées de salaire minimum. Plusieurs ONG ont
dénoncé que cette loi porte préjudice
à la liberté d’expression au Chiapas,
au travail des journalistes et y compris pour les victimes
de délits qui pourraient être poursuivies pour
diffamation.
19, 20 et 21 mars
Troisième Rencontre du Chiapas
contre le néolibéralisme à Huitiupán
(municipalité des Hauts-Plateaux du Chiapas). Elle
s’est terminé en une manifestation des participants
pour protester contre la construction d’un barrage
dans cette municipalité.
10 avril
Des bases de soutien zapatistes de
la municipalité de Zinacantán sont tombées
dans une embuscade tendue par des membres du PRD. Bilan:
des dizaines de blessés et 125 familles déplacées.
Cet affrontement s’est produit alors que les zapatistes
terminaient une marche pour célébrer l’anniversaire
de la mort d’Emiliano Zapata, et alors qu’ils
apportaient de l’eau aux habitants de la communauté
de Jechvó qui avaient été privés
de ce service par les membres du PRD depuis plusieurs mois.
14 avril
En visite au Chiapas, le Ministre de
l’Intérieur Santiago Creel a affirmé
que “le Chiapas a cessé d’être
un mal de tête pour le gouvernement fédéral”
et qu’en dépit de l’affrontement qui
s’était produit à Zinacantán
peu de temps auparavant, “il jouit de stabilité
politique”. Il a qualifié cet affrontement
comme un simple “incident”.
23 avril
A Mexico, le corps de Noël Pável
González, un étudiant de la Faculté
de Philosophie et Littérature de l’Université
Nationale Autonome du Mexique et de l’Ecole Nationale
d’Anthropologie et d’Histoire, a été
retrouvé sans vie. Certains éléments
de l’enquête indiquent que la responsabilité
de sa mort pourrait être attribuée à
un groupe d’extrême droite ‘El Yunque’.
Noël Pável participait à des projets
en relation avec les communautés zapatistes du Chiapas,
de même que certains de ses amis qui ont reçu
des menaces quelques mois après sa mort.
15 et 16 mai
XIIIème Réunion de
la Région Centre-Pacifique du Congrès National
Indigène (CNI) à Union Hidalgo (Oaxaca).
Les participants ont ratifié les Accords de San Andrés
comme "Constitution Indigène"
et ont décidé de continuer à avancer
dans le sens de la construction de l’autonomie par
la voie des faits.
28 mai
IIIème Sommet des Chefs
d’Etat et de Gouvernement d’Amérique
Latine et de l’Union européenne à
Guadalajara, Jalisco. Parallèlement, la société
civile a célébré le Forum “Entrelacer
les Alternatives” et a remis en question la politique
de l’Union européenne en Amérique Latine.
La manifestation contre le Sommet a pris fin avec l’arrestation
arbitraire de 45 personnes. Certaines ont été
battues et torturées. Huit étrangers ont été
arrêtés arbitrairement et expulsés du
pays.
4 juillet
Les familles de la communauté
San Francisco El Caracol de la Réserve de Montes
Azules ont été réinstallées
par le gouvernement dans le nouveau centre de population
appelé Santa Martha dans la municipalité de
Marqués de Comillas.
24 juillet
L’ex-gouverneur du Chiapas Roberto
Albores Guillén a annoncé sa candidature pour
succéder à l’actuel gouverneur de cette
entité, Pablo Salazar Mendiguchía. Il faut
souligner qu’il occupe actuellement un poste de la
direction nationale du PRI et qu’il est proche de
son principal dirigeant, Roberto Madrazo Pintado. Plusieurs
préoccupations et inconformités ont surgi
suite à cette déclaration.
4-6 août
Inauguration du Centre de Promoteurs
d’Education “Compañero Manuel”
dans la Municipalité Autonome Rebelle Zapatiste
“Ricardo Flores Magón”.
7-8 août
Premier Anniversaire des Comités
de Bon Gouvernement (JBG) et des Caracoles Zapatistes. L’EZLN
a lancé une série de communiqués appelés
“Lire une vidéo” qui servent de
bilan de leur première année de fonctionnement.
Elle reconnaît les erreurs et se défend de
certaines critiques. D’un autre côté,
chacun des JBG a présenté un rapport quant
à l’utilisation des fonds reçus de la
société civile nationale et internationale.
16 août
La Commission Nationale des Droits
de l’Homme (CNDH) a présenté un rapport
sur les arrestations des altermondialistes lors du Sommet
de mai à Guadalajara. Elle a confirmé que
les autorités de procuration de la justice et de
la police ont effectué 78 arrestations illégales,
70 cas documentés de traitements cruels et dégradants,
70 d’impossibilité de communication et six
cas de torture.
17 août
Le Congrès de l’Etat du
Chiapas a approuvé la destitution temporaire du Président
de la Commission de l’Etat pour les Droits de l’Homme,
Pedro Raúl López Hernández. Plusieurs
ONG ont exprimé leur préoccupation quand au
fait qu’il s’agisse en fait de limiter la CEDH
dans son travail de dénonciation des violations aux
droits de l’Homme.
1er septembre
- Le Président Vicente Fox Quezada
a présenté son quatrième rapport de
gouvernement au milieu des protestations à l’intérieur
et à l’extérieur du Congrès.
- Le Comité de Bon Gouvernement
de La Realidad s’est prononcé pour la première
fois contre les expulsions des communautés indigènes
de la réserve de Montes Azules.
1-3 octobre
Première Rencontre Nationale
des Affectés par la construction de barrages au Mexique
organisée à Aguas Calientes, Acapulco, Etat
du Guerrero, où il existe un fort mouvement de résistance
contre la construction du barrage dit de ‘La Parota’.
3 octobre
Elections municipales au Chiapas. L’Institut
Fédéral Electoral (IFE) avait négocié
avec l’EZLN pour s’assurer qu’elles pourraient
avoir lieu sans problème. L’EZLN n’y
a pas mis d’entrave.
15 octobre
Par le biais d’un communiqué,
l’EZLN a annoncé la reconcentration de communautés
zapatistes installées dans la réserve de Montes
Azules et a demandé l’aide de la société
civile nationale et internationale.
16 novembre
José Luís Soberanes a
été réélu comme président
de la CNDH, au milieu des protestations des organismes nationaux
des droits de l’Homme face à l’absence
de consultation dans le cadre de sa ratification.
17 novembre
L’EZLN a fêté les
21 ans de sa fondation “quelque part au milieu
de la Jungle Lacandone”. De nombreux commentaires
ont souligné le long chemin parcouru par les zapatistes
depuis la guerrilla traditionnelle et l’insurection
armée jusqu’au gouvernement autonome. “En
1983 nous étions six, aujourd’hui nous sommes
des milliers”, a déclaré le Comité
de Bon Gouvernement de La Garrucha, durant la commémoration
interne qui a également été réalisée
dans les autres Caracoles.
27 et 28 novembre
Premier Dialogue National pour un Projet
de Nation avec Liberté, Justice et Démocratie
à Mexico, convoqué principalement par les
syndicats du pays.
2 décembre
Amnesty International a publié
le rapport spécial “Abus non entendus à
Guadalajara : la résistance à éclaircir
les violations aux droits de l’homme perpétue
seulement l’impunité”
4 et 5 décembre
Forum “Contre le Silence
et l’oubli : la voix des peuples indigènes
du Mexique” célébré à
Chilpancingo (Etat du Guerrero). L’objectif a été
de présenter un “Agenda pour le Développement
Intégral et l’Autonomie des Peuples Indigènes
du Guerrero”, fruit d’un travail conjoint
entre les différentes régions autochtones
de cet état par le biais d’ateliers et de forums.
22 décembre
Septième anniversaire du massacre
d’Acteal. Plusieurs organisations de droits de l’homme
ont dénoncé qu’à ce jour aucune
enquête impartiale et objective n’ait été
réalisée et que justice n’ait pas été
faite vu que tous les responsables ne sont pas en prison
et que certains prisonniers accusés du massacre pourraient
être innocents.

2005
1er janvier
La veille du 1er janvier, lors de la prise de possession des nouvelles autorités municipales élues en octobre 2004, des manifestations ont été organisées, ainsi que des blocages de routes et des affrontements à Oxchuc, Tila et Sabanilla, entre autres.
