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Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas y Servicio Internacional para La Paz (Sipaz)
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Boletín de prensa 34
San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, 18 Novembre 2006
Rapport de la Mission d’observation des droits humains réalisée durant la “Caravane pour la Paix et de Solidarité du Chiapas avec le Oaxaca” (18 Novembre 2006)

Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas et le Service International pour la Paix (SIPAZ) souhaitent vous faire part des résultats de l’observation réalisée durant le parcours et le séjour dans l’état du Oaxaca de la “Caravane pour la Paix et de Solidarité du Chiapas avec le Oaxaca”, convoquée par la Société Civile ‘Las Abejas’ et accompagnée par différentes organisations du 9 au 12 Novembre.
Pendant le parcours de la caravane de la communauté d’Acteal, municipalité de Chenalhó (Hauts Plateaux du Chiapas) en direction de la ville de Oaxaca, celle-ci a été surveillée de manière permanente par des personnes vêtues de civils qui prenaient des photos et filmaient les véhicules et les personnes qui prenaient part à cette caravane.
La présence visible de personnes appartenant au Centre d’Investigation et de Sécurité Nationale (CISEN), et probablement d’autres corporations et institutions, ont été une constante observable tout au long du trajet et les moments d’arrêt de cette caravane pacifique.
Un incident qu’il faut souligner eut lieu à la frontière entre le Chiapas et le Oaxaca quand, vers 20 heures, trois autos sans plaques d’immatriculation, traversèrent la caravane de manière surprenante. Pour éviter de possibles incidents, la marche motorisée laissa passer ces véhicules suspects pour observer qu’ils maintinrent par la suite une certaine distance sans perdre de vue l’avancée de la caravane.
Il faut aussi commenter que près de Jalapa del Marqués dans l’état du Oaxaca un hélicoptère survola pendant plusieurs minutes la caravane qui s’était arrêtée pour réviser l’une des camionnettes qui présentait un problème mécanique, ce qui généra une rumeur selon laquelle nous avions eu un accident ce qui n’a pas été le cas.

Pendant le séjour dans la ville de Oaxaca, nous avons pu observer la surveillance permanente de personnes vêtues de civils.
La caravane arriva d’abord à la place de La Soledad. Les chauffeurs décidèrent de former une commission de surveillance vu qu’il y avait une rumeur selon laquelle les véhicules pouvaient être attaqués. Cette ambiance limita la possibilité de rester plus longuement au Chiapas d’où un retour au Chiapas avant la date initialement prévue.
Au delà de la présence de différentes corporations policières, la délégation d’observateurs put constater l’existence de barrages militaires à l’entrée de la ville. Concrètement, l’un d’entre eux installé face au Séminaire où les membres de la caravane étaient logés.
Nous avons pu constater l’intervention de la transmission de Radio Université (l’un des moyens de communication les plus importants que l’Assemblée Populaire des Peuples du Oaxaca, APPO, a maintenu) vu qu’elle a été bloquée nuit et jour pendant toute la durée de notre séjour.
D’un autre côté, la “radio civile” qui transmet en FM, au lieu de promouvoir la paix sociale, fomente un climat d’hostilité : les présentateurs servent d’informateurs dans la mesure où des personnes se communiquent à cette radio pour dénoncer ceux qui soutiennent l’APPO.
En considérant que l’entrée de la caravane sur la place de la ville de Oaxaca était un signe de paix qui cherchait à concilier les différences entre les parties en conflit et un appel pour que les acteurs concernées assument leur responsabilité face à celui-ci, le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas et le SIPAZ recommandent :
- Le retrait de la Police Fédérale Préventive (PFP) des rues et places publiques de la ville de Oaxaca.
- De libérer les prisonniers politiques et de conscience qui ont été arrêtés pour avoir participé à la mobilisation du peuple du Oaxaca.
- La présentation en vie des personnes disparues par des groupes para-policiers.
- De garantir le libre transit et le droit d’expression de la population en général.
- De résoudre le conflit par la voie du dialogue en faisant cas des demandes du peuple du Oaxaca.
Cette Commission restera attentive face à l’évolution du conflit au Oaxaca. Il est évident que les autorités officielles ont violé certaines garanties individuelles et collectives d’une société qui se propose de rénover ses institutions.

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