Première quinzaine de janvier
Dans le cadre d’une visite au Chiapas, dans la Forêt Lacandone, le Président de la République Vicente Fox a affirmé que l’EZLN était un sujet qui “dans la pratique, appartenait déjà au passé, alors que tout le monde regarde vers l’avant”. La COCOPA a exprimé un “sérieux étonnement”, mais non de façon officielle, par manque de quorum lors de la session convoquée en urgence à la suite de ces déclarations. Le Gouverneur du Chiapas, Pablo Salazar Mendiguchía, a fait savoir, de son côté : “je partage son point de vue sur le fait que le zapatisme comme option armée est chose du passé. Nous parlions des nouvelles expressions du zapatisme, qui sont du domaine civil, les efforts au sein de leur propre territoire pour se doter de nouvelles formes de cohabitation.”
23 janvier
160 familles indigènes tzeltales ont été délogées de la biosphère de Montes Azules et réinstallées dans le village “Nouveau Montes Azules”, municipalité de Palenque.
15 février
A Tila, dans la zone Nord du Chiapas, le PRI comme son concurrent, l’Alliance PRD-PT, avaient crié victoire après les élections municipales de 2004. Le Tribunal Electoral du Pouvoir Judiciaire a fini par déclarer le PRI vainqueur. Les opposants occupèrent la place de la mairie avant d’être violemment délogés le 15 février. 54 personnes furent arrêtées selon le Centre des Droits de l’Homme Fray Bartolomé de Las Casas. Six maisons furent brûlées, trois voitures furent détruites, les routes furent bloquées par intermittence. Plus de 800 éléments armés de la Police Sectorielle et de l’Agence d’Enquête de l’Etat participèrent à l’expulsion.
7 avril
La Chambre des Députés a décidé de lever son immunité au Chef du Gouvernement du District Fédéral de Mexico, Andrés Manuel López Obrador, et de lui retirer ses fonctions afin qu’il réponde à un processus pénal pour délit présumé.
Fin avril
Face à la pression populaire qui s’est exprimée à travers des manifestations massives dans la capitale, le processus de retrait d’immunité à Andrés Manuel López Obrador a finalement été suspendu.
18 mai
Enlace Civil, une organisation chargée d’appuyer des projets dans les municipalités zapatistes autonomes, a reçu un avis de la banque Bilbao Vizcaya Argentaria - BBVA-Bancomer lui annonçant la fermeture de ses neuf comptes bancaires dans un délai de 31 jours pour “blanchissement illicite d’argent”.
19 juin
L’EZLN s’est déclarée en Alerte Rouge, ce qui a signifié :
- La fermeture des structures autonomes civiles zapatistes (les ‘Caracoles’). Leurs membres furent mis “à l’abri” et continuèrent leur travail de manière “transhumante” ;
- Le regroupement des commandants militaires, des bases de soutien et des insurgés zapatistes qui réalisaient un travail social dans les villages ;
- La sortie de la société civile nationale et internationale présente à ce moment-là dans les municipalités autonomes.
20 juin
Le Ministère de la Défense Nationale a informé qu’il avait réalisé une opération de destruction de 44 pieds de marihuana en territoire zapatiste. Il s’est rapidement avéré que cette opération s’était déroulée en dehors de la ‘zone de conflit’, dans des municipalités sans présence zapatiste. Le Ministère de l’Intérieur a alors été amené à démentir ses propos.
Du 20 au 26 juin
L’EZLN a publié une série de communiqués :
- 20 juin : Annonçant une restructuration politique et militaire à l’intérieur de l’EZLN ;
- 20 juin : Clarifiant que l’Alerte Rouge avait été une “mesure de prévention” pour protéger un processus de consultation interne convoquée par l’EZLN (il faut rappeler qu’une autre consultation zapatiste en février 1995 avait coïncidé avec une offensive militaire pour détenir le commandement zapatiste) ;
- 21 juin : Annonçant à la société civile nationale et internationale que la prochaine étape de l’EZLN ne serait pas une action militaire ;
- 26 juin : Informant qu’après un processus de consultation en assemblées communautaires, l’EZLN avait décidé de lancer “une nouvelle initiative politique de caractère national et international” qu’elle expliquerait à travers la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone (“Sexta”).
Du 29 juin au 1er juillet
Par le biais de 3 communiqués, l’EZLN présenta la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone. La “Sexta” dresse un bilan de l’histoire et de la lutte zapatiste au cours des 11 dernières années : ’“une nouvelle étape dans la lutte indigène n’est possible que si l’indigène s’allie (...) aux ouvriers de la ville et des champs”. Dans ce document, l’EZLN propose la création d’un nouveau “front large de lutte” afin de créer conjointement un "programme national de lutte, mais un programme qui soit clairement de gauche, c’est-à-dire, anticapitaliste” et de pouvoir aboutir à une nouvelle Constitution. A échelle internationale, la Sexta propose également d’organiser une rencontre intergalactique comme celle de la Realidad en 1996.
11 juillet
L’état d’Alerte Rouge a été levé. Les zapatistes ont invité la société civile nationale et internationale à renouer contact avec la structure civile zapatiste. Ils ont annoncé la création des Commissions d’Information à l’intérieur des bureaux des Comités de Bon Gouvernement.
5 août
Le représentant de la COCOPA auprès du Congrès, Fernel Gálvez Rodríguez, a affirmé que l’attention, la sécurité et la surveillance du parcours que l’EZLN réalisera dans tout le territoire national sera de la responsabilité directe du gouvernement fédéral.
15 août
Le Centre des Droits de l’Homme Fray Bartolomé de Las Casas a dénoncé le déplacement forcé de plusieurs familles de la communauté de Andrés Quintana Roo, municipalité de Sabanilla, suite aux agressions et menaces de personnes liées au groupe “Développement, Paix et Justice” (DP&J). Dans la zone Nord du Chiapas circule la rumeur d’une possible réactivation de DP&J, organisation accusée d’être paramilitaire.
Août-septembre
Plusieurs réunions entre l’EZLN et la société civile ont été organisées dans différents villages de la Forêt Lacandone pour préparer le lancement de l’Autre Campagne à travers le pays. Lors de la première session plénière en septembre, 2069 personnes sont venues au Caracol de La Garrucha.
6 septembre
Affrontement entre des bases de soutien zapatistes et le reste de la population de la communauté Belisario Domínguez, dans la municipalité de Salto de Agua.
16 septembre
L’EZLN a annoncé que le sous-commandant Marcos dirigerait la première étape de l’Autre Campagne, du premier janvier 2005 à San Cristóbal de las Casas au 24 juin suivant à la capitale.
5 octobre
Début octobre, le passage de l’ouragan Stan a affecté dramatiquement le Chiapas, le Guatemala et le Salvador. Dans le sud du Chiapas, on calcule que Stan a détruit plus de 18.000 maisons et 174 écoles. L’ouragan a laissé plus de 88 villages sans communication. Il a détruit plus de 20 ponts et endommagé de nombreuses routes.
Mi-octobre
A la mi-octobre a été reçue une plainte selon laquelle des membres de l’Organisation pour la Défense Indigène et Paysanne (OPDDIC) planifiaient de démanteler la municipalité autonome Olga Isabel et d’arrêter ses autorités.
Du 28 octobre au 2 novembre
“Semaine pour les morts, disparus et prisonniers”, une initiative proposée par l’EZLN lors de la session plénière de l’Autre Campagne en septembre et reprise dans plusieurs régions du pays.
2 novembre
A El Limar, municipalité de Tila, zone Nord du Chiapas, environ 200 personnes provenant de 11 villages se sont réunies pour commémorer les plus de 120 assassinés et disparus dans la région entre 1994 et 2000.
20 novembre
Dans un communiqué, l’EZLN a annoncé la dissolution du Front Zapatiste de Libération Nationale (FZLN).
25 novembre
L’EZLN a annoncé la création de la Commission Intergalactique sous la direction du Lieutenant Coronel Moisés.

2006
1er janvier :
Lancement de la tournée nationale du Délégué Zéro. Cette étape a démarré à San Cristóbal de Las Casas le premier janvier où plusieurs commandants et des milliers de bases de soutien de l’EZLN sont venus saluer le sous commandant Marcos à son départ.
Mars :
le Ministre de l’Intérieur, Carlos Abascal Carranza s’est réuni avec les législateurs qui appartiennent à la Commission de Concorde et Pacification (COCOPA, une commission créée dans le cadre des dialogues entre le gouvernement et les zapatistes). Il a affirmé que “les circonstances d’exception qui existaient au Chiapas ont été dépassées, la dite “zone grise” a cessé d’exister dans cette entité”. Il a informé qu’actuellement l’armée mexicaine limitait ses activités aux besoins que requiert un état – frontière.
Fin avril :
le maire de Tuxtla Gutiérrez (capitale du Chiapas), Juan Sabines Guerrero, a démissionné du PRI. Quelques jours plus tard, il a été nommé candidat au poste de gouverneur pour le PRD.
3 mai :
Un conflit entre 8 vendeurs ambulants de fleurs et des policiers de la ville Texcoco (état de Mexico) du à l’interdiction du maire du PRD de s’installer dans un terrain concessionné pour la construction d’une grande surface Walmart a dégénéré en une violente confrontation. Le bilan de deux opérations policières fut de deux morts (un mineur le jour même et un autre jeune, en juin, qui avait été blessé à la tête par une bombe de gaz lacrymogènes, plusieurs blessés, 211 détenus et 5 étrangers expulsés du pays. Plus de 20 femmes furent outragées sexuellement et 7 d’entre elles furent violées par des membres de la police de l’état durant leur transfert à la prison. A l’heure actuelle, 28 des 211 personnes arrêtées restent en prison, accusées de délits graves (équivalent de prise en otage de fonctionnaires). Le jour même des faits, el Délégué Zéro (Sous Commandant Marcos) a suspendu sa tournée nationale et à décider de rester dans la ville de Mexico jusqu’à ce que toutes les personnes arrêtées soient libérées. Il a déclaré une Alerte Rouge qui a impliqué la fermeture des structures civiles zapatistes (Municipalités Autonomes et Comités de Bon Gouvernement) au Chiapas.
Juin :
le mouvement enseignant du Oaxaca a mobilisé plus de 40 milles enseignants en un ‘sit in’ prolongé qui reçut le soutien d’amples secteurs sociaux de cet état. Cette manifestation qui commença par des demandes syndicales finit par incorporer l’exigence de la renonciation du gouverneur du PRI, Ulises Ruiz, une personne considérée comme répressive par la majorité des organisations sociales. L’Assemblée des Peuples de Oaxaca (APPO) a été formée.
De janvier à juillet :
le processus électoral fédéral a été caractérisé par une forte tension. Les critiques personnelles n’ont pas manqué et les partis adversaires n’ont eu de cesse de présenter le candidat qui jusque-là paraissait favori (avec une marge qui est allé en diminuant), Andrés Manuel López Obrador (AMLO), comme un danger pour le Mexique, provoquant ainsi un vote fondé sur la peur. Le secteur des entrepreneurs a joué un rôle fondamental dans ce processus contre AMLO en finançant une coûteuse campagne publicitaire. Le président Vicente Fox est également intervenu en faveur du candidat de son parti (PAN), Felipe Calderón. Suite à cela, certains analystes en sont venus à parler d’élections d’Etat.
2 juillet :
Elections fédérales au Mexique. Cependant, ce soir-là, l’Institut Fédéral Electoral (IFE) – autorité électorale chargé de compter les votes – s’est déclaré incapable de nommer le vainqueur, du fait de la marge de différence extrêmement limité existant entre les deux premiers candidats, et retarda l’annonce des tendances. Les jours suivants, un calcul électoral district électoral par district électoral donna la victoire à Felipe Calderón sur Andrés Manuel López Obrador avec une marge de différence inférieure à 1%. Plusieurs recours légaux furent présentés au Tribunal Electoral du Pouvoir Judiciaire de la Fédération (TEPJF).
5 août :
Une opération policière expulse violement 30 familles zapatistes de la communauté de los Ch’oles, municipalité autonome El Trabajo (Tumbalá), accusées de s’être installées dans une propriété privée.
D’avril a août :
De multiples irrégularités furent dénoncées dans le cadre du processus électoral au Chiapas : achat, manipulation et coercition du vote de la part du PRI, du PRD et du PAN ; ingérence directe du gouverneur Pablo Salazar Mendiguchía ; utilisation électorale de programmes sociaux du gouvernement du Chiapas pour favoriser Juan Sabines ainsi qu’un constant changement de partis de la part d’acteurs politiques connus.
20 août :
Elections au poste de gouverneur de l’état du Chiapas. Juan Sabines Guerrero est déclaré vainqueur avec une marge très étroite (0.55%), les votes en sa faveur représentant à peine 20% du total de l’électorat.
1er septembre :
Sixième et dernier rapport présidentiel. Le Palais législatif fut entouré d’un cordon militaire auquel 8000 membres de la Police Fédérale Préventive (PFP) et de l’Etat Major Présidentiel participèrent, accompagnés de chars et de francs-tireurs. En protestation contre cette présence militaire, des membres du Congrès du PRD et du PT occupèrent la Tribune. Le président Fox opta pour remettre son rapport par écrit dans le vestibule du Palais législatif.
5 septembre :
le TEPJF déclara Felipe Calderón président élu à l’unanimité. Il rejeta toutes les contestations présentées par la Coalition pour le Bien de Tous. Il reconnut celles qui faisaient allusion à l’ingérence Fox en faveur de Calderón, ainsi que celles qui se référaient à la diffusion de messages financés par le patronnât qui influencèrent négativement la campagne d’AMLO. Cependant, il affirma que "l’on ne pouvait pas déterminer l’impact électoral –s’il y eut impact - de ces deux actions".
16 septembre :
le jour de la commémoration de l’Indépendance du Mexique, une Convention Nationale Démocratique (CND) se réalisa en présence de plus d’un million de délégués de tout le pays. Ils proclamèrent AMLO président légitime et approuvèrent un Plan de 6 points : Ne pas reconnaître Calderón comme président élu ; qu’AMLO assume le pouvoir comme président “légitime” le 20 novembre ; lui permettre de conformer son cabinet ; développer des actions de résistance à court terme et empêcher que Calderón ne prenne le pouvoir (le 1er décembre) ; maintenir la CND et former trois Commissions de coordination (de “politique Nationale”, de “Résistance Civile” et d’Organisation du Plébiscite et d’une Nouvelle Constitution).
Du 8 octobre au 30 novembre:
seconde étape de la tournée du Délégué Zéro dans les 11 états de la République qui n’avaient pas été couverts avant le mois de mai.
29 octobre :
la Police Fédérale Préventive (PFP) est envoyée à Oaxaca par le gouvernement fédéral. Elle a commencé depuis tôt son entrée dans la ville et a pris le contrôle de la place centrale pendant la nuit. Tandis que l’APPO parlait de pour le moins 4 morts, le gouvernement fédéral a affirmé qu’il n’y en avait eu aucun.
13 novembre :
dans le village Viejo Velasco dans la Forêt Lacandone, une attaque armée de centaine de membres de la dite Communauté Lacandone est perpétré contre 17 familles autochtones qu’ils accusent d’avoir envahi leurs terres. Bilan: 4 morts (parmi lesquels une femme enceinte de six mois, 4 personnes disparues (possiblement exécutées) et 38 personnes déplacées.
20 novembre :
Andrés Manuel López Obrador est nommé président légitime.
25 novembre :
affrontement entre des agents de la PFP et des membres de l’APPO qui marchaient en direction du centre-ville. Le bilan, selon le journal ‘La Jornada’, est de plus de 140 blessés (trois d’entre eux étant des journalistes), 140 détenus et de nombreux édifices (publics et privés) ainsi que plusieurs automobiles incendiés.
1er décembre :
Felipe Calderón Hinojosa est nommé président du Mexique et assume son poste dans un contexte de haute polarisation et au milieu d’une opération policiaco-militaire.
8 décembre :
Juan Sabines Guerrero assume son poste comme gouverneur de l’état du Chiapas.
16 décembre:
La PFP s’est retiré du centre historique de la ville de Oaxaca et le jour suivant 43 personnes qui avaient été emprisonnées à Nayarit ont été libérées.
18 décembre:
La Commission Nationale des Droits Humains (organisme public autonome) a publié un rapport sur la violence à Oaxaca qui présente le bilan suivant : 349 personnes arrêtées, 370 blessées et 20 morts.
22 décembre:
Lors du neuvième anniversaire du massacre d’Acteal, le gouverneur du Chiapas Sabines Guerrero a annoncé la création d’une instance spéciale pour enquêter sur le cas.

2007
Du 30 décembre 2006 au 2 janvier 2007 :
La première Rencontre des Peuples zapatistes avec les Peuples du Monde a été célébrée à Oventik, Caracol 2, Hauts Plateaux du Chiapas.
Janvier :
Amnesty International (AI) a dénoncé le fait que le gouvernement de Felipe Calderón "n’a pas une vision de protection des droits humains".
19 janvier :
Plusieurs narcotrafiquants soumis à un procès pénal au Mexique ont été extradés aux Etats Unis, une décision que le président a présentée comme nécessaire face à la vulnérabilité des juges mexicains.
25 janvier :
Le gouverneur du Chiapas, Juan Sabines Guerrero, a annoncé la création d’une Commission Spéciale “ afin de réviser la situation légale dans laquelle se trouvent diverses personnes qui ont été privées de leur liberté pour purger une sentence pénale”, ceci afin de favoriser la réconciliation mais cela, “sans douter des raisons et circonstances en fonction desquelles la justice du Chiapas a dicté la sentence”.
Février :
Andrés Manuel López Obrador, ex candidat à la présidence en juillet 2006, s’est déclaré “récupéré” des élections 2006. Il a affirmé qu’il prépare déjà les prochaines élections présidentielles en 2012. Il a commencé à réaliser une tournée pour visiter toutes les municipalités du pays.
8 mars :
Dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, le représentant des Nations Unies au Mexique a rendu publics des chiffres préoccupants quant à la situation de la violence contre les femmes. Ce même jour, Amnesty International a publié un rapport dans lequel elle signale qu’au Mexique il existe un taux très préoccupant de violence sexuelle exercée par des fonctionnaires qui abusent sexuellement de femmes (particulièrement indigènes).
21 mars :
Le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les Droits Humains et les Libertés Fondamentales des Peuples Indiens, Rodolfo Stavenhagen, a donné le Mexique comme un exemple de pays où il existe une tendance à la criminalisation des manifestations sociales organisées par les peuples indiens ainsi qu’à la répression de la part des forces publiques.
25 mars :
La seconde étape de l’Autre Campagne a débuté avec la sortie du Chiapas de trois délégations de commandants, commandantes et du sous-commandant Marcos, qui ont parcouru le nord du Mexique jusqu’à début juin.
Avril :
Le président de la Commission Interaméricaine des Droits humains (CIDH), Florentín Meléndez, a visité le Mexique. Dans le rapport que les organisations civiles lui ont remis, elles soulignent le fait que le gouvernement du président Calderón "n’a réalisé aucun discours public sur ce que sa politique quant à ce thème serait".
1º avril :
Luís H. Álvarez, responsable de la Commission Nationale pour le Développement des Peuples Indiens et ex-mandataire gouvernemental pour la Paix au Chiapas a déclaré que l’"EZLN n’était plus un interlocuteur pour le gouvernement de Felipe Calderón”, vu que selon lui, il ne représente ni n’est formé par des communautés indigènes
9-10 avril :
Le relancement du controversé Plan Puebla-Panamá s’est confirmé avec la réalisation d’un Sommet à Campeche (au Mexique), Sommet auquel les chefs d’Etat d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud, ainsi que les gouverneurs mexicains ont participé.
21 juin :
La APPO s’est déclaré en alerte maximale et a dénoncé “la radicalisation de la guerre de basse intensité qu’Ulises Ruiz mène contre le peuple de Oaxaca”.
1 juillet :
Un an après les élections présidentielles, une manifestation en faveur de López Obrador a rempli la place principale (zócalo) de la Ville de Mexico.
5-10 juillet:
L’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR), dont la présence est connue au Guerrero, Oaxaca et Chiapas s’est rendue responsable de 8 explosions dans des conduits de Pétroles Mexicains (Pemex) situés à Guanajuato et Querétaro. Ils ont expliqué qu’elles font partie d’une campagne de harcèlement contre le gouvernement de Felipe Calderón et ont exigé de voir réapparaître en vie de deux de ses membres disparus à Oaxaca depuis le mois de mai.
12 juillet :
Un recours constitutionnel définitif a été accordé à Luis Echeverría, accusé de génocide pour son rôle comme Ministre de l’Intérieur, au moment du massacre de Tlatelolco le 2 octobre 1968.
16 juillet :
La violence a à nouveau surgi à Oaxaca : pendant plus de trois heures, des membres et sympathisants de la APPO se sont affrontés à la police, laissant un bilan de 42 personnes blessées et de 60 détenues.
21-30 juillet :
La Seconde Rencontre des Peuples Zapatistes avec les Peuples du Monde a été réalisée dans trois des cinq « Caracoles » zapatistes avec la participation de plus de 3 mille personnes.
18 août :
Une opération policière et militaire a été réalisée dans la Réserve de la Biosphère de Montes Azules afin d’expulser 39 familles des communautés Buen Samaritano et San Manuel (Ocosingo).
1er septembre :
Le président Felipe Calderón a présenté son premier rapport de gouvernement au milieu d’une forte opération policière. Lors d’une cérémonie de moins de 5 minutes, il a remis son rapport devant une centaine de fauteuils vides car les législateurs de gauche avaient décidé de quitter les lieux.
24 septembre :
L’EZLN a décidé de suspendre la tournée des commandants zapatistes dans le sud et le centre du pays au départ prévue entre les mois de septembre et décembre, ceci du fait de ce qu’ils considèrent comme une nouvelle offensive de la part du gouvernement contre les communautés zapatistes.
2 octobre :
Plus de 100 groupes et organisations ont formé le Front National Contre la Répression face à ce qu’ils dénoncent comme une nouvelle étape de la « guerre salle » contre les activistes sociaux.
7 octobre :
Des élections ont été menées au Chiapas pour élire 118 maires et 40 députés locaux. Le PRI a gagné la majorité des postes en jeu.
11-14 octobre :
La Rencontre des Peuples Autochtones d’Amérique a été réalisée dans la communauté Yaqui de Vícam (Sonora) au milieu d’opérations policières. 570 délégués autochtones représentant 66 peuples indiens de 12 pays d’Amérique y ont pris part.
17 octobre :
Le Bureau du Haut Commissaire pour les Droits humains de l’Organisation des Nations Unies a signalé le fait que suite aux menaces et meurtres contre les journalistes, le Mexique est en tête des pays présentant des « limitations à la liberté d’expression » à échelle mondiale.
Fin octobre :
L’initiative Mérida (également appelé 'Plan Mexique') a été lancée. Le gouvernement des USA apporterait 1400 millions de dollars pour mettre en place une stratégie conjointe en vue de combattre le trafic de drogues. Cette stratégie incorporera des éléments militaires, juridiques et d’aide au développement. Les critiques signalent le peu de résultats du Plan Colombie (en de nombreux points similaire), ainsi que le risque qu’un tel plan puisse impliquer une augmentation des violations aux droits humains de la population civile mexicaine.
Octobre-novembre:
D’importantes inondations à la fin de la saison des pluies ont laissé plus d’un million de sinistrés à Tabasco et dans les municipalités du nord du Chiapas.
22 novembre :
Le Réseau Solidaire “Décennies contre l’Impunité” a dénoncé qu’il existe plus de 500 prisonniers politiques au Mexique.
4 décembre:
Un an après avoir été arrêté, l’indien Diego Méndez Arcos, considéré par Amnesty International comme “prisonnier politique”, a été relaché. Il avait été détenu dans le cas de Viejo Velasco Suárez (qui avait provoqué 4 morts).
13-17 décembre :
En mémoire de l’historien Andrés Aubry, l’EZLN, la Revue “Contrahistoires” et le CIDECI-Unitierra ont organisé un colloque à San Cristóbal de las Casas avec la participation d’intellectuels de gauche, nationaux et internationaux aux côtés du sous commandant Marcos. Le 16 décembre, ce dernier a affirmé qu’il était le chef militaire de l’EZLN et qu’après cette apparition il ne participerait plus à d’autres activités publiques. Il a poursuivi : “Ceux qui ont fait la guerre savent reconnaître les chemins par lesquels elle se prépare et s’approche. Les signes de la guerre à l’horizon sont claires. La guerre, comme la peur, ont leur odeur. Et à l’heure actuelle, on commence à respirer son odeur fétide dans nos terres. Selon les termes de Naomi Klein, nous devons nous préparer pour le choc.”
20-22 décembre :
Le dixième anniversaire du massacre d’Acteal a été commémoré au travers d’une Rencontre Nationale contre l’Impunité le 20 et 21 et d’une messe le 22.
28 décembre 2007 au 2 janvier 2008 :
La troisième Rencontre des Peuples Zapatistes avec les Peuples du Monde « La Commandante Ramona et les femmes zapatistes a été réalisée dans le Caracol 3 de La Garrucha.

2008
1er janvier :
Entrée en vigueur du chapitre agraire de l’Accord de Libre Echange d’Amérique du Nord (ALENA) qui élimine les taxes à l’importation des graines basiques comme les haricots et le maïs, ainsi que les produits laitiers et oléagineux.
31 janvier :
Le Front National pour la Défense de l’Agriculture Mexicaine, ainsi que des organisations sociales et syndicales ont réalisé une méga manifestation pour exiger la renégociation de l’ALENA. Cette manifestation a été l’une des plus grandes effectuées au Mexique contre l’ALENA. Les manifestantsont dénoncé le fait que le chapitre agricole représente “le coup de grâce” pour les paysans mexicains
Début février :
La titulaire du bureau de la Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits humains (OACNUDH), Louise Arbour, a visité le Mexique.
26 février :
Un peu plus de 40 organisations paysannes, syndicales et civiles ont signé le Pacte pour la Souveraineté Alimentaire et Energétique, les Droits des Travailleurs et les Libertés Démocratiques.
Février-avril :
Dans plusieurs prisons du Chiapas et l’une d’entre elles à Tabasco, des prisonniers ont commencé une protestation historique par le biais de grèves de la faim. Ils se sont revendiqués comme prisonniers politiques et ont exigé leur libération immédiate. Ils ont réussi à obtenir la libération de plus de 100 personnes qui se trouvaient dans différentes prisons du Chiapas.
12 mars :
La campagne “Sans Maïs, il n’y a pas de pays” a remis au Sénat une lettre signé par 438 mille citoyens qui appuie l’exclusion du maïs et des haricots de l’ALENA, la mise en place d’un mécanisme permanent d’administration des importations et exportations des semailles et l’interdiction de cultiver des transgéniques.
13 mars :
La Commission d’Enquête de la Suprême Cour de Justice de la Nation (SCJN) a conclu la première étape de son travail quant à ce qu’il s’est passé à Atenco en 2006, et a reconnu l’existence de “possibles graves violations” des garanties individuelles et la coordination des responsables policiers “du plus haut niveau” dans la planification de l’opération qui a abouti à la mort de deux personnes et à l’arrestation de 207 autres.
6 mars :
Le Sénat a approuvé une réforme constitutionnelle en matière pénale. Elle inclut certaines améliorations comme les procès oraux et la présomption d’innocence.
16 mars :
Des élections internes pour définir le nouveau président du PRD ont été réalisées. Deux candidats s’affrontaient, et, au travers d’eux, deux grandes tendances à l’intérieur de celui-ci: Alejandro Encinas, plus proche de López Obrador et Jesús Ortega, qui représente la dite “Nouvelle Gauche”. De nombreuses irrégularités ont été dénoncées durant la réalisation de ces élections. Les résultats sont restés en suspens jusqu’à la mi novenmbre, lorsque le Tribunal Electoral a déclaré Ortega vainqueur.
Avril :
Le Ministère de l’Intérieur a décidé de mettre fin à la Coordination pour le Dialogue au Chiapas créée en 1994 après le soulèvement de l’EZLN, pour des raisons d’austérité et pour considérer son existence non nécessaire.
9 avril :
Felipe Calderón a présenté un projet de réforme constitutionnelle en matière énergétique auprès du Congrès, cherchant ainsi à revitaliser le secteur pétrolier, principale source de revenus du pays en donnant plus de moyens à l’entreprise publique, Pemex. Il inclue de possibles modifications qui permettraient la participation privée tout au long du processus productif.
10 avril :
Début du processus de résistance face à la possible réforme énergétique lorsque la majorité des législateurs du Front Progressiste Ample (FAP) a occupé la tribune du Sénat en demandant qu’un débat réel quant à l’avenir du pétrole soit accordé. Le Mouvement en Défense du Pétrole a commencé à réaliser des actions de résistance dans les rues.
Fin avril :
l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR, groupe armé dont la formation remonte aux guérillas surgies dans le sud du Mexique il y a quatre décennies) a demandé à plusieurs personnalités mexicaines de former une médiation qui lui permettrait d’établir un dialogue indirect avec le gouvernement fédéral pour obtenir l’apparition en vie de deux de ses membres disparus à Oaxaca en mai 2007. Le gouvernement fédéral a finalement accepté de se réunir avec la commission de médiation en mai.
27 avril :
Au moins 500 policiers sont entrés de manière violente dans la communauté de Cruztón, municipalité de Venustiano Carranza, Chiapas.
Début mai :
Amérigo Incalcaterra, représentant au Mexique du Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits humains (OACNUDH), a abandonné son poste, supposément du fait de pressions de la part du gouvernement mexicain. Diverses organisations de droits humains nationales se sont prononcées pour exiger au gouvernement de clarifier la situation, sans obtenir de réponse de la part de celui-ci.
27 mai :
Le Bureau du Procureur Fédéral de Protection de l’Environnement (Profepa) a informé que, conjointement avec la Police Fédérale, le Bureau du Procureur Général de la République et des membres de l’Armée, des groupes de paysans qui s’étaient installés de manière irrégulière dans 35 hectares de la Réserve de la Biosphère de Montes Azules avaient été expulsés.
28 mai :
Amnesty International (AI) a dénoncé que le gouvernement de Felipe « n’a pas encore montré un plein engagement pour la protection » des droits humains, un fait qui résulte “préoccupant”.
Fin mai :
L’organisation civile “Las Abejas” (Les Abeilles) a affirmé que le responsable du Ministère Public pour le cas Acteal, Noé Maza Albores, avait menacé d’emprisonner leurs dirigeants s’ils ne mettaient pas fin aux dénonciations publiques qu’ils réalisent les 22 de chaque mois dans le cadre de la commémoration du massacre de 45 indiens le 22 décembre 1997.
4 juin :
On a enregistré une incursion militaire et policière près du Caracol zapatiste de La Garrucha (structure régionale d’autonomie), ainsi que dans les communautés habitées par des bases de soutien de l’EZLN de Hermenegildo Galeana et San Alejandro.
26 juin :
Le Sénat des USA a approuvé la première étape de l’Initiative Mérida qui inclut 400 millions de dollars pour le Mexique, qui seraient utilisés pour des entraînements, le soutien à la réforme judiciaire et l’acquisition d’armement.
28 juin :
A Villahermosa (Tabasco, Mexique), le Dixième Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Mécanisme de Dialogue et de Concertation de Tuxtla a pris fin. Les mandataires présents ont réaffirmé les objectifs du Plan Puebla Panama, qui a été renommé “Projet Mésoamérique”. La déclaration finale se réfère fréquemment au combat contre la délinquance organisée et le soutien de l’Initiative Mérida financée par les USA.
23 juillet :
Le Centre de Droits humains Fray Bartolomé de Las Casas a dénoncé l’agression de policiers étatiques contre les paysans de la communauté de Cruztón, municipalité de Venustiano Carranza, ainsi que d’observateurs appartenant à l’Autre Campagne.
27 juillet :
Le Congrès National Démocratique (CND) et le Front Ample Progressiste (FAP) ont organisé une consultation publique sur le thème de la réforme énergétique, qui a été réalisée dans neuf états de la République et le District Fédéral. Plus d’un million et demi de personnes y ont pris part. Un peu plus de 80% des participants ont exprimé leur refus face à la réforme présentée par le pouvoir exécutif.
Fin juillet :
Caravane solidaire Internationale au Chiapas. 300 activistes principalement en provenance d’Europe sont arrivés au Chiapas pour observer et dénoncer une situation qu’ils considèrent comme faisant partie d’un “scénario de guerre”.
21 août :
Le gouvernement fédéral a présenté l’Accord National pour la Sécurité, la Légalité et la Justice, qui, par le biais de 75 points prétend apurer et renforcer les institutions policières et de procuration de justice.
29 août :
Le nouveau Programme National des Droits humains 2008-2012 a été publié dans le Journal Officiel de la Fédération. Des organisations civiles ont critiqué ce programme en le considérant comme un simple “catalogue de bonnes intentions”.
Septembre :
Dans le cadre de l’ Examen Périodique Universel (EPU) qui doit être appliqué à toutes les nations appartenant à l’Organisation des Nations Unies (ONU), plus d’une centaine d’ONG ont présenté un rapport spécial à Genève, Suisse. Elles y dénoncent que “le Mexique ne respecte pas ses engagements internationaux” et que la torture, les disparitions forcées, les exécutions extrajudiciaires, les limitations posées à la liberté d’expression et l’impunité persistent. L’Etat mexicain a présenté son propre document à la fin novembre.
15 septembre :
Dans le cadre de la commémoration de l’Indépendance mexicaine, deux explosions à Morelia, Michoacán ont laissé un bilan de sept morts et 132 blessés, fait qui a renforcé la perception généralisée d’insécurité.
16 septembre :
L’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) a appelé à relancer la mobilisation pour exiger la libération de 13 personnes toujours en prison après la répression à San Salvador Atenco en mai 2006. Toutes ont reçu des sentences de plus de 30 ans (112 ans dans le cas des dirigeants du Front des Peuples en Défense de la Terre).
3 octobre :
Le 3 octobre dernier, une opération policière violente a laissé un bilan de six morts (4 personnes ayant été exécutées selon les témoignages des habitants), 17 blessés et 36 personnes arrêtées ; presque tous étaient des habitants de l’ejido Miguel Hidalgo, situé dans la municipalité de La Trinitaria, Chiapas. Le 7 septembre dernier, les “ejidatarios” (propriétaires des terres communales) ont occupé les ruines de Chincultik qui se trouvent face à leur communauté, après avoir décidé que l’ejido administrerait désormais ce site archéologique maya.
Remettant en question la réponse du gouvernement du Chiapas face à ces faits, la Commission Civile Internationale d’Observation pour les Droits humains (CCIODH) a affirmé que ce cas était un exemple de la politique gouvernementale qui criminalise la protestation sociale, délègue la solution politique et de dialogue des conflits et cherchent à cacher la responsabilité institutionnelle avec des indemnités.
Octobre :
L’Opération Propreté a mis en évidence cette infiltration du trafic de drogues jusqu’aux plus hauts niveaux du gouvernement. Le Bureau du Procureur Général de la République (PGR) a confirmé que depuis 2004, le crime organisé avait infiltré des hauts fonctionnaires du Bureau d’Investigation Spécialisée à la Délinquance Organisée (SIEDO), ceux-ci vendant des informations au cartel des frères Beltrán Leyva.
13 octobre :
Le Mexique et l’Union Européenne ont accordé d’établir une Association Stratégique qui permettrait de travailler conjointement autour de thèmes comme le réchauffement de la planète, la délinquance organisée, la lutte contre la pauvreté, les droits humains et la migration.
23 octobre :
Après 8 mois de négociation, une réforme énergétique a été approuvée par le Congrès mexicain.
4 novembre :
Le Ministre de l’Intérieur, Juan Camilo Mouriño, et l’ex-directeur du Bureau d’Investigation Spécialisée quant à la Délinquance Organisée (SIEDO), ont trouvé la mort dans un accident d’avion. Cet accident a provoqué la disparition des deux principaux stratèges du gouvernement fédéral dans la lutte contre le trafic de drogue. Bien que la version officielle affirme qu’il n’y a pas de preuves qui suggèrent un attentat, la polémique se maintient pour savoir si ces morts furent dus à un acte de sabotage. Les soupçons se maintiennent jusqu’à ce jour.
Fin Novembre :
Le Congrès mexicain a approuvé un budget 2009 en matière de sécurité, qui dépasse de 35% celui de 2008 et représente presque le double de celui qui sera destiné au développement social.
17 novembre :
25ême anniversaire de l’EZLN.
3 décembre :
Lors d’un acte de profil bas, un accord a été signé permettant la libération de 197 millions de dollars (des 400 millions déjà approuvés par le Congrès des USA dans le cadre de l’Initiative Mérida).
Dernière semaine de décembre-Première semaine de janvier 2009 :
Premier Festival de la Rage Digne convoqué par l’EZLN et réalisé au District Fédéral et au Chiapas.

2009
Du 31 décembre 2008 au 5 janvier 2009, eut lieu le festival de la « Digna Rabia » (de la Dignité en Colère). Le quinzième anniversaire de l’EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale) fut célébré à Oventic. À partir du 2 janvier, une série de tables rondes de réflexion et autres activités furent proposées sur le thème, “un Autre Monde, une autre façon de faire de la Politique”. L'EZLN anima les débats.
10 février :
Le Mexique a été évalué par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies via le nouveau processus de l’Examen Périodique Universel (EPU). 91 recommandations furent présentées à l’Etat mexicain qui en a accepté 83 et a exprimé des réserves quant aux 8 autres. Ces 8 dernières regroupent la plus grande partie des critiques présentées par la société civile dans son rapport : par exemple, l’impunité et les mécanismes qui devraient être mis en place pour la combattre (particulièrement, en ce qui concerne les femmes, les peuples indiens, les mineurs et les journalistes), ainsi que les thèmes de la juridiction militaire, la figure juridique de la garde-à-vue (« arraigo ») et la définition du “crime organisé”.
11 février :
L’enquête menée par la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) quant au cas d'Atenco (mai 2006) conclut que des centaines de personnes ont subi des abus et de graves violations des garanties individuelles et des droits constitutionnels. Elle établit également l’implication de 2726 agents de la fonction publique dont les agissements étaient « justifiés » mais furent « excessifs, disproportionnés, inefficaces et indolents. » Cependant, le gouverneur de l’état du Mexique, le Ministre de la Sécurité Publique (du gouvernement fédéral) et autres hauts fonctionnaires furent exonérés de toute responsabilité.
17 février :
Face au caractère limité de la résolution prise par la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN), une « Campagne Nationale et Internationale Liberté et Justice pour Atenco » a été lancée. Elle cherche à mobiliser la société civile pour d’une part demander aux trois pouvoirs de la République Fédérale la libération des 13 prisonniers de l’affaire Atenco, leur exonération, la punition des responsables des abus, et d’autre part mettre fin à la criminalisation de la protestation sociale.
Entre le 18 et le 23 février, trois prisonniers appartenant à La Voz de Los Llanos et un autre de La Voz del Amate furent libérés. Suite à cela, un seul des prisonniers ayant pris part aux grèves de la faim de 2008 ne recouvra pas sa liberté : Alberto Patishtan Gómez (emprisonné depuis juin 2000), un membre de “La Voz del Amate”. Accusé d'avoir commis un délit fédéral, il ne put bénéficier de la révision de son cas comme les autres prisonniers libérés.
23 février :
Le général de brigade Jaime Antonio López Portillo, directeur général des droits humains au sein du Ministère de la Défense Nationale, a affirmé que les résultats de l’Armée en matière de droits humains étaient « acceptables » ; puisque, malgré l’augmentation de la présence militaire dans la lutte contre le crime organisé (45 000 soldats quotidiennement déployés), « il n’y a eu que peu » de plaintes déposées à l’encontre de soldats au cours de l’année écoulée. Les ONG lui ont reproché ce commentaire en affirmant qu’il n’existait pas de niveau « acceptable » en matière de droits humains.
26 février :
Le Comité de Bon Gouvernement Zapatiste d’Oventic (Hauts Plateaux) a dénoncé des intrusions militaires aux alentours d’Oventik et des survols d’avions et d’hélicoptères dans la région.
7 et 8 mars :
Une Rencontre des Femmes zapatistes dédiée à Doña Concepción García de Corral, “Mamá Corral” eut lieu dans le Caracol d'Oventic.
27 mars :
À Washington, la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH, un mécanisme de l'Organisation des États Américains) émit un communiqué dans lequel elle exprime "sa préoccupation quand certains pays de la région continuent d’employer la justice militaire pour enquêter et juger des délits communs commis par des membres des Forces Armées ou de la Police. La CIDH réitère que la juridiction militaire est exceptionnelle et doit être utilisée dans les seuls cas de délits de fonction".
27 mars:
Sur initiative du pouvoir exécutif du Chiapas, un ministère public spécialisé en matière de Protection des ONG travaillant pour la défense des Droits Humains a été créé au Chiapas. Cette décision faisait suite à l’acceptation d’une recommandation de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) pour diminuer les délais de justice dans le cas d’agressions contre le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas en octobre 2006.
13 avril :
Six indiens tseltales, habitants de l’Ejido San Sebastián Bachajón, municipalité de Chilón, et membres de l'Autre Campagne ont été arrêtés par la Police Etatique Préventive (PEP). Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas a dénoncé cette arrestation arbitraire, les actes de torture, traitements cruels, inhumains et dégradants pratiqués à leur encontre, ainsi que des violations de leurs garanties judiciaires.
15 avril:
Environ trois mille catholiques de la région Sierra du Chiapas ont manifesté pour exiger le retrait de 56 permis d’exploitation minière accordés à des entreprises du Canada et des États-Unis.
15 avril :
Des membres de l’Autre Campagne de San Sebastián Bachajón ont bloqué la route Ocosingo-Palenque au niveau du croisement qui conduit aux cascades de « Agua Azul », afin d’exiger la libération des 6 personnes arrêtées. Le barrage fut levé deux jours plus tard par décision des manifestants pour éviter une confrontation. Des policiers furent malgré tout déployés sur les lieux, et, selon les dénonciations des habitants, ils volèrent de l’argent et des documents que les membres de l’Autre Campagne rangeaient dans le poste de péage qu’ils maintenaient à l’entrée du centre touristique d’Agua Azul depuis juin 2008. Ce poste de péage fut également détruit par les policiers.
19 avril :
Miguel Vázquez Moreno, une Base de Soutien de l’EZLN fut arrêté par des membres de la PEP à Agua Azul accusé des mêmes faits que les 6 tseltales de Bachajón quelques jours auparavant. Il fut libéré peu de temps après.
21 avril :
La COMED, Commission de Médiation entre l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) et le Gouvernement, a décidé de mettre fin à sa mission, près d’un an après sa formation qui cherchait à clarifier la situation de deux membres portés disparus de ce groupe armé.
23 avril :
La Chambre des Députés a approuvé une réforme constitutionnelle en matière de droits humains (287 votes en faveur, un contre). Bien que cette réforme constitue une avancée, diverses organisations de droits humains en ont signalé les éléments manquants ; notamment l’absence d’une clarification de la hiérarchie des traités internationaux signés par le gouvernement mexicain par rapport à la législation interne ; la réparation des dommages de la part de l'État ; le caractère collectif de certains droits ; le caractère obligatoire des sentences et recommandations internationales ou l'élimination de la juridiction militaire.
26 avril:
Le Réseau National des Organismes Civils des Droits Humains “Tous les droits pour tous” a présenté un document répertoriant, au cours des deux dernières années, au moins 41 cas de répression policière, arrestations arbitraires, affrontements intercommunautaires, menaces, harcèlements et assassinats à l’encontre d’activistes écologistes originaires de 13 états mexicains (notamment le Chiapas). Cette étude démontre le risque croissant lié à ce type d’activisme dans la mesure où les actions menées affectent les intérêts économiques des gouvernements, caciques et entreprises transnationales.
Fin avril :
Début d'un contexte d'urgence sanitaire face à l’épidémie causée par le virus AH1N1 qui a également révélé les risques liés au système actuel d’élevage industriel dominé par les grandes entreprises transnationales, ainsi que les problèmes structurels du système de santé mexicain. À cette même période, le Congrès a approuvé plusieurs amendements liés au projet de Loi en matière de Sécurité Nationale, en particulier en créant la figure de “déclaration d'affectation à la sécurité intérieure”, qui permet au pouvoir exécutif de déclarer un état d'urgence sans ratification aucune du Congrès.
17 mai :
À San Cristóbal de Las Casas, les représentants de 20 organisations de sept états mexicains ont créé le Réseau National de Résistance Civile aux Tarifs Surélevés de l’Électricité.
28 mai :
Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas a présenté son rapport annuel et a informé qu'en 2008 il avait reçu 675 plaintes pour violations des droits humains au Chiapas.
11 juin :
Le Mexique a à nouveau comparu devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies et a encore une fois rejeté les recommandations de l’Examen Périodique Universel (EPU) au sujet desquelles il avait exprimé des réserves en février. Ces dernières ont entre autres trait à la juridiction militaire, la pratique de la garde-à-vue et la définition du “crime organisé”.
14 juin :
Promulgation du Manifeste d’Ostula, un document approuvé par les peuples indiens de neufs états de la République ayant participé à la 25ème assemblée du Congrès National Indigène (CNI) de la Région Centre-Pacifique. Face à la répression gouvernementale et paramilitaire menée à leur encontre et face aux politiques néolibérales “de mépris, discrimination, destruction et mort”, ils ont revendiqué le droit à l’autodéfense comme seul moyen pour protéger leurs territoires et ressources naturelles.
20 et 21 juin :
La Première Rencontre Américaine contre l’Impunité a été réalisée dans le “caracol” zapatiste de Morelia, avec la présence de participants originaires de 15 pays du continent, ainsi que d’observateurs européens et australiens. L’impunité a été dénoncée comme une réalité appartenant autant au passé qu’au présent en Amérique Latine.
Juin :
En juin, une nouvelle vague d’agressions contre différents défenseurs des droits humains (Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas, Front National de Lutte vers le Socialisme et Maderas del Pueblo del Sureste) a été dénoncée à San Cristóbal de Las Casas.
5 juillet :
Des élections ont eu lieu pour nommer les représentants à plus de 1 500 postes publics. Le taux d’abstention a atteint 55,19% et le vote blanc a représenté 5,40% du total. Celui-ci avait fait l’objet d’un mouvement social significatif pendant la campagne. Y compris en prenant en compte la faible participation réelle, les résultats de ces élections marquent un tournant par rapport à ceux de la dernière décennie : près de 12 ans après avoir perdu le contrôle de la Chambre des Députés, le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI, le parti qui était resté au pouvoir pendant plus de 70 ans jusqu’en 2000) a été le grand gagnant de la journée. Sur un total de 500 sièges de députés, il en a obtenu 237, ainsi que 5 des 6 postes de gouverneur qui étaient également en jeu.
9 juillet :
5 des 7 paysans tseltals membres de l'Autre Campagne de la municipalité de San Sebastián Bachajón ont été libérés après avoir été arrêtés en avril lors de diverses opérations policières. Après plusieurs semaines de garde-à-vue à Chiapa de Corzo, ils avaient été incarcérés dans la prison El Amate.
14 juillet :
José Luis Soberanes, président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a déclaré devant le Congrès : "Il est préoccupant que le déploiement des forces de l'ordre fédérales n'ait pas permis de mettre fin à la violence générée par le crime organisé et le trafic de drogues. Au contraire, il a engendré d'innumérables plaintes pour abus présumés contre des personnes innocentes". Toujours selon la CNDH, depuis le début de ce sexennat, plus de 1 600 plaintes ont été déposées contre l'Armée pour des délits tels que assassinats, tortures, viols, arrestations arbitraires et utilisation excessive de la force et des armes à feu.
30 juillet :
Des adhérents à L’Autre Campagne de Mitzitón ont bloqué une route principale pour faire connaître leurs revendications, parmi lesquelles le rejet de l’autoroute San Cristóbal de Las Casas-Palenque (qui traverserait leur commune), la libre détermination des peuples et l’exigence de justice pour Aurelio Díaz Hernández, tué le 21 juillet lors d’une confrontation au sujet de l’autoroute.
31 juillet :
Le Chiapas fut le premier état au monde à intégrer dans sa Constitution l’obligation de réaliser les Objectifs de Développement du Millénium définis par l’Organisation des Nations Unies (ONU).
7 et 8 août :
Lors de la seconde Rencontre des Défenseurs et Défenseuses des Droits Humains réalisée à Mexico, une série de caractéristiques furent identifiées quant à la situation nationale en matière de droits humains, notamment : « La criminalisation des défenseurs et défenseuses des droits humains par l’emploi de figures pénales pour imposer des sanctions à ceux qui revendiquent leurs droits ; l’agression systématique des manifestants par la police ; les actes de harcèlement » ; ainsi que « Des campagnes de discréditation à l’encontre de la personne ou du travail des défenseurs des droits humains et des activistes sociaux. »
9 août :
Lors de la clôture du Sommet Mexique-Etats-Unis-Canada, Felipe Calderón affirma que son gouvernement respectait « scrupuleusement » ses engagements en matière de droits humains et que « ceux qui indiqueraient le contraire seraient dans l’obligation de prouver un cas, ne serait-ce qu’un cas. » En réponse à cela, 5 organismes civils de droits humains lui firent parvenir une lettre dans laquelle ils décrivaient, à titre d’exemple, 7 cas de violations des droits humains par des militaires à l’encontre de civils, ayant toutes eu lieu lors du sexennat du président de l’époque.
12 août :
La première chambre de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN, Suprema Corte de Justicia de la Nación) concédait un recours en inconstitutionnalité, ou « amparo » (figure juridique mexicaine pour dénoncer une violation des droits fondamentaux par une administration), à 26 indiens tsotsiles incarcérés depuis plus de 11 ans. Ils avaient été condamnés suite au massacre de 45 autres tsotsiles, assassinés le 22 décembre 1997 à Acteal, municipalité de Chenalhó (dans les Hauts Plateaux du Chiapas). Vingt d’entre eux furent libérés à l’aube du jour suivant, et les six autres obtinrent la révision de la procédure judiciaire au terme de laquelle ils avaient été condamnés. Faisant preuve d’un certain réalisme politique, le gouvernement du Chiapas a cherché à empêcher le retour des ex-prisonniers à Chenalhó pour éviter toute confrontation, et ce, en leur proposant des terres, un logement et un travail. Las Abejas ont dénoncé le caractère pour le moins limité de cette mesure de contention. Dans les semaines suivantes, cette organisation a aussi fait savoir que le gouvernement du Chiapas cherchait à les diviser et à les impliquer publiquement dans des groupes armés.
17 août :
Mariano Abarca, opposant à l’exploitation minière à Chicomuselo, fut arrêté suite au piquet de protestation maintenu depuis juillet devant les installations de Blackfire (multinationale de capital canadien) et empêchant ses activités. Il fut libéré une semaine plus tard, mais le harcèlement à l’encontre du mouvement anti-mines s’est poursuivi. Les 29 et 30 août par exemple, et justement à Chicomuselo, des policiers se sont fait passer pour des journalistes pour entrer dans l’espace de la Rencontre du Réseau Mexicain des personnes Affectées par l’Industrie Minière (REMA).
20 août :
Ce que les organismes de droits humains n’avaient cessé de dénoncer depuis plus de dix ans fut corroboré par des documents officiels déclassés en août par les Archives Nationales de Sécurité des Etats-Unis (National Security Archive). Ces derniers indiquent le soutien direct de l’Armée Mexicaine aux paramilitaires dans le cadre de la guerre de contre insurrection à l’encontre des bases de soutien zapatistes dans les années 90.
2 septembre :
La présentation de la situation des droits humains par le gouvernement fédéral mexicain (qui souligne plus les efforts mis en place que les vides restant à combler) sembla suffisamment satisfaisante pour que les Etats-Unis choisissent de débloquer 214 millions de dollars dans le cadre de l’Initiative Mérida présentée comme un soutien au Mexique dans sa lutte contre le crime organisé.
16 septembre :
Plus de mille membres du Front National de Lutte vers le Socialisme (FNLS) ont réalisé une marche de Mazapa de Madero à Motozintla en la Sierra de Chiapas pour exiger que soit respectée leur “ferme position de rejet de l'exploitation minière” dans leurs territoires.
18 septembre :
Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas (CDHFBC) dénonça une attaque à main armée de l’Organisation pour la Défense des Droits Indigènes et Paysans (OPDDIC) à l’encontre de l’un de ses membres, à Jotolá, municipalité de Chilón. Cette agression, mettant en danger directement la sécurité de l’un de ses membres, s’inscrivit dans un contexte d’espionnage, agression et discréditation du travail de défense des droits humains de la part de divers acteurs et médias. Deux mois après les faits, les agresseurs signalés furent arrêtés. Mais ils furent remis en liberté quelques jours après en menaçant, selon les habitants de Jotolá, de se venger.
13 octobre :
A l’occasion de la présentation, de son Rapport sur la Situation des Défenseurs des Droits Humains au Mexique, le Bureau du Haut Commissaire aux Droits Humains des Nations-Unies (OACNUDH) au Mexique reprocha aux autorités mexicaines de ne pas mettre en place de politique intégrale pour réduire puis éliminer les risques encourus par les activistes des droits humains. Selon ce rapport, des 128 plaintes pour agression à des défenseurs des droits humains déposées au cours des trois années antérieures, 98,5% étaient restées dans l’impunité. La OACNUDH dénonça une stigmatisation croissante des défenseurs des droits humains, en particulier de la part des autorités qui allèrent jusqu’à les qualifier de « défenseurs de criminels, voire jusqu’à dire qu’ils cherchent à déstabiliser le pays, ou en tout cas ils assurent qu’ils profitent de ces cas et magnifient la problématique pour en tirer parti. »
14 octobre :
La Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) émit une résolution sur les violations des droits humains de la part des autorités dans le cadre du conflit politico social à Oaxaca en 2006 et début 2007. Elle signale que le gouverneur de l'époque, Ulises Ruiz, est responsable de violations des droits humains.
À partir du 26 octobre, environ 150 membres de la OCEZ (Organisation Paysanne Emiliano Zapata) occupèrent nuit et jour la place centrale de San Cristóbal de Las Casas pour dénoncer les actes d’intimidation de la police et de l’armée dans leur région et réclamer la libération de leurs dirigeants arrêtés en septembre et octobre. Le 30 octobre, certains de ses membres occupèrent les locaux de l’ONU à San Cristóbal.
29 octobre :
Le bureau du Procureur Général de Justice de l’État (PGJE) révéla qu’il détenait des éléments qui impliqueraient dans le massacre d’Acteal plusieurs hauts fonctionnaires tant au niveau fédéral qu’étatique pour faute par omission et/ou négligence.
14 novembre :
Le journal La Jornada publia des extraits du rapport « Situation prévalant dans la municipalité de Venustiano Carranza » élaboré par le bureau du Procureur Général de Justice de l’État (PGJE) et prétendant documenter l’existence d’un « réseau subversif » en train de planifier des actions de déstabilisation pour l’année 2010 et dont le centre serait le prêtre de la paroisse de Venustiano Carranza, Jesús Landín.
19 novembre:
Le Front National de Lutte pour le Socialisme (FNLS), un autre acteur particulièrement touché lors des mois antérieurs, publia un bulletin intitulé « Criminalisation et persécution du mouvement social par le gouvernement de l’état du Chiapas » dans lequel il dressa à nouveau la liste des actes de harcèlement dont il fut victime.
23 novembre :
Les trois dirigeants de la OCEZ furent libérés sous caution payée par le gouvernement du Chiapas. Les négociations reprirent le 26 novembre.
25 novembre :
Les députés du Congrès du Chiapas essayèrent de faire passer un projet de loi pour la reconnaissance officielle des Comités de Bon Gouvernement zapatistes (JBG) en réponse selon eux à la demande de ces mêmes Comités, ce qui fut fermement démenti par les JBG le lendemain.
27 novembre :
Mariano Abarca, opposant à l’exploitation minière, fut assassiné devant chez-lui par un individu non identifié.
Novembre:
De nombreuses violations de domicile et intrusions militaires furent à nouveau dénoncées dans les régions du Centre (aux alentours de Venustiano Carranza), de la Forêt Lacandone, ainsi que dans les Hauts Plateaux le jour de l’anniversaire de la création de l’EZLN (17 novembre).
15 décembre :
Différentes organisations locales de femmes dénoncèrent que le Chiapas fusse l'état mexicain ayant recensé le plus de féminicides, avec un total de 138 lors du premier trimestre 2009. Dans 60 de ces cas, des indices indiquaient que ces femmes avaient été victimes de trafiquants d’humains.
21 et 22 décembre :
Dans le cadre de l'anniversaire du massacre de 1997 le “Forum de Conscience et d'Espoir: Construire une autre Justice” fut organisé dans la communauté d’Acteal.
23 décembre :
Après avoir passé différents accords politiques, économiques et sociaux avec le gouvernement du Chiapas, la OCEZ-RC leva le sit-in qu'elle maintenait à San Cristóbal depuis près de deux mois.
29 décembre :
Le Congrès local, en approuvant une loi portant sur les Droits Indigènes pour l'état du Chiapas, généra une polémique à ce sujet.

